17 messages dans ce sujet

Bonjour,

Je travaille dans un réseau de 10 bibliothèques : 4 bibliothèques situées en milieu urbain tenues par des bibliothécaires et 6 bibliothèques "rurales" animées par des bénévoles et parfois un salarié présent quelques heures dans la semaine.

Nous avons le même SIGB, une navette qui transporte les documents d’une bibliothèque à une autre, une carte unique,  un programme des animations et un portail en commun.

A la rentrée de septembre, nous allons travailler sur un projet de service et j'aimerais avoir le retour d'expérience d'autres réseaux et si possible avoir des exemples de politiques documentaires (j'ai déjà celle de Plaine Commune), de charte de coopération collectivité / bénévole et de conventions commune / communauté de communes. (Actuellement, nous fonctionnons ainsi : chaque année, la communauté urbaine verse une subvention d'équilibre aux communes pour compenser les dépenses de fonctionnement liées à la bibliothèque.)

Merci de votre aide !

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Tout dépend si ton interco ou communauté urbaine a pris ou non la compétence culturelle. Pour les conventions communes/intercos, tu as autant de possibilités qu'il y a de situations. Vois par exemple les différences de situations dans cet article : http://bbf.enssib.fr/tour-d-horizon/intercommunalite-et-bibliotheques_66042

Donc, il n'y a pas de convention type. L'ENSSIB conseille de s'adresser à ta BDP et donne aussi une liste de liens/contacts assez intéressants : http://www.enssib.fr/content/convention-pour-un-reseau-intercommunal-de-bibliotheques-dont-la-communaute-de-communes-na

 

Pour les conventions avec les bénévoles tu as le choix entre les modelés officiels proposés par les BDP comme https://biblio.manche.fr/images/stories/fiches_pratiques/gestion/2015-11_charte-cooperation-du-benevole-equipe-de-benevoles.pdf  ou leur déclinaison locale comme celle de Saint-Medard par exemple, qui n'est pas mal : http://www.saint-medard-sur-ille.fr/IMG/pdf/charte_doc_unique.pdf.

 

Toutes ces chartes sont issues de la Charte du Bibliothécaire volontaire proposée par feu le Conseil Superieur des bibliotheques dans les années 90 : http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/1973-charte-du-bibliothecaire-volontaire.pdf

 

Le vrai problème, c'est d'amener tes bénévoles à signer ! Et si possibles toutes, pour ne pas creer de différences dans les equipes ou selon les structures. Et ce n'est pas évident car si ces chartes ou convention leur creent des droits si ce n'est un statut, elles leur créent aussi des obligations. Et c'est pas toujours facile....

 

Pour les acquisitions tout dépend de ton modèle de fonctionnement. Soit tu as une structure "maître" qui centralise les acquisitions et laisse peu de choix aux structures annexes, ce qui peut être assez mal vécu et peu en rapport avec le respect des publics locaux "ruraux" et leurs besoins spécifiques, soit tu divises tes budgets et permets à chaque structure l'autonomie la plus large possible dans les acquisitions, sachant que l’inconvénient c'est que cela t'obligera à des réunions et à la mise en place de processus de concertation pour éviter le doublonnage etc..

Et là encore tout dépend aussi du mode de circulation de tes documents. Si tu transportes tes documents d'une bib à l'autre sur le seul critère de la réservation individuelle, ce n'est pas la même chose que d'organiser des rotations massives de fonds sur plusieurs années. Tout se tient.

 

Tu as une réflexion sur les possibilités de mise en place d'acquisitions partagées au sein d'un réseau intercommunal de onze bibliothèques, donc quasiment ton cas, sur http://epublications.unilim.fr/memoires/licenceprombd/507

 

Personnellement je préfère le terme d'acquisitions partagées (au sens propre du mot "partage" avec budgets séparés, choix des acquisitions dans le respect d'un document commun évidemment, etc...) qu'acquisitions "concertées", le niveau de "concertation" étant plus que variable selon les équipes...et j'en parle en connaissance de cause. Dans le partage chacun a sa part selon un principe d'équité territoriale c'est à dire à chacun selon ses besoins(et non d'égalité, ce qui n'aurait pas de sens). Dans la concertation, tu as une consultation des parties concernées, puis une décision (prise par ?) et donc des perdants et des gagnants, disons-le franchement.

 

Cette notion doit clairement apparaître dans le projet de service car elle pose la question essentielle : quel niveau réel d'autonomie auront chacune des structures annexes . Et quelque part c'est aussi de ce niveau d'autonomie que dépendra l'unité de ton Réseau. On n'unit pas par la force ou la centralisation. En fait plus les gens seront en situation de responsabilité réelle sur les acquisitions dans leur structure et plus ton réseau sera performant et unifiable sur un projet global commun.

 

Chez moi ils ont choisi le centralisme à outrance et la dépendance totale. Je suis donc sorti du jeu...

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Merci Ferris pour ta réponse très complète.

Actuellement, chaque bibliothèque est autonome dans la gestion de son budget et de ses acquisitions. Je suis d'accord avec toi, je ne souhaite pas du tout qu'il y ait une centralisation des acquisitions. Ça serait très mal vécu par les équipes. Cependant, il faudrait qu'on arrive à une certaine mutualisation des moyens et à plus de cohérence.

Le fonctionnement actuel n'est pas satisfaisant. Par exemple :

- Plusieurs bibliothèques débutent la même série de BD (voire même manga).

- Le Goncourt, les Musso, Levy etc. sont achetés par les 10 bibliothèques. Est-ce vraiment utile ? Plus embêtant, toutes les bibliothèques du réseau font leurs acquisitions à librairie locale (ce qui est très bien) mais, du coup, tout le monde achète les coups de cœur des libraires donc les mêmes livres.

- "Mes petites mamies" J se retrouvent à la librairie 2-3 fois par an et font un peu leur marché sans réellement avoir réfléchi, en amont, sur ce qu’elles devaient acheter pour leur public. (Certaines vont même jusqu'à acheter le v.12 d'une série qu'elles n'ont pas dans leur bibliothèque)

Je me disais qu'on pourrait essayer de fonctionner avec des offices. On se réunit pour savoir qui prend quoi dans tel domaine (roman, doc, etc.) mais je pense que c'est contraignant et j'ai peur que les acquéreurs se fatiguent à longue. Nous avons essayé de mettre ça en place avec quelques bibliothèques pour les BD et, au final, tout le monde aime les mêmes BD et les veut pour sa bibliothèque.

Je vais explorer les différents liens que tu m'as envoyés. J'espère avoir un petit déclic parce que là je suis un peu perdue....

 

 

 

 

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Posté(e) (modifié)

Bonjour Nanon,

 

Nous sommes dans la même situation de départ que toi, à l'exception prés que nos 11 structures se répartissent en 3 types : 1 centrale, 3 annexes, 3 bib-relais a gestion mixte et 4 points-lecture à gestion bénévole. Navette de réservation hebdomadaire, carte unique etc....

 

Confrontée strictement aux mêmes questions que toi, et avec une baisse budgétaire annoncée importante, la Centrale a décidé de ne pas se compliquer la vie et de centraliser tous les achats, en les répartissant ensuite dans les annexes par la navette. Chaque structure voit ainsi arriver dans des cartons ses "nouveautés", souvent en déphasage complet avec ses propres publics. C'est catastrophique. Seul moyen pour les publics d'obtenir ce qu'ils souhaitent : la réservation individuelle et l'apport de la BDP. La Centrale est urbaine (ville ouvrière), les autres sont tres rurales, avec de forts déphasages sur la demande, particulièrement en fiction adulte. En zone rurale les demandes de terroir, sentimentaux, feelgood books etc.. mais aussi ouvrages en grands caractères, sont fortes, mais la Centrale n'en tient pas assez compte. Elle a établi des quotas pour chaque type d'acquisition. Un exemple de la stupidité des quotas : les annexes reçoivent quantités de livres "pour ados"...alors que ce public est quasi inexistant chez elles. C'est un gaspillage. Autre norme sans aucun sens : n'acquérir si possible que des ouvrages de moins d'un an, si possible 6 mois (?). Ces quotas seraient un "garant" de l'égalité. Mais ce n'est pas le sujet : egalité n'est pas équité : l'égalité c'est tout le monde aura pareil alors que tout le monde n'est pas pareil. l'équité c'est "a chacun selon ses besoins" (ses publics, ses tranches d'âge etc...).

 

La cohérence des acquisitions c'est créer une équité des acquisitions qui soit en phase avec les particularités des publics à desservir, même si cela passe par l'achat multiple. La mutualisation c'est une augmentation de la circulation des fonds existants, par d'autres procédés que la réservation individuelle.

 

Un essai de rotation des fonds a été mis en place pour les bandes dessinées. La centrale prend dans ses fonds 3 ou 4 collections, pas les plus demandées évidemment, et les dépose pendant un an dans les annexes et autres relais. Collections complètes ou moitiés de collection. Problème : quand une nouveauté arrive, elle va ou ? A la centrale évidemment. Solution prescrite: les gens n'ont qu'à se reporter au catalogue en ligne et à réserver ! Bref on se fout du monde !!!

 

La solution de n'acheter qu'un exemplaire du dernier Levy ou autres incontournables ralentit tout le processus de prêt mais multiplie les réservations. Or la multiplication des réservations est parfois présentée comme un succès de la mutualisation ! En réalité sur le terrain quantités de personnes en zone rurale sont largement perdantes. On en arrive même à se réserver d'une bib à l'autre les exemplaires BDP qui sont venus en renfort, demandés par les structures elles-mêmes ! Alors si la mutualisation c'est le risque de la désespérance locale, non !

 

En fait tout prouve que l'achat unique dans un réseau est inefficace et générateur de frustrations. Certains ouvrages très demandés passent du retour à la caisse réservation. Donc JAMAIS le public local ne les voit sur un présentoir ou autres. Ils sont perçus comme absents et leur absence génère du mécontentement. L'immense majorité des publics ne va pas sur le catalogue en ligne (à peine 10% en bib et encore moins chez eux) Par ailleurs si tu inclus les temps d'immobilisation en caisse-navette à l'aller et au retour, tu verras qu'un ouvrage perpétuellement en réservation donc en transit, sort au total sur une année beaucoup moins qu'on ouvrage "à demeure".

 

Il n'y a pas de solution idéale mais il faut être capable d'établir une liste des achats "incontournables" d'au moins deux voire trois ouvrages, le troisième pouvant être un exemplaire BDP. Cette liste n'est pas compliquée à établir en utilisant le SIGB faisant apparaître les meilleures sorties sur 5 ans par exemple. Et on y verra les Bourdin, Vlerick, Gavalda, Musso, Ledig, Martin-Lugand, Legardinier, et des dizaines d'autres régulièrement en tête. Par ailleurs on sait parfaitement que ces ouvrages dits "de genre" sont très peu sensibles au phénomène de "nouveauté".

 

Un terroir d'il y a 10 ans sortira longtemps quelque soit sa fraîcheur éditoriale. Nous savons tous cela! Je viens d'acquérir (je suis passé en autonomie de gestion, heureusement) un classique du terroir de Malaval (Les Caramels à un franc) de 1995, dans une édition poche en plus, chez Souny. On se l'arrache, chez moi. Parce que Malaval est sur ma liste, comme Gilbert Bordes et d'autres.

 

Nous savons aussi que 80% des prêts sont générés par 20% des fonds. Nous savons que plus un livre est sorti plus il sortira. Ce sont les bien connues lois de Trueswell et Morse. Or ces 20% nous les connaissons : ce sont les incontournables, les best-sellers, ce monde virtuel où les prescriptions de l'Edition rejoignent les goûts du public. Si nous ne sommes pas capables de les identifier, alors changeons de métier. L'idée de partir en office, que tu suggères, n'est pas mauvaise non plus, à condition de bien faire comprendre au libraire en marché quel type d'ouvrages tu attends. Car les coups de cœur des libraires ne sont pas forcement les nôtres (ceux de nos publics). Mais en prncipe, en office, il recevra plutôt les coups de cœur des éditeurs...:tongue:

 

Donc inutile de faire des réunions à n'en plus finir pour discuter de chaque bouquin, mais établissez, stats en main, une liste des auteurs qui seront systématiquement acquis au moins en deux exemplaire et un troisième en BDP. BD comprises (attention se lancer dans une série implique un suivi de la série donc tu anticipes sur ton budget prochain. Donc intégrer des séries terminées et des "one shot" ). Tu tentes le coup un an ou deux, puis tu fais une stat pointue des sorties et tu verras que même à deux ou trois exemplaires, ils sortent encore davantage que les autres romans. !:)

 

Si on accompagne ça par une rotation des fonds massive (ça peut être tous les deux ou trois ans, à toi de voir), basée sur un principe simple (je simplifie) : tu me files bib1 100 terroirs que je n'ai pas et je t'en files bib 2 100 que tu n'as pas etc.... Et on refait tourner vers les bib 3 et 4, qui font la même chose etc...En procédant par genre (polars, historiques, terroirs, SF mais aussi biographies, ouvrages "vécus" bref les genres à forte demande,) c'est parfaitement faisable. Il faut simplement garder une trace exemplaire de la bib d'origine afin qu'elle ne récupère pas par erreur un de ses ouvrages en transit. C'est de la gestion intelligente des fonds, une vraie mutualisation des fonds, surtout en période de restriction budgétaire, et cela fait découvrir des ouvrages nouveaux à des publics...pour pas un rond! Mais c'est un gros boulot de suivi, c'est vrai.

 

Pour les bénévoles tout cela n'est pas simple et il faut bien contingenter leurs achats (ou leur choix BDP si elles n'ont pas de budget propre). Fini le coup de cœur "personnel", le nez au vent, de la petite mamie (qui n'est pas forcément représentative de tous les publics, contrairement à ce que certains essaient de faire accroire) qui fonce vers les étagères bien préparées par le commerçant local... On peut leur laisser un libre choix, y compris en fixant une limite financière et en les "couplant" (deux mamies qui discutent d'un livre parce qu'elles ne peuvent pas acheter les deux, ça vaut le coup) pour des acquisitions précises (albums tout carton, notamment si l'une s'occupe de séances bébés lecteurs et autres cibles en rapport avec leur activité dans la structure, livres jeux, supports d'animation, livres tactiles etc..). Autant aller en librairie sans elles serait une erreur, autant leur laisser un choix total en est une également.

 

Depuis la mutualisation et les baisses budgétaires, l'apport BDP chez nous est passé à 40% des fonds dans certains secteurs. C'est un signe qui ne trompe pas : le réseau ne suffit pas. Et tu dois, dans ton argumentaire pouvoir le montrer si c'est le cas chez toi. C'est un constat important. Qui doit, non pas pousser à augmenter encore cet apport, mais à créer une véritable rotation des collections propres du réseau et satisfaire par l'achat multiple une bonne partie des lectorats locaux.

 

Bonne chance Nanon, et toujours content de discuter de ces sujets qui sont et deviennent de plus en plus au cœur des politiques intercommunales qui sont en augmentation. Une des premières questions à se poser dans un réseau, ce n'est pas la politique documentaire, c'est de poser comme préalable à toute réflexion la question suivante : Dans un réseau nouveau, les livres appartiennent à qui ? A chaque bibliothèque anciennement autonome et communale ? Bref, on reste dans une conception patrimoniale des fonds ou on en sort définitivement ? De la réponse à cette question sortiront ensuite toutes les solutions envisageables, rotations massives, définition de l'autonomie qui subsiste, et jusqu'aux fonds flottants.

Une illustration des possibilités données par la mise en réseau des bibliothèques: la mise en place des fonds flottants.

Voir à ce sujet l'article sur le site Savoirs CDI:

 

http://www.cndp.fr/savoirscdi/societe-de-linformation/la-politique-documentaire/des-reflexions-et-des-realisations-en-provenance-detablissements-scolaires/les-fonds-flottants.html

 

"Selon Dominique Lahary, un fonds flottant "désigne un fonds de documents rattaché non à une bibliothèque particulière mais à un ensemble de bibliothèques, et qui par principe n’est pas a priori localisé dans l’une d’elle. Chacun des documents est localisé là où le dernier usager l’a rendu.
Un fonds flottant peut être total (tous les documents de toutes les bibliothèques concernées) ou partiel (tout ou partie des documents de tout ou partie des bibliothèques concernées)."

 

"Conditions techniques à privilégier :
— acquisitions coordonnées et partagées
— tâches bibliothéconomiques identiques (catalogage, indexation uniformisée…) : chaque médiathèque doit fonctionner de la même façon.
— fonctionnement identique entre les différentes structures (gratuité, harmonisation des conditions de prêt, règlement intérieur commun…).
— mise en place d’une navette qui tourne sur les différents sites de manière régulière
— SIGB adapté à ce type de fonctionnement
— il est également intéressant que le personnel tourne de manière hebdomadaire sur l’ensemble du réseau (ainsi, les usagers peuvent obtenir leur document réservé plus rapidement et le personnel s’inscrit vraiment dans l’idée de travail en réseau). A noter, que le travail en équipe est essentiel."

 

Voir aussi sur les intercos : http://www.agorabib.fr/topic/1836-intercommunalité/

 

 

Modifié par Ferris

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Bonjour Ferris,

Je me rends compte que je n'ai précisé ma fonction. En fait, je suis "coordinatrice des collections" sur le réseau. Je ne suis rattachée à aucune bibliothèque, bien que je sois amenée à faire du service public dans les trois bibliothèques de la ville centre. Nous sommes 4 à faire partie de l'équipe : j'ai une collègue qui est chargée du SIGB et du portail, une autre collègue qui coordonne les animations et 2 collègues qui s'occupent de la navette.

 

Nous avons mis en place des fonds tournants avec certaines bibliothèques : DVD, BD adultes et grands caractères. Mais chez nous, quand un nouveau tome sort, il va dans la bibliothèque qui "accueille" la série.

Nous avons également une bibliothèque de notre réseau qui ne bénéficie plus de prêts de collections de la part de sa BDP car elle dépend d'un autre département qui a choisi de se désengager. L'équipe vient 1 fois par an à la centrale choisir des livres dans différents domaines pour compléter ses collections. C'est très lourd au niveau manutention.

Mais effectivement, le prêt de collections se transforme trop souvent en prêt de livres qui sortent peu.

 

En ce qui concerne les nouveautés, elles ne sont pas réservables pendant 3 mois (sauf CD et DVD) car on s'est aperçu que les lecteurs de la centrale, plus nombreux et plus habitués à faire des réservations, aspiraient toutes les nouveautés du réseau et les petites bibliothèques se retrouvaient complètement déposséder de leurs acquisitions.

 

Dans l'état actuel de la convention : le personnel et les collections restent attachés à la commune sauf pour la ville centre où les 2 dépendent de la communauté urbaine.

Je pense que la plus part des équipes de bénévoles vivraient mal le fait que je les accompagne en librairie. Ça serait vécu comme une ingérence dans leur fonctionnement.

Par ailleurs, je ne sais pas du tout ce que donnerait le fonctionnement avec des fonds flottants chez nous mais j'y ai déjà songé ne serait-ce que pour diminuer le volume de caisses transportées par la navette. Nous ne remplissons malheureusement pas tous les critères:

"Conditions techniques à privilégier :

— acquisitions coordonnées et partagées. On en est loin :-)

— tâches bibliothéconomiques identiques (catalogage, indexation uniformisée…) : chaque médiathèque doit fonctionner de la même façon. Nous sommes en train de finaliser un plan de classement commun (tout le monde aura les mêmes cotes. J'ai une bibliothèque qui fait de résistance et c'est là qu'on voit les limites de l'équipe réseau. Nous n'avons pas de pouvoir décisionnel. Juste un rôle d'accompagnement et de conseil. Pour le catalogage, les bénévoles et les salariés non bibliothécaires téléchargent les notices de la BNF. Je me charge de corriger les « grosses erreurs » quand j’ai 5 minutes au public.

— fonctionnement identique entre les différentes structures (gratuité, harmonisation des conditions de prêt, règlement intérieur commun…). L'abonnement n'est malheureusement pas gratuit, par contre, notre règlement est commun.

— mise en place d’une navette qui tourne sur les différents sites de manière régulière. Oui

— SIGB adapté à ce type de fonctionnement. Je ne sais pas du tout, il faudrait voir avec C3rb

— il est également intéressant que le personnel tourne de manière hebdomadaire sur l’ensemble du réseau (ainsi, les usagers peuvent obtenir leur document réservé plus rapidement et le personnel s’inscrit vraiment dans l’idée de travail en réseau). A noter, que le travail en équipe est essentiel." Nous ne tournons pas sur tout le réseau. Ça pourrait être effectivement une bonne chose mais de manière très ponctuelle. Pour ne pas être rattachée à une section ni à une bibliothèque particulière, c'est parfois pas facile à vivre d'être ballotée d'un lieu à un autre en fonction des besoins. Même si, je reconnais, que ça permet une vue d'ensemble indispensable.

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Dans l'état actuel de la convention : le personnel et les collections restent attachés à la commune sauf pour la ville centre où les 2 dépendent de la communauté urbaine.

 

Effectivement ça va pas être facile dans la mesure où tu as un poste dont la définition est en opposition avec la réalité administrative. D’où probablement la nécessité de passer par des convention. Tu ne peux pas coordonner réellement des structures qui ont conservé la compétence lecture publique et la gestion de leurs personnels locaux.

 

Et tu as la conséquence : J'ai une bibliothèque qui fait de résistance et c'est là qu'on voit les limites de l'équipe réseau. Nous n'avons pas de pouvoir décisionnel. Juste un rôle d'accompagnement et de conseil.

 

Et pourtant, sans ce qui est à mon avis la situation administrative la plus difficile, tu as deja réalisé pas mal de choses. Je t'envie notamment d'avoir pu interdire les réservations de nouveautés, qui effectivement bénéficient souvent à la centrale. Et d'avoir lancé un plan de classement commun (gros boulot de signalétique et de reprise des zones de l'exemplaire) est un chantier indispensable dès qu'il y a rotation. Je te rassure, Orphée.net est adapté à cela, nous avons le même.

 

Les fonds flottants, à mon avis, cela ne peut marcher que s'il y a un très gros volume de réservations, suffisant pour que la bibliothèque X finisse pas "ressembler à son lectorat". Ce doit être très rare.

 

Si tu as le pouvoir, ou l'oreille des élus, pour leur faire comprendre que sans gestion commune des fonds et des agents, ton travail de coordination trouvera très vite ses limites, fais-le. C'est une question de cohérence. Si tu ne peux pas "t'ingérer" ici ou là, que tu as peur de modifier l'autonomie des bénévoles, ou des collègues qui "font de la résistance", etc...tu ne pourras pas avancer vers un projet de service cohérent. C'est un patchwork à conventions multiples. Avec ses limites. Quant à déterminer une politique d'acquisition, comme tu le dis, on en est loin.

 

Je ne retrouve plus le post, mail il y avait un collègue un peu dans ta situation. Lui était "coordinateur pour les animations" je crois. Sauf que chaque bibliothèque restait locale en termes de gestion, et qu'il avait évidemment bien du mal à imposer/proposer une animation commune etc...

 

La seule chose qui me gêne c'est ta volonté de mobilité hebdomadaire de tout le personnel. Tu peux y voir des avantages pratiques, moi j'y vois aussi le risque d'une certaine dépersonnalisation de l'accueil. Personne ne connait aussi bien ses fonds et son public que le "titulaire" en place. Sa comptéence, "son expertise" comme on dit maintenant, est essentielle.

 

Pour le reste, dans une situation administrativement boiteuse, je te félicite d'avoir déja créé de telles avancées et de tenter d'imposer une dynamique d'équipe. Moi je me demande si je n'aurais pas baissé les bras. Tu as du courage !

 

Bravo Nanon !:flowers:

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Bonjour à tous,

fraichement arrivée sur une nouvelle mission de coordination d'un réseau intercommunal en devenir, j'ai lu avec attention vos post. La compétence sur notre territoire a été prise en janvier 2017 et tout est à construire. Territoire très rural : 2 "grosses bib" dans des communes de 3000 habitants, les 10 autres s'organisent autour de 6 communes de 1000  hab et 5 de 400 habitants.La compétence (partielle) comprends :la mise en place d'une carte unique pour les lecteurs, la circulation des documents  au moyen d'une navette régulière, SIGB commun (C3RB), budget commun ET acquisition mutualisée!!. je me heurte au vue de mes premières visites à de grandes réticences à la mise en réseau et à la simple ébauche d'un travail en commun, les équipes en grandes majorité composées de bénévoles se sentent complétement dépossédées du travail quotidien fourni dans leur bibliothèque. Il est vrai que le passif joue contre cette mise en réseau car cette compétence n'a pas été vraiment concertée avec les équipes, elle a été perçu comme arrivée un peu "d'en haut".et j'ai aussi le sentiment d'un "esprit clocher" assez fort. Donc comme je le disais tout est à faire et à reprendre et je me posais la question de la nécessité rapide de formaliser un projet de service afin d'éclaircir pour tout le monde les rôles de chacun et d'un charte du bénévole intercommunal? j'aurai aimé aussi rassurer les équipes sur ces questions de propositions de nouveautés mais j'ai trouvé déjà quelques réponses dans vos posts;
Merci d'avance pour vos suggestions...

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Tu as raison quant à la priorité qui consiste à monter un projet de service sur 5 ans. Par ailleurs, en intro du Projet, tu vas avoir besoin de "définir" le Réseau en tant que partie intégrante d'un projet culturel intercommunal. Et c'est pas de la tarte sauf si tu arrives à montrer que le réseau n'est qu'une conséquence logique de la mutualisation des services (qui en principe est au cœur de tout projet interco) et que d'autres services ont été ou seront mutualisés (offices de tourisme, archives, patrimoine etc..) de la même façon. C'est une décision politique que tu appliques.

 

Avec des objectifs d'optimisation, donc de bonne gestion, puisqu'au fond il s'agit de faire autant (sinon mieux) avec des économies d'échelle. Or Cette optimisation est évidemment totalement en contradiction avec l'esprit de clocher, la notion patrimoniale des documents (Mes livres ne sont pas les vôtres etc..) et des acquisitions locales (rien à fiche de ce que le village d'à côté achète, j'achète ce que je veux ). La notion de circulation des documents et de compémentarité des structures est nouvelle et vécue comme la création d'interdépendances inutiles.

 

Cet esprit de clocher est souvent encore plus fort chez les bénévoles que chez les agents. D'un autre côté leur connaissance des publics locaux doit être présentée comme un atout à préserver. Ton expression "le passif joue contre etc...." me parait maladroite. Il faut présenter le "passé" comme un actif à utiliser dans un autre cadre et non un passif, qui est forcément negatif puisque cette expression condamne.

 

C'est toujours le problème des mises en réseau. On les présente évidemment comme "La" solution à beaucoup de problèmes, pour les justifier, ce qui revient toujours implicitement à suggérer que ce qu'on faisait avant était négatif . Evidemment c'est mal perçu. Quelquefois ces réactions épidrermiques que tu soulignes ne sont qu'une question de terminologie et de façon de présenter les choses.

 

Autre problème de taille : tu peux intégrer une certaine mobilité des personnels d'une structure à l'autre, mais pas pour les bénévoles. Le bénévole s'est mis au service de son village et ne circulera pas dans les autres. (on a déja du mal à organiser des rencontres entre elles). 

Cette mobilité sera présentée dans le projet de service comme un élément indispensable, le tout étant de savoir dans quelles limites. Un exemple : si besoin est, envisages tu de laisser des structures entièrement aux mains des bénévoles, de façon partielle (tant de jours par semaine etc...) ou totale, par exemple pour des communes de 500 hab ? Et si oui, qui assurera le suivi de ces structures ? Sont-elles informatisées et les bénévoles formées à gérer des choses comme les réservations et les réceptions de navette ? etc...Nous avons été confrontés à ces questions, c'est pour cela que je les cite.

Ensuite définir ce qu'est une "acquisition mutualisée" ou "concertée". Ces mots, devenus un peu fourre-tout, demandent une explication claire du modus operandi.

Tout étant défini, ce n'est qu'à ce moment que tu pourras envisager une charte du bénévole intercommunal. Le problème est que ce simple énoncé peut les faire fuir, car les bénévoles ne se sentent pas du tout "intercommunaux" mais communaux.

 

Enfin je ne sais pas ce que tu entends par "compétence partielle", et tout dépend aussi de ça.

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Bonjour RLP

 

Waow !

"Très rural", "dépossédées de leur travail", "arrivée d'en haut", "esprit de clocher" assez fort, "nécessité rapide".

Eh va donc citadine ! :o))

 

On ne dit pas "esprit de clocher fort" en milieu rural, on dit "esprit territorial fort".

Parce que oui, en milieu rural, nous sommes attachés à notre territoire.

Et oui aussi, ça vient "d'en haut" comme une coordinatrice parachutée sur le territoire (par des élus), qui parle budget commun et acquisition mutualisée… que tout le monde comprend par : j'aurais les cordons de la bourse et c'est moi, et uniquement moi, qui vais choisir ce qui vous conviendra à l'avenir. C'est bien une dépossession massive.

 

Tu penses si les bénévoles vont t'accueillir les bras ouverts.

 

Ce serait pareil pour moi, agent.

Mais je serais plus franc du collier.

Je te proposerai un café et quelques petits gâteaux, et je te demanderai :

- et tu vois ça comment ?

- et tu penses acquérir la connaissance des publics de chaque commune comment ?

- une charte du bénévole intercommunal, tu feras quoi s'ils s'en servent comme papier Q ? (ok, s'ils/elles ne veulent pas la signer ce qui revient au même). Vouloir leur faire signer un document = on n'a pas confiance en eux. Tu y as pensé ?

 

Et surtout, surtout :

- raconte-moi ce que ça va vraiment leur apporter dans leur travail quotidien.

- quels avantages ?

- dans un beau powerpoint ?

 

Parce que les désavantages, ils sont déjà là, explosifs. Ils sautent aux yeux et piquent sévère.

Logiciel commun à tout le monde = obligation de se former, pour tout le monde, à un nouveau logiciel. Celui des grosses villes. Tout le monde n'en est pas capable… sans une aide sérieuse.

+ Recotation obligatoire, re-informatisation si échec des récupérations des notices.

Budget commun, et mutualisation = inquiétude sur la répartition. Tout pour les grosses villes ? Et comme d'habitude les petites structures se partageront éventuellement les miettes. Et des miettes inadaptées. Avarie connue mon capitaine ! (cf. la réponse de Ferris)

 

Alors oui, tu vas devoir monter un projet de service, mais comme sur un vrai réseau.

En concertation avec tout le monde. C'est-à-dire en prenant le temps d'écouter et de voir fonctionner les équipes.

 

Pas en venant avec des gros sabots citadins qui imposent, vite, à tour de bras, sauf si tu aimes les conflits et les bras de fer.  

En rural, on prend son temps, parce qu'on construit durable.

Former les bénévoles à un nouveau logiciel, ça prend dans les six mois un an pour qu'ils soient pleinement opérationnels.

Rassurer les bénévoles en leur disant qu'elles recevront 90 % de leur budget actuel et que 10 % seront destinés à une acquisition pour un fonds  commun, c'est une donnée tolérable. (et évolutive au cours des années +10 % par an pour le fonds commun). C'est une transformation en douceur, que l'on peut adapter au cas par cas, le temps que les équipes des structures apprennent à travailler ensemble. Ce qui ne se fera pas du jour au lendemain.

 

C'est un projet sur 4 à 5 ans, minimum.

 

Et le premier conseil que je pourrais te donner, c'est de remercier les équipes pour leur travail.

En ayant des exemples concrets à fournir de ce qui marche, de ce qui est appréciable dans leur structure.

 

Ce serait bien, aussi, que tu aies une vision à 5 ans du réseau. De la façon dont tu envisages les relations entre bibliothèques, en montrant les avantages de chaque action (au moins ça prouvera que tu y as réfléchi en profondeur), et de ce que le réseau va devenir. Au bénéfice du lecteur, certes, mais surtout des équipes ! (on ne parle pas aux lecteurs, là, on parle aux équipes)

Toujours en précisant que ça ne se fera pas en un jour, et que "nous procéderons par étape".

 

Tout ça va t'obliger à rechercher les forces de ton réseau, à les analyser, à voir si on peut en faire profiter les autres structures. Les faiblesses apparaîtront d'elles-mêmes.

 

Parce que pour l'instant, tu leur as surtout montré les désavantages du projet.

Tu veux en rajouter un autre avec une charte du bibliothécaire intercommunal. Qui leur montrera bien toute la confiance que tu leur accordes.

En tant que bénévole, je n'ai jamais rien signé. Parce que le bénévolat c'est un engagement et donc une question de confiance et de parole donnée.

Que le/ la présidente de l'association signe une telle charte, peut-être, pour montrer l'engagement officiel de l'association, mais les bénévoles individuellement… c'est aller au-devant d'un refus en masse. Une de mes bénévoles m'a dit, texto, "signer un tel document serait renoncer à ma liberté".

 

Par contre faire signer une convention/charte du bénévole intercommunal, en mairie par le/la présidente d'association et le maire, c'est montrer l'importance de l'équipe bénévoles dans la vie de la commune. Et ça passera encore mieux avec une photo à la clef dans les journaux. Mais chut, je n'ai rien dit.

 

Sauf que c'est toute la différence entre un fonctionnaire con et procédurier, qui n'a pas confiance dans les bénévoles, et celui qui sait les remercier et les mettre en valeur.

 

Il y a façon et façon "d'éclaircir le rôle de chacun" (j'adore cette terminologie qui impose), parce que les bénévoles n'ont pas attendu les professionnels pour définir leur rôle auprès de la population. Ils savent depuis longtemps pourquoi ils sont là : pour rendre service, sur leur temps personnel. Sans attendre aucun remerciement.

 

Ni de la part des élus, ni de la part des lecteurs, et encore moins des professionnels (amenés pourtant à travailler avec eux).

 

Alors si tu veux vraiment construire un réseau, il va falloir que tu changes ton approche, et que tu quittes certaines terminologies. Parce qu'à l'esprit de clocher, le bénévole te retournera l'étroitesse d'esprit du fonctionnaire qui veut tout imposer et régenter.  Or, un réseau, c'est une construction commune.

 

Ce qui veut dire partager une vision commune. Et pour ça il faut demander à tout le monde comment il voit ce projet, comment ce serait le top pour chacun. Au moins tu sauras à quoi chacun est prêt à s'engager, ce qui te permettra d'ajuster les premiers pas de cette construction…à long terme.

  Bernard

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Posté(e) (modifié)

@RLP

 

Tu a réveillé les ardeurs guerrières et territoriales du Nanard médiéval. Faut l'excuser, dès qu'on parle de bénévoles, il sort sa pétoire. En plus actuellement il a peur de passer en réseau, comme tout le monde, ce qui augmente l'agressivité du bonhomme. Ne t’inquiète pas...:D 

 

Je suis moi-même arrivé dans un département rural, venant de la région parisienne et j'ai entendu tellement de conneries et de clichés sur la "ruralité", tous ces braves gens attachés à leur territoire, ces bénévoles ouverts et compétents etc...que j'en suis revenu.

 

Oui l’esprit de clocher existe en milieu rural, ainsi que l'étroitesse d'esprit qui va avec, et aussi, et je peux en témoigner à titre personnel, une certaine méfiance instinctive pour tout ce qui vient d'ailleurs. On aime bien fonctionner "entre soi" avec ses petites méthodes qui ne sont souvent validées en fait que par leur durée (ça fait 15 ans qu'on fait comme ça et les gens sont très contents etc...). Tu es porteuse d'un projet difficile à faire passer en général, et particulièrement en milieu rural. Ce projet nécessite de toutes façons, pour tout le monde, une remise en cause des habitudes, des pratiques et des façons de penser la territorialité, justement.

 

Tu n'es pas là pour plaire, ne l'oublie jamais. Tu as une mission à remplir. Et de toutes façons il faudra qu'agents et bénévoles acceptent ce changement de situation, dont tu n'es que porteuse. Un peu de diplomatie est indispensable, ainsi qu'une reconnaissance marquée pour le travail accompli, comme on dit.

 

Psychologiquement, remercier les gens pour leur action passée est aussi une façon élégante de leur signifier que, précisément, elle appartient au passé et qu'il va falloir, collectivement, construire autre chose. Le côté remise de médailles m'amuse toujours....:D

 

Reste ferme sur les choix qui sont indispensables et méfie toi parfois de l'incohérence des élus : d'un côté tu dois faire un réseau, construire une nouvelle façon de travailler, plus collective, avec tout ce que ça implique, et de l'autre ils seront les premiers à vouloir tempérer tes projets (qui sont l'expression concrète des leurs, ne l'oublions pas) pour ne pas déplaire à tel ou tel petit maire ou bénévoles. En gros, théoriquement on change tout mais finalement on fait en sorte par en dessous que rien ne bouge, on connait la chanson....

 

La mutualisation des moyens et l'obligation d'intercommunaliser ne sont pas partagés avec enthousiasme par tous les élus, il faut le savoir. C'est d'abord une obligation qui a été imposée aux territoires. Il y a beaucoup de réticences. Parfois avec raison, il faut le dire aussi. Et beaucoup de communes ont souhaité conserver la compétence lecture publique, qui n'est qu'optionnelle, comme on garde un petit bout d'autonomie, une spécificité locale, le goût du terroir. Le résultat c'est l'existence de montages branlants, dont témoignent certains sur ce forum : ici on garde la gestion du personnel en local mais le budget d'acquisition est interco, ailleurs c'est l'inverse. Ici on nomme un "coordinateur" qui n'a en fait aucune possibilité réelle d'agir. Ailleurs on ne mutualise rien mais on remet en place des vieux systèmes de conventions entre communes. Bref, c'est n'importe quoi. Et ça ne pourra pas durer. Car à la clé de tout cela, il y a une baisse prévue des budgets tous niveaux. Car c'est l'objectif, tout simplement. Et la-dessus les élus sont tous d'accord. 

Et ceux qui veulent rester dans leur coin se retrouveront sans moyens suffisants pour assurer un service de qualité.

 

Imagine que ton Projet de service comporte, et ça serait bien, sur 5 ans, un projet d'ampleur, soutenu par financièrement par ta Bdp et ton conseil communautaire, mais qui ne peut se faire qu'en intégrant clairement les dimensions de gestion collective, de mobilité, de mutualisation des moyens, d'équité territoriale etc...Il sera difficile aux esprits de clocher d’apparaître comme risquant de faire capoter le truc par attachement à leurs anciennes façons de faire...:angel:

 

Si tu dois faire passer les acquisitions locales directes, c'est à dire la part d'achats purement locaux non concertés à 10% du budget plutôt qu'aux 90%, comme conseillé par le Nanard de la diplomatie (90%, ce qui revient à ne rien faire), fais-le. Tu n'es pas là pour rassurer des benevoles mais pour construire un reseau efficient. Rassurer quelques vieilles dames dans leur confortable immobilisme local n'est pas une mission de service public ni un objectif en soi. Si leur première compétence n'est pas la capacité de se remettre en cause, c'est que ça ne va pas.

 

Bonne chance, fonce, et protège-toi.:)

Modifié par Ferris

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"une certaine méfiance instinctive pour tout ce qui vient d'ailleurs"

 

C'est clair !

Et ici fortement justifié, non ?

 

"Tu es porteuse d'un projet difficile à faire passer en général, et particulièrement en milieu rural. Ce projet nécessite de toutes façons, pour tout le monde, une remise en cause des habitudes, des pratiques et des façons de penser la territorialité, justement."

 

Exact, très difficile, avec beaucoup à gérer d'un coup.

Les élus ne font que signer un bout de papier, en espérant secrètement faire des économies comme pour la ramassage des ordures… et au coordinateur de se débrouiller avec tout le reste.

 

"Un peu de diplomatie est indispensable"

J'ai pas lu "esprit de clocher fort" ?

Ah si, donc qui s'accompagne souvent de "fortes personnalités".

 

"(90%, ce qui revient à ne rien faire)"

Faux, tu prépares une habitude, et la certitude que dans dix ans, tout sera transféré au réseau.

Le premier pas, c'est de ne pas déposséder les structures de leurs budgets sauf si tu veux obtenir ça

 

"J'ai une bibliothèque qui fait de résistance et c'est là qu'on voit les limites de l'équipe réseau. Nous n'avons pas de pouvoir décisionnel. Juste un rôle d'accompagnement et de conseil."

 

En particulier lorsqu'il s'agit d'installer un très gros chantier comme la mise en commun d'un même logiciel + navette et autres services d'échanges.

 

Je ne te raconte même pas s'il s'agit d'informatiser une structure qui ne l'est pas. Et là, qui va s'y coller ?

 

Sans compter qu'une bonne acquisition, c'est aussi un bon pilonnage en amont… et si ce sont vraiment des mamies pas très efficaces,  comme tu le supposes Ferris (j'étais bénévole à 29 ans), ce n'est jamais que 10 structures à inventorier et à "aider", et surtout convaincre qu'il faut pilonner. Vu l'ambiance fortes personnalités et clochers, franchement, je souhaite bien du plaisir à qui va s'en occuper sans lâcher du lest.

 

Dans un tel projet, vouloir tout mener de front, c'est courir droit à l'échec.

 

Alors oui, la première année, je ne toucherais pas trop au budget des structures avant d'avoir réalisé tout l'inventaire de ce qu'il faudra pilonner,  acquérir ou faire tourner. Sauf à vouloir y passer week-ends, soirées et vacances.

 

Parce que, comme tu l'as dit, il va s'agir de créer une dynamique d'équipe et de collection.

 

Ou alors d'avoir cette version

"Chez moi ils ont choisi le centralisme à outrance et la dépendance totale. Je suis donc sorti du jeu..."

 

Tu es pourtant un professionnel.

Pas que les bénévoles pour entrer en résistance. :wink:

 

Par contre, qui va-t-on tenir responsable du moindre échec, ou de l'abandon d'une équipe de bénévoles + fermeture de la structure communale. Je te le laisse en 1000.

 

 

Bref, si on veut une adhésion, plutôt qu'un rassemblement contre le coordinateur, il faut que les idées viennent des structures elles-mêmes. On ne refuse pas une idée qui vient de sa structure ou de soi, et de ce fait on a préparé les gens au changement. On a rendu les gens acteurs de ce changement. C'est un début nécessaire pour créer une vraie dynamique de réseau.

 

Sauf si on aime les conflits, bien sûr. Chacun son plaisir.

 

Est-ce qu'il faut être diplomate ?

Certes, mais pas que. Là, il faut être pleinement médiateur du projet. Dans le plein sens du terme : il va falloir le vendre ce projet et obtenir l'adhésion du réseau.

 

Coordinateur, ce n'est pas du tout un poste facile.

Savoir gérer un projet, ça s'apprend aussi. En DUT métiers du livre, je ne sais pas, mais en informatique, je sais qu'on commence toujours par l'analyse de l'existant avant de toucher à quoi que ce soit. Parce que heurter de front les gens, ou même les programmes informatiques ou les machines, c'est rendre impossible ou très  très chaotique, toute la suite du projet, pendant des mois et des mois.

 

Mauvaise analyse du terrain = mauvaise solution.

Mauvaise analyse du terrain = mauvaise planification du projet, et retards, et dysfonctionnements à répétition.

 

J'ai connu.

Et pas que les bénévoles pour avoir peur de ne plus servir à rien, ou juste de caisse enregistreuse.

Si on ne peut pas participer, ni apporter sa touche, une grosse partie de l'intérêt à travailler/bénévoler s'envole.

Ça fait partie des dysfonctionnements d'un réseau mal pensé à l'origine, faute d'avoir pris le temps nécessaire au départ pour comprendre comment ça marche et comment on peut modifier les choses par la suite.

 

Mais bon, chacun doit apprendre cette leçon à sa manière. :clover:

  Bernard

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Ah oui, je rajoute qu'au temps médiéval on n'a pas de pétoire, mais un tromblon, une espingole ou un mousqueton.

Et précise que je n'ai pas peur de passer en communauté de communes. Il y aura des avantages et des inconvénients, et une aventure intéressante si on forme un véritable réseau où tout ne vient pas d'en haut sans aucune concertation, ni réflexion d'équipe.

La réflexion d'équipe, ça me botte pas mal !

  Bernard

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il y a 36 minutes, B. Majour a dit :

tu prépares une habitude, et la certitude que dans dix ans, tout sera transféré au réseau.

 

il y a 37 minutes, B. Majour a dit :

vouloir tout mener de front, c'est courir droit à l'échec.

 

Un bon état des lieux est évidemment indispensable et il faut y mettre le temps nécessaire. Faut pas mégotter. Dans une myriade de petites structures laissées à elles-même pendant des années, le constat est souvent catastrophique. Fonds dormants énormes, désherbages inexistants, politiques d'acquisition non formalisées, achats en librairie le nez au vent genre journée rigolade, et j'en passe ! Cet état des lieux une fois réalisé il faut y aller à la pelleteuse. Et déja, rien que pour ça,  ça hurle dans les chaumières alors que le réseau n'est même pas en place.

 

Dix ans :blink:? On n'attend pas dix ans pour mettre en place les critères qui amèneront à une répartition budgétaire par structure et lancer un mode de concertation pour les acquisitions. Ni pour faire un réseau, ni autre chose d'ailleurs. Surtout que ce sont les points de base. Les élus feraient une drôle de tête. Bonjour la carrière du coordinateur...:no:. Tu imagines le Tour de France où à chaque étape on réunirait tout le monde pendant une semaine, groupes de réflexion et compagnie, pour savoir où on va aller pour la prochaine étape ?

 

Allez, soyons larges et généreux: Un an de prépa pour évaluer le terrain et définir le réseau et sa progression (la navette dans 2 ans, les liseuses à n+3 etc....), ou deux ans s'il y a informatisation/formations, avec un projet de service sur 5 ans avec des objectifs les plus précis possible, en évitant les grandes formules creuses et en étalant le budget sur cette durée. Cela dépend aussi des personnels disponibles, du suivi des élus (s'ils font de la coupe budgétaire massive deux après, tu peux jeter ton projet de service à la poubelle) et de l'aide effective de la Bdp, surtout pour l'informatisation et la formation des bénévoles, où son rôle est primordial, voire pilote. On ne se lance pas sans biscuits. Chez nous par exemple, le projet a commencé par une demande de subvention informatique (postes, licences logiciel). Une fois ça assuré, (et les élus rassurés sur le plan budgétaire), tout pouvait commencer. Sans cet accord de la Bdp ça ne démarrait pas.

 

Et il faut tout mener de front justement. Sinon c'est du saupoudrage de mesures qui nuiront à la cohérence de l'ensemble. Parce que tout se tient. Que le projet soit bon ou mauvais, discuté ou imposé, il doit être cohérent. Sinon la notion de projet global disparaîtra. La longueur tue les projets, les amollit, et atténue les motivations, surtout s'il y a des gens qui traînent les pieds dès le départ. Quand tu prends un château d'assaut, tu n'envoies pas tes hommes un par un, tout le monde y va en même temps. Sinon ça va durer cent ans ton affaire:hyper:

 

Quand ton moteur est mort tu ne changes pas une pièce chaque année, tu fais une dépose de moteur et un échange standard. C'est moins cher au total et tu ne risques pas la panne à chaque fois.

 

C'est ça un réseau : on change tout, y compris l'itinéraire. C'est pour ça que c'est une aventure intéressante. Maintenant si le projet est cohérent mais que tu y trouves plus d'inconvénients que d'avantages, c'est une autre affaire.

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"Dix ans :blink: ?"

 

Tu connais la technique du pied dans la porte ?

Vu l’opposition et le sentiment de dépossession actuel, il va falloir y aller mollo pour amorcer la pompe. Parce qu’il s’agit d’une pompe.

Quand les équipes de bénévoles commenceront à se rencontrer, à travailler ensemble, à en voir les avantages, tout le reste va venir, bien plus vite que 10 ans. Les 10 ans, c’est la limite la plus extrême, qui mise aussi sur le départ à la retraite d’une partie des vieilles mamies récalcitrantes.

 

Mais on a un point de résistance à franchir.

Les 10 % de la première année, c’est le pied dans la porte. (En attendant de mener à bien les autres projets, le temps de trouver des volontaires pour bosser ensemble entre des équipes qui ne se sont sans doute jamais rencontrées ou presque.)

 

Parce, tu l’as déjà noté :

« Cela dépend aussi des personnels disponibles, du suivi des élus (s'ils font de la coupe budgétaire massive deux ans après, tu peux jeter ton projet de service à la poubelle) et de l'aide effective de la Bdp, surtout pour l'informatisation et la formation des bénévoles, où son rôle est primordial, voire pilote. »

 

Personnels disponibles dans le cas de RLP : 2 "grosses bib" de 3000 habitants. Autant dire max deux-trois adjoints du patrimoine, qui devront continuer à assurer leur service.

Alors le personnel disponible, j’ai bien l’impression que ce sera la coordinatrice du réseau en solo. :wink:

 

Quand tu prends un château d'assaut, tu n'envoies pas tes hommes un par un, tout le monde y va en même temps. Sinon ça va durer cent ans ton affaire :hyper:

 

Encore faut-il avoir une troupe. :tongue:

L’essentiel du réseau étant bénévoles, il va bien falloir convaincre cette troupe de suivre.

 

Surtout si on veut les envoyer en formation.

Et c’est cette levée de troupes et de motivation qui paraît préoccupante ici.

 

Enfin, d’après ce que tu décris de ton expérience.

« Sans validation par la BDP, le projet n’a pas raison à démarrer. »

 

Là, c’est clair sur ce que l’on doit envisager en premier lieu : sécuriser le budget et l’aide BDP. Pas que les bénévoles à convaincre du projet en premier lieu, mais sûr que la motivation des bénévoles et leur engagement dans ce projet va peser lourd dans la suite.

Donc vouloir leur sucrer leur budget, n'est pas la meilleure tactique pour commencer.

 

En particulier si on veut que les gens travaillent ensemble de manière incitative et participative.

 

Et là, il y a un point essentiel à ne pas louper dans l'analyse de l'existant :

- pourquoi les bénévoles sont-elles là ? Pourquoi participent-elles au service bibliothèque ?

Si tu ne sais pas ce "pourquoi ?", ton réseau va complètement exploser si tu utilises la pelleteuse à uniformiser.

Parce que les empêcher d'acquérir, c'est aussi enlever une partie de ce qui fait plaisir à certaines. (et à combien de professionnels !)

De plus, on a une meilleure médiation quand on acquiert, parce qu'on sait pourquoi on acquiert.

Par contre, si c'est pour transformer les bénévoles en robots de prêts, autant installer des automates. Les automates, tu n'as pas besoin de les former. Ils sont dociles, obéissants, et ils peuvent fonctionner 24/24 s'il s'agit d'ouvrir plus. Et si on change de logiciel plus tard, ça ne pose plus aucun problème.

 

Bon, si les automates, c'est trop cher pour les élus, tu te rabats sur des boîtes à livres un peu plus grandes qu'un frigo. Une boîte à livres, c'est facile à ranger, c'est auto-géré et tu n'as pas besoin de t'enquiquiner avec un logiciel.

 

S'il s'agit d'ouvrir un réseau à la pelleteuse, je sais faire. :thumbsup:

Et les documents, on ne les couvrira pas. Ni le temps, ni le personnel. Et surtout beaucoup d'économies de façade.

 

Par contre, s'il s'agit de lancer des animations ou des activités "culturelles ou bibliothèques", avec des petites mains, là ce sera une autre paire de manches.

De disponibles en semaine, tu n'as ni les travailleurs, ni les mamans qui ont des enfants ou qui travaillent… tu as les petites grands-mères qui ont du temps. Et encore, pour beaucoup, elles ont d'autres activités bénévoles. De celles qui font vivre et animent la commune.

 

Alors, quand je parle de dire merci plus haut, ce n'est pas juste un "merci pour votre engagement", c'est merci pour les X heures d'ouverture au public, merci pour votre présence, merci pour les milliers de livres que vous couvrez chaque année et que vous aidez à acquérir en restant vigilantes. Merci, pour vos oreilles sur la commune et sur ce que veulent faire les élus (et la population), sur les activités que, grâce à vous, la bibliothèque peut renforcer ou pour laquelle elle peut se préparer, etc.

C'est tout ça des bénévoles, quand on pousse son analyse.

C'est une force vive que l'on peut utiliser et sur laquelle on peut s'appuyer. Mais pour ça, il faut bien analyser – à fond – les choses, les besoins et les désirs de chacun, pour y répondre au mieux.

 

Et aussi envisager l'avenir. Si on veut un renouvellement des équipes bénévoles.

 

Parce que des structures qui tournent, ce n'est pas un moteur mort. Par contre, oui, c'est facile à tuer.

Et qui va-t-on tenir pour responsable de ce fait si le moteur meurt ?

 

Non, la position de coordinateur de réseau n'est pas simple.

Surtout si certains élus n'attendent que ça pour rejeter le système en disant : je vous l'avais bien dit que ça ne marcherait pas. (ou plus sadique : qu'il ne fallait pas embaucher une personne extérieure)

 

Allez, tiens, je vais finir par là.

Quand tu prends un château d'assaut, tu n'envoies pas tes hommes un par un, tout le monde y va en même temps. Sinon ça va durer cent ans ton affaire

 

Au niveau stratégique, tu as un paramètre essentiel à prendre en compte.

1) on envoie un éclaireur ou un espion, qui va noter les forces et les faiblesses de l'adversaire

2) on envoie un agent chargé de tester la population, pour savoir si certains ne voudraient pas un changement de régime, s'ils ne voudraient pas adhérer à la politique du conquérant. On peut également envoyer des marchands qui apportent profits et richesses (cf. la cité de Venise) pour obtenir des appuis.

Si la demande d'occupation de sécurité vient de la population, alors c'est du pain béni, elle va ouvrir les portes toute seule.

3) A défaut, on envoie un ou des assassins, saboteurs pour les cités récalcitrantes, histoire de préparer le terrain et affaiblir la force ennemie. Ou alors pour revenir à l'étape 2, un avis favorable du pouvoir survivant.

4) et seulement on arrive avec une troupe nombreuse… Soit pour maîtriser les derniers opposants, ou pour une démonstration de force à l'intention des observateurs extérieurs. Ou alors oui, pour conquérir la cité par la violence, si les agents à l'intérieur ne t'ouvrent pas les portes avant. Si ce n'est pas le cas, débute un siège, qui prend du temps et mise sur la famine avant le combat, certains ont duré une décennie. C'est compliqué de prendre un château bien défendu, même par une poignée de combattants.

 

Cependant, si à aucun moment la population n'a adhéré à l'invasion, on va devoir maintenir une forte garnison pour mater les récalcitrants et les rebelles, qui vont te mettre le souk pendant des décennies, ou même 100 ans, durée classique de pacification d'une contrée très hostile.

 

Alors oui, ça prend du temps, et si, on envoie souvent des hommes seuls (ils peuvent cumuler les rôles 1 à 3)… mais ce sont des hommes dont on ne parle presque jamais, parce que ces actions n'ont rien de glorieuses.

 

Emporter l'adhésion de la population à conquérir, c'est la clé de la victoire.

Quand ça vient des gens eux-mêmes, ils sont plus impliqués et acteurs du changement.

 

Et pour ça, il faut trouver des appuis dans la population, donc ici dans les équipes bénévoles (et pro). Soit : leur permettre de construire ce réseau, autant d'occasions de les réunir ou de les inciter à y réfléchir ensemble… en leur apportant toutes les informations du professionnel : si les acquisitions peuvent circuler, alors on peut acquérir différemment. Le coordinateur réseau devra montrer comment.

On a déjà une première approche avec la BDP, sauf qu'une BDP ne communique jamais sur ses acquisitions, et n'ouvre pas non plus un cahier de demandes pour les structures, ou la population. => Ils ne savent pas se servir de leur réseau et de ses ressources, et ne sont donc pas un véritable réseau.

 

Pour créer un véritable réseau, il faut prendre le temps de bien connaître ses composantes et ses forces, pour les utiliser au mieux. Et au final souder tous ses membres dans une même synergie.

 

Encore faut-il savoir quelle dynamique on veut porter avec son projet, à 5 ans et au-delà.

  Bernard (qui sait bien que le budget, c'est pas dans dix ans, c'est au premier janvier 2018 qu'il va falloir le décider :D. Enfin le premier, pour que les équipes puissent se projeter. Et que le coordinateur, lui, puisse continuer à étudier et planifier son projet sur les grands axes.)

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il y a une heure, B. Majour a dit :

Alors le personnel disponible, j’ai bien l’impression que ce sera la coordinatrice du réseau en solo.

 

Exact. Chez nous (centrale de 7000 h et 10 structures) une seule "bibliothécaire intercommunale" chargée du suivi des structures bénévoles, formations, rencontres et des relations avec la Bdp. Et ça fonctionne. Par contre c'est clair qu'elle est toujours sur les routes. A un moment elle prenait aussi la navette en charge.

il y a une heure, B. Majour a dit :

Donc vouloir leur sucrer leur budget, n'est pas la meilleure tactique pour commencer.

 

On ne sucre rien à personne, on mutualise le budget, mais chaque structure continue d'avoir le même "pouvoir d'achat", simplement les acquisitions se font de façon plus collective et raisonnée Rien que le fait que les livres circulent, par exemple,  amène forcement à une nouvelle conception des acquisitions. Et on leur apprend que "leur" argent (communal) est désormais aussi celui des autres (intercommunal).

 

il y a une heure, B. Majour a dit :

Surtout si certains élus n'attendent que ça pour rejeter le système en disant : je vous l'avais bien dit que ça ne marcherait pas.

 

Précisément. C'est pour ça que je dis à RLP de faire attention. Car dans les bénévoles il y a quasiment toujours des gens "bien placés", des femmes d'élus et autres, qui peuvent peser très lourd dans la balance quand elles se mettent à vouloir démolir un projet ou un agent. Désolé mais j'ai l'exemple d'une jeune collègue ,dans ta région d'ailleurs, qui était la première professionnelle que le maire avait finalement décidé d'embaucher et qui s'est fait proprement "virer" par les bénévoles qui avaient décrété qu'elles n'avaient jamais eu besoin de personne etc..et lui ont fait une vie d'enfer. Elle a tenu un an et s'est barrée. Ces exemples sont certainement plus nombreux qu'on le croit.

 

il y a une heure, B. Majour a dit :

pourquoi les bénévoles sont-elles là ? Pourquoi participent-elles au service bibliothèque ?

 

Parce que les élus n'ont pas voulu embaucher d'agent et que les retraités qui s'ennuient sont légion en France. Tout le monde sait ça. :tongue:

 

Travailler avec des bénévoles dans le contexte d'un village est une chose. Cela marche ou pas, selon les moyens que chacun peut ou veut y mettre. Mais travailler avec des bénévoles dans un contexte intercommunal, c'est rebattre complètement les cartes. Et si certaines ne suivent pas parce qu'elles n'admettent pas ce nouveau contexte territorial et ses règles, ce qui est leur droit, on ne va pas céder à ce petit chantage, dans lequel elles entraînent quelques élus, pour finalement ne rien faire ou empêcher les autres d'évoluer. Une bénévole ne fait pas le printemps.

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Merci beaucoup à tous les deux pour vos remarques et conseils. Bien que mon premier post soit un peu franc du collier j'ai déjà entamé un tour des bib du réseau et j'essaie de ne pas y aller "avec mes gros sabots de citadine" :wink:J'ai bien en tête tout le travail fourni par les bénévoles dans chaque structure et depuis longtemps et ce n'est pas du tout un mépris de ma part ni l'envie de tout révolutionner en même temps (encore que comme l'a dit Ferris tout se  tient!), mais la  temporalité des bénévoles et temporalité d'élus et difficile à conjuguer  (mais ça, ça sera répété et montré dans les plus hautes instances.:tongue:..) j'essaie juste effectivement de trouver un fils me permettant d'entrer et de leur montrer quel avantages il y aurait à travailler à plusieurs et pas forcement que sur l'acquisition d'ailleurs voir même avant l'acquisition, qui est, je le sais bien une énorme anguille à avaler. Loin de moi l'idée aussi de faire sans eux mais il y aura peut être de la casse si certain(es) ne veulent pas évoluer...le "passif"dont je parlais est plutôt politique certains élus tiraient souvent la couverture à leur commune et une sorte de jalousie s'est crée au fil des années. Les bibliothèques n'ont pas toutes évolué en même temps non plus mais le contexte n'est pas si catastrophique, la bdp ayant fait un gros travail d'aide à l'informatisation et de formation et certaines équipes sont assez aguerris . Mon interrogation était surtout peut être au niveau méthodologique, une bonne analyse de terrain (en cours) et la formalisation d'un projet me parait maintenant tout à fait clair et indispensable tant au niveau des différentes équipes qu'au niveau  des élus; la charte attendra ...

merci en tout cas de vos échanges nourris!

bonne journée

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il y a 51 minutes, RLP a dit :

le "passif"dont je parlais est plutôt politique certains élus tiraient souvent la couverture à leur commune et une sorte de jalousie s'est crée au fil des années

 

Exact aussi. Des décisions prises en simple conseil municipal jouent évidemment sur les moyens de chaque commune. Et on entendait souvent, avant l'interco, que "telle" commune (plus grosse, mieux dotée etc...) se permettait des investissements que des petites ne pouvaient se permettre. Avec l'interco, le ton change, toutes les communes sont représentées au Conseil communautaire (y compris celles qui n'ont pas de structure) et peuvent dire leur mot. Et on voit des "frondes" locales", basées sur des jalousies anciennes, de petits maires, qui s'opposent systématiquement à des investissements qui bénéficieraient "comme d'habitude" aux communes les plus grosses, plus fréquentées etc...

Du coup cela peut augmenter le "différentiel qualité de service" et la simple équité entre les différents territoires, qui est pourtant en principe au cœur du projet.

J'ai eu le cas pour un refus d'équiper en postes publics supplémentaires certaines bibs, qui, aujourd'hui encore n'ont qu'un poste opac à la disposition du public. Mais il existe des exemples plus importants, notamment quand le subventionnement extérieur n'existe plus.

On entend des batailles d'apothicaires comptabilisant le nombre de Km entre deux structures, pour considérer qu'elles sont suffisamment proches pour (finalement) n'investir que dans une. En oubliant totalement le cas des publics non voiturés etc...

Et je pourrai en citer des pages comme ça. Le problème c'est qu'au delà des querelles de clocher qui perdurent entre élus, c'est le cœur du projet qui est touché. Et là, les bénévoles auront raison de considérer qu'on les laisse tomber d'une façon générale. Au réseau donc d'essayer de rétablir aussi des équilibres que les élus eux-mêmes auront sacrifiés. Ce qui n'est pas facile quand il s'agit de mobiliers, matériels divers, budget de consommables etc...

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