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Romain

Des perturbateurs endocriniens autour de nous ?

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Romain

Bonjour à toutes et à tous,


Bibliothécaire j'ai récemment invité l'un des grands spécialistes des perturbateurs endocriniens, Olivier Kah, pour une conférence et une présentation de son livre sur le sujet. On retrouve en quantité ces substances dans les produits en plastique, et notamment comme assouplissants (en particulier les phtalates). Dans notre métier, on est au quotidien en contact avec des plastiques très souples (pour le renforcement, la réparation et la couverture des livres), mais aussi des adhésifs, colles et solvants, et je voudrais savoir si ce sujet a déjà été abordé pour avoir des infos sur la composition exacte de ces produits et les dangers éventuels. J'ai par exemple envoyé un mail à la société chez qui je fais mes commandes de fournitures : aucune réponse. Les perturbateurs endocriniens ne se retrouvent pas seulement dans l'organisme par ingestion, mais aussi (et autant) par contact cutané ou inhalation. Il semblerait que des collègues connaissent des problèmes de santé, plus ou moins graves, au contact de ces produits. Et qu'en est-il pour nos publics ? Je viens d'envoyer un mail à l'ABF pour savoir si cette question a déjà été posée, ainsi qu'au service "désinfection" de la BNF. Merci d'avance pour vos réponses et vos témoignages.

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Ferris

Oui, le sujet a été abordé à différentes reprises

https://www.agorabib.fr/topic/2806-tout-ce-plastique-pour-recouvrir-les-livres/

https://www.agorabib.fr/topic/3066-alternative-aux-tapis-en-secteur-jeunesse/

https://www.agorabib.fr/topic/3407-carte-lecteur-écologique/

https://www.agorabib.fr/topic/2227-désherbage-écologique/

https://www.agorabib.fr/topic/2874-maladies-professionnelles/

et un post de 2013

 

"L’odeur des vieux livres pourrait être utile pour évaluer leur état de détérioration. A Londres, la British Library travaille sur un projet de recherche avec Owlstone Nanotech, société spécialisée dans la détection des molécules, pour mettre au point un analyseur des composés volatils émis par les vieux livres.
L’odeur des vieux livres vient en effet de ces composés volatils émis par les livres (alcools, aldhéhydes, ou encore cétones). Le dispositif en projet, nommé Lonestar, permettrait d’identifier et mesurer ceux-ci, de déduire le type de dégradation –hydrolyse acide ou oxydation– et son degré.
Deux autres conclusions pourraient être tirées à partir de ces molécules: les fibres qui ont servi à la fabrication du livre, et les risques pour les livres alentour d’être touchés par les acides et oxydants.

 

Des acides dangereux pour le personnel

«Dans les réserves bien ventilées ou climatisées, ces substances volatiles sont rapidement dissipées; mais dans les lieux où l'échange d'air est limité, ils peuvent s'accumuler et contribuer au renforcement de l’hydrolyse acide, explique le site de la British Library. Il peut également y avoir des conséquences pour la santé des personnes qui travaillent dans des zones de stockage, si les taux de ventilation sont faibles.» 

 

Modifié par Ferris

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Pigranelle

Questions intéressante, j'aimerais bien savoir si le film0lux en contient. Faut voir qu'il y a aussi les bébés qui mettent les livres à la bouche, et les enfants qui sucent leur pouce après avoir tripoté les livres...

Ce serait intéressant de savoir pour les claviers aussi (les couches de crasse forment-elles des barrières protectrices? :rolleyes:)

Citation

Il semblerait que des collègues connaissent des problèmes de santé, plus ou moins graves, au contact de ces produits

Quel genre de pb? Parce qu'après sur des pb de thyroïde par exemple c'est difficile de trouver une source unique...

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Ferris

Il y a parfois des allergies cutanées dues à la colle des plastiques de couverture (pas au plastique lui-même) mais surtout des allergies aux acariens dues aux poussières propres aux bibliothèques.

L'état bactérien des surfaces qui nous sont remises par les lecteurs est une autre question. Rien n'est prouvable scientifiquement. La recommandation officielle est de porter des gants (comme à l'époque le la grippe aviaire, où chaque personnel en avait reçu). Pour les acariens, il y a des processus de désensibilisation qui fonctionnent, sinon on conseillera le masque. Mais ce sera quasi impossible de faire reconnaître tout cela en tant que maladie professionnelle.

 

Des témoignages directs seraient intéressants. Seuls des témoignages suffisants peuvent faire avancer la législation. Ou faire pression sur les fabricants. En encore....

Il suffit de lire ce torchon pour s'en convaincre : http://www.cnfpt.fr/sites/default/files/fiche_russt_agent-de-bibliotheque.pdf

Modifié par Ferris

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B. Majour
il y a une heure, Pigranelle a dit :

Questions intéressante, j'aimerais bien savoir si le film0lux en contient.

 

https://www.filmolux.com.fr/Document/2/Accueil/

 

Depuis 1996, la société est certifiée ISO 9001. A cela, il faut ajouter les contrôles quotidiens effectués depuis la matière première jusqu'au produit fini. A tous les stades de la production, notre service qualité met en oeuvre ses connaissances pour votre sécurité.
[...]

Les colles que nous employons sont exemptes de solvant et fabriquées uniquement à base d'esters acryliques, ce qui veut dire que le diluant est tout simplement l'eau. Les pH sont testés par le LNE.
Ce procédé écologique est unique et prend en compte la qualité de l'environnement, votre santé est donc totalement protégée.

 

Le LNE : https://www.lne.fr/

On remarquera que seuls les PH sont testés par le LNE, pas la composition des matériaux.

 

 

Regardons le côté PVC et donc bisphénol A.

 

Le bisphénol A est un contaminant alimentaire. Il est utilisé dans la fabrication industrielle de nombreux produits d’usage courant comme les récipients en plastique de type polycarbonate et les revêtements plastiques de type résine époxy. Le bisphénol A est capable de s’extraire de ces matières plastiques, notamment lorsqu’elles sont chauffées, contaminant ainsi les aliments à leur contact. Plusieurs études ont montré qu’une grande majorité des populations européennes et américaines étaient exposées à de faibles doses de bisphénol A. Les agences d’évaluation du risque sanitaire française (ANSES), européenne (EFSA) et nord-américaine (EPA) ont défini une dose journalière admissible de 0,05 milligramme/kg de poids corporel pour le bisphénol A, principalement sur la base de sa toxicité pour la reproduction et pour le foie observée lors d’étude sur animaux de laboratoire.

http://embryoetperturbateursendocriniens.blogspot.com/2011/10/le-bisphenol-a-faibles-doses-favorise.html

 

 

Si on veut se faire peur un peu plus loin

http://www.sabotage-hormonal.org/spip.php?article17

Bisphénol A (BPA)

- Biberons pour bébé, bouteilles sport, Scellant dentaire, composites dentaires, Contenants de 18 litres pour distributeurs d’eau,

- Jouets pour enfants

- Boîtes de conserve et cannettes en aluminium

- CD/DVD

- Lentilles ophtalmiques, Instruments médicaux, Contenants et ustensiles de plastique

 

Solution facile : Ne mangez pas de conserves, et ne vous faites pas soigner ! Ne portez pas de lentilles et évitez le dentiste.

Et là, on se demande s'il faut boire en bouteille d'eau plastique. Optez pour le verre, ou la bonne vieille gourde métallique.

 

 

http://stop-bpa.fr/3956-logo-recyclage-plastique-pvc-bpa/

Le PVC et les phtalates

Une autre classe de perturbateurs endocrinien appelé phtalates est également présente dans les produits plastiques contenant du PVC. Les phtalates sont utilisés pour adoucir le plastique. On peu ainsi les retrouver dans les jouets, les déodorants et les shampoings, les rideaux de douche, les imperméables, les emballages alimentaires et une myriade d’autres produits. Les phtalates sont faiblement liés au plastique et absorbés facilement dans les aliments, les boissons et la salive, et comme le BPA, ont été fréquemment détectés dans différentes études. L’effet le plus important des phtalates sur la santé de l’homme touche à la reproduction. L’exposition des foetus au perturbateurs endocriniens chez la femme enceinte entraînerait des malformations génitales.

 

Solution facile : ne léchez pas vos livres, ne fumez par les résidus de rouleau de PVC, et évitez de les mastiquer toute la journée (ils n'ont pas bon goût de toute façon)

 

Peut-être plus réaliste en bibliothèque :

Les dangers des dégagements gazeux

Le danger des produits chimiques présents dans le plastique ne se limite pas à la lixiviation (libération de particules) dans les bouteilles et les emballages alimentaires. Les dégagements gazeux (ou dégazages) sont tout aussi préoccupants.

Cette odeur de nouvelle voiture, ou l’odeur d’un nouveau tapis en fibre synthétique ou d’un nouveau jouet en plastique, sont en fait des dégagements gazeux. Ce qui se produit chimiquement, c’est que les composés organiques volatiles (COV) s’évaporent dans l’air autour de nous. Ces gaz sont, dans de nombreux cas, dangereux pour la santé humaine.

Ces COV comprennent les aldéhydes, les alcools, les plastifiants et les alcanes. Le PVC est probablement le plus grand responsable de la présence de ces gaz dans la maison tant son usage est répandu. Une accumulation de COV dans la maison (parfois appelé syndrome du bâtiment malade) peut entraîner des symptômes d’étourdissement, de nausée, d’allergies, d’irritations de la peau, des yeux, du nez et de la gorge et même de l’asthme. Les dommages à long terme sont dramatiques, peuvent augmenter les risques de cancer et les maladies cardiaques. La chaleur peut accélérer le processus de dégagements gazeux, il vaut donc mieux toujours mettre vos nouveaux produits en plastique au soleil pendant quelques heures afin de minimiser l’accumulation de COV à l’intérieur de votre foyer.

 

Solution facile : ne plus chauffer les bibliothèques.  (Idem, mais plus sérieux, on évitera d'entrer immédiatement dans une voiture surchauffée en plein été, sans aérer. Là, on avale sa super dose de dégagements gazeux.)

 

On remarquera toutefois les points suivants :

-La plupart des bibliothèques sont équipées avec des ventilations VMC, pour renouveler l'air.

- Nos livres sont/seront vieillissants, donc les dégagements gazeux deviendront moins dangereux avec le temps. (Sauf si on en achète des neufs, bien sûr)

- On passe 7 à 8 heures par jour dans la structure... et quasi le double chez nous. L'endroit le plus dangereux est donc avant tout chez nous. En particulier l'endroit où l'on dort.

 

Si on est terriblement inquiet, on peut regarder cet appareil qui relève les COV

http://www.directindustry.fr/prod/mocon-inc/product-191630-1902136.html?utm_source=ProductDetail&utm_medium=Web&utm_content=SimilarProduct&utm_campaign=CA

ou celui-ci (dans les 200 euros)

https://www.amazon.fr/LDRAGON-Formaldéhyde-Professional-Catalytique-Électrochimique/dp/B07HSWHR68/ref=sr_1_fkmr0_1?ie=UTF8&qid=1542203894&sr=8-1-fkmr0&keywords=détecteur+de+composés+organiques+volatiles

 

Par contre, attention, les mesures vont aussi prendre en compte de la pollution atmosphérique, en particulier près d'une route passante. Ou dans une grande ville.

 

 

Pour ce qui concerne les claviers, ce n'est pas le plastique qui est le plus dangereux. :wink:

https://sante-medecine.journaldesfemmes.fr/faq/218-les-claviers-d-ordinateurs-infestes-de-microbes

Moins dangereux de prendre son déjeuner aux toilettes que devant son ordinateur

Ces résultats sont inquiétants, d'autant que de nombreuses personnes mangent devant leur ordinateur, et incorporent donc ces bactéries dans leur alimentation.

Selon l'auteur de l'étude, il serait moins dangereux de prendre son déjeuner aux toilettes que devant son ordinateur.

 

Oui, son déjeuner aux toilettes !

 

https://www.francetvinfo.fr/decouverte/ces-objets-du-quotidien-qui-contiennent-du-bisphenol-a_299983.html

Les portables, sèche-cheveux, lunettes, DVD...

La liste est longue des objets contenant du bisphénol A, car ce composé rend le plastique incassable et résistant à de très fortes chaleurs. Les CD, DVD, sèche-cheveux, micro-ondes, ordinateurs, téléphones ou encore voitures en contiennent. Même vos lunettes !

 

Les lunettes, c'est sans doute ça le plus inquiétant. Surtout que ça chauffe parfois entre les deux oreilles. :frantics:

 

 

En tout cas, c'est clair : Olivier Kah sait vendre son livre et défendre sa cause. Les deux étant peut-être bien liés au bout du compte.

 

Si tu veux vraiment en avoir le coeur net, Romain, achète un appareil et effectue des mesures partout où tu passes.

En tout cas, merci pour ton retour sur cette conférence. Le danger n'est peut-être pas seulement cutané.

 

 

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Pigranelle
Citation

Même vos lunettes !

:shocked: j'y aurais pas pensé :(

Bref tant qu'il n'y aura pas d'interdiction au niveau des producteurs, c'est pas à notre échelle qu'on pourra faire grand chose...

  • J'aime 1

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