Alouette

Constitution de fonds littératures de A à Z

7 messages dans ce sujet

Bonjour à tous ! 

J'ai grand besoin de votre aide et de votre expérience et n'ai pas trouvé de posts évoquant ma problématique malgré ma recherche sur le forum.

Libraire dans un rayon littérature générale et poésie pendant 20 ans, je dois prendre dans 2 mois un poste de responsable dans une petite médiathèque de village. Je suis chargée de la constitution du fonds de A à Z.

J'ai trouvé toutes les "normes" de constitution et répartition par genre littéraire, domaine etc, je sais quel est mon public etc. Mais je ne sais comment procéder pour effectuer des choix en littératures adultes.  Mon problème: tous les livres en grand format sortent en poche un an après et l'on a parfois du mal à commander ensuite les romans brochés. Dans toutes les médiathèques que j'ai visitées alentour, je n'ai vu aucun ouvrage en poche... Cela signifie t-il qu'une constitution de fonds ne doit tenir compte que des livres récents,  j'entends de moins de 5 ans, pour être certain d'avoir des ouvrages brochés en bon état?? J'ai conseillé pendant des années de très bons romans que j'aimerais intégrer mais qui datent et sont en format poche. Comment procédez-vous, amis professionnels de la bibliothèque? Avez-vous des livres de poche, hors poésie et classiques ? Y a til des normes de constitution grands formats\poches, dates de parution, que je n'aurais pas trouvées malgré mes nombreuses recherches? Et faut-il selon vous travailler éditeur après éditeur,  ou nationalité après nationalité  ( littérature francaise, anglo-saxonne,  puis allemande etc etc). Je suis assez perdue je dois dire. Un immense merci à tous par avance pour vos conseils et retours d'expérience. Amitiés du sud. Une libraire en reconversion

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Tu soulèves une vraie problématique, à laquelle nous sommes peu confrontés, nos fonds étant constitués et s'étoffant ensuite en format normal.C'est vrai qu'on évite d'acheter en "'édition de poche en bibliothèque.

 

Maintenant tout dépend de ce que tu veux acheter. Tu exagères peut-être un peu ou bien ton choix porte sur des classiques. Je viens de faire un tour sur Electre. J'ai cherché "Bourdin". Normal. 32 ouvrages, datant de 2000 à cette année, sont toujours disponibles chez Belfond en format best-seller. Très peu chez Pocket, et quelques uns en éditions grands caractères.

 

Je crois que ta vraie question est : qu'est-ce que je compte mettre dans ma petite bib de village, notamment pour attirer les gens ?

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Merci pour ta réponse Ferris.  Oui, peut etre que j'exagère un peu sur l'état des grands formats 5 ans apres la parution du poche, mais je t'assure  que j'ai parfois eu de sacrées surprises en librairie en voulant remettre à Noël des titres un peu anciens en broché, hhhhhhh, ils arrivent jaunis et semblent d'occasion! Je sais ce que je veux mettre, la volonté des élus est justement de mettre autre chose que ce qui existait: des romans de terroir et du sentimental à 80%. Afin d'attirer d'autres abonnés que les seuls retraités qui fréquentent actuellement la petite bibliothèque. Mais par exemple si tu veux mettre des Garcia Marquez, tu n'as plus vraiment le choix, certains sont vieux en grand format, les premiers Isabel Allende etc... Et oui, si tu veux lire Jane Austen, Wilkie Collins, les Brontë, en librairie on a beaucoup d'amateurs de classiques anglo-saxons par exemple, tu n'as pas le choix sinon les compilations parfois. Margaret Atwood, William Trevor, Edna O'Brien ou les polars historiques en 10-18 tu sais, Anne Perry etc, beaucoup sont épuisés en broché. La collection librettro chez Phebus est excellente aussi. MAIS n'existe qu'en semi-poche. Je me pose ce genre de questions... Mais ce que je comprends de ta réponse c'est que tout est généralement en grand format. Des pistes sur la façon de procéder ? Par éditeur? par Nationalité ? Comment t'y prendrais-tu Ferris côté litté et polars? Et vous les amis? 

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Ouille ! Je sens qu'on n'est pas du tout sur la même longueur d'onde. Je ne dis pas du tout que tout est dispo en grand format.

 

Autant la question que tu soulèves est réelle, c'est à dire que le temps de parution en poche a considérablement diminué, mais surtout c'est la disparition brutale des formats d'origine qui nous met parfois dans la difficulté. Autrefois les deux formats pouvaient voisiner longtemps. A part la solution de faire appel à ta BDP, qui par définition stocke les titres que tu cites, c'est d'ailleurs ce que je fais, je ne vois pas de solution idéale (à part le numérique ou les compils type Omnibus etc...). Souvent ils sont physiquement assez défraîchis, pour ne pas dire plus, mais c'est la seule solution. Un lecteur veut lire Jane Austen, je le demande en BDP.

Honnêtement je ne pense pas que c'est avec ce genre de titres que tu vas attirer de nouveaux publics. Il n'y a tout de même pas que le terroir et les sentimentaux ! Entre les auteurs que tu cites, qui finalement sont des classiques de la littérature anglo-saxonne, à peu près au même titre que Tenessee Williams ou Hemingway, et les Bourdin/Musso, il y a tout de même de la place pour d'autres genres et auteurs.

Si c'est la solution que te proposent tes élus pour attirer le lectorat, c'est qu'ils connaissent mal leurs publics.

 

La dernière fois que j'ai constitué un fonds à partir de zéro, (en 2000) je m'y suis plutôt pris par genres littéraires. Roman d'aventures, roman historique, SF, Fantasy, Roman social, roman d'humour et satire, sentimentaux, terroir, polars psychologiques, thrillers, espionnage, roman noir etc...j'en ai une trentaine comme ça, avec des créations de fonds spécifiques (romans scandinaves, litterature irlandaise etc...) en donnant une part plus importante au roman français, sauf pour le polar et la SF. Après tu fais des pourcentages approximatifs, en prenant des auteurs-référence dans chaque domaine.

 

Maintenant, tout est question d'orientation. Le parti pris assumé était de rester majoritairement dans la littérature populaire (charte des collections). Ce qui veut dire que par exemple Mary Higgins Clark devenait "de référence" dans mon fonds polar et, à la suite, tout les reines du crime type Cornwell, P.D. James etc... Que Benzoni l'était pour le roman historique, comme Peyramaure etc...Et puis j'avais l'expérience de mes autres bibliothèques, je savais ce qui plaisait ou pas. Toi tu viens de la librairie, donc d'une attente publique très différente. Je crois que c'est ça le problème réel. Tu n'as pas été confrontée aux choix du public. Du coup je te sens assez élitiste dans tes choix.

 

Maintenant, en milieu rural, je referais les mêmes choix de genre, mais avec des auteurs différents. Ceci dit, et c'est là que tu as raison, j'aurais sans doute du mal à retrouver en bon format un certain nombre d'incontournables. Si je prends l'exemple de la SF, il est évident que l'on doit passer au poche ou semi-poche.

 

Globalement tu as raison dans ton questionnement, mais tes choix sont peut-être à revoir. Une anecdote : je prend récemment en BDP un Agnès Martin-lugand, "pour voir". Gros succès. On en redemande. Du coup je les achète tous. Tous ? Non, car je découvre que son premier Les gens heureux lisent et boivent du café n'est plus disponible je crois qu'en poche (et en numerique..). Grosse colère. Mais quelques mois après il redevient disponible chez Lafon. Les gros succès sont souvent réédités, faut attendre...De même que ça m'est arrivé d'acheter en grands caractères uniquement parce qu'un bouquin n'était plus dispo qu'en poche. Comme j'ai aussi (comme toi) un public grands caractères qui n'est pas négligeable, c'est tout bon. Je reçois tous leurs catalogues, et c'est très utiles parce qu'ils ne font pas leurs choix au hasard., crois-moi. Evidemment ils sont aussi plus chers...

 

Bon, tout ça ne t'aide pas beaucoup, je le comprends bien. J'espère que d'autres te donneront leur recette, s'il y en a une, pour constituer un fonds attractif en zone rurale. Ce n'est pas compliqué, à condition de faire sauter quelques barrières mentales.:)

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Mais si mais si, ta réponse m'éclaire beaucoup au contraire ! Je te remercie de partager ton expérience, cela m'aide vraiment. Les exemples de romans et auteurs que je citais sont des exemples qui me sont venus à l'idée de romans qu'on ne trouve plus en grand format, pas forcément que je veux mettre dans mes rayons ;-) Je ne suis pas en zone rurale mais au bord de la mer, à côté d'une ville de 350000 habitants. Tu m'aides beaucoup en me parlant de la façon dont tu as procédé pour constituer tes fonds. Je vais donc faire comme cela aussi, par genre, avec les auteurs les plus représentatifs. Bonne nuit! 

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Bonjour Alouette

Mettre uniquement des grands formats, c'est aussi sélectionner un certain type de public.

Il y a le texte, et l'usage du document.

Ce que veulent les retraités :
- des gros ou moyens caractères  (problème de vue) => Grand format.
- mais des livres pas trop lourds (quand il s'agit de lire au lit, ça pèse)

Ce que veulent les voyageurs.
- du petit format qui ne prend pas trop de place (en particulier dans les sacs des dames)

Ce que veulent les jeunes :
- du texte facile à lire. Facile = pas trop long. Souvent moins de 100-150 pages.
La BD étant évidemment un choix privilégié.

Note : Certains adultes ne lisent que de la BD.
Il te faudra penser à un fonds BD dans ton offre adulte.
 

Pourquoi on ne sélectionne que les livres de moins de 5 ans, ou moins de 10.
Comme tu l'as constaté, c'est un problème de présentation et d'attractivité. Papier jauni, tâches... mais surtout problème de la colle/brochage. Les livres plus âgés ne résistent pas autant que les livres neufs.

Comme j'ai pas mal de dons, j'ai pu constater que des livres de plus huit ans ne résistent pas plus de cinq-dix prêts, avant de casser. Tout dépend bien sûr du brochage, mais le fait est souvent là. Acquérir des livres anciens au prix fort pour qu'il ne fasse que cinq-dix prêts, ce n'est pas rentable.

A force, tu verras vite ce qu'il en est.
Mais un livre, que tu flippes (pour regarder s'il y a quelque chose oublié à l'intérieur) et qui craque, ne va pas durer longtemps. Le dos qui a des marques de pliures, idem, le livre va se casser dans les deux trois prêts suivants.
C'est un problème de résistance du livre face au stress physique (que représente le lecteur).
 

La résistance, c'est un point que je contrôle en librairie. (à l'oreille et au flip)
Parce qu'ils vont être malmenés ces livres, surtout s'ils partent sur la plage, et/ou s'ils restent en plein soleil sur une plage arrière de véhicule ou même dans un coffre.

Avantage, un livre grand format est en général plus solide qu'un livre de poche.
Le revers, il a un coût souvent trois fois plus élevé. Ce qui divise par autant le nombre de tes acquisitions. Sur un petit budget, ça fait mal.

Le tout est de savoir s'il vaut mieux privilégier la quantité ou la qualité physique.
S'il est plus facile de remplacer un grand format ou un poche.
 

Si je devais résumer ma pratique d'acquisition des formats.

En moyenne :
- Le grand format, pour qui, pour quel usage ? => pour les retraités, la lecture du soir, le temps de détente.
- Le poche, pour qui, pour quel usage ? => pour les voyageurs, les travailleurs, les étudiants, les jeunes (le format manga, ce n'est pas pour rien).

- Taille de caractères (10-12 minimum jusqu'à taille 20)
- Bien imprimé, avec une police classique.
- Nombre de pages : < 500 pages, (en cause : poids, durée de lecture pouvant excéder la durée de prêt)
- Résistance physique du document => solidité du brochage, durée de vie du document (20-30 prêts espérés : ne craque pas à l'ouverture, reste souple au flip).
- Durée de vie de l'oeuvre => cote de l'écrivain auprès du public,
- Pas de classiques à l'acquisition => déjà possédés, déjà lus,
- Attractivité du livre => neuf, récent... bien couvert, avec une obligatoire quatrième de couverture. (Le conseil du bibliothécaire fait partie de l'attractivité).

Je le redis, ce sont des moyennes. On peut s'en écarter sur certains titres.
On peut avoir des classiques dans un fonds spécifique anglo-saxons (Jane Austen, les Brontë, etc.)  Mais n'espère pas trop les voir sortir si tu n'as aucune nouveauté pour les accompagner.
Ces titres, je les ai (en réserve), mais uniquement pour les prêter à ceux qui passent le bac français. Les demandes des lecteurs portent plus souvent sur des titres récents qu'ils voient passer à la télé, ou qu'ils entendent à la radio.

Et n'oublie pas la suite.
On doit renouveler 10 % de son fonds par an pour avoir une bonne attractivité de la collection. Cette donnée peut orienter une partie de tes acquisitions. Suivant ton budget, tu peux être "obligé" d'acheter des poches pour t'approcher de ces 10 %.
On a aussi le fait que certains documents n'existent qu'en poche ou semi-poche.

Alors grand format ou poche.
Dans un premier temps, je dirais : essaie un mixte des deux.
Tu ajusteras ensuite suivant ton public et ses préférences dans les années à venir.
Teste et complète avec ta BDP.

Si tu veux défendre certains titres, augmentent leur temps de présence sur les présentoirs.
Ou rassemble-les en thématiques sur une table. Un Jane Austen ou un Brontë aura plus de chances de sortir s'il est bien accompagné.
Acquérir, ça veut aussi dire penser à la médiation que tu vas faire avec ces documents.
Médiation que tu peux renforcer avec une mini-exposition de table + bibliographie, etc.

Par contre, n'espère pas des résultats tout de suite tout de suite. Donner envie aux gens, ça prend du temps.

 

La bienvenue à toi. :flowers:
  Bernard

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Le taux de 10% n'est pas une norme dont tu dois te préoccuper, surtout en création de fonds. Tu verras à l'usage selon tes critères de désherbage, donc au moins trois ans (pour les romans) après la création du fonds. En plus il n'est pas officiel.

 

Texte ENSSIB : Le taux de renouvellement des collections est le rapport acquisitions annuelles / collections, exprimé en pourcentage. Il montre la vitesse à laquelle le fonds est rajeuni ou remplacé par les acquisitions. (Tu n'en es donc pas encore là.) D'après l'ouvrage de Bertrand Calenge "Conduire une politique documentaire"  le taux de renouvellement des collections se calcule selon la formule suivante :

(nombre de documents acquis - nombre de documents disparus ou éliminés) / nombre de documents possédés

Les documents acquis et disparus étant décomptés sur l'année précédente, et le nombre de documents possédés étant calculé au 31 décembre de cette année précédente.

Ce taux peut être appliqué à une catégorie documentaire et comparé au taux de renouvellement général des collections.

Pour information, ce taux n'apparait pas dans la norme ISO 11620 sur les indicateurs de performances en bibliothèque.

Si un taux de renouvellement de 10 % semble préconisé dans la littérature professionnelle pour les imprimés et permet d’assurer au lecteur un bon choix de nouveautés, nous n'avons pas trouvé de texte officiel de référence en la matière.

 

 

Si nos manuels n'abordent pas cette question, c'est dans la mesure où la place à ménager dépend du taux d'accroissement des collections ; or le calcul de ce taux relève plus de ta politique documentaire. Il te revient donc en amont d'estimer le nombre de documents qui seront acquis la première année après l'ouverture (et la place qu'il faudra pour les ranger) et si des documents seront désherbés, pour évaluer la place que tu devras laisser vacante.

 

Tiens plutôt compte de ça : 

Le taux de renouvellement optimal était abordé par Bertrand Calenge dans son manuel "Les politiques d'acquisition", paru en 1994 (pages 146-149). Bertrand Calenge proposait alors un renouvellement équivalent à 0.1 document par habitant et par an, et un renouvellement supérieur à 7.5% des fonds courants. (Si tu es à 7.5% c'est très bon, il faut être réaliste)

Sur ce sujet, le manuel "Concevoir et construire une bibliothèque" apporte quelques précisions. Il préconise un taux d'occupation de 30 documents/m2

Et on tient compte des estimations suivantes :
- poche 40 vol / ml
- littérature : 35 vol / ml
- documentaires 30 vol / ml
- ouvrages de référence 20 vol / ml
- dictionnaires : 12 vol / ml

Mais une présentation agréable et aérée suppose des tablettes emplies à seulement 75 ou 80 % du métrage linéaire. 

 

Un dernier conseil : d’expérience nous avons tous que des ouvrages dont la première de couverture est jolie et colorée sortent mieux que des ouvrages sans illustration en couv, ou sans jaquette,de type Grasset, Gallimard etc...On peut en penser ce qu'on veut mais c'est une réalité. Les éditeurs de livres-club ou d'ouvrages en gros caractères l'ont compris depuis longtemps. Les bibliothécaires "prescripteurs" rechignent à reconnaître ce fait, parce qu'il n'a rien à voir avec le contenu. Mais la couleur, ça fait aussi partie de ce qui "donne envie" de lire, souvent davantage que le résumé de la quatrième de couv. ou les préconisations du bibliothécaire. Tous les collègues qui ont eu la curiosité de mettre en présentoir un France-Loisirs "acquis" en don et l’édition originale tristounette du même titre à côté, le savent très bien...:wink:

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