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Budgets en baisse


Anne Verneuil
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bonjour!


 


dans la mesure où tout le monde en parle, j'ai téléchargé le fichier excel de Ferris. 


Un petit point me chifonne: la ligne "total temps de travail" indique 1607h   (sans decompte dif,  Congés, pauses de 20 mn quotidiennes..).


 


Hors, il me semblait que le décompte du temps de travail se faisait de la manière suivante:


365 jours dans l'année


- 104 samedi et dimanche, soit pour les BM 104 dimanche et lundi


- 25 jours de congés


- 8 jours fériés en moyenne


= 228 jours travaillés


 


1600/ 228= 7,01, arrondi à 7h/jour


7*228= 1596 arrondi à 1600 auxquelles on ajoute les 7 heures de la journée de solidarité soit 1607h de travail effectif par an.


A quoi il faut ajouter qu'aucun temps de travail quotidien ne peut atteindre 6h sans une pause minimale de 20mn. Selon moi les 20mn ne s'ajoutent pas à la pause méridienne.

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La pause méridienne est décomptée du temps de présence. Pas la pause de 20 mn (ou l'addition de 4 pauses clope de 5 mn !) qui fait partie du temps de travail :


Il doit être accordé aux agents au minimum 20 minutes de pause par temps de travail de 6 heures dans la même journée. Ce temps de pause réglementaire est considéré comme temps de travail, et est donc rémunéré. Le fait que l'agent prenne des pauses excessives n'autorise pas à minorer sa rémunération, mais relève du pouvoir d'organisation du service ou du pouvoir disciplinaire.

Cour administrative d’appel de Nancy n°06NC01450 du 30 octobre 2008

(http://www.cdg14.fr/fr/gestion-des-carrieres-et-statuts/les-fiches-statut/fichiers/Temps%20de%20travail%20dans%20la%20FPT%20-%207%2011%202013_4_983.pdf)


 


Donc à ta question sur "la ligne "total temps de travail" indique 1607h   (sans decompte dif,  Congés, pauses de 20 mn quotidiennes..)."


=> les congés sont bien décomptés (tu le fais toi-même dans ton calcul en dessous), les pauses de 20 mn ne doivent pas l'être, la formation se fait sur le temps de travail. La durée annuelle légale du travail est bien de 1607 heures : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F571.xhtml


 


Il est donc logique de prendre ce décompte pour évaluer combien d'ETP seraient nécessaires à la bonne réalisation de l'ensemble des missions du service.


 


et tout aussi logique après ça ... de pleurer.


Et d'aller voir son DGS en disant : "je suis bon en lettres, certes, mais aussi en chiffres, voyez par vous-même !"

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Donc j'avais bon ?  :D  Désolé d'avoir chiffonné Louve par un terme effectivement un peu maladroit. J'aurais du mettre "y compris". Sans décompte sous entendait qu'il n'y avait pas à décompter tout ça.


 


Ceci dit le temps de travail journalier peut varier en fonction de la collectivité. "par décision de l'autorité territoriale, qui en informe les représentants du personnel au comité technique, lorsque des circonstances exceptionnelles le justifient pour une période limitée." Et l'amplitude horaire peut aller jusqu'à 12h maximum. De même, la journée de stage peut être comptée comme étant de 7h ou 8h par exemple selon les collectivités. A l'époque je n'étais pas en réseau intercommunal, donc certains paramétres ont changé. Tout cela se décide en comité technique, comme les modes de récupération, les systèmes de crédit/débit, la durée de référence prise en compte (si on calcule le cycle de travail pour une période de référence de 15 jours, le plafond de crédit/débit ne peut être fixé à plus de 6 heures par exemple, et pour une période de référence d'un mois, le plafond ne peut être fixé à plus de 12 heures. ) Idem pour la pause méridienne, elle doit être d'au moins 45mn, mais peut-être ramenée à 30 mn (fréquent dans les systèmes d'ouverture non-stop des bibliotheques). Bref, il y a des quantités de variables selon les collectivités et les nécessités de service.


 


Mais de toutes façons, incluant toutes ces variables, sur l'année c'est 1607 h travaillées.


 


Il existe un cas particulier, celui du travail en horaires décalés. Si le décalage (ou des heures le dimanche par exemple) atteint 20h ou au-delà, au lieu de donner des congés supplémentaires à l'agent, on diminue son nombre d'heures annuelles à effectuer. Dans ce cas on ne se base plus sur 1607h .


 


A ce sujet et pour une réflexion sur les horaires incluant d'utilisation des "leviers d'optimisation du temps de travail" comme disent les grosses têtes pleines de jus de DRH concentré, je ne saurais trop conseiller l'excellentissime Mediathèmes "ouvrir grand la mediathèque", que je viens d'acquérir (de mes propres deniers, ne voulant pas peser davantage sur l'argent des contribuables  :angel: ), qui fait le point la-dessus pages 89 à 91.


 


ACHETEZ-LE, Et si vous ne pouvez pas, volez-le, comme on disait chez Charlie...


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oki, c'est bon!


en fait pour tout dire j'enviais Ferris! Quoi? Aux 1607h, il faut encore ôter les congés??? Vertuchô, mais il faut que je candidate dans son coin!


 


bon, je m'en retourne à mes calculs!

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 @Eugenie


 


Concernant le ménage, j'aurais une question : avez-vous envisagé l'utilisation d'un robot nettoyeur ? (d'un ou plusieurs robots)


 


Parce que s'il y a bien un lieu où un robot peut passer de manière optimum, c'est bien dans une bibliothèque


- Espace haut sous les rayonnages, parcours rectilignes nombreux. (si les chaises sont bien rangées)


- Horaires libres conséquents après la fermeture (même s'ils font du 60m2 par heure et jusqu'à 200m2 d'autonomie, en théorie, ça laisse de 22h00 à 6h00 du matin)


- Pas d'animaux pour sauter dessus ou s'amuser avec.


- Moquette unie pas très haute, ou carrelage sur toute la pièce (donc pas de différences de niveaux pour les bloquer)


 


S'il ne reste plus que les rayonnages à nettoyer, le gain de temps peut être appréciable.


Pour un investissement pas trop élevé, même avec une garantie de 5 ans et un matériel professionnel... Par rapport aux 600 heures annuelles, il n'y a pas photo.


 


Ce serait vraiment une solution à tester avec des revendeurs pour vérifier que le sol n'est pas trop glissant (sinon le robot patine).


 


Si on nous transfère le ménage, on peut très bien réclamer du matériel adéquat.


 


Par contre, pour les salles de classes, les bureaux ou les réfectoires, ce ne sera pas pareil. Trop de mobiliers, ou surfaces trop réduites.


 


Evidemment, il reste le problème de l'alarme et de la détection de mouvement. Si alarme, il y a.


Mais si elle est programmable.  :thumbsup:


  Bernard

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  • 1 month later...

Vous en êtes où, dans ces histoires de budgets en baisse ?


 


Dans deux mois, nous aurons perdu en tout un poste de A à 100 %, un B à 80 % et deux C à 40 % chacun (pour une ville d'environ 20 000 habitants, 4 personnes en moins les mercredis et samedis, ça se ressent sacrément). La mairie focalise surtout sur le personnel, et on n'est pas les seuls à déguster (les jardins, la menuiserie... subissent la même chose). Le budget de fonctionnement a été voté au même niveau que celui de l'année dernière, mais en fait, ça dépendra des orientations qui nous seront données d'ici juin.


 


Aujourd'hui, ça commence à devenir difficile de prendre ses congés ou de partir en formation.


 


Des pistes ont été proposées, mais on demande aux élus de trancher et d'expliquer, ras le bol de devoir s'auto-saborder :


- réduction d'horaires (voire de jours d'ouverture)


- réduction sérieuse des animations (en particulier le samedi, vu qu'on n'a plus la possibilité de dégager quelqu'un pour en assurer l'accueil)


- déplacement des animations portées par les bibs le samedi (les clubs...) vers un autre jour (les élus souhaitent que l'on garde cela)


- fermeture pendant quelques semaines pendant l'été ou à Noël (fini les vacataires)


- arrêt de l'équipement des documents


- diminution du nombre d'emprunts par carte


- augmentation de la durée de prêt


- arrêt de l'accueil des classes


- diminution de la médiation multimédia


- arrêt du hors-les-murs (assez symbolique chez nous)


 ...


 


Inutile de dire que ça nous fait mal.


 


Nos rêves de revoir une bibli gratuite pour au moins les enfants s'éloigne.


 


Tant d'années à construire des partenariats et à trouver une place, perdues (là, je viens de finir une anim sur trois semaines incluant expo (avec un animateur), spectacles, concerts, conférence et visites avec deux partenaires principaux qui ont mis au pot et se sont super investies, et trois autres associations qui ont "prêté" des personnes : je sais que je ne vais plus pouvoir refaire ça pendant les prochaines années par manque de temps en premier lieu, puis de budget). Du coup, on sera moins visible dans les journaux.


 


La pyramide des âges est assez terrifiante : si ça continue encore quelques années, il y a aura encore trois temps plein qui partiront...


 


MAIS


 


On va se recentrer sur le coeur de métier : les collections, leur médiation et l'amélioration du catalogue (centres d'intérêt, rebonds, propositions).


On tentera de faire de petites choses.


On réinventera la roue.


On tentera de surprendre en retravaillant de vieilles recettes.


On mettra un peu de magie dans nos propositions


 


en attendant des jours meilleurs.

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Les intercommunalités doivent réaliser leur schéma de mutualisation avant le 31 mars 2015. Dans les ruralités ça va se traduire par des regroupements de communes pour arriver à la création de communes nouvelles. On n'imagine donc pas encore l'importance des changements qui sont en cours. On ne commencera à voir vraiment où l'on va qu'au second semestre.


 


Chez nous, réflexion sur l'augmentation des horaires, poursuite de la diminution des accueils de classes (un seul par classe et par an) pour économiser les frais de transport, baisse des budgets d'animation, refus récent de remplacer un congé maternité, chasse aux petites fermetures de type ponts etc..., mise en place d'une tarification à deux chiffres incluant les enfants de fait par des "cartes familiales", réflexion sur la fermeture de petits points-lecture qui feraient moins de 2000 prêts annuels, diminution du budget animation, on envisage de supprimer notre navette-réservation par une simple camionnette conduite par un agent des services techniques, pour récupérer du temps-agent.


 


Effectivement, nous avons aussi le discours de se "recentrer sur le cœur de métier", en améliorant la médiation, en faisant davantage tourner les fonds entre les bibs du réseau. Mais la motivation s’essouffle, chacun se cherche un coin au chaud à l'abri des intempéries, on joue l'attentisme et le repli sur soi, je vois bien venir ces comportements individuels, signes que le cap fixé ne motive pas grand monde. 


 


On conserve des projets numériques, mais ils ne fonctionneront qu'à la marge, deux ou trois liseuses et beaucoup de communication. Bref, la sauce d'abord.


 


Ploc, tu dis : diminution du nombre d'emprunts par carte,  augmentation de la durée de prêt. C'est pas un peu contradictoire ces mesures ?


 


​Le problème, différent pour chacun d'entre nous, c'est que ces situations durent pour certains depuis 2 ans. Or je viens de constater une baisse de la fréquentation hebdomadaire de la structure centrale, et conséquemment des emprunts, qui arrivent au plus mauvais moment...


 


On réinventera peut-être la roue, mais les bibliothèques troisième lieu s'éloignent de nous à vitesse supersonique.

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@Ferris

 

 

Ploc, tu dis : diminution du nombre d'emprunts par carte, augmentation de la durée de prêt. C'est pas un peu contradictoire ces mesures ?

 

Oui, la mesure me semble un peu antagoniste.

Pourquoi ne pas prêter plus et plus longtemps ?

15-20 livres par famille pour un mois.

 

Un bon bouquin, c'est un bouquin prêté !


Le problème, différent pour chacun d'entre nous, c'est que ces situations durent pour certains depuis 2 ans. Or je viens de constater une baisse de la fréquentation hebdomadaire de la structure centrale, et conséquemment des emprunts, qui arrivent au plus mauvais moment...

 

Pourquoi "au plus mauvais moment" ?

Tu dis qu'il y a des soucis depuis deux ans, et il me semble que les effets vont finir par se faire sentir, non ?

Si on désinvestit, la chute est forcée et inéluctable. Deux ans, ça me paraît la période charnière où les premiers effets se manifestent. La première année, l'habitude se poursuit, la fin de la deuxième, les usagers bouquinovores constatent qu'il n'y a plus de renouvellement suffisant et viennent moins.

 

Bon, tu as aussi l'effet printemps.

En zone rurbaine, ils sont tous au jardin en train de préparer les plantations.  :wink:

A moins que tu ne subisses l'effet TAP. Le mercredi matin, ça fait mal... et l'après-midi, les gamins pratiquent toutes leurs activités (sur une demi-journée), la baisse était prévisible pour les jeunes, comme pour les adultes accompagnateurs !

  Bernard

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Bernard : je m'aperçois que j'avais zappé ta réponse de février au sujet de la machine ! Toutes mes Zexcuses :blush: . Cela dit, à l'heure où mes chefaillons me font suer même sur la quantité de produit nettoyant utilisé à l'année, et alors que TOUS les investissements ont été gelés, il ne saurait être question d'un tel achat, donc ...



 


On réinventera peut-être la roue, mais les bibliothèques troisième lieu s'éloignent de nous à vitesse supersonique.



 


C'est clair ! Je peste de plus en plus quand je lis les articles professionnels ou non, qui parlent des bibs 3ème lieu avec des étoiles dans les yeux, ou de l'ouverture du dimanche, et j'en passe ! A l'heure de la réduction de TOUS nos moyens, humains, matériels, informatiques, acquisitions, animations, etc., quid de ce doux rêve ? :no:


 


Par chez moi, on va réduire les horaires d'ouverture, faute d'avoir débloqué des moyens humains. Les tarifs d'adhésion vont augmenter, les accueils de classe réduire, de même que le peu d'animations que nous pouvions encore envisager. Il n'y aura pas d'investissement autour des ressources numériques, et pour la première fois en 5 ans, mes stats montrent une stagnation du nombre d'inscriptions et de docs prêtés. Et cela correspond tout à fait à ce temps de latence de 2 ans, au cours desquels il n'y a pas eu d'investissement dans quelque domaine que ce soit (donc pas véritablement de renouvellement des offres), et même, une diminution des propositions faites aux usagers dans tous les domaines.


 


Et là, après 17 années d'investissement personnel sans m'économiser, d'énergie mise au service de différents équipements, de projets menés à bien, d'idées foisonnantes (oui, oui, je sais, chuis géniale :tongue:  ), J'EN AI MARRE de travailler sans moyens, sans reconnaissance, MARRE ! Et si même les gens comme moi sont découragés, dégoûtés même, alors que reste-t-il de nos amours de ce qui fait l'essence de notre job ?


Modifié par Eugenie
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@ Ploc

Le personnel, c'est là que ça tape le plus fort, partout j'ai des retours de + en + durs là-dessus. La réduction de la masse salariale, c'est le nouveau credo, désespérant.

"Des pistes ont été proposées, mais on demande aux élus de trancher et d'expliquer, ras le bol de devoir s'auto-saborder :

- réduction d'horaires (voire de jours d'ouverture)"

Et pendant ce temps-là, la ministre comme une fleur missionne une sénatrice sur LA question de l'élargissement des horaires insuffisants des bibliothèques... j'espère que mme la sénatrice rencontrera de vrais gens pour comprendre ce qui se passe vraiment dans la vraie vie. Et si quelqu'un lui envoyait le lien vers ce forum ?

Parce ça aussi c'est désespérant dans le genre...

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Fleur-Pellerin-confie-a-Sylvie-Robert-une-mission-portant-sur-l-adaptation-des-horaires-d-ouverture-des-bibliotheques

"- réduction sérieuse des animations (en particulier le samedi, vu qu'on n'a plus la possibilité de dégager quelqu'un pour en assurer l'accueil)

- déplacement des animations portées par les bibs le samedi (les clubs...) vers un autre jour (les élus souhaitent que l'on garde cela)"

donc fin des animations pour les actifs qui seront au boulot en semaine ?

"- arrêt de l'équipement des documents"

C'est en train d'arriver chez moi cette question...

"- diminution du nombre d'emprunts par carte

- augmentation de la durée de prêt"

Comme Ferris et Bernard, je ne comprends pas bien...

Diminution du nbre d'emprunts par carte, c'est pour obliger les gens à prendre + de cartes (payantes) dans une même famille ? Parce si c'est ça je dirais que c'est se mettre le doigt dans l'œil mais bon...

@ Eugenie

"Je peste de plus en plus quand je lis les articles professionnels ou non, qui parlent des bibs 3ème lieu avec des étoiles dans les yeux, ou de l'ouverture du dimanche, et j'en passe ! A l'heure de la réduction de TOUS nos moyens, humains, matériels, informatiques, acquisitions, animations, etc., quid de ce doux rêve ?"

Et tu es loin d'être la seule. Ce décalage quand on est du mauvais côté de la barrière est d'une très grande violence je trouve.

L'ABF tente d'y remédier en confrontant la profession à ces difficultés. Le programme du congrès de cette année en est la preuve.

Malheureusement, les structures les plus impactées par ces réductions drastiques de moyens ne seront certainement pas présentes au congrès. Pas le temps d'aller en formation, pas les budgets non plus c'est évident.

Pour autant, je crois que ce rassemblement professionnel n'aura pas trop d'étoiles dans les yeux cette année mais sans doute plutôt des éclats dans la voix.

Alors continuez vos témoignages sur ce fil, ça n'alimentera que mieux et plus justement les débats de Strasbourg !

Modifié par Isalabib
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Bernard, la poésie de comptoir, franchement....on dirait Duteil qui prend un enfant par la main pour l'emmener vers demain. :D


 


Pourquoi je disais "au plus mauvais moment" ?


 


D'abord, quand on constate une chute consécutive sur 2 années, en général la troisième confirme. On est dans une spirale descendante. Et cette chute va souvent être accompagnée : tarifications, horaires, baisses à tous les étages. C'est à dire que c'est au moment où on aurait besoin d'un coup de pouce qu'on nous enfoncera la tête sous l'eau, c'est toujours comme ça que ça se passe. C'est que la géniale Eugénie, appelle ce "temps de latence de 2 ans, au cours desquels il n'y a pas eu d'investissement dans quelque domaine que ce soit (donc pas véritablement de renouvellement des offres), et même, une diminution des propositions faites aux usagers dans tous les domaines.)". Et en plus, cette fois on en rajoute une couche en nous demandant d'optimiser, de mutualiser, bref de montrer ce qu'on sait faire.


 


Elle, elle commence sa descente, chiffres en main. Mais entre le moment où nous constatons, avec nos stats, une tendance, c'est qu'elle est déja bien engagée au niveau des publics.


 


Les élus seront les derniers à le savoir.


 


En attendant c'est vrai ce que dit Isa, au fond c'est assez comique : c'est les bibs qui auraient le plus besoin du contenu du congrès qui ne pourront pas y aller, faute de crédits. Les congrès c'est des trucs de vieux et de riches.  :D 


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Je rebondis sur ce que dit Isalabib sur le congrès: le sujet y sera effectivement abordé.

Et pour ceux qui ne pourront pas s'y rendre, une retransmission des sessions en ligne.

Mais le but n'est pas une lamentation collective; oui ça va mal, mais ça ne sera pas la première fois. Pensez vous que la lecture publique a toujours connu une époque doree en France ? Que les bibliotheques ont toujours été des fleurons, avec des budgets merveilleux, jusqu'en 2008 ?

L'idée, c'est d'échanger pour trouver des solutions, des moyens de rebondir, peut être pas en un instant, mais en tout cas en partageant.

Et en se remettant en question. Je préfère cela plutôt que de couler sans rien tenter. Nos collègues grecs et espagnols ont connu bien pire, croyez moi, et je vous rappelle qu'on n'a pas encore de fermeture de bibliotheques comme en Angleterre.

Alors oui, la période est dure pour beaucoup, et l'évolution des bibliotheques est aussi une réponse à cette crise.

Ce n'est pas en râlant contre les bibs 3ème lieu que ca vous sortira des problèmes. Le 3ème lieu se fait finalement avec peu de choses, c'est un concept avant tout.

Quant aux horaires... ce n'est pas en les réduisant qu'on se fera mieux voir. Nos collegues étrangers ouvrent bien plus avec beaucoup moins de personnel, parce qu'ils ont revu avant nous leurs modes de fonctionnement et travaillent beaucoup plus en coopération. A nous de chercher des façons d'être plus efficaces. Et si vraiment on ne peut pas plus, il faut, comme vous le dites, faire assumer le politique et lui faire prendre la décision des services à diminuer ou arrêter. Mais je continue à croire que c'est occasion d'explorer de nouvelles voies.

Donc Strasbourg pour avancer, pas pour grincer des dents. Et pour se rebooster.

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Ploc, tu dis : diminution du nombre d'emprunts par carte,  augmentation de la durée de prêt. C'est pas un peu contradictoire ces mesures ?

 

Oui et non :

- on s'aperçoit que quasiment la moitié des lecteurs rend avec du retard (on prête pour trois semaines) ; et ils nous le disent régulièrement qu'ils aimeraient qu'on passe à un mois

- et que souvent les gens empruntent au maximum et rendent les docs sans les avoir lus ou vus ou écoutés (13 docs par carte - autant de cartes que de personnes dans la famille pour faire simple, ceci pour vous dire que ça dépote au prêt / retour / vérif et nettoyage / rangement : pas loin de 340 000 prêts dans l'année)

 

 

Et là, après 17 années d'investissement personnel sans m'économiser, d'énergie mise au service de différents équipements, de projets menés à bien, d'idées foisonnantes (oui, oui, je sais, chuis géniale :tongue:  ), J'EN AI MARRE de travailler sans moyens, sans reconnaissance, MARRE ! Et si même les gens comme moi sont découragés, dégoûtés même, alors que reste-t-il de nos amours de ce qui fait l'essence de notre job ?

 

Nous sommes pour la plupart (eh oui, on a aussi des "fonctionnaires") tout aussi désabusés...

 

 

 

Et tous ceux qui ont fait une formation pour bosser dans ce monde merveilleux ? Déjà que c'est n'importe quoi depuis 1994 (institution des concours), on leur dit que peut-être ça se débouchera dans quatre ans ?

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@Ferris


 


Pour moi, la reconnaissance, elle est là : dans le public et dans le regard des enfants qui partent joyeux avec leur livre.


Ou tout simplement qui sont heureux de venir à la bibliothèque. (Duteil est aussi dans cette optique et il le vit plutôt bien)


 


Je n'attends pas après les politiques qui ont d'autres choses à penser ou qui préfèrent lancer des fusées de 14 juillet à 2 ou 3000 euros pièce. Poum, pam, Poum ! En moins de deux heures, c'est les salaires d'un à plusieurs fonctionnaires qui s'envoient en l'air. (les salaires, pas les fonctionnaires :tongue: ) Sinon, oui, comme d'autres j'en aurais marre et je serais découragé.


Sauf que le manque de moyens, je connais de longue date.


 


J'ai connu mon village sans bibliothèque, puis juste avec des bénévoles, puis après de longues années avec un employé et des horaires d'ouverture corrects. Ce qui m'aide à relativiser.


 


Pareil pour le congrès. Une retransmission, et surtout pouvoir télécharger la vidéo, ça me suffit.


Ok, je sais qu'il y a des bourses disponibles pour ceux qui veulent vraiment y aller. Ne reste plus qu'à poser des congés sur la bonne période, ou alors à se faire offrir les jours comme jours de formation. (ou recherches d'idées)


Après, il y a toujours un covoiturage possible et logement chez l'habitant : allez, ouverture de la médiathèque de Strasbourg la nuit, pour permettre aux bibliothécaires de "camper" au milieu des livres, lit pico, matelas gonflables, tapis de sol. Combien peut-on loger de bibliothécaires au mètre carré ? Je l'ai vu pratiquer en d'autres occasions, et les gens montaient du sud de la France jusqu'en Belgique pour assister à leur convention. Donc, c'est possible.


 


Médiathèque de Strasbourg, ou celles environnantes, ne nous refusons rien ! :wink:


 


 


@Ploc


- on s'aperçoit que quasiment la moitié des lecteurs rend avec du retard (on prête pour trois semaines) ; et ils nous le disent régulièrement qu'ils aimeraient qu'on passe à un mois


 


Même constat chez moi, alors je suis passé à l'équation suivante.


Prêt pour trois semaines.


Rappel au bout de trois semaines supplémentaires. (pour ceux qui oublient)


 


90 à 95 % des livres reviennent avant cette date.


Ne reste plus que les super-étourdis, toujours les mêmes... ou cas de maladie grave.


 


Bon, si le livre est très attendu, je passe quand même un coup de fil pour savoir s'ils peuvent ramener ledit livre parce quelqu'un l'attend. C'est arrivé de manière exceptionnelle.


 


Est-ce que je perds des prêts, ou est-ce que je fidélise les usagers qui le savent : ils ont le temps de finir ?


Bonne question.


 


Maintenant, je n'ai pas 340 000 prêts. C'est énorme, et la baisse de personnel doit se ressentir rien que pour le rangement.


Allez, un TAP : initier les enfants au rangement et au nettoyage des livres. Certains adorent ça, et il faut les freiner et partager sinon ils risquent d'en venir aux mains. C'est une autre manière de découvrir le livre : se prendre pour ou jouer au bibliothécaire !


 


Jeu de rôle digne d'une bibliothèque troisième lieu ? :flowers:


  Bernard

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@Ploc
 
Je ne savais pas que tu travaillais en usine. Condoléances.  :D
 
D'accord sur l'allongement de la durée de prêt, seule façon de rompre avec le fait que la moitié des lecteurs rendent en retard. Et ce sera plus en adéquation avec le nombre de documents empruntables (13, c'est effectivement beaucoup, quoi qu'à Brive, ils sont à 25...). Mais le problème n'est pas le retard en soi, ni au fond dans le nombre, c'est le retard dans les documents les plus demandés.
N'oublions pas que 80% des prêts portent sur 20% des fonds (loi de Morse) et particulièrement sur les nouveautés, best-sellers et autres produits d'appel qui constituent l'essentiel de ces 20%.
 
Je reste partisan de limiter soit le nombre soit la durée du prêt de ces documents. Et, pour l'avoir essayé je sais que ça fonctionne. Que quelqu'un emprunte 13 documents et les garde un mois ou plus n'est pas dérangeant. Ce qui est problématique c'est qu'on puisse emprunter 3 ou 4 nouveautés parmi ces 13 et les lire en dernier, pour finir par les rendre en retard. Et ça, ça pénalise tout le monde.
 
Mais il semble que cette idée soit assez peu partagée actuellement. Et pourtant, en situation de pénurie, il faut absolument augmenter le rythme de circulation de ce type de fonds, c'est vital pour l'image de marque des structures. A moins d'avoir les moyens d'acquérir d'office plusieurs exemplaires...
 
A Toulouse réseau ils sont à 16 documents pour trois semaines mais avec une limitation à 10 jours et un seul document "pour les documents à circulation rapide".
 
A Albi, qui reste pionnière en la matière, le prêt est devenu "illimité" en 2007. Mais Le terme « prêt illimité » est à prendre avec mesure puisque, s’il n’y a pas de limite en nombre, la durée du prêt reste bien limitée à quatre semaines , renouvelables ou non si réservation. La hausse des prêts a été de plus de 9% en une année d'expérimentation. Le rapport du BBF sur l'expérience est très intéressant : http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2009-03-0053-002. Je crois qu'ils avaient prévu de monter à 300 000 prêts et qu'en fait ils ont crevé le plafond en atteignant plus de 500 000 en 2009. 

 

Voilà donc un type de mesure qui, en situation de contrainte budgétaire, montre des effets positifs mais pas que : 

 

1) En ce qui concerne les effets directs sur l’organisation du service, cela a contraint à renforcer les équipes sur les postes de prêt et de retour et à adapter l’ergonomie de la banque centrale de prêt en élargissant les espaces de travail pour pouvoir traiter les volumes plus importants de documents présentés par les lecteurs.

 

2) le prêt n’étant plus limité, les auteurs ou les types de documents les plus demandés par le public ont rapidement déserté les rayonnages, de telle sorte qu’un lecteur qui souhaite aujourd’hui emprunter l’un de ces documents se doit de le réserver : le nombre de réservations a augmenté de + 77,8 % (...)

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@Isalabib

 

j'espère que mme la sénatrice rencontrera de vrais gens pour comprendre ce qui se passe vraiment dans la vraie vie. Et si quelqu'un lui envoyait le lien vers ce forum ?
Parce ça aussi c'est désespérant dans le genre...

 

Alors, Mme la Sénatrice : s.robert@senat.fr 

http://www.senat.fr/senateur/robert_sylvie14229s.html

 

Et son tweet parlementaire 

https://twitter.com/sy_robert

 

Vu qu'elle s'annonce "féministe" sur son tweet, je ne sais pas si un homme peut se lancer à l'attirer ici.

Mesdames, vous avez les clefs pour faire entendre votre voix.  :wink:

  Bernard

Modifié par B. Majour
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@Ferris


 


Oui, le prêt illimité est aussi une gageure au niveau du poids.


Quand j'ai des familles qui empruntent 15 documents, le sac s'en ressent et les gens aussi.


Voilà ce que je leur dis en souriant : Ah oui, c'est le poids de la culture !   :wink:


 


Maintenant, je suis content de ne pas pouvoir faire des achats réguliers, ça m'évite les "nouveautés" soumises à circulation rapide.


La pénurie de moyens humains et financiers, ça invite à d'autres stratégies, plus lentes.


  Bernard


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batmanwillneverdie

Juste au passage et à propos du congrès. Moi ce qui me turlupine un peu ce n'est pas de ne pas pouvoir aller au congrès mais c'est plutôt la place qui sera faite aux petits établissements finalement majoritaires en France. J'espère qu'ils seront entendus. Bien sûr qu'il ne faut pas se plaindre et que nos collègues européens ont vu pire mais est-ce une raison pour ne pas d'abord s'indigner un peu. Je vois là comme une sorte de fatalisme, d'acceptation de la situation sans rien dire. A mon sens il faut quand même avertir les sphères dirigeantes d'une situation critique. Nous ne devrions pas tomber dans le "relativisme du pire" : "oui dans certains pays c'est la famine".


 


Alors oui aux actions innovantes, aux partenariats, à la place centrale accordée au public, au 3e lieu :-)... Mais devons nous quand même accepter le démantèlement de services publics ? 


 


Des préoccupations très directes nous empêchent souvent d'abonder dans le sens des visions pour l'avenir des hautes sphères du métier quand nous n’avons plus un radis pour équiper les documents, quand les organisations sont à revoir à chaque départ non remplacé tous les ans ou six mois, quand les bus ne peuvent plus amener les écoliers dans nos établissements, quand on augmente les tarifs, et qu'on est obligé de réduire les horaires quand ce n'est pas nos locaux même... Bref des préoccupations très terre à terre.


Effectivement le congrès de l'ABF doit servir à proposer, innover, partager, remotiver etc. Mais c'est aussi un des rares moments où les "petits" pourraient être entendus. Bon c'est pas pour dire que les gros ne souffrent pas hein ?! Sans être une tribune, j'espère qu'un état des lieux de la situation hautement critique sera fait aux politiques présents à ce moment là...

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Non seulement les "petits" ne sont pas entendus, congrès ou pas, mais on les embarque allègrement dans des logiques de "gros", comme pour les horaires par exemple.Tout le monde doit "tendre vers", petits ou gros. C'est le côté "on est tous une grande famille". Le discours des congrès tend toujours à rester unitaire, solidaire et optimiste. Et relativiste bien entendu : Au nom des collègues grecs et espagnols, réjouissons-nous de notre chance d'avoir encore des bibliothèques. Chanson connue....Au nom de la famine en Afrique je resserre ma ceinture d'un cran. Sauf qu'il y a des ceintures qui sont déja au dernier cran.


 


Sauf que pour réorganiser ses espaces, il faut en avoir, pour réorganiser le travail il faut avoir une marge de manœuvre au niveau personnel, idem pour les budgets. Non, il y a bien des bibliothèques riches ou bien dotées et les autres. Et ça n'est pas nouveau.


Si tu jettes un coup d’œil dans tous les sujets sur le numérique par exemple, sur Agorabib, ça déborde de collègues qui "vont se lancer dans". Baisse des budgets pour les uns et projets numériques coûteux pour les autres. Un fossé apparait, mais en fait il a toujours existé.


 


C'est comme si tu disais à un collègue en manque de personnel : y a qu'à passer au prêt automatisé. Excellente solution. Sauf que quand t'as pas le sou et que tu connais le prix d'une puce RFID....


 


J'espère que le congrès ne sera pas dans une logique désincarnée de yakafaukon. Mais j'en doute. Ni dans celle qui consiste à montrer du doigt les vilains élus qui veulent pas donner des sous...


 


C'est comme une classe : tu pars des meilleurs ou tu pars de ceux du fond de la classe en leur disant qu'ils ont leur chance de rejoindre le peloton de tête. Yaka la saisir...


 


Il nous reste bien sur la zénitude majourienne de Diogène dans son tonneau, l'apôtre des stratégies lentes et des petits budgets, s'extasiant carrément de ne pas pouvoir acheter de nouveautés. Pour ceux qui n'ont jamais été très hauts, la chute est imperceptible, c'est certain. Les petits ont une chance incroyable : ils sont les derniers à savoir quand il pleut... :D


 


Mais ils finiront quand même par être mouillés....


Modifié par Ferris
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Alors, comment dire ... je suis un peu agacée (Eugénie en mode euphémistic'girl) ... :getlost:


 


Moi aussi, je milite pour une bib dynamique (c'est le cas chez nous), accueillante (c'est le cas chez nous), avec des propositions proches des gens (c'est le cas chez nous), et-tout-et-tout. Je dépasse les 22% d'inscrits, je bosse sans compter les heures sup, et il me manque 4000h de personnel/an pour boucler l'année, et pourtant l'équipe fait tourner la boutique.


 


Bon.


Et une fois qu'on a dit ça ?


Une fois qu'on s'est réjouis de ne pas être mangés à la sauce anglaise ou grecque ?


ça nous avance à quoi, nous les petits, nous les sans-moyens ?


C'est ça l'aide qu'on nous propose ? de nous rebooster ?


Moi c'est mes moyens humains, matériels, financiers que je veux voir rebooster !


 


On est sur 2 planètes différentes : chez nous, on n'a plus de matériel pour couvrir les livres. Chez nous, on supprime le personnel d'entretien et on nous demande de faire le ménage à la place de notre job de bibliothécaire. Chez nous, il y a 2 uniques ordis antédéluviens pour le public, et encore, ils sont constitués de matériel perso ramené de nos maisons à nous !


 


Batmanwillnerverdie-et-heureusement-qu'il-y-a-Robin-pour-prendre-le-relai  , je te rejoins tout à fait :



 


Des préoccupations très directes nous empêchent souvent d'abonder dans le sens des visions pour l'avenir des hautes sphères du métier quand nous n’avons plus un radis pour équiper les documents, quand les organisations sont à revoir à chaque départ non remplacé tous les ans ou six mois, quand les bus ne peuvent plus amener les écoliers dans nos établissements, quand on augmente les tarifs, et qu'on est obligé de réduire les horaires quand ce n'est pas nos locaux même... Bref des préoccupations très terre à terre.



 


Alors ce serait pas mal d'être un poil réaliste sur notre marge de manœuvre, et arrêter de nous répondre : "la balle est dans votre camp, à vous d'imaginer des solutions innovantes !"


Tiens, ça me fait penser à ça :


 


998837_682864905063252_116962143_n.jpg?o


J'en finis en citant INTEGRALEMENT Ferris, parce que je plussoie à 200% !


 



 


Non seulement les "petits" ne sont pas entendus, congrès ou pas, mais on les embarque allègrement dans des logiques de "gros", comme pour les horaires par exemple.Tout le monde doit "tendre vers", petits ou gros. C'est le côté "on est tous une grande famille". Le discours des congrès tend toujours à rester unitaire, solidaire et optimiste. Et relativiste bien entendu : Au nom des collègues grecs et espagnols, réjouissons-nous de notre chance d'avoir encore des bibliothèques. Chanson connue....Au nom de la famine en Afrique je resserre ma ceinture d'un cran. Sauf qu'il y a des ceintures qui sont déja au dernier cran.


 


Sauf que pour réorganiser ses espaces, il faut en avoir, pour réorganiser le travail il faut avoir une marge de manœuvre au niveau personnel, idem pour les budgets. Non, il y a bien des bibliothèques riches ou bien dotées et les autres. Et ça n'est pas nouveau.


Si tu jettes un coup d’œil dans tous les sujets sur le numérique par exemple, sur Agorabib, ça déborde de collègues qui "vont se lancer dans". Baisse des budgets pour les uns et projets numériques coûteux pour les autres. Un fossé apparait, mais en fait il a toujours existé.


 


C'est comme si tu disais à un collègue en manque de personnel : y a qu'à passer au prêt automatisé. Excellente solution. Sauf que quand t'as pas le sou et que tu connais le prix d'une puce RFID....


 


J'espère que le congrès ne sera pas dans une logique désincarnée de yakafaukon. Mais j'en doute. Ni dans celle qui consiste à montrer du doigt les vilains élus qui veulent pas donner des sous...


 


C'est comme une classe : tu pars des meilleurs ou tu pars de ceux du fond de la classe en leur disant qu'ils ont leur chance de rejoindre le peloton de tête. Yaka la saisir...


 


Il nous reste bien sur la zénitude majourienne de Diogène dans son tonneau, l'apôtre des stratégies lentes et des petits budgets, s'extasiant carrément de ne pas pouvoir acheter de nouveautés. Pour ceux qui n'ont jamais été très hauts, la chute est imperceptible, c'est certain. Les petits ont une chance incroyable : ils sont les derniers à savoir quand il pleut... :D


 


Mais ils finiront quand même par être mouillés....



Modifié par Eugenie
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Merci pour ton dessin, il est formidable, je sens qu'il va faire le tour de pas mal de popotes : comment opérer une saine réorganisation du service  et une optimisation de la répartition des charges de travail dans un cadre mutualisé et budgétairement contraint...j'adore !


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Quant aux horaires... ce n'est pas en les réduisant qu'on se fera mieux voir. Nos collegues étrangers ouvrent bien plus avec beaucoup moins de personnel, parce qu'ils ont revu avant nous leurs modes de fonctionnement et travaillent beaucoup plus en coopération. A nous de chercher des façons d'être plus efficaces. Et si vraiment on ne peut pas plus, il faut, comme vous le dites, faire assumer le politique et lui faire prendre la décision des services à diminuer ou arrêter. Mais je continue à croire que c'est occasion d'explorer de nouvelles voies.

Donc Strasbourg pour avancer, pas pour grincer des dents. Et pour se rebooster.

 

J'aimerais beaucoup avoir des exemples de coopération et d'autres modes de fonctionnement (mais j'aurai beaucoup de mal à accepter de confier toutes les acquisitions au libraire qui a le marché, par exemple - faudra que je fasse un gros travail sur moi avant :hmm: )... Y'a des psys spécialisés dans les bibs ? :tongue:

 

Là, on est tous la tête dans le guidon. On a beaucoup donné. On est juste fatigués. Même plus le courage d'aller voir comment les autres ont fait...

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Ce qui nous accable, moralement, ce n'est pas tant la baisse de nos moyens, que les plus anciens d'entre nous ont vécu de façon cyclique ou au gré des mandatures, que la certitude que nous devrons, pour certains, abandonner des missions et, au delà, une certaine idée de notre travail, voire de notre légitimité. Nous sentons bien que ce temps est venu, ce qui n'était pas le cas auparavant. On pouvait rebondir. Mais c'est fini. Désormais on s'enfonce. Les sables mouvants ont remplacé le trempolin.
 
Par ailleurs il est vrai que nous n'avons que peu exploré les voies de la coopération, et que, d'autre part, nous ne savons pas nous investir dans des projets pluriannuels. Donc anticiper. Combien de collègues sont dans l'attentisme traditionnel du vote du budget (de plus en plus tardif) et bricolent ensuite jusqu'en novembre, en jonglant entre l'année civile, l'année budgétaire, l'année scolaire, l'année littéraire...puis tendent ensuite l'oreille pour savoir à quelle sauce budgétaire ils seront mangés en mars ?
 
La coopération, c'est quoi ? le fonctionnement en réseau, tout simplement. Mais les perspectives que nous donnent les fonctionnements en réseau sont assez peu réjouissantes. Si on met en réseau plusieurs bibliothèques qui n'ont plus de marge de manœuvre, nous ne faisons qu'accentuer le phénomène. Par ailleurs la teneur des discours qui accompagnent ces fonctionnements est peu motivante : faire mieux avec moins, optimiser le temps de travail, multiplier les actions conjointes et les partenariats, faire tourner les collections, faire des économies à tous les niveaux possibles (jusqu'à ne plus couvrir les livres, ce qui nous heurte symboliquement beaucoup). Le discours volontariste type "ressources humaines" voudrait suppléer au manque de moyens, mais chacun finit par se rendre compte que ça ne fonctionne pas.

"Le premier travail d’un manager n’est pas d’apporter la motivation mais de supprimer les obstacles" (Scott Adams)
 
Enfin, pour ceux qui sont déjà lancés dans ces démarches, ils voient bien que finalement la mutualisation des moyens et des objectifs, loin de permettre de dégager du temps, a en fait créé des obligations et des tâches nouvelles. Ce qui nous était présenté comme un eldorado où nous pourrions développer de nouveaux services, renforcer nos actions hors les murs et toutes les actions ponctuelles les plus chronophages, se révèle un désert aride et sans horizon.
 
Et pour compléter le tableau la demande des élus varie d'un extrême à l'autre : les uns veulent diminuer les horaires, d'autres les augmenter, certains répondent à la baisse pourtant prévisible de l'offre globale de service, en anticipant par des obstacles supplémentaires : diminution, voire suppression des accueils de groupes, retour à la tarification, refus des remplacements maladie ou maternité, encadrement ou baisse des formations, et recherche d'une misérabiliste "polyvalence" des agents, qui va même jusqu'à confier le ménage aux personnels ! On se croirait revenus aux instituteurs ruraux de la troisième république qui apportaient eux-mêmes le bois pour alimenter le poêle de la classe...
 
Par ailleurs les modes de coopération entre des bibliothèques très ou trop différentes ne sont pas légion : en gros, on met tout le monde à la même soupe, le plus souvent sur un modèle agglo de type "la centrale et ses annexes", qui a plus de 40 ans !. La spécificité de chaque structure, de chaque public, s'efface peu à peu au profit d'une conception assez uniforme, et finalement très "idéologique" de la coopération en réseau. Le respect de la diversité prend du temps, donc coûte cher. Autre inconvénient : les structures centrales risquent de pomper l'essentiel des moyens au détriment des structures plus petites, d'où une desserte des territoires diminuée, mal répartie.
 
Les partenaires institutionnels, type BDP voient aussi leur moyens baisser (alors qu'au même moment leur sphère d'action s'agrandit puisque le "verrou" des 10 000 h vient de sauter) et s'adaptent d'une façon qui n'est pas toujours en phase avec les territoires. Ce qui est assez logique : chacun sa mission. Chez nous la BDP pousse au numérique pour des structures qui coupent dans tous les budgets de base. Décalage.
 
Nous savons bien peu de choses, voire rien, sur la façon dont les collègues étrangers ont su et pu rebondir, mais ce qui est certain c'est qu'ils n'ont pu le faire que dans un certain contexte, administratif entre autres, contexte qui n'est pas le nôtre. Il ne s'agit pas que de pallier le manque d'argent par de l'imagination et de l'expérimentation. Peut-être y avait t'il un modèle grec ou espagnol de lecture publique. Comme en Belgique par exemple. En France il n'y en a pas. Il n'y en a jamais eu. Rien que l'innovation individuelle et la bonne volonté de chacun, sous la houlette cahotante et fluctuante de 36 000 communes.
 
Aujourd'hui cela ne fonctionne plus. Et nous le sentons bien. Le plus grave, et j'entends le cri d'Eugénie autant que la fatigue de Ploc, c'est l'inéluctable écroulement des motivations qui va suivre, notamment des cadres. Au fond, bien peu d'entre nous fonctionnaient comme des "fonctionnaires", nous étions un peu au-delà, ce qui a rendu possible pas mal de choses. Dans quelques temps, qui d'entre nous continuera d'apporter du travail à la maison ? Franchement...
 
Désormais nous risquons de ne devenir que cela, des petits fonctionnaires aux abois, accrochés à nos fiches de poste et passant notre temps à feuilleter comparativement des catalogues de fournitures pour trouver le moyen de faire quelques euros de fausses économies sur des consommables de plus en plus mauvaise qualité, à se battre pour nos stages et nos frais de déplacement...

 

Que de temps et d'énergie perdus ma pauvre Eugénie, à trouver le meilleur prix pour tes sacs d'aspirateur. :blink:

 

Oh, attention, le coup des catalogues, on le faisait aussi avant. Mais ce n'était pas le seul horizon, c'est cela qui change.

 

Redevenir des fonctionnaires dans l'esprit ? C'est assez comique au moment où certains ne pensent qu'à la suppression du statut, dernière et indispensable étape pour pouvoir maîtriser enfin les coûts de personnels.

 

J'espère que ce dernier point sera abordé au congrès et que chacun apportera ses solutions coopératives  :wink:

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