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Aurem

Les bibliothécaires sont-ils sectaires ?

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Aurem

Bonjour,

 

Certaines questions me taraudent depuis un certain temps au fil de mes lectures sur le forum : les bibliothécaires sont-ils sectaires ? :whistle:

 

Faut-il avoir eu la révélation du métier dès le berceau pour avoir la bénédiction de ses collègues ? :angel:

 

Je vous parle de mon cas. J'ai passé ce concours car je passe énormément de temps en bibliothèque et que je m'y sens bien, que j'ai participé à plusieurs ateliers en tant qu'usager, visité les coulisses de la bibliothèque de ma ville aux journées du patrimoine et que cela m'a donné envie d'exercer ce métier. Et surtout, les bibliothèques représentent pour moi les lieux qui ont transmis le savoir de l'humanité depuis des millénaires. J'ai peut-être une vision un peu idéalisée mais pour moi y travailler c'est un peu comme si je contribuais à perpétuer ça.

 

Aussi j'aime lire des essais, des livres de philo, de politique, d'histoire, mais je ne suis pas une grande lectrice de romans et je n'ai pas du tout fait d'études en lien avec les métiers du livres ou la littérature ni eu de révélation que je voulais faire ce métier depuis toute jeune. Aussi je trouve ce métier très beau pour toutes ces raisons mais cela ne veut pas dire que d'autres métiers intéressants ne pourraient pas m'attirer. 

 

Alors, j'ai le droit ou je vais être vue comme un paria ? ;)

 

PS : les membres de ce forum vous êtes merveilleux :heart:

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Ferris
Il y a 3 heures, Aurem a dit :

qui ont transmis le savoir de l'humanité depuis des millénaires.

 

Oui, enfin, pas les nôtres, il y  différentes catégories de bibliothèques. Quand j'achète le dernier T'choupi je n'ai pas l'impression de participer à tout ça.

 

Quand au fait de lire ou de ne pas lire, de lire de la fiction ou des traités de philo, ce n'est plus la question depuis longtemps." Le bibliothécaire est celui qui lit le moins" me disait déja ma formatrice, une vieille conservatrice de BU. Et elle avait finalement raison de nous balancer cette patate. Parce que c'est vrai, on gère un établissement, des équipes, des budgets, des publics etc...on ne lit pas. Si on veut lire on amène un livre à la maison et on lit comme tout le monde. Parce qu'on est des gens comme tout le monde. Et heureusement car on est à leur service. Alors autant se comprendre. Bernard par exemple lit trois page

chaque soir avant de s'endormir sur ses chiottes. Il est comme tout le monde.

 

L'amour des livres est le plus mauvais argument et la plus mauvaise raison qu'on puisse trouver pour choisir ce métier. Il faut aimer les gens. Tous les gens. Même ceux qui lisent que trois pages aux chiottes avant de se pieuter. Et peut-être même surtout eux.

 

D'ailleurs un bon bibliothécaire qui est mené à faire un choix d'acquisition ne lit pas le livre en question avant, c'est logique :non, il utilise un truc formidable qu'on appelle "l'appareil critique". Et là, en quelques secondes ou minutes, il se fait son opinion et il lance ou pas sa commande. C'est magique.

 

Tout est dans  la connaissance de cet appareil critique, très difficile à définir de façon exhaustive, tellement ça touche de domaines. Mais la recette est là, crois-moi.

 

Moi je voulais être pilote de chasse, mais j'avais pas le manuel.

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Epsy
Il y a 5 heures, Aurem a dit :

les bibliothécaires sont-ils sectaires ?

 

D'abord, est-ce que je peux poser la question du : pourquoi cette question ? Et je dirais même plus : pourquoi ce sentiment ^^ ? Des mauvaises expériences ?

 

Je répondrais à cette question : non mais... Non pas sectaire - de moins en moins en tous cas - mais il reste toujours une hiérarchisation idiote des "bonnes" et "mauvaises" lectures/films/musiques. Prenons les romans : si vous lisez le dernier Ferrante par exemple, c'est bien. Le polar, ça passe pas mal aussi (enfin pas n'importe lequel hein ! Faut éviter Agatha Raisin, c'est pas assez bien). Par contre, toutes les littératures imaginaires, là, ça commence à titiller : SF chez des éditeurs reconnus comme l'Atalante ou les Moutons électriques ok, Bragelonne oh non c'est vilain ; et alors la fantasy, c'est plutôt mal vu. Et je ne parle pas de la littérature érotique ! Bon, je caricature à outrance hein. Mais je le ressens personnellement assez fort (et pourtant je ne suis pas directement liée à la gestion des fonds romans).

 

Après, ce que vous citez :

 

Il y a 5 heures, Aurem a dit :

des essais, des livres de philo, de politique, d'histoire,

 

C'est plutôt des choses assimilées aux documentaires. Et c'est plutôt bien vu je dirais :tongue:

 

Pour conclure :

Il y a 5 heures, Aurem a dit :

Alors, j'ai le droit ou je vais être vue comme un paria ?

 

Vous avez le droit ! Et puis, même si je me sens parfois en marge de ce qui fait cette espèce de culture commune des bib, je me sens très bien dans mon travail :D Pas d'inquiétude donc : tant que ce que vous faites trouve ses publics et que vous continuez de vous amuser de temps en temps dans votre métier, tout ira bien. (et puis la bénédiction des collègues on s'en fout ^^ ! Ne leur demandez pas leur avis : vous êtes là, vous savez pourquoi).

 

Epsy.

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Ferris
il y a 13 minutes, Epsy a dit :

Et puis, même si je me sens parfois en marge de ce qui fait cette espèce de culture commune des bib, je me sens très bien dans mon travail

 

Tu travailles donc seule ? Dommage, dans l'appareil critique que je citais,il y a les collègues, leurs pratiques, la profession, leurs normes, leurs réferences, leurs catalogues etc...bref ce que tu appelles leur culture commune.

Si la profession n'est faite que de marginaux, alors elle n'existe pas.

Et bienvenue aux bénévoles.

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Epsy

J'essaie de ne pas travailler seule mais je suis effectivement seule sur certains secteurs. Et même en ayant proposé de partager certaines branches - de leurs choix - personne ne souhaite travailler sur ces secteurs avec moi. Donc en cas de doutes, c'est à moi de ramer et d'aller chercher certains collègues ayant telle préférence sur tel genre particulier, susceptibles de m'aiguiller. Mais au bout d'un moment on en a un peu marre de toujours aller chercher les autres et de ne jamais/rarement "être cherchée", sans compter celles et ceux qu'on saoule tout bonnement (c'est ton secteur, c'est toi qui gère).

 

Bon, dis comme ça, ça parait affreux ^^' Et pourtant, j'apprécie énormément mes collègues =) Et quand je m'immisce dans leurs secteurs, c'est cool ! Mais l'inverse est rarement vrai, à mon goût.

 

Du coup je vais parfois chercher de l'aide ailleurs, sur les forums, listes, groupes ;-) Donc je ne suis pas tout à fait seule c'est juste un ressenti. Et je ne me prive pas pour autant de dire ce que je pense aux collègues bien pensants quand on me demande pourquoi j'ai acheté tel truc débile. Et certes, il y a cette culture commune qui permet de sélectionner au mieux, de trouver l'équilibre dans les collections : je n'ai pas dit que tout était mauvais. Mais parfois cette culture "commune" est écrasante.

 

Epsy.

  • Pas clair 1

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Louve

Les bibliothécaires ne sont ni meilleurs ni pires que les autres.

Pas plus ni moins sectaires que d'autres corps de métiers.

 

Ce qui est certain en revanche est que le malentendu du "bibliothécaire gardien du savoir et passeur de savoirs" est encore bien présent.

Etre bibliothécaire c'est gérer des équipes (plannings, formation...), des budgets, des publics, c'est appliquer la politique culturelle de la collectivité.

Sur mon temps de travail, je lis des notes, des comptes-rendus, j'en rédige, je monte des projets en ayant toujours le souci du territoire dans lequel j'évolue.

 

La lecture, c'est le soir chez moi, dans le train, le bus, à la plage...

 

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Ferris

@Epsy

Je ne limitais pas et tu ne devrais pas non plus, limiter ton horizon aux collègues de ta bibliothèque. Si ce sont des trous du cul  tu as quelques milliers de collègues qui représentent cette profession. Ce forum n'est est qu'une infime partie. Et tu y participes, c'est l'essentiel. Le "solitaire total" ça existe, car le manque de loi sur les bibliothèques permet à chacun de faire totalement ce qu'il veut notamment en matière de politique d'acquisition, de valorisation, d’aménagement des locaux, d'animations etc...Pour le reste il suffit de suivre les règles de la fonction publique.

 

Aurem, nous ne sommes pas sectaires (définition : intolérants et étroits d'esprit), mais il faut que tu comprennes que, comme toute profession qui est niée dans son professionnalisme, attaquée, ou considérée comme une activité annexe pour vieilles dames esseulées, nous sommes vigilants à propos de tous ceux qui veulent rentrer chez nous. Bien plus que les professions reconnues et réglementées. D'autant plus que nous avons une image de marque vieillotte et faussée (des gens qui aiment les livres, ou qui confondent comme toi bibliothèque publique et bibliothèque de conservation ou à but patrimonial) Ce qui peut bous amener parfois à une certaine méfiance (certains nous traitent même de "poubelle", ici même), voire à une certaine agressivité. Alors à chaque fois qu'un nouveau venu essaie d'entrer par la petite porte, nous avons le regard méfiant et le sourcil froncé. C'est normal.

 

Ce n'est pas du sectarisme, c'est de la survie.

 

 

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Epsy

@Ferris

Je ne sais pas si je me suis mal exprimée ou non : non, mes collègues ne sont pas des "trous du cul" et je les apprécie énormément. Je partage avec eux certaines valeurs et certaines pratiques, heureusement. Je disais seulement que, partout où je suis allée, il y a une certaine forme d'élitisme chez les bibliothécaires ("Quoi, t'as jamais vu/lu tel truc *yeux exorbités* ?? Ah bon, tu regardes koh lanta toi *petite moue*", et bien d'autres). Une forme de jugement de valeurs auquel il faut appartenir : "ah regarde, c'est la lectrice fan des Bourdin peuuh", et qui m'agace un peu même si j'y participe souvent. Mais je ne parle pas ici des pratiques professionnelles comme toi, plutôt d'une attitude. C'est un peu comme quand tu dis ne pas être fan d'acheter des Tchoupi : il y a une connivence qui va de soi, on ne doit pas aimer les tchoupis quand on est bibliothécaire, même si on en achète effectivement : rien à voir avec nos pratiques pro et ton cher appareil critique. Du coup, j'ai un peu la sensation d'un dialogue de sourd sur ce sujet ;-) Bref, j'espère qu'Aurem saura s'y retrouver :-)

 

Epsy.

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B. Majour
Il y a 21 heures, Aurem a dit :

Alors, j'ai le droit ou je vais être vue comme un paria ? ;)

 

Réponse : paria.

 

Paria : Individu n'appartenant à aucune caste, considéré comme un être impur dont le contact est une souillure et rejeté de ce fait par l'ensemble de la société.

 

D'abord, tu as passé le concours de bibliothécaire... tu as osé entrer dans la course.

Tu l'as obtenu... au détriment d'un vrai bibliothécaire.

Tu es convoquée aux entretiens... ce qui veut dire qu'ils ont éliminé un autre vrai bibliothécaire, pour te recevoir.

Convoquée pour un deuxième entretien, tu fais tache, car tu montres l'horreur redoutée, crainte, haïe : les élus peuvent s'intéresser à d'autres profils... au détriment d'un VRAI VRAI bibliothécaire. (Tu aurais vu le tollé quand on a nommé un administratif à la direction d'une grande bibliothèque. Si, si...)

 

Donc, oui, ça fait ch... ça fait ch... chaque fois la même chose, on chante le blues.

Vilaine estrangère au métier, va. :whistle:(J'adore ce smiley)

 

Surtout que les places en bibliothèque sont aussi rares que les cheveux sur la tête à Mathieu.

Qu'il y a une certaine orientation métier vers les bibliothèques troisième lieu, où on se demande si le bibliothécaire classique aura encore toute sa place.

Que les bénévoles, ces autres parias deviennent vachement envahissants.

 

Bref, que la profession est de plus en plus grignotée de partout, par des castors en tout genre.

Que l'arbre risque de tomber, emporté par les restrictions budgétaires.

Ou par la réduction des effectifs.

Ou par le départ de Ferris à la retraite.

Ou alors parce que je ne lis plus que trois pages par jour, sur les toilettes en plus de ça !

 

La Vache !

 

Et tu nous balances du sectaire à tout va.

 

Cette profession n'est pas sectaire, elle est corporatiste.

Comme toute profession, elle aime donc tout ce qui a suivi le chemin normal.

Si tu n'as pas suivi le chemin normal, tu dénatures la profession. Tu es la tache sur la robe immaculée.

Tu risques en plus de devenir une "autorité" pour ceux qui ne suivent pas LE chemin normal. Putain de désordre. Excusez du terme.

 

Petit exemple d'autorité ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Shiyali_Ramamrita_Ranganathan

900 candidats, ils ont pris le matheux. Les cons !

 

Alors non, tu n'as pas le droit.

Mais le gauche, un bon crochet du gauche, ça peut servir si tu veux persévérer dans ce domaine. :D

  Bernard

 

 

PS : Et tant mieux si tu ne lis pas de romans. A ton niveau, ce n'est pas ce qui est demandé. Tu auras d'autres lectures. :puppeh:

Allez, tiens, petits témoignages pour te réconforter :

http://www.madmoizelle.com/bibliothecaire-temoignage-322589

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olivierH
Le 23/01/2018 à 15:33, Aurem a dit :

Bonjour,

 

Certaines questions me taraudent depuis un certain temps au fil de mes lectures sur le forum : les bibliothécaires sont-ils sectaires ? :whistle:

 

Non, je ne pense pas.

 

Le 23/01/2018 à 15:33, Aurem a dit :

 

Faut-il avoir eu la révélation du métier dès le berceau pour avoir la bénédiction de ses collègues ? :angel:

 

Non. Mais c'est probablement plus facile pour ceux qui l'ont eue et se sont formés au métier en étant jeunes : assistants et adjoints munis d'un DUT, conservateurs ayant passé le concours après leurs études. Pour les bibliothécaires "généralistes", oui c'est dur.

 

Le 23/01/2018 à 15:33, Aurem a dit :

 

Je vous parle de mon cas. J'ai passé ce concours car je passe énormément de temps en bibliothèque et que je m'y sens bien, que j'ai participé à plusieurs ateliers en tant qu'usager, visité les coulisses de la bibliothèque de ma ville aux journées du patrimoine et que cela m'a donné envie d'exercer ce métier.

 

 

C'est bien.

 

Le 23/01/2018 à 15:33, Aurem a dit :

Et surtout, les bibliothèques représentent pour moi les lieux qui ont transmis le savoir de l'humanité depuis des millénaires. J'ai peut-être une vision un peu idéalisée mais pour moi y travailler c'est un peu comme si je contribuais à perpétuer ça.

 

Bon ce type de considérations, il faut l'éviter lors des recrutements, ça ferait rire les opérationnels. On peut néanmoins le garder dans un coin de sa tête, pour les jours où on se demande pourquoi on fait ça.

 

(...)

 

Le 23/01/2018 à 15:33, Aurem a dit :

Alors, j'ai le droit ou je vais être vue comme un paria ? ;)


Déjà un post de déprime suite au concours de bib territorial ? Quand on fait la recherche suivante sur emploipublics.fr on trouve 11 résultats pour le cadre d'emploi des bibliothécaires territoriaux. Et on s'aperçoit qu'en fait deux seulement correspondent vraiment à un emploi de bibliothécaire.

 

image.thumb.png.f460263de7a8bb3897c82e26bd39cab6.png

 

6 emplois sur Cap territorial, dans des coins reluisants comme St-Dié de Vosges, Remirmont ou Vitry-le-François.image.thumb.png.ce2bf4133fecf0573e6d0c059e02b377.png

 

Donc oui, le marché est difficile, bloqué, et ça vaut aussi pour les titulaires en poste en recherche de mobilité.

 

Mais ce n'est pas réellement une surprise, j'imagine. Il faut perservérer, ça ne fait "que" 4 mois :-)

 

 

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Ferris
Il y a 3 heures, Epsy a dit :

il y a une certaine forme d'élitisme chez les bibliothécaires ("Quoi, t'as jamais vu/lu tel truc *yeux exorbités* ?? Ah bon, tu regardes koh lanta toi *petite moue*", et bien d'autres). Une forme de jugement de valeurs auquel il faut appartenir : "ah regarde, c'est la lectrice fan des Bourdin peuuh", et qui m'agace un peu même si j'y participe souvent. Mais je ne parle pas ici des pratiques professionnelles comme toi, plutôt d'une attitude

 

Oui. Et il y a toujours eu cet élitisme. ou presque. Une petite parenthèse sociétale dans les années 70/80 quand les bibliothèques se sont enfin ouvertes au tout public. En oubliant toutefois que changer l’architecture ne suffisait pas, il falait aussi changer les mentalités des pros. Et là, il fallait attendre une génération. Au moins. Pour avoir des pros qui fassent une place à Bourdin, justement. En gros on y est arrivé. Mais voilà que l'élitisme revient. Je l'ai vu, vécu, croisé depuis le début des années 2000. Au moment même où les formations, les concours etc...raréfiaient les recrutement des vrais pros, j'ai vu arriver des hordes de comiques, d’opportunistes, de non formés, d'emplois jeunes prolongés , bref de bras cassés de toutes sortes. Aujourd’hui, ils dirigent, orientent, et représe,ntent la profession, ils debordent de masters de toutes sortes et prennent les gens de haut. Des cultureux, des cultivés, des présomptueux fanatiques des premiers romans et des prix Goncourt, des soirées littéraires pour lecteurs choisis, bref, des cons ! Ils ont foutu en l'air l'ouverture du contenu des bibliothèques au tout public. Ils ont remis à l'ordre du jour le bibliothécaire prescripteur, le "sachant". Une façon de retrouver un prestige perdu ? Je ne sais pas. Mais quand je vois ces jeunes crétins trentenaires bousiller la vraie démocratisation de la lecture publique que ma génération a mise en place, je deviens mauvais, je méprise, j'attaque.

Continue à regarder tes émissions favorites, sois comme tout le monde, ne te préoccupe pas de ces postures cultureuses, continue à regarder Koh Lanta. Sois proche des gens que tu sers. Laisse les autres dans leur mépris déguisé. Ils ne sont rien. J'ai vu de mes yeux une de ces andouilles se faire sermonner (gentiment) par une lectrice qui n'avaient pas aimé un ouvrage qu'elle leur avait conseillé. Banal en soi. Mais ce n'est pas ça qui m'a le plus étonné, c'est sa réponse, méprisante, lointaine, froide, genre "rien à foutre ma pauvre dame, vous n'y connaissez rien". Bien sur, ce n'était pas les mots employés, mais ça puait le mépris à cent mètres. C'est ça l'élitisme. Cette infâme distance qu'on prend par rapport au peuple, au populo, à la masse. Une façon culturelle et distinguée de mettre les gens à la porte. Une autre fois j'ai vu qu'elle ne connaissait même pas ne nom de Romain Gary (c'est tout récent). Cultivés, nos élitistes ? Gratte un peu le vernis, t'auras des surprises.

 

Et je n'ai rien contre T'choupi, au contraire, tu lis mal les posts. Je répondais à Aurem qui disait : les bibliothèques représentent pour moi les lieux qui ont transmis le savoir de l'humanité depuis des millénaires. (A deux doigts de l'élitisme...au passage ).Effectivement quand j'achète T'choupi a la varicelle, je ne me prends pas pour les bibliothécaires d'Alexandrie. Mais je suis en phase avec mes publics. Et ça me suffit. 

 

Vouloir péter plus haut que son cul c'est comme pisser contre le vent, ça te retombe toujours dessus.

 

Je le redis et j'assume : il faut, et c'est une saine attitude, être capable d’écraser de son mépris les soi-disant "collègues" qui traitent nos publics comme des illettrés, des élèves à éduquer, des crétins abrutis d'émissions télévisées qu'il s'agirait de reprendre en main, histoire d'élever le niveau. En pratiquant notamment une censure déguisée vis à vis des littératures populaires ou de genre. Ou en mettant le paquet sur des soirées littéraires qui ne sont souvent qu'une pure illustration de l'élitisme. T'en as vu qui ont proposé une soirée Bourdin ?  Non. Et pourquoi pas ? Vu le nombre de lecteurs concernés ce serait un succès. Et l'inviter ? Superbe. Mais non.

 

Oui c'est une attitude, une posture et une imposture à la fois. Alors oui, je me méfie des nouveaux venus qui se croient destinés à séjourner dans les Temples de la Culture en regardant de haut la populace immonde, planqué derrière son bureau informatisé.

 

2018/1968? Un anniversaire. Profitez-en pour dénoncer un élitiste ! Faites-vous plaisir !

 

L'élitisme est une idéologie qui soutient l'accession au pouvoir de personnes jugées comme les meilleures, comme supérieures (aux autres, au peuple) ; et qui réciproquement considère le peuple comme inférieur, et en conséquence devant être gouverné par l'élite. L'élitisme est proche du sens original d ’aristocratie (du grec aristoi, "les meilleurs"), qui désigne le gouvernement du peuple par une élite, un groupe de personnes supposées supérieures, quelle que soit la nature de cette élite ou sa diversité (militaire, commerciale, financière, politique, religieuse, technocratique…) (Wikipedia)

 

Quant à Bernard, qu'il ne se fasse pas d'illusions. En retraite ou pas, je serai toujours là pour lui remettre les échasses  en place.:D

 

 

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Valérie L

0

Modifié par Valérie L

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Ferris

L'heure du conte existe en bibliothèque depuis 1924. Et elle a aussi ses codes, qui n'ont rien d'étrange ni de révolutionnaire et sont aujourd'hui totalement acceptés par la profession.

http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1994-06-0036-006

 

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Babarette
Le 24/01/2018 à 19:18, olivierH a dit :

Déjà un post de déprime suite au concours de bib territorial ?

 

C'est la déprime en effet: mais où sont les postes? Et lesquels veulent de nous? 

 

Le 24/01/2018 à 23:48, Ferris a dit :

des prix Goncourt,

 

Attends, le vrai élitiste, il te dira que le prix Goncourt, c'est du pipi de chat, et il te dira la même chose du Prix Nobel. 

 

J'ai été assez choquée lors de mon stage d'entendre une agente dire "Non mais attends, elle croyait trouver le dernier Musso sur l'étagère des policiers! N'importe quoi, je leur ficherais des baffes" et ça m'a profondément choquée. Qu'est-ce que ça peut lui faire que la lectrice cherche le dernier Musso  sur l'étagère RP? C'est logique, pour ma part, toutes les critiques que j'ai lues en faisaient "un thriller"... donc un RP. Et puis quoi, un roman policier n'est pas forcément meilleur qu'un roman de Musso hein. 

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Ferris

En bibliothèque l'élitisme se voit beaucoup plus à travers ce qu'on écarte, rejette, qu'à travers ce que l'on choisit. Comme disait Lahary, exclure des livres, c'est exclure des gens.

Le plus minable et le plus hypocrite des arguments c'est l'argument budgétaire. Ben oui, ma pauv'dame, il faut bien que je fasse des choix, les budgets ne sont pas élastiques, et en plus ils ont tendance à se réduire, alors vous comprenez....

Oh que oui qu'elle comprend, la pauv'dame ! Elle comprend qu'ici ce n'est plus fait pour elle. Le problème c'est qu’à travers elle, c'est souvent la majorité des lectorat qu'on exclut.

Et il le sait, l'élitiste. Car ses lecteurs comme ses statistiques le lui disent. Mais ils s'en fout. Mais s'il croit pour autant pouvoir recréer l'aristocratie lectorale des années 50, ou lui refaire la part belle dans les acquisitions, il se plante.

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B. Majour
Il y a 2 heures, Babarette a dit :

C'est logique, pour ma part, toutes les critiques que j'ai lues en faisaient "un thriller"... donc un RP

 

Guillaume Musso signe un thriller addictif et envoûtant porté par des personnages profondément humains.

sur Amazon. Et c'est marqué sur le livre si mes souvenirs sont bons. (à peine arrivé, déjà en prêt)

 

Donc oui, il est tout à fait légitime de le mettre en RP.

 

Bien sûr, je l'ai collé illico en RO, parce que c'est plus logique de le mettre là où il va sortir le mieux, donc avec ses copains et puis j'ai plus de place en RP, je squatte les RO. Mais bon, je ne vois pas pourquoi Musso ne pourrait pas écrire des RP pour se diversifier.

 

Pour les offres d'emplois, il y en a 5 actuellement en catégorie A

https://www.emploi-collectivites.fr/emploi-bibliothecaire/recherche

 

Mais bon, on peut aussi tâter les BDP et autres grosses structures en candidature libre. Histoire d'explorer le marché, et de prendre les premiers contacts.

Ou alors attendre (non :getlost: non) s'imaginer après les votes budgétaires, parce que les budgets conditionnent les embauches.

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Babarette
Il y a 1 heure, B. Majour a dit :

Bien sûr, je l'ai collé illico en RO, parce que c'est plus logique de le mettre là où il va sortir le mieux, donc avec ses copains

 

J'aurais fait le même choix, pour les mêmes raisons, pas parce que je considère que Musso est incapable d'écrire un thriller. D'ailleurs, il n'en est pas incapable: il l'a fait. 

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olivierH
Il y a 4 heures, Babarette a dit :

 

C'est la déprime en effet: mais où sont les postes? Et lesquels veulent de nous?

 

Oui, le marché est au plus bas. Et, Bernard, je ne pense pas que les décisions budgétaires changent grand chose, ces choses là sont anticipées bien en amont.

 

On en trouve un peu plus de 5 quand on regarde d'autres sites, comme capterritorial, ou la Gazette des communes. Sur ce dernier, on peut penser qu'il s'agit de vrais postes ouverts puisque les collectivités paient à la publication.

 

On en trouve 17 sur une recherche "bibliothécaire", catégorie A, mais de fait, le nombre de postes réellement accessibles à un bibliothécaire se réduit à 5 aussi, pas les mêmes.

 

http://emploi.lagazettedescommunes.com/jobSearch/showOfferExt/offerId/228336

http://emploi.lagazettedescommunes.com/jobSearch/showOfferExt/offerId/229362

http://emploi.lagazettedescommunes.com/jobSearch/showOfferExt/offerId/229324

http://emploi.lagazettedescommunes.com/jobSearch/showOfferExt/offerId/229122

 

Je ne sais pas si vous vous sentez les compétences pour aller prendre de tels postes. Moi, non,  pas sur tous, après 12 ans de bibliothèques dont 6 en A. Certains sont proposés aussi à des conservateurs dans le lot.

 

Il y en a un qui semble accessible :

http://emploi.lagazettedescommunes.com/jobSearch/showOfferExt/offerId/229783

à cheval sur B et A. C'est peut-être cela qu'il faut viser, les postes accessibles aux assistants et aux bibliothécaires, on en voit parfois passer. Là, c'est à Bondy, faut avoir envie.

 

Mais il présente la limite basse de ce qu'on peut demander à un bibliothécaire, à mon avis. On ne vous demandera jamais moins que ça. C'est même plutôt calibré B. Vous ne trouverez jamais de poste en A comportant essentiellement de l'accueil du public et la gestion d'un fonds, pour apprendre le métier.

 

Ce n'est pas pour troller, être désagréable, ou plomber gratuitement le moral des candidats que je mets en garde régulièrement les vrais externes au concours de bibliothécaire territorial sur leurs chances effectives de trouver un poste. Le marché est vraiment tendu, y compris pour les mobilités, et les postes réellement disponibles demandent des compétences hors de portée d'un débutant non formé. (Ce qui n'est pas le cas des conservateurs).

 

Il faut néanmoins postuler partout, y croire, et être mobile.

Modifié par olivierH
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Babarette

Merci Olivier. 

 

Je suis mobile! Je veux bien déménager partout en France métropolitaine. Celui que tu proposes en "accessible" rentre pile dans ce que j'aimerais faire. J'aurais dû passer les concours de B, je me suis mal orientée. Mais qui sais, j'ai peut-être mes chances pour ce poste-là. 

 

Edit: ah ben non, fallait répondre avant hier. Rappé. 

Modifié par Babarette

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olivierH
Il y a 23 heures, Babarette a dit :

Merci Olivier. 

 

Je suis mobile! Je veux bien déménager partout en France métropolitaine. Celui que tu proposes en "accessible" rentre pile dans ce que j'aimerais faire. J'aurais dû passer les concours de B, je me suis mal orientée. Mais qui sais, j'ai peut-être mes chances pour ce poste-là. 

 

Edit: ah ben non, fallait répondre avant hier. Rappé. 

 

Alors là, par expérience côté recruteur, il faut quand même tenter le coup, le plus rapidement possible (courrier qui part demain). Si la bibliothèque n'est pas submergée de candidatures, et notamment de candidatures statutaires (c'est à Bondy hein :-) ), je pense qu'elle peut l'examiner quand même. 

 

Pas sûr, mais je sais que chez moi, on examine tout ce qui est valable sur le fond et qui arrive avant la réunion de tri. Quoi qu'il en soit, je te conseille vivement de le faire, au pire, cela t'aura coûté un timbre si on ne peux pas candidater par mail.

 

On est parfois surpris du faible nombre de candiatures statutaires (ie de gens en postes ou lauréats du concours) reçues sur un poste. Je suis pas dans le 9-3, mais dans une région pas funky funky. On sous-estime la faible envie des gens de bouger vers de lieux où on n'a pas vu le soleil depuis le mois d'octobre.

 

 

 

 

 

 

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Babarette

Oh, merci du conseil alors, je n'osais pas, je me disais que par principe, c'était fichu. 

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Ferris
Il y a 2 heures, olivierH a dit :

On est parfois surpris du faible nombre de candiatures statutaires (ie de gens en postes ou lauréats du concours) reçues sur un poste. Je suis pas dans le 9-3, mais dans une région pas funky funky. On sous-estime la faible envie des gens de bouger vers de lieux où on n'a pas vu le soleil depuis le mois d'octobre.

 

Et on est parfois surpris du contraire. Surtout actuellement. Soleil ou pas soleil, on postule facilement à 200 km de chez soi ou plus. C'est un raisonnement qui était sans doute valable il y a 20 ou 30 ans. Aujourd'hui les vrais candidats (ceux qui sont près à tout quitter, ceux qui ne sont pas bloqués par le métier du conjoint etc....: la vraie mobilité c'est une liberté totale de mouvement, ne pas l'oublier) ne se fixent plus de limites territoriales depuis un moment. Par contre les recruteurs ne sont pas idiots et savent très bien que le premier désir d'un candidat sera de retourner vers sa région d'origine ou de s'en rapprocher. Et ça compte dans la décision finale. Je mets à part les DOM-TOM évidemment, c'est une problématique particulière.

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olivierH
il y a une heure, Ferris a dit :

Et on est parfois surpris du contraire. Surtout actuellement. Soleil ou pas soleil, on postule facilement à 200 km de chez soi ou plus. C'est un raisonnement qui était sans doute valable il y a 20 ou 30 ans.

 

Désolé, je suis pas si vieux. Je parle de quelque chose que je vois actuellement.

 

 

il y a une heure, Ferris a dit :

 

Aujourd'hui les vrais candidats (ceux qui sont près à tout quitter, ceux qui ne sont pas bloqués par le métier du conjoint etc....: la vraie mobilité c'est une liberté totale de mouvement, ne pas l'oublier) ne se fixent plus de limites territoriales depuis un moment. Par contre les recruteurs ne sont pas idiots et savent très bien que le premier désir d'un candidat sera de retourner vers sa région d'origine ou de s'en rapprocher. Et ça compte dans la décision finale. Je mets à part les DOM-TOM évidemment, c'est une problématique particulière.

 

A condition qu'il y ait des candidats (statutaires) locaux. Dans les endroits pas vraiment attractifs, les agents sont souvent "du coin", mais quand on recrute un cadre, et ça commence à B, on sait que ça va sans doute être pour 5 ans max, et on fait avec.

 

Un régime indemnitaire extrêmement favorable, notamment en B, permet de réduire les envies d'ailleurs.

(Et de scotcher sur place des agents que l'on verrait bien ailleurs :-) )

 

 

 

 

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Ferris

Pour les agents, statutaires ou non, on a toujours privilégié les candidatures locales, nous sommes d'accord. Mais pour les cadres, trop de communes ou d'intercos défavorisées se sont "faites avoir" depuis des années en acceptant des candidatures de cadres venant de métropoles surchargées de candidatures et cherchant à trouver un poste d'attente, ou leur permettant de valider un concours. Ce problème est parfaitement connu des recruteurs. Et on retrouve ce souci dans les questions posées aux candidats, lesquels ont de plus fort peu d'arguments pour justifier de leur intérêt pour la région (pourrie) où ils postulent, quand on sait d'où ils viennent...et où ils veulent retourner. C'est une évidence. Ils ne resteront pas plus de 2 ans si un poste se libère chez eux. Sur ce plan du moins ils ne sont pas crédibles.

C'est aussi du vécu.

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Epsy

Moui, enfin si on m'avait demandé quel était mon intérêt pour la région sur laquelle j'ai postulé pour valider mon concours, j'aurais été bien en peine de répondre (clairement, je m'en fichais un peu : j'avais écarté les régions où je ne souhaitais pas aller - pas de suite en tous cas - mais après peu importait). C'était bien le poste, et la médiathèque, qui m'intéressait (et pas le régime indemnitaire naze). Pourtant, après 3 ans sur place, j'ai envie de rester. Donc parfois, ça vaut la peine de parier sur ces "cadres venus d'ailleurs" ^^ (même si effectivement, je reconnais les problématiques citées plus haut).

 

Epsy

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