Margotton

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À propos de Margotton

  • Rang
    Petit renne
  • Date de naissance 21/11/1988

Identité

  • Genre
    Femme
  • Nom
    MARGOTTON RIME
  • Prénom
    Alice
  • Profession
    Documentaliste
  • Employeur
    Ecoles de Condé
  • Localisation
    Paris
  1. Oh là là que de choses rassurantes, merci Ferris ! Je vois très bien le genre , c'est un sport très pratiqué parmi les chercheurs en littérature, et je m'y suis pas mal frotté, pas toujours avec succès... parmi les dizaines de raisons d'arrêter cette thèse c'était aussi ça : devoir sans cesse rivaliser (donc être seule) avec des têtes qui se la jouent (moi j'ai fait l'ENS, et toi t'es d'où?), et qui sont incapables de faire rentrer dans les cases de "ce qui est sérieux" des études transversales, sur des livres sans poussière dessus (si ça n'a pas 100ans ça ne mérite pas une thèse, on n'en sait pas encore la valeur). Bref, être un ovni j'ai l'habitude (pendant mon master danse, j'ai bossé d'abord sur la sculpture et ensuite sur les livres, et en doctorat je bossais sur la danse... bah oui quoi, ce qui est riche, c'est d'être le cul entre deux chaises, si c'est chacun chez soi c'est pas drôle ) Mais puisqu'ovni je ne suis pas tant que ça, quel soulagement ! Suffirait donc de montrer qu'on en veut et qu'on s'en donnera les moyens ? Du coup je suis d'autant plus impatiente de trouver cette bibli-miracle ! Pour l'instant dans ma bibli, peu de médiation possible, les utilisateurs du lieu viennent piocher de l'inspiration pour leurs travaux, souvent les profs les envoient pendant le cours (j'entre en courant je sors 25 livres à la minute que je range là où ça rentre, et une fois sur dix, je sors de la bibliothèque avec le livre sous le bras sans rien dire à personne "ah bon, il faut dire quand on emprunte un livre ?" ). J'ai tenté quelques poussées vers le monde culturel, j'affiche les événements en rapport avec leurs études, j'ai même essayé de monter une visite guidée d'une expo, mais j'ai très peu de répondant. La rentrée prochaine sera j'espère une opportunité de repartir sur d'autres modes de fonctionnement, avec une formation à la recherche documentaire (donc aussi au rangement des livres) pour tous les étudiants, et pourquoi pas un blog, j'ai l'été pour voir ce que ça peut donner, et pour convaincre l'équipe administrative et pédagogique que mon rôle pourrait aussi être pédagogique, pas juste du gardiennage d'étagères (pour l'instant je termine le catalogage, mais j'aurai fini avant l'été... ensuite je pourrai me consacrer à faire vivre le fonds, et à développer l'attractivité et l'utilité de la bibliothèque). du coup je garde cette idée sous le coude, atelier tricot ça pourrait presque même déjà se faire dans ma bibliothèque, après tout, il y a des étudiants en mode dans mon école... (mais ils ont déjà des cours de tricot avec des "vrais" profs), j'ai déjà des notes sur des médiations possibles, j'imagine des ateliers d'écriture, de gravure, et bien sûr des littératures performées...bref. ça me manque de lancer l'impulsion chez un groupe pour faire des choses ensemble. J'espère que je retrouverai ça quelque part. tu crois que je me ferais bien voir si j'entre en levant la main en signe vulcain et que je dis "paix et prospérité" ? j'ai jamais tenté en entretien... pour l'instant je rougis et je souris beaucoup, mais ça a l'air de marcher quand même. (le premier qui me suggère de dégrafer mon corsage à la vue du chat de la mairie, je lui lance des torpilles à photons !)
  2. Non pas de smiley, je ne maîtrise pas encore les codes smileytiques des forums... mais promis, je vais m'entraîner. Et oui "ton" ça me va bien, déjà que les étudiants de l'école m'appellent "madame" alors que là d'où je viens on tutoyait les profs de fac... et puis je suis un bébé bibliothécaire, 6 mois, une broutille, je gazouille encore. C'est une vraie bibliothèque, j'en suis convaincue, mais je ne sais pas si je suis la mieux placée pour décider : c'est la première bibliothèque dans laquelle je travaille. Mais ceci dit, je crois en moi parce que j'y suis toute seule et pourtant, j'ai l'impression de m'en sortir. Pour les chercheurs, c'était une simple curiosité. J'ai longtemps réfléchi avant d'abandonner mon doctorat et une des questions était "mais que font les 45% de thésards en sciences humaines qui laissent tomber leur thèse en cours ", et je n'ai pas vraiment trouvé de réponse, alors bon, j'ai cherché et je crois que j'ai pas mal trouvé ce qui me plaît à moi. (à la limite, peu importe que beaucoup d'anciens chercheurs se tournent vers les bibliothèques ou pas... j'essaie juste d'évaluer à quel point mon cv peut paraître bizarre à un recruteur pour une bibliothèque " Mais quel est cet ovni ?".) Je lis attentivement tous les autres posts, mais je dois avouer que pour l'instant, relancer sur les sujets proposés pour moi c'est compliqué, les enjeux de ma bibliothèque ne sont pas du tout du même type, à la fois par la taille de la structure, le fait que je débute et que la bibliothèque débute avec moi (jusqu'ici c'était plus une pièce avec des livres en dépôt pour servir aux étudiants, personne n'était en charge du fonds, on n'achetait rien, on n'avait pas de catalogue, les étudiants n'avaient pas le droit d'emprunter) Mes questions tournent bien plus autour d'un futur poste ailleurs, dans une petite bibli, et je vise effectivement la diagonale du vide, ce qui n'empêche que pour l'instant je n'ai eu aucune réponse... peut-être que je vais me résoudre à supprimer de mon CV le début de doctorat, ça peut faire peur, je suis déjà surdiplomée sans... et puis je ne l'ai pas fini, ça ne donne peut-être pas une bonne image... Mais je sais qu'en entretien par contre c'est quelque chose qui peut tourner à mon avantage, parce que si j'ai arrêté, c'est à cause d'un besoin de faire, et de ne pas faire seule, bref, s'engager à fond dans quelque chose, une action, et le faire avec et pour d'autres, dans le genre service public. D'ailleurs, c'est aussi un peu une question d'éthique et une question politique pour moi (et mon conjoint) de quitter la capitale pour un endroit d'où les jeunes actifs s'en vont, des villages qui se vident, qui recherchent des entrepreneurs pour relancer une économie locale (mon conjoint est artisan), mais souvent communes qui vident = pas de sous, et on sait tous ce qui se passent quand il n'y a pas de sous. Enfin bon, je continue à ventiler des cv en diagonale, on verra si ça mord. au moins, tant que ça ne mord pas, je profite de ce que j'ai maintenant, et j'apprends tout ce que je peux sur le tas en autodidacte, et c'est super.
  3. Essayons de prendre les choses en main donc. (on va faire ce qu'on peut...) Merci pour cet accueil, plein de responsabilité en perspective pour faire vivre le forum... depuis le café-présentation, j'ai décidé de ne pas passer le concours... Enfin, j'ai jusqu'à mardi 5h du matin pour changer d'avis, mais je crois que l'écrire (et le relire dans la citation de Ferris, merci!) m'a permis de vraiment réaliser que ce n'est pas le concours qu'il me faut. Ça ne changera rien à mon inexpérience ni à la bizarrerie de mon cv. Je vais donc continuer de postuler partout, en espérant qu'il tombera dans les mains d'un recruteur pas rebuté par les changements de parcours et les profils curieux, après tout, ça a déjà marché une fois... Je me demandais si, comme des profs, on trouvait beaucoup de chercheurs reconvertis en bibliothèque? Vu le taux d'abandons de thèse (je crois qu'en sciences humaines ça avoisine la moitié...) je me demande ce que font les autres presque chercheurs comme moi, et je me dis que je ne dois pas être la première à avoir pris goût à la bibliothèque par l'autre bout de la lorgnette (quoique, je travaillais plutôt chez moi, en fait) Simple curiosité. Et c'est pas bien, rural? Ferris, peut-être que ça se répète un peu parce que malheureusement les embêtements n'ont pas bougé, eux. Et donc nous, qui débarquons, nous trouvons confrontés aux mêmes déboires/angoisses/dilemmes/coups de gueule à passer... (mais je suis encore trop nouvelle pour m'en rendre compte... j'ai encore pas mal de temps de lecture pour parcourir tout le forum ! mais je m'y emploie.) merci encore et à (très) bientôt. alice
  4. Passons à l’action… Je suis le forum de ci de là par sauts de puces ou mots clés depuis quelques temps. Par où commencer. Je suis maintenant plus ou moins bibliothécaire. Maintenant parce que ce n’était pas vraiment dans la ligne directe de ce que j’avais fait avant. Mais c’est un aboutissement extraordinaire à vrai dire. D’abord convaincue d’avoir l’esprit scientifique, je me suis cassée les dents sur les programmes de licence de biochimie. Finalement, ce que j’aimais dans les sciences, c’était la recherche, mais pas les chiffres. Du coup je file en licence de danse, puis le master recherche, les places sont chères et j’ai des sujets de recherche transversaux, pas facile à vendre dans les cases bien cloisonnées de l’université, j’entre en thèse en littérature comparée. Mais je n’obtiens pas de financement. Têtue (butée) je me lance tout de même. Je bosse beaucoup à côté (secrétaire personnelle, archives privées, faut bien manger), j’ai des lacunes dans ma discipline (ah bon, la danse et la littérature c’est pas pareil?), bref je m’embourbe, et je laisse tomber en me disant que la recherche c’est être curieux et apprendre sans cesse où et comment chercher. Bref, cette démarche-là elle me semble importante en bibliothèque voir cruciale. Nez au vent je cherche un peu en attendant les concours, et je tombe sur un super poste dans une bibliothèque spécialisée arts et design. Mon profil bizarre plait, je suis embauchée et je n'en reviens pas (ça fait 6mois). Plus ou moins parce que j’exerce dans le privé (bouh) et que je pense qu’il faudrait dire « documentaliste » puisque je suis dans une école (supérieure). Mais en vrai, sur ma fiche de paie il y a écrit Assistante Administrative, et que selon les périodes la moitié de mes journées environ est effectivement consacrée à des tâches administratives liées aux dossiers des étudiants, stockés dans la bibliothèque. Sinon j’y suis seule, donc je fais tout le reste : j’accueille, je conseille, je range, je râle, je réclame le silence, je choisis des livres (ah non en fait, parce que la bibliothèque n’a pas de ligne dans le budget de l’école…), je reçois avec un grand sourire et des remerciements chaleureux les dons de livres des professeurs qui vident leurs appartement (région parisienne oblige, les petits espaces favorisent les dons divers), je répare la photocopieuse, mais surtout, quand je suis arrivée, cette bibliothèque n’en était pas une… pas de classement, pas d’indexation, pas de catalogue, emprunts autorisés depuis 3 mois pour 24 heures seulement et notés sur un petit carnet (même pas de fiches). Bref, j’ai d’abord commencé par tout cataloguer, tout rentrer dans Waterbear (très formateur), y compris les nombreux livres étrangers, rares, auto-édités (pas de notice disponible, donc je catalogue à la main), je prête les livres jusqu’à une semaine (mais je ne dis rien à la direction), je crée des bibliographies, je construis des dossiers pédagogiques thématiques, et j’arrive dans la phase aménagement : bientôt les vacances, j’en profiterai pour tout mélanger et ranger (enfin) les livres selon leur nouveau classement. J’ai trouvé quelque chose qui me va. En fin de compte, l’essentiel de mon travail de (début) de thèse a été de fabriquer (à grand frais et en submergeant l’ensemble de mon appartement de livres) une bibliothèque idéale sur un sujet qui me passionne, et je retrouve dans ma bibliothèque (celle où je travaille, je dis « ma » bibli, « mes » livres…je m’y sens bien vous dis-je) ces manipulations diverses (ranger, classer, inspecter, couvrir, étiqueter). Bon, pourquoi je suis là. Je prépare sans grande conviction (à la fois sur les chances de réussite mais aussi sur l’utilité) le concours bibliothécaire territorial, et comme je suis curieuse, je cherche comment chercher et je trouve agorabib. (Bécassine que je suis, je devais passer A et C, et j'ai laissé tomber le C, trop tard pour s'inscrire lorsque je tombe sur les nombreux sujets sur agorabib qui me prouvent que ça risque de ne pas coller, catégorie A qui veut bosser dans une petite structure rurale sans expérience de management et en espérant le contact avec le public) Et je cherche une (petite, moyenne, jolie, sympathique, colorée, pauvre, accueillante, douce, parfumée, lumineuse, pliée, reliée, potagère, ludique, équipée, peuplée, tranquille, rayer les mentions inutiles…ou pas) bibliothèque pour m’accueillir hors de Paris que je ne supporte plus, une bibliothèque où activer la culture et la lecture, faire des trucs, s’amuser un peu, voir plein de gens différents (les étudiants en art, j’adore, mais je vais bientôt avoir ma dose), avoir des demandes différentes, voir des enfants plus petits, et aussi des vieux, et proposer des choses à faire/à voir/à entendre/à vivre/ à sentir/à performer (ça c’était la thèse). Et je découvre à travers agorabib et la richesse des histoires qu’on y raconte la(les) réalité(s) des bibliothèques rurales, et ça fait peur et ça fait envie. Peur de pas trouver où on voudra bien m’adopter mais envie parce que, tout est à faire et il suffit de se lancer dedans (une fois adopté). Sinon je tricote, et pour le reste de mon temps libre, ben… je fais des lettres de motivation. Et je recommence à lire pour le plaisir (la thèse ça donne pas envie de lire le soir quand on a lu pendant 12h des trucs difficiles toute la journée… ça me manquait) Ah si, et ça commence à se voir, je suis bavarde. Alice