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Moody

Jeux en bibliothèque : quel choix ?

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Ferris

Message reçu : le jeu n'a pas à avoir de vocation utilitaire. On ne "sert" pas du jeu pour des fins détournées de pédagogisme. En en principe. Parce qu'on voit bien dans tes références (Piaget etc...) que le jeu est tout de même conçu comme élément d'accompagnement du développement de l'enfant. On ne joue pas que pour jouer mais pour se construire. D'où, comme tu le dis, une dérive du jeu vers l'enfance.


 


Et c'est probablement là que nos intérêts diffèrent, ainsi que ceux des enseignants et autres intervenants. La mediatheque troisieme lieu se préoccupe de tous les publics. Et si les adultes et le troisième âge n'ont pas leur place dans une ludotheque-mediatheque, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas.


 


Déja dans un rapport de l'OLP on stigmatise les animations des bibliothèques comme trop orientées vers l'enfance et ne faisant pas grand chose en direction des autres publics, notamment les personnes âgées, qui sont pourtant disponibles. Le jeu pour elles devra-t-il se cantonner aux activités de la maison de retraite ?


 


La ludotheque en mediatheque c'est le jeu pour tous. Comme finalité à atteindre. Et si le professionnalisme des ludothecaires doit nous amener à cantonner cela à la petite enfance, je ne suis plus d'accord. Qu'ils restent alors dans un associatif bien délimité. Les missions générales des bibliothèques ne correspondent pas à cette sectorisation. Certes, élargir à tous les publics devra nécessiter, de la part des professionnels du jeu, un petit effort d'adaptation. Et ils auront aussi à "combattre" en interne les responsables des secteurs jeunesse qui, pour l'instant, ont tendance à confisquer le jeu à l'intention de leur public-cible. Je ne pense pas que vous y perdrez votre âme.... :tongue:


 


@Lulu, je suis d'accord avec toi, notamment sur un partenariat avec une association de jeu, dans le cadre d'une activité non pérenne. Question annexe : est-ce que la collectivité serait capable de recruter un jour quelqu'un venant de ce type d'association ? C'est à dire placer les compétences et le savoir-faire au dessus-du reste ? C'est la clé. La multiplicité des publics touchés sera une des clés essentielles pour faire avaler un projet à des élus.


 


Un petit détail qui me chiffonne (oui, tu m'as chiffonné) : je suis un mec né dans les années 50. Mais je ne suis resté dedans, j'ai bougé, comme les jeux ont bougé. Ai-je ma place dans ton monde sans Monopoly ?


 


@Cécile. Je ne comprends pas bien ta position. Professionnalisons, ok. On était d'accord là-dessus. Mais depuis, je ne vois plus très bien où tu te situes. On est et on reste bien dans les médiathèques ?

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Lunalithe

@Lulu, je suis d'accord avec toi, notamment sur un partenariat avec une association de jeu, dans le cadre d'une activité non pérenne. Question annexe : est-ce que la collectivité serait capable de recruter un jour quelqu'un venant de ce type d'association ? C'est à dire placer les compétences et le savoir-faire au dessus-du reste ? C'est la clé. La multiplicité des publics touchés sera une des clés essentielles pour faire avaler un projet à des élus.

 

Un petit détail qui me chiffonne (oui, tu m'as chiffonné) : je suis un mec né dans les années 50. Mais je ne suis resté dedans, j'ai bougé, comme les jeux ont bougé. Ai-je ma place dans ton monde sans Monopoly ?

 

Sachant que dans cette Association (celle qui intervient chez nous), ils ont réussi à être 2 salariés, je pense que ça peut devenir envisageable dans les prochaines années. Il y a du monde qui veut faire bouger les choses ET un public qui en redemande, logiquement, ça ne peut que plaire !

Sachant que lorsque j'ai monté cette animation, il n'était pas question de le faire sans partenariat (ah, non, attend, on m'a dit de dire "prestataire". Ouh, le vilain mot). On a voulu voir avec la ludo, c'était un avantage pour lui (visibilité) et pour nous (partenariat et pas prestation de service), mais on s'est... comment dire... fait méchamment rembarrer. La ludo, c'est dans son espace ou rien. Donc on a vu ailleurs. Et maintenant il nous tombe dessus en nous disant qu'on l'a spolié.

Au bout d'un moment, hein... ras le bol de se prendre le chou.

 

Si tu es un mec des années 50 mais pas poussiéreux et moderne, tout va bien !

 

Et puis tu sais, j'aime bien le monopoly. J'y joue sur mon telephone (les règles sont différentes, les parties ne durent pas des heures !). Mais je ne peux juste pas considérer que c'est THE exemple à donner pour définir un jeu de société.

Voilà, tu vois, j'ai peut-être un caractère de cochon (enfoiré va... grouik) mais je suis très ouverte en vrai ! Juste un peu raleuse.

Modifié par Lunalithe
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Cécile Gaultier

@Ferris: je suis pour des ludothèques dans des médiathèques (mais de vraies ludothèques, avec tous types de jeux, pour tous les publics et avec du personnel vraiment formé), ou des ludothèques dans des lieux dédiés, aux mêmes conditions.


Les ludothèques peuvent être municipales ou associatives, à mon sens tant qu'elle respectent ces conditions tout va bien.


Médiathèques et ludothèques ont tout intérêt à être coloc car nous partageons quelques missions: être médiateur de produits culturels, encourager le lien social, vouloir un lieu de vie et de partage entre usagers etc.


Les médiathèques qui ne proposent que du jeu vidéo pour faire venir les ados ne valent pas mieux que les ludothèques qui ne proposent que du jouet 0-4 ans...


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Cécile Gaultier

ben avec tout ça me voilà Chevreuil dis-donc!


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canard

Une dérive du jeu vers l'enfance... Plutôt des ludothèques vers la petite enfance...  Je souhaitais parler des pratiques de la plupart des ludothèques (même si je ne suis pas sur cette ligne : le public "enfance" et la notion de soutient à la parentalité permet à beaucoup de ludothèque d'obtenir des subventions et un public important)  mais il existe beaucoup de ludothèques qui s'adresse à tous (projets pour les adultes, ados, personnes agées, publics empéchés, hors les murs, expos,...). Les ludo-médiathèques sont ouvertes à tous (changer les mentalités et les représentations des usagers est certes difficile, mais expliquer à des adultes que le jeu n'est pas réservé qu'aux enfants est fait quotidiennement), nous offrons du jeu pour tous et partout.


Merci.


Modifié par Ludothecaire41

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canard

@Lunalithe,


En aucun cas je n'ai remis en cause tes pratiques et tes compétences (je faisais des généralités sur ce que l'on peut souvent entendre). Je souhaitais juste faire valoir mon métier qui est bien souvent mal considéré (emploi précaire, CAE, reclassement,...).


Tu fais appel à une association spécialiste, je ne peux qu'applaudir. Je comprends très bien la situation des personnes souhaitant faire une place à du Jeu de qualité (j'habite un désert en terme de ludothèque de qualité par ailleur). Si l'image des ludothèque est un mec des année 50 dans un appartement des années 50 avec des jeux des année 50 alors oui il me parait être plus intéressant de travailler avec d'autre.


Si ton asso ne plastifie pas et ne les classes pas... alors ce n'est pas une ludothèque c'est tout... et je ne veux pas dire qu'ils sont de mauvais professionnels.  Un auteur peut être un spécialiste du livre sans pour autant être bibliothécaire...


Sinon j'adore les cafés jeux, j'en connais beaucoup plus des sympas que de ludothèques... et je sais que ça marche... Je défendais juste une certaine vision de la ludothèque.


PS: si je passe à Nancy, je passerais avec plaisir, par ailleurs je ne pleure jamais ( :D)


J'espère que tu auras l'occasion de voir des ludothèques intéressantes pousser dans ta région (qui seront complémentaire des cafés) proposant du prêt et des animations de qualité.

Modifié par Ludothecaire41
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Ferris

@Lunalithe


Je suis bien dépoussiéré et moderne, puisque j'arrive à te parler et à me faire traité d'enfoiré sans avoir une crise d'urticaire  :tongue:


 


Partenariat ça veut le plus souvent dire gratos. Prestataire, ça veut dire payant. C'est pas le mot qu'est vilain, c'est les sous. Comme dans les Cyber-cafés, on consomme, on paye, on paye...(enfin je suppose, j'y ai jamais foutu les pieds)


Pour le Monopoly, faudra donc que j'achète un telephone portable (ben non, j'en ai pas, faut que me dépoussière encore un peu, hein ?....)


Plus sérieusement tu as joué ton truc de "je mets un pied dedans....et l'autre suivra". Faut de la stratégie. Tu as réussi à créer un besoin, une demande. Par la petite porte de l'animation/prestation, mais c'est ça la bonne méthode. On ne convaincra pas des élus uniquement par un beau projet écrit sur un beau papier avec des jolis mots. On les convaincra parce qu'il y a du monde qui frappe à la porte, déja des résultats. Et c'est que que tu fais. Bravo.


 


@Cecile, nous sommes d'accord : trop cibler les publics, c'est en laisser sur le bord de la route. La mediatheque troisieme lieu sera intergénérationnelle ou ne vaudra rien du tout. Maintenant, pour démarrer, on peut miser sur un public, puis élargir après. L'essentiel c'est d'obtenir l'adhésion des élus. Et la "coloc"c'est une économie en termes de frais de fonctionnement. Il faut donc jouer aussi la-dessus. Et bravo pour ton grade de Chevreuil.


 


@Finalement Ludothecaire, c'est bien aussi pour obtenir des subventions que tu fais du ciblage-jeunesse, tu le dis toi-même. Mais tu n'est pas contre l'ouverture à tous, au contraire tu définis bien l'accès tous publics comme une finalité des vraies ludotheques.


 


Donc tout le monde est content. :)


Modifié par Ferris
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Lunalithe

Le jeu commence à s'ouvrir aux gens, ils commencent à voir que le jeu peut-être familiale et même parfois juste "adultes". C'est pareil, est-ce qu'au fur et à mesure, par la petite porte "enfance", on ne pourrait pas imaginer que ça mènera à devenir intergénérationnel ?


 


J'ai vu quelque part (je ne saurais plus dire où, mais probablement dans l'est de la France) qu'une ludothèque faisait des soirées "spécial jeux adultes". Des horaires adaptés aux adultes, en soirée, et, je suppose, des jeux pour faire découvrir/jouer aux jeux qui ne sont clairement pas adaptés pour les enfants. J'ai trouvé ça assez intelligent comme démarche. C'est un peu comme les heures du conte pour adultes, ça met gentiment les pieds dans le plat (mais en heure du conte pour adultes, tout de suite, c'est souvent des histoires érotiques. Comme quoi, nous les littéraires, on est un peu des cochons)


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canard

@Lunalithe,


Pour répondre à ton questionnement sur la place qu'est faite à l'adulte en ludothèque, je puis t'assurer que la plupart (pas toutes bien sur) font des soirée jeux adultes (chez moi c'est 1 fois par mois le soir et réservé uniquement aux adultes, bien sur il ne s'agit pas ici de soirée jeux coquine :tongue:, d'ailleurs c'était hier ). J'ai séparé ma petite ludothèque avec un espace réservé aux ado/adultes, aucun enfant ne peux emprunter les colons de Catane  par exemple (enfin pas avant 12ans). A l'aide d'un système de code couleur (j'ai inventé la gommette et le ruban de cote) et une signalétique voulu la plus clair possible les personnes savent quels jeux peuvent leur convenir (même si les conseils d'un connaisseur est souvent nécessaire). Les adultes ont leurs coup de cœur, leurs soirées, leurs animations,... Même si c'est vrai que l'essentiel des usagers de ma médiathèque sont des parents, donc l'orientation jeux enfant-adulte est fondamentale (difficile de faire jouer à un jeu tel que zombicide à des familles).


Bonne journée


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Ferris

Le jeu commence à s'ouvrir aux gens, ils commencent à voir que le jeu peut-être familiale et même parfois juste "adultes". C'est pareil, est-ce qu'au fur et à mesure, par la petite porte "enfance", on ne pourrait pas imaginer que ça mènera à devenir intergénérationnel ?

 

En heure du conte pour adultes, tout de suite, c'est souvent des histoires érotiques. Comme quoi, nous les littéraires, on est un peu des cochons)

 

Creer une demande la plus large possible, c'est toujours une bonne méthode, parce que ça met les élus au pied du mur. Et partir de la petite enfance, c'est le créneau le plus porteur porteur, notamment parce que ce sont des publics "captifs", donc faciles à mobiliser. Mais il y a un écueil : que ça devienne une activité de plus pour la responsable jeunesse, qui aura tendance à annexer le truc à sa sphère d'action, idem pour les instits qui considéreront vite ça comme un pôle de ressources de plus. Et après cette "captation", ça sera bien difficile de récupérer ça pour en faire un projet complet. Déja je peux te dire que quand on envisage de transferer l'espace Bd dans un espace différent, ouvert à tous, (et donc éventuellement géré par quelqu'un d'autre) les bibliothécaire jeunesse font de la résistance. Si la bib jeunesse s'accapare le truc, ça risque de rester un "coin-jeu" pour les petits, dans un espace jeunesse. Fin du projet. Montrer qu'en soirée avec des adultes ça marche aussi, idem avec les ados,  sera une bonne façon de prouver que l'on sort bien du cadre jeunesse.

 

Mais rester dans l'évènementiel, type heure du conte, je n'y crois pas sur le long terme. D'abord pour des raisons d'espace : il faut arriver à créer un espace dédié au jeu (ne serait-ce qu'en termes de rangement...) et ouvert à tous les publics donc sur tous les créneaux horaires de la bib  (quitte à en créer de nouveaux, comme nous l'avons fait pour les ateliers informatiques). Ensuite pour des raisons budgétaires : continuer sur l'évènementiel c'est rester sur une ligne budgétaire animation, avec des prestataires de service. Et acheter des jeux avec le budget livres. Et enfin c'est se priver d'un recrutement spécialisé qui pourrait intervenir un jour.

 

L'espace jeu non polyvalent, avec son système de classement, son mobilier propre, son personnel et ses creneaux horaires dédiés, doit rester l'objectif final. Sinon tu en resteras à la petite porte. Comme dans beaucoup de bibs.

 

Je n'ai jamais vu d'heure du conte érotique en bib. Tu as des liens de sites de bib qui en parlent ? En tous cas cela ne prouve pas que les littéraires sont des cochons, mais que le public a des besoins et que nous, les bibliothécaires, savons en tenir compte, comme nous avons su proposer Fifty shades of grey. Nous sommes de bons professionnels ouverts et dépoussiérés...

 

Ce qui n'empêchera pas que certains d'entre nous croient qu'érotisme et cochonnerie sont de la même famille... :tongue: 

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X'Cera

Re!


 


Houlalala le ton monte par là...



Une petite chose qui me fait bondir : comment peut-on dire qu'on fait appel à une méthode tirée des travaux de Piaget et dire ensuite que le jeu "pédagogique" est un non-sens pour un ludothécaire ?  :angel:  Je ne veux pas faire ma chieuse d'universitaire, mais les théories du développement piagetiennes laissent la part belle au jeu comme support pédagogique et/ou comme outil d'identification, bien que les enfants ne les voient pas en tant que tel. (fin du petit coup de gueule universitaire)


 


Ensuite, là où je suis on voit plutôt des assos de jeux que des ludothèques (inexistantes) et ce sont eux qui touchent l'intergénérationnel. Parce qu'à un moment, il faut bien se rappeler que les enfants n'ont pas vraiment besoin d'un intermédiaire entre le jeu et eux, alors que' l'adulte bien souvent oui. Et si on trouve des gens compétents dans le jeu "enfant", il y en a bien moins dans le jeu "adulte" (autre que le jeu de cartes).


 


Qui plus est, on peut être un bon ludothécaire sans rien connaître au JDR (et ça arrive bien souvent), et du coup qui devient compétent dans ce domaine-là bien précis ? Désolée mais de mon point de vue, il vaut mieux faire appel à un rôliste qui a suivi les évolutions des jeux, qui souvent connaît les petits jeux d'auteur que les grandes firmes ne sortent pas, plutôt qu'un généraliste du jeu, comme il vaut mieux un passionné de SF pour les acquisitions SF plutôt qu'un bon bib généraliste chargé de toutes les acquisitions "livre".


 


Ce qui doit compter à mon sens, c'est la capacité à travailler ensemble et à mettre en commun les savoirs et les compétences (oui j'insiste avec mon idéal de bisounours, mais ça a déjà fait ses preuves  :D )


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X'Cera

[...]

 

Je n'ai jamais vu d'heure du conte érotique en bib. Tu as des liens de sites de bib qui en parlent ? En tous cas cela ne prouve pas que les littéraires sont des cochons, mais que le public a des besoins et que nous, les bibliothécaires, savons en tenir compte, comme nous avons su proposer Fifty shades of grey. Nous sommes de bons professionnels ouverts et dépoussiérés...

 

Ce qui n'empêchera pas que certains d'entre nous croient qu'érotisme et cochonnerie sont de la même famille... :tongue: 

 

Je voulais organiser avec un collègue de la filière animation une semaine "rose", en faisant appel à l'enfer, et aux documents iconographiques, avec des lectures, des présentations thématiques (c'était mon sujet de mémoire, ça aide  :tongue: ), mais on s'est fait retoquer vite fait bien fait par la Direction  :blush:

Paraît que c'est "bizarre" et "pas la vocation d'une bib"... 

 

Si les bibliothécaires sont des cochons, les administratifs sont des coincés non ?  :drool: 

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Ferris

Houlalala le ton monte par là...

 

Au contraire il semblerait que nous soyons arrivés à un consensus  :yes:  

 

comment peut-on dire qu'on fait appel à une méthode tirée des travaux de Piaget et dire ensuite que le jeu "pédagogique" est un non-sens pour un ludothécaire ?  Je ne veux pas faire ma chieuse d'universitaire, mais les théories du développement piagetiennes laissent la part belle au jeu comme support pédagogique et/ou comme outil d'identification (...),

 

On va vous laisser entre universitaires. Il en sortira bien quelque chose. Les toilettes sont au fond à droite.... :tongue:

 

Ce qui doit compter à mon sens, c'est la capacité à travailler ensemble et à mettre en commun les savoirs et les compétences (oui j'insiste avec mon idéal de bisounours, mais ça a déjà fait ses preuves  :D )

 

Et bien voilà. Sauf que ça c'est pas bisounours en fait. Bisounours c'est dire (je force le trait) que n'importe qui peut faire n'importe quoi, puisqu'il apprendra sur le tas et qu'il a le statut filière culturelle. Toi, Chatouille, tu nous parles bien de mettre des compétences et des savoirs en commun. C'est à peu près à ça qu'on était arrivés, il me semble.

 

Si les bibliothécaires sont des cochons, les administratifs sont des coincés non ?  :drool: 

 

Non, simplement les administratifs sont très peu proches des publics, ils ne les connaissent pas, ce n'est pas leur mission. Ils ne connaissent et n’obéissent qu'aux élus du peuple souverain. Et ces élus sont âgés et craintifs et considèrent que le public c'est d'abord des électeurs. Et ils ne veulent pas effrayer leur électeurs, étant effrayés eux-mêmes de leurs réactions possibles. Donc ils disent non. Nous vivons tout de même dans un monde où un inoffensif album jeunesse, tous à poil, a mis du monde dans les rues et où les associations bien-pensantes envoient des lettres chargées aux élus. Qui du coup se mettent à réfléchir. Trop. Alors une "semaine rose" avec des images en plus, ça fait beaucoup. Croire que ça c'est possible aujourd'hui, ça c'est bisounours. Reviens dans 20 ans, on verra, mais j'ai des doutes, on est sur une mauvaise pente... :bye:

 

Bon je laisse la parole aux piagetistes et non-piagetistes.... :blush:

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Cécile Gaultier

Je pense que ludothécaire41 pensait plutôt aux récupérations pédagogiques du jeu. Bien-sûr que le jeu développe des connaissances et des compétences, mais le jeu doit avant tout être vu comme une fin en soi.


C'est comme quand un parent nous demande "vous n'auriez pas des livres pour arrêter la tétine?", ou un instit "un livre sur les saisons". Pour nous c'est l'œuvre littéraire qui compte, avant le message.


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Ferris

On peut appeler jeu toute activité dont le seul objectif est le plaisir. Mais comme le plaisir est le principal moteur du developpement, le jeu est indispensable au développement et à l'autonomie. Donc ce n'est pas de la récupération à proprement parler. L'enfant va réellement accéder au "je" par le jeu. Bon. Ça c'est le discours des grosses têtes qui s'occupent des enfants de 0 à 6 ans. Après, pour les 6-12 ans on parle de "jeu de socialisation". Bon, je veux bien. Et après 12 ans, c'est quoi ? Plus personne n'en parle.


 


Parce qu'alors moi, quand je joue, c'est rien que pour le plaisir, pas pour mon développement psychomoteur ? Pas pour ma socialisation ? Si bien sûr.


 


Donc, ouvrons des ludothèques intergénérationnelles.


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Lunalithe

Ensuite, là où je suis on voit plutôt des assos de jeux que des ludothèques (inexistantes) et ce sont eux qui touchent l'intergénérationnel. Parce qu'à un moment, il faut bien se rappeler que les enfants n'ont pas vraiment besoin d'un intermédiaire entre le jeu et eux, alors que' l'adulte bien souvent oui. Et si on trouve des gens compétents dans le jeu "enfant", il y en a bien moins dans le jeu "adulte" (autre que le jeu de cartes).

 

Je suis complètement d'accord, les ludothèques sont souvent associés à l'enfance (d'ailleurs on le voit bien dans l'exemple à ne pas suivre de Ferris, ils ont créé une garderie). Les assos sont beaucoup plus tout public, et envisagent plus l'enfant dans le cadre de la famille plutot qu'en tant que "enfant qui joue seul ou entres enfants".

Et moi qui n'aime pas trop les enfants (et qui trouve la plupart des parents irresponsables), j'aime bien que les adultes soient obligés de jouer avec leurs lardons. Ca change un peu.

 

 

Qui plus est, on peut être un bon ludothécaire sans rien connaître au JDR (et ça arrive bien souvent), et du coup qui devient compétent dans ce domaine-là bien précis ? Désolée mais de mon point de vue, il vaut mieux faire appel à un rôliste qui a suivi les évolutions des jeux, qui souvent connaît les petits jeux d'auteur que les grandes firmes ne sortent pas, plutôt qu'un généraliste du jeu, comme il vaut mieux un passionné de SF pour les acquisitions SF plutôt qu'un bon bib généraliste chargé de toutes les acquisitions "livre".

 

Encore d'accord. Surtout que le JDR, c'est plutôt complexe et dense comme sujet. Je m'y interesse de loin (parce que de près, faire du JDR me file des sueurs froides, j'ai l'impression de jouer aux Barbies devant tout le monde, ça m'angoisse, ça me gêne, pire qu'un cours de théatre. Et du coup j'ai des réactions imprévisibles et ça ne se passe pas très bien. La dernière fois j'ai assassiné mon équipe de jeu. L'ambiance n'était pas au top du coup).

Du coup de loin, je trouve ça super interessant. J'aimerai avoir un fonds dans mes 790. Mais je prendrai volontier des conseils auprès de ceux qui savent jouer correctement (sans être des psychopathes quoi) le jour où/si je monte ça.

 

 

Et pour l'heure du conte érotique, ça s'était passé à la Mediathèque de Nancy. Je n'ai pas de liens, pourtant il ne me semble pas que ça fasse si longtemps que ça...

C'était un conteur (ou une conteuse, je ne sais plus) qui intervenait, pas quelqu'un de la bib. Je n'avais pas pu y aller, donc je n'ai pas plus d'infos, mais j'avais adoré l'idée.

Pour "l'administration coincée", du coup ça dépend surement des endroits. Actuellement je prend un malin plaisir à multiplier les coups de coeur sur les romans erotiques, et lorsqu'on fait des petit-déjeuner littéraire, il n'est pas rare que je présente des documentaires et/ou romans au contenu clairement orienté. Pour ça, je n'ai pas de problèmes - si ce n'est que personne ne veut les présenter à ma place, mais ce n'est pas grave, j'assume. Et je compte proposer une sélection de romans érotiques également - je m'insurge qu'on réduise l'érotisme à 50 shades et autres copies, j'aimerai faire découvrir des choses plus piquantes et mieux écrites.... Et où les femmes ne sont pas des quiches, aussi.

Bref, à ce niveau là, je n'ai pas de soucis - et d'autres collègues commencent à assumer aussi. Après, proposer une expo, là je ne sais pas trop comment ce serait accueilli. Mais honnetement, je pense que notre responsable expo/communication bloquerait à son niveau. L'érotisme est encore très très tabou, et bien souvent associé à tout et n'importe quoi.

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Ferris

A signaler, pour ceux qui suivent la liste Discothécaires, un remarquable débat sur la notion de polyvalence en discothèque, depuis le 5 août.


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Amandine Jacquet

Bonjour,

suite aux débats ci-dessus, je propose de revenir aux fondamentaux sur la notion de jeu et sur les jeux pédagogiques dits "serious games"...

 


Une petite chose qui me fait bondir : comment peut-on dire qu'on fait appel à une méthode tirée des travaux de Piaget et dire ensuite que le jeu "pédagogique" est un non-sens pour un ludothécaire ?  :angel: 

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Epsy

Bonjour,


 


Un nouveau rapport de l'IGB sur ce sujet, intitulé "Jeu et bibliothèque : pour une conjugaison fertile" est paru en février 2015. Je n'ai fait que le parcourir pour le moment, mais il m'a l'air assez complet, (il aborde les jeux sous toutes ses formes y compris les jeux vidéo, évoque assez largement les ludothèques et l'économie du jeu tout en les reliant aux médiathèques).


 


"Alors qu'il s'étend au marketing, au management ou encore à l'enseignement et qu'il constitue un véritable fait de société, le jeu ne pouvait rester à l'écart des bibliothèques : beaucoup s'en sont emparées depuis longtemps. Le rapport, nourri de nombreux exemples, étudie la question du jeu en bibliothèque, qui est aussi celle de la prise en compte des usages et des attentes de publics larges, de la légitimité de pratiques différentes. Quelle politique et quel projet mettre en œuvre autour des jeux, jouets ou jeux vidéo? Quels partenariats tisser et comment prendre en compte le territoire ? L'introduction de jeux ou pratiques ludiques en bibliothèque territoriale et universitaire pose des questions d'organisation, de droit, de méthode, d'aménagement, de management, et interroge l'identité même des bibliothèques et la place qu'elles veulent tenir dans la cité." Source.


 


Epsy.


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Ferris

Merci Epsy. Ce document est remarquablement fait et aborde toutes les questions qui ont fait débat ici précédemment, et bien au-delà. Et il donne les noms de nombreuses villes et bibliothèques où le jeu est en action. Il détaille aussi les objectifs du jeu en bibliothèque, donnant un cadre à notre action, il aborde la question des compétences, même les aspects juridiques etc...Il peut servir de support global à la construction d'un projet et d'un argumentaire pour les élus. Ls pages 45 à 68 sont déterminantes pour situer le jeu en bibliotheque. A lire donc de toute urgence.


 


Il termine en plus par un aspect intéressant, présentant le jeu comme support de management en interne :


 


Un important enjeu de management est donc à prendre en compte et constitue une condition de réussite et de solidité de la démarche et du service


 


Le jeu peut, si la proposition est bien introduite et accompagnée, être un élément fédérateur de l’équipe de l‘établissement. Des agents sceptiques ou hésitants peuvent se révéler moteurs, des collègues jusqu’alors très discrets montrer des qualités précieuses. Le jeu peut valoriser autrement 97% des agents, quels que soient leur grade et leur catégorie. Jouer ensemble introduit une cohésion plus grande et favorise une dynamique d’équipe. Si la dimension du jeu est un élément stable et a fortiori un axe important de la bibliothèque, il est indispensable d’en tenir compte dans le plan de formation, afin que les compétences nécessaires soient acquises, et dans le cadre des recrutements, lors de la rédaction des fiches de poste concernées. La prise en compte des personnalités, qualités et expériences personnelles des membres de l’équipe contribuera à la réussite du projet.


 


​De quoi faire réfléchir certains encadrants jouant tout seuls au jeu du " Parfait petit manager" que les RH leur ont offerts pour Noel..


 


Exigeons le jeu en bibliothèque ! :)


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kratosangel

Salut,


 


J'ai fait jouer des étudiants de licence 1 à 3 à des jeux du genre à travers des ateliers (je jouais avec eux) en anglais pour apprendre de manière plus conviviale. Du coup, je peux en conseiller :


 


- Dixit : un des meilleurs jeux, de loin. C'est très amusant de constater les visions complètement différentes d'une même image : là où A verra une chose, B verra l'image probablement sous un angle complètement opposé !


Il possède de plus l'autre gros avantage qu'il ne s'agit que d'image, ce sont les joueurs qui parlent. Par conséquent, il est utilisable pour n'importe quelle langue, et donc pour publics différents : vous pouvez l'utiliser pour des enfants en français, ou pour des usagers plus avancés en anglais, en allemand ou n'importe quelle autre langue (prévoyez cependant des dictionnaires de la langue au cas où hé hé).


Les étudiants que j'ai eus ont adoré ce jeu en tous cas, c'était leur préféré.


 


- Concept : un  jeu auquel j'ai joué moi  même récemment, pas avec des étudiants. Ce jeu travaille à la fois la culture générale (il faut deviner des personnes, des objets, des  films, des citations ...) mais aussi la logique et l'association d'idées : pour faire deviner un  mot ou une phrase, on ne peut pas parler, on doit utiliser le plateau qui illustre des mots clés  ... à nous de bien flécher le parcours pour faire deviner. Ce qui est drôle, c'est que lorsqu'on a la carte, c'est évident pour nous que ça mène à notre mot alors que les autres joueurs partent sur quelque chose de très éloigné qui n'a rien à voir.


 


- Linq : un jeu avec 2 espions et des gendarmes et en faisant une chaîne de mots, les gendarmes doivent identifier les espions et pas leurs propres collèges. Les espions ont un mot de passe commun qu'ils doivent se communiquer sans se faire repérer par les gendarmes. Les gendarmes, eux, doivent essayer de brouiller la piste pour que les espions ne puissant pas trouver le mot de passe de l'autre.


 


Edit :


- Manga Party : un jeu avec des dessins de style manga aux bulles vides où le joueur doit inventer un dialogue en y mettant l'intonation correcte et les autres joueurs doivent trouver l'image qui correspond.

Modifié par kratosangel
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Epsy

Merci beaucoup Kratosangel, ça donne des idées ! Si tu pouvais retrouver le nom du jeu style manga ça m'intéresserait beaucoup, il y aurait pas mal de liens à faire avec ce jeu et nos animations :)


 


Epsy.


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kratosangel

Si c'est ça, c'est Manga Party ! Bien vu, j'édite mon post ni vu ni connu :D


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