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Médiadix Antonutti

Erotisme

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Médiadix Antonutti

Bonjour,


 


quelques questions sur la place des collections érotiques dans vos bibliothèques ?


 


- achetez vous des livres, des bandes dessinées, des films, des documentaires  ?


- quels sont vos critères d'acquisition ?


- avez vous une expérience sur ce thème sur les collections numériques ?


- est ce que vous distinguez ces documents ? avec un élement physique, avec des mots-clefs ?


- avez vous édité une bibliographie ?


- avez vous réalisé des animations sur ce sujet ?


- est une collection appréciée par le  public ?


 


et toutes vos remarques sur l'érotisme en bibliothèque sont les bienvenues...


 


MERCI d'avance,


bien cordialement,


 


Isabelle Antonutti


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dahu fringant

Bonjour,


 


Dans l'etablissement dans lequel je travaille, nous avons développé un fonds erotique. Il se porte sur des romans et des BD essentiellement.


Le choix a été fait de le mélanger aux autres collections et le distinguer part une étiquette sur la tranche avec "un bisou" :)


 


Celà fonctionne plutôt bien, les documents sortent bien et pas que "50 nuances de grey" ! Pas de retours négatifs non plus de la part du public. On a juste eu le débat avec la BD "Pornopia" que l'on a decidé de mettre en prêt indirect au vu des images très explicites :)


 


En terme d'animations, nous avons organisé des lectures de textes choisis et lus par les lecteurs. Le lieu pour cette lecture avait été mis en scène façon boudoir pour coller au thème et c'étaity plutôt sympa.


 


Cordialement


 


Eric Bourdeau


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Lunalithe

Bonjour,


 


Nous en achetons de plus en plus car il y a de la demande. De notre côté, ils sont intégrés "normalement" aux collections. Pas de distinctions. Nous n'avons même pas collé de mot sujet "érotisme". Ce sont des livres comme les autres ! ;)


Nous avons eu un débat à propos du film Shortbus, qui est très osé. Il avait été question de le mettre en accès indirect. Et puis finalement, la jaquette n'est pas choquante et ne risque pas d'apprendre la vie un peu trop tôt à un bout d'chou, alors on assume jusqu'au bout.


 


En revanche nous avons déjà eu une remarque (négative) parce que le livre n'était pas annoncé comme particulièrement érotique. Il s'agissait de Sex in the kitchen, un livre effectivement très... détaillé. La lectrice a trouvé ça choquant (mais l'a fini quand même hein, fallait savoir la fin). Je ne crois pas qu'elle ai été traumatisé à vie non plus - et ses plaintes à la banque renseignements ont engendrés une salve de réservation par les lecteurs qui attendaient leurs tours.


Comme quoi....


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Ferris

Chez nous en milieu rural à forte tendance frontiste agrémentée d'un fort brin de quatrième âge, la demande n'est pas clairement formulée, même si "50 nuances de grey" a connu son petit succès (peu de gens ont été jusqu'au 3° tome il faut tout de même le dire).


Respectons la diversité des publics et de leurs attentes.


 


Et puis tout ça c'est quand même des cochonneries, il faut le dire  :D 


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Greg Chermeux

Allez, une pierre de plus à l'édifice (j'ai hésité avec "Allez, un vibro de plus dans le sex-shop...)


 


Nous avons ds romans dits érotiques, ils sont classé avec les romans sentimentaux (y'à quand même de l'Amoouur dedans, non ?). Ils se retrouvent donc avec les Belva Plain, Steel et Nora Roberts (qui a dit argh ?)


Pas d’identification spécifique (cote, pastilles, couleur, préservatif sur la couverture, etc....). Bref pas moyen de les distinguer c'est vrai.


Dans la grille de catalogage, ils ont le même genre "roman sentimentaux" que les autres. Nous ajoutons par contre le terme "roman érotique" en descripteur. Plus pour simplifier la recherche thématique vu le nombre croissant que pour mettre une alerte "X" dessus.


En type docs, ils sont considérés comme "livres réservés aux adultes" et ne sont pas empruntables par un / une mineur(e).


Ils sont mis en valeur en tant que nouveautés au même titre que les autres docs (table + bandeau sur la couv.)


Voila pour les romans. Nous avons quelques BD ou mangas plus épicés sans pour autant être aussi explicatifs (ou descriptif.. ou introductifs ou...) que les romans (mis à part Black Joke en manga peut-être). Pas de Manara par ex.. En DVD, rien de méchant, mis à part peut-être nymphomaniac. Pas de Marc Dorcel par ex.


 


- Nos critères sont les mêmes que pour les autres docs. Beaucoup viennent de suggestions d'usagers d'ailleurs. 


- Pour le numérique, nous ne nous sommes pas penchés sur le dossier. Mais je vais m'y mettre de ce pas !


- Pas de bibliographie, mais un mot-clé pour les trouver facilement. Par contre, un post sur la page Facebook l'été dernier en guise de focus.


- Une animation est prévue en juillet sur le thème de l'amour, dc très généraliste, mais ce sera l'occasion de mettre en avant en partie ce fonds (s’ils ne sont pas en prêt !). D’autres sont en cours d’imagination dans les cerveaux fébriles de certains membres (ah ah) de l’équipe mais rien de concret et de programmé.


- Côté appréciation du public : des suggestions, des réservations, un taux de rotation convenable pour ne pas dire important et qui concurrence le duo Lévy-Musso par moment. (qui a hurlé « Comment ! » ?)


 


En conclusion, un genre "littéraire (oui oui !) qui doit être présent dans nos rayons.


 


Au-delà de l'aspect "effet de mode"  (qui n'en est plus un maintenant à mon humble avis) et mercantile de la chose, ce genre littéraire est aujourd’hui décomplexé (si ! si !), est « abordable » pour nos publics sans tabou ou honte, (faut quand même pas me dire que vous n'avez que des bonnes sœurs du couvent de Sainte Radegonde en inscrits !) . Il a donc à toute sa place et mérite notre attention, ou du moins que l’on considère ce genre comme un autre. Pourquoi le rejeter alors que dans des polars y’a des trucs très trash aussi. Je me souviens d’un Grangé où les femmes enceintes étaient éventrées et le fœtus brûlé à leurs pieds ! (qui a vomi ?).


Donc ce n’est pas la « trashitude (bonjour Ségolène) qui va devenir un argument contre ce type d’ouvrage  (ou alors on n’aura que des Martine à la plage, au zoo….)


Côté public, pas de pervers maso, mais des « ménagères » bien sous tous rapport, mère de famille, cadre, retraitées… etc. peu d’hommes je reconnais. Le public lambda en résumé


 


Par contre, en écrivant ce post, je me pose la question de nos chartes ou politiques documentaires que nous faisons voter ou valider par nos élus…


A suivre dans l’épisode : «

http://www.agorabib.fr/index.php/topic/2398-de-l%E2%80%99hypocrisie-de-nos-politiques-documentaires

 


Voili voilou


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Ferris

(ou alors on n’aura que des Martine à la plage, au zoo….)


Côté public, pas de pervers maso, mais des « ménagères » bien sous tous rapport, mère de famille, cadre, retraitées… etc. peu d’hommes je reconnais. Le public lambda en résumé


 


Tout à fait d'accord avec l'ensemble de tes propos. Un bémol cependant :


 


1) Les Martine sont éminemment érotiques pour un certain public que nous n'avons pas le droit d'exclure à priori, notamment les fétichistes de la petite culotte à l'ancienne.


2) Il n'y a pas plus pervers que les rêves érotiques des ménagères de moins de cinquante ans et des dadames bien sous tous rapports (hormis les rapports sexuels justement, ce qui constitue l'essentiel de leur problème)


 


Le véritable érotisme n'annonce pas la couleur, il vous surprend au détour du bois alors que vous apprêtiez à pique-niquer. Le problème c'est qu'avec des livres comme le Baise-moi de Virginie Despentes, on est sur une autoroute sans sorties jusqu'au péage. A ce niveau les anthologies de la littérature érotique sont d'un ennui mortel. On y trouve peu ou pas de polars, et là c'est vrai qu'il y a parfois de bonnes surprises, à condition toutefois d’apprécier de voyager en mode tripes et boyaux.


 


Enfin, que penser des livres sur lesquels nous continuons d'apposer au moment de l'exemplarisation, voire en bas de résumé sur la notice, le message "réservé à un public averti". En sus, si je puis dire de l'interdiction aux moins de 18 ans, qui passent leur temps en accès libre sur internet ?


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Isalabib

Un exemple d'animation repêché sur LH : http://www.livreshebdo.fr/article/beauvaisis-le-mois-de-lamour


"En février, la Saint-Valentin oblige, les médiathèques du Beauvaisis, dans l’Oise, fêtent l’amour sous toutes ses formes. L’exposition "Baisers volés" montrera les baisers les plus célèbres du cinéma. Les lecteurs pourront suivre un cours de cuisine aphrodisiaque, participer à un club de lecture dédié à la littérature érotique et sentimentale, ou encore assister au spectacle Le cri d’amour de l’huître perlière, création "érotico-délirante" sur la vie sexuelle des mollusques.


Les usagers sont également invités à participer à un jeu-concours en déposant à la bibliothèque leurs messages d’amour ou de rupture, dont une sélection sera déclamée par un lecteur public le 15 février. Les noms des gagnants du jeu-concours seront révélés à cette occasion."


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Sauron

Nous sommes en train de réfléchir à la littérature érotique dans notre bibliothèque (pour adultes ds 15 ans). Nous avons encore (et ce depuis plusieurs dizaines d'années...) un "enfer", soit une collection de 300 documents (romans, BD, documentaires) avec des ouvrages érotiques (voire pornographiques) et/ou jugés trop violents. Même le Kamasutra s'y trouve... Cette collection est en accès indirect ; elle est située juste derrière la banque d'accueil. Les lecteurs peuvent y accéder tranquillement à la vue de tous...


 


Bref, nous sommes en train de revoir l'ensemble. Je compte bien partager nos idées avec vous dès que nous aurons fait valider l'ensemble par la direction. 


 


Mais j'ai une question par rapport à l'âge légal? La mise à disposition (et je ne parle pas du prêt) de livres érotiques à des mineurs n'est-elle pas illégale si vous n'indiquez pas "interdit au moins de 16 ans" pour prévenir le lecteur? Etes-vous protégé par votre tutelle si vous avez des réactions négatives (voire plaintes à la mairie) de la part de certaines personnes, associations ou autres qui militent pour un retour à certaines valeurs "traditionnelles"? L'assumez-vous? Des retours d'expériences sur ce point?


Nous sommes sur le point de mettre une pastille "dès 16 ans" pour "protéger" le public entre 15 et 16 ans (bibliothèque adultes dès 16 ans) mais dans les faits, il s'agit surtout de protéger la bibliothèque car l'inverse serait illégal (nous sommes en Suisse). Qu'en pensez-vous?

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Ferris

En France nous en sommes toujours  à la Loi n°49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse,version consolidée au 05 janvier 1988 : http://www.ricochet-jeunes.org/references/article/loi49. Un mineur c'est tout ce qui a moins de 18 ans. Ceci dit la Loi de 1949 ne donne pas non plus de statut juridique au livre de bibliothèque.
 
A ma connaissance les classements de type 15 ans, 16 ans etc...n'ont pas de valeur légale et relèvent de notre seule responsabilité. Ce sont des recommandations, des choix locaux etc...que nous pratiquons aussi pour les Bd etc...Souvent c'est pour une question de niveau d'accès, de niveau de violence etc..Sur le même lien on peut lire aussi les plaintes du SNE qui voudrait élargir tout ça, considérant notamment qu'il y a injustice entre les règles afférentes aux autres supports (films ...) et les livres. Le film tiré de 50 nuances de Grey a été interdit aux mineurs en Grande-Bretagne. En France trois interdictions sont possibles : interdit aux moins de 12 ans, interdit aux moins de 16 et interdit aux moins de 18 ans, cette dernière restant rare. Le film "Love" sorti en 2015 a été interdit aux mineurs par le Tribunal administratif, malgré les protestations du Ministre de la Culture. 
 
A mon avis un livre pornographique pastillé "accessible à partir de 16 ans" sera source d'ennuis assez lourds s'il y a plainte (car sans plainte, pas de problèmes). Et il très est douteux que l'autorité territoriale nous soutienne. Elle nous délègue la responsabilité d'acquérir et de choisir, mais reste responsable en cas de plainte. En tous cas je ne me risquerai pas à prêter 50 nuances...à un moins de 18 ans, quel que soit mon avis personnel sur la question.
 
Pour les livres nous sommes en fait dans une situation de vide juridique : Actuellement, hors décision administrative au niveau de l'édition, il n’existe pas de loi définissant les droits, les devoirs, les missions, des autorités de tutelle et des bibliothécaires en matière d’acquisition. Tu as cela, en réponse à une question de bibliothécaire, sur http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?f=2&t=61573&p=118025&hilit=raison&sid=4759d1b5b00c7d5dfd729360def40829
 
Erotisme ou pornographie ? Comme disait André Breton : la pornographie c'est l'érotisme des autres.
 
Si la loi suisse le permet, rien ne t'empêche de transformer ton "enfer" en paradis... :wink:

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Anne Verneuil

A Anzin, nous avons restreint l'emprunt de la littérature érotique aux + de 18 ans... Eh bien ce sont les mamans qui réclament que leurs filles puissent les emprunter... pour qu'elles-mêmes puissent le lire ensuite. Si le parent demande, on force le prêt, sinon on applique la limitation d'âge.


 


Y a plus de parents je vous dis...


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Ferris

La question c'est aussi de savoir si nous pouvons considérer que c'est un genre littéraire à part entière.


 


Le sexe et l'érotisme accompagnent la naissance de la littératureLa sexualité et ses manifestations directes ou indirectes, des représentations de l’acte sexuel aux signes du désir en passant par les symboliques de l’amour, font en effet partie intégrante de la littérature et ne sont pas confinées à un genre spécifiquement « érotique » ou « pornographique », aux frontières d'ailleurs floues et discutées.


 


C'est ennuyeux car s'il y avait clairement "genre", nous pourrions plus facilement l'inclure dans une charte des collections, et définir la constitution d'un fonds de référence par exemple, de Platon à Catherine Millet, en passant par le kamasutra et les mangas etc...et définir un suivi. Le genre aurait sa caution culturelle de départ à travers les auteurs antiques, médiévaux et les libertins du 17°, et pourrait évoluer.


 


Mais si le sexe est partout, ça devient difficile car chaque choix d'ouvrage ne s'inscrit plus dans une politique cohérente d'acquisition mais apparaît comme un choix isolé, problématique car ne se définissant plus par rapport à d'autres livres mais de façon intrinsèque. Et là, ça devient très subjectif. Donc sujet à caution.


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DavidSlr

Bonjour

 

Je suis revenu enchanté de la journée d'étude du 21 janvier dernier à St Cloud sur l'érotisme (même si certaines interventions furent très rapides), et le dernier numéro de Bibliothèque(s) balaie vraiment bien la question je trouve, et en faisant un retour à mes collègues hier, je me dis qu'il n'est pas impossible que je puisse développer un vrai fonds érotique dans ma structure!

 

Après en effet cela demande un bon travail de sélection, mais après tout...comme pour beaucoup de fonds!

 

Comme il a été dit jeudi, on s'aperçoit en effet que certain(e)s collègues sont bcp plus réticents à cette idée....

Modifié par DavidSlr

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Ferris

Oui, mais les collègues connaissent bien leurs élus...qui eux-memes connaissent (ou s'imaginent connaitre) leurs électeurs/lecteurs. Et la censure va bon train, mine de rien. Tout n'est pas possible partout et ce ne sont pas toujours les collègues qui décident. Leurs réticences peut donc  aussi s'expliquer par autre chose que leur propre morale.

 

A lire ici par exemple : https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2010/12/19/dessins-et-des-seins-interdits-59317

Interdiction du Conseil général. Et le forum regorge d'exemples et de prises de position à ce sujet.

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Anne Verneuil

Je ne suis pas sûre que les réticences des collègues s'expliquent uniquement par la crainte de la censure. Il y a aussi beaucoup d'auto-censure, de refus d'acheter le genre par simple mépris. Je doute que 50 Nuances ait fait l'objet de beaucoup de censure de la part d'élus ou d'usagers; elle s'applique beaucoup plus souvent sur la littérature jeunesse, voire des domaines documentaires.

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B. Majour

Dans ce cas, de l'érotisme, je suis obligé d'avouer que ma première auto-censure vient de ma méconnaissance du sujet

Ce n'est pas mon sujet privilégié, et je me demande si l'érotisme destiné aux hommes attirerait autant les femmes, et vice-versa.

 

Je ressens la même problématique dans la SFF. Ce n'est pas du mépris, c'est la méconnaissance qui empêche l'acquisition SFF pour de nombreux collègues.

Acheter ce qu'on ne goûte ou n'apprécie pas, ça me semble toujours délicat.

Comment savoir ce qui plaît ou ne plaît pas dans le genre ?

Comment ne pas commettre d'impair ?

Comment conseiller ?

En particulier sur le sujet de l'érotisme.

Comment en parler, comment le mettre en valeur ?

 

Autant, je peux parler d'un roman policier, ou d'un roman jeune devant tout le monde, autant je me vois mal vanter les mérites d'un roman érotique en banque d'accueil. D'ailleurs, les lecteurs se sentent aussi gênés pour la plupart d'entre eux : je n'ai pas beaucoup de retours du 50 nuances de Grey.

L'érotisme n'est pas un sujet banal ou facile à aborder.

 

Et faut-il rajouter le problème du choc pour les lecteurs.

L'érotisme homme-femme ne choque pas beaucoup, mais qu'en est-il de l'homosexualité affiché sur des couvertures ?

Du bondage et autres sévices sado-maso... ?

 

 

Ce n'est pas juste du mépris, on est aussi dans un positionnement de valeurs.  Valeurs qui ne sont pas neutres pour tout le monde. Un fonds érotique sans littérature gay, on se retrouve avec la LGBT en train de manifester au racisme antigay. Et si on a de la littérature gay, on a les ultra-religieux qui écrivent au maire pour expliquer combien les bibliothécaires sont dépravés, amoraux, qu'ils donnent le mauvais exemple à la jeunesse, etc. etc. etc. Et des maires qui les écoutent et interviennent pour "réguler" le fonds.


 

Comme celui sur la politique, fonds érotique, fonds à emmerdes ?

  Bernard

Modifié par B. Majour

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Ferris
Il y a 3 heures, B. Majour a dit :

Acheter ce qu'on ne goûte ou n'apprécie pas, ça me semble toujours délicat.

Comment savoir ce qui plaît ou ne plaît pas dans le genre ?

Comment ne pas commettre d'impair ?

Comment conseiller ?

Comment en parler, comment le mettre en valeur ?

 

Tu viens de résumer le métier de bibliothécaire et toute la problématique de la médiation. Chapeau !:cheer:

 

On passe notre vie à acheter des trucs qu'on n'aime pas, qu'on ne lira pas, et à les valoriser, pour qu'ils sortent. Et heureusement sinon je me demande à quoi ressembleraient nos fonds ! On est des petits magiciens. Ou plutôt des illusionnistes. Et des épiciers méticuleux. Pour les meilleurs d'entre nous, bien sûr.:angel:

 

Le prochain film de 50 nuances...va être réalisé par un homme. On va voir ce qu'on va voir :drool:

 

En attendant, c'est vrai qu'il y a des risques.:

Samedi 14 février dernier, pendant la projection du film "50 nuances de Grey" au cinéma Pathé de Rouen une scène surréaliste s'est déroulée. Un homme de 46 ans, s'est levé, a baissé son pantalon et a uriné face au public. La diffusion du film a du être interrompue afin que la sécurité puisse interpeller l'homme en question.(...) (http://www.soonnight.com/mag/buzz/pendant-la-projection-50-nuances-de-grey-un-homme-est-interpelle-pour-s-etre-exhibe,28,23668.html

 

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Sauron

Bonjour,

 

Comme promis plus haut dans ce post, je partage ici une partie de notre politique documentaire relative à la collection érotique dans notre réseau de bibliothèques (en Suisse).

 

Avant-propos

"Le succès récent de certains écrits érotiques a contribué à relancer le genre, posant la question du public visé et de l’accessibilité de ces documents au public intéressé. Les ouvrages érotiques étaient jusque là conservés au public du site X derrière le desk d’accueil occupé par les bibliothécaires - ce qui pouvait poser problème aux lecteurs désireux d’emprunter un document à caractère érotique. La question se posait aussi dans les sites de quartier, où cette collections n’existe pas ou plus - d’où le malaise des bibliothécaires face à une demande de récits érotiques dans un contexte où publics adulte et jeunesse se rassemblent. Il devenait dès lors nécessaire de créer une véritable valorisation du genre érotique pour le public adulte, d’en délimiter clairement les contours et d’en permettre un accès libre et décomplexé."

 

Notions légales (ATTENTION  - VALABLE EN SUISSE)

D‘un point de vue légal, il convient de distinguer la pornographie dure/ douce de l’érotisme proprement dit.

 

Pornographie dure (art. 197 CP)

Actes d’ordre sexuel :

o    avec des enfants

o    avec des animaux

o    des excréments humains

o    comprenant des actes de violence

La fabrication, importation, mise en circulation, promotion, exposition, acquisition et possession même pour un usage personnel de documents (tous supports) de pornographie dure est punissable.

 

Pornographie douce

Les objets ou représentations sont considérés comme pornographique lorsque :

o    ils sont de nature à exciter sexuellement le consommateur

o    la sexualité représentée ou décrite est si éloignée du caractère humain et émotionnel qu’elle implique que le personnage apparaît comme un pur objet sexuel à la libre disposition de chacun.

La sexualité doit être présentée de manière crue, vulgaire et insistante. C’est l’impression générale qui est décisive. Toute représentation du corps humain nu, de ses attributs ou de la sexualité en général ne peut pas être qualifiée de pornographique. La pornographie implique immanquablement la mise en évidence et une concentration sur les parties génitales.

 

L’accès libre à la pornographie douce est punissable lorsqu’il vise deux types de publics :

o    mineurs de moins de 16 ans ;

o    public majeur confronté directement à un contenu pornographique, indépendamment de sa volonté, autrement dit sans l’avoir sollicité.

 

Les cas suivants ne sont pas punissables:

o    lorsque l’attention des spectateurs a été attirée sur le caractère pornographique d’une exposition ou d’une représentation qui a lieu dans un local fermé, le responsable n’est pas punissable ;

o    Lorsque les objets ou représentations ont une valeur culturelle ou scientifique digne de protection. L’appréciation est faite de cas en cas, en admettant les critères d’un spectateur ouvert aux différentes (nouvelles) formes de l’expression artistique (ex : roman chinois obscène)."

 

Le genre « érotique »

Le genre « érotique » est centré sur les œuvres de fiction (romans, littérature, bande dessinée). Ces ouvrages seront clairement identifiés comme appartenant à ce genre (pastille, code genre) même s’ils ne sont pas rassemblés physiquement.

Les documentaires sont exclus de cette identification spécifique.

 

Acquisition et sélection

Principes généraux

·         Le caractère érotique des livres est retenu ; la pornographie (voir Notions légales) est exclue.

·         Les livres à caractère violent ou incitant à la haine raciale sont exclus.

·         L’achat est limité aux livres (dont audio) et BD ; les films sont exclus.

 

Romans et œuvres littéraires

La littérature érotique est un genre à part entière qui dispose de ses propres codes ; son périmètre est identifié, les éditeurs et auteurs connus. La sélection se fait de préférence directement en librairie, notamment chez Humus éventuellement via Electre.

 

Bandes dessinées

·         L’image est un support plus sensible à gérer. Pour les bandes dessinées, la sexualité ne doit pas être présentée de manière crue, vulgaire et insistante. Elle s’inscrit dans une histoire, un scénario.

·         La limite entre érotisme et pornographie douce étant floue, l’achat se fera uniquement en librairie pour les nouvelles acquisitions. Une vision commune a été adoptée en groupe avec la gestionnaire du domaine d’acquisition BD, la bibliothécaire déléguée à la politique documentaire et la responsable du pilier collections, permettant une autonomie d’acquisition de la part de la responsable de domaine. Néanmoins, en cas de situation très ambiguë (après achat), ce groupe peut se réunir en comité ad hoc et décider de son intégration au libre-accès ou non.

 

Circuit du document

Les documents sont intégrés dans les collections du libre-accès.

 

Romans et œuvres littéraires

[Détails techniques internes]

 Les œuvres littéraires (R, P, SF, FY, F et 800) sont équipées avec la pastille ronde EROS, placée sur le dos, en bas, au dessus de la cote.

 

Bandes dessinées

[Détails techniques internes]

 Les bandes dessinées sont équipées avec la pastille ronde EROS, placée sur la couverture, en haut à droite.

Documentaires

Les documentaires qui contiennent des éléments érotiques sont mis en libre-accès, sans pastille. Ils doivent être acquis avec réserve, et avoir un contenu artistique ou scientifique intéressant. Cette catégorie n’est pas appelée à être développée, il ne s’agit toutefois pas d’opérer d’autocensure mais de procéder à une sélection réfléchie.

Si le contenu devait s’avérer trop vulgaire ou violent (après achat), les documents seront directement placés en prêt indirect. L’acquéreur sollicitera la déléguée à la politique documentaire ou la responsable du pilier collections en cas de doute

 

Prêt

Les documents de la collection érotique sont destinés à un public de plus de 16 ans, le prêt ne sera pas autorisé aux jeunes âgés de moins de 16 ans. Le prêt n’est pas automatiquement bloqué. Comme toute autre opération de prêt, le collaborateur est amené à être vigilant.

 

Classement

·         Les romans et la littérature (800) érotiques sont interclassés dans le rayon correspondant (R, P, FY, etc.). La pastille permettra de les reconnaître.

·         La bande dessinée érotique sera classée dans les bacs BD, au cavalier « Eros », soit à la lettre E dans le classement par éditeur.

·         Les documentaires ne sont pas identifiés et trouvent leur place comme n’importe quel autre document, sans pastille ni identification particulière.

 

Valorisation et communication

L’objectif de cette collection est de permettre un accès libre et décomplexé à une collection érotique. La communication sur ce genre sera donc identique à celle des autres (Voir la politique de valorisation des documents - pastille "nouveautés", coups de cœurs, présentation au rayon). Toutefois, la connaissance des dispositions légales vis-à-vis de cette collection est une nécessité pour tout collaborateur travaillant au service public. Le paragraphe de ce document sur les notions légales pourra au besoin être imprimé et communiqué aux lecteurs qui remettent en cause leur mise à disposition au libre-accès.

 

FAQ littérature érotique (en réponse aux questions éventuelles du public)

Pourquoi de la littérature érotique dans les bibliothèques municipales ?

La littérature érotique est un genre qui intéresse une partie du public – intérêt accru depuis quelques années. Les bibliothèques ont une offre littéraire et documentaire large qui reflète la diversité de la production éditoriale.

 

Quelle littérature érotique ?

Il s’agit de littérature érotique, non pornographique. Nous sélectionnons soigneusement les documents afin de respecter la loi. La loi interdit la pornographie dure (sexualité avec violence, avec des animaux). La pornographie douce est accessible aux personnes de plus de 16 ans pour autant qu’elles n’y soient pas confrontées contre leur volonté. De toute manière les documents sélectionnés ont un caractère érotique, c’est-à-dire contiennent une histoire digne d’intérêt. Ils ne s’attardent pas uniquement sur l’aspect sexuel – d’autres aspects sont aussi présents : c’est ce qui les distinguent de la pornographie.

 

Pourquoi en libre accès ?

Placer la littérature érotique dans un « enfer » ou un « desk » rend son accès plus difficile, plus visible aussi. Dans une bibliothèque de lecture publique, les usagers adultes doivent pouvoir accéder librement aux documents qui leur sont destinés, sans se sentir jugés, sans gêne aucune.

 

Que signifie la pastille placée sur le document ?

Le masque renvoie à l’érotisme. La mention 16+ vise à avertir le public mineur (moins de 16 ans) que ce document ne lui est pas destiné. Elle sert aussi à prévenir la sensibilité de tout adulte qui ne souhaiterait pas accéder à un contenu érotique.

 

Face à une critique de type « C’est une BD porno ! », nous vous proposons la réponse suivante :

Cette BD n’est pas pornographique car si quelques images peuvent vous choquer, elles font partie d’une histoire. L’auteur exprime son art et va au-delà de juste dessiner des actes sexuels. C’est donc une BD érotique. La pastille prévient les jeunes de moins de 16 ans. La décision d’acheter cette BD a été prise par plusieurs bibliothécaires, dont la responsable des collections. Nous pouvons vous imprimer les dispositions légales si vous le souhaitez.

 

 

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DavidSlr

Je pense (mais ça n'engage que moi, peut-être parce que je lis un peu de littérature érotique, notamment des auteures françaises) qu'on peut en effet parler de litérature érotique ou de films au même titre que les autres documents que nous pouvons avoir dans nos rayons...cela m'est arrivé il y a peu du reste avec une lectrice au sujet de 50 nuances 

 

Je n'ai pas pris le temps de lire tous vos commentaires, mais pour moi ne pas faire d'impair ou donner des conseils c'est comme pour tous les autres fonds que nous possédons, je lis par exemple peu de romans (bouuhhh pas bien, ben oui je suis plutôt à la base lecteur d'essais historiques), aussi quand j'ai des questions et bien je vais essayer de trouver les info en dehors de mes propres lectures...la même démarche est applicable à cette littérature, car en effet on ne peut ni tout aimer, ni tout lire! On a tous des spécialités ou des sujets/supports que nous aimons plus que d'autres..

Je reste persuadé que le 1er obstacle est bien la vision (ou la non vision ^^) des bibliothécaires face à cette littérature. Après oui il faut faire preuve de doigté (quoi? un jeu de mot scabreux? non pas du tout mon style!!) selon les réactions, mais si l'on aborde ceci sans honte et l'esprit détaché il n'y a pas de raison que cette littérature ne soit pas un + pour nos établissements

 

Enfin le débat n'est pas clos j'imagine!

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