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Clara Montlouis

Catégorie B : quelles responsabilités ?

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Epsy

@Louve Je ne sais pas trop, a priori certains syndicats ont essayé de se battre pour que tous puissent les garder, mais ça n'aurait pas abouti... N'étant pas présente à ce moment-là, difficile de juger et les comparatifs entre les paies au sein d'une même organisation est toujours très compliqué, en France du moins.

 

Epsy.

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Louve
il y a 3 minutes, Epsy a dit :

Je ne sais pas trop, a priori certains syndicats ont essayé de se battre pour que tous puissent les garder, mais ça n'aurait pas abouti... N'étant pas présente à ce moment-là, difficile de juger et les comparatifs entre les paies au sein d'une même organisation est toujours très compliqué, en France du moins.

 

 

Je suis passé par différents collectivités, plus ou moins opaques.

Le fait de maintenir pour les anciens est une constante...

 

Dernièrement j'ai demandé à ce que 2 agents de la bib (les derniers arrivés) puissent bénéficier de la NBI accueil car ils assurent effectivement plus de 50% d'accueil du public.

Les syndicat étaient au courant mais refusaient de se battre car d'autres agents perçoivent cette prime sans correspondre aux critères...

Et puis "c'est pour tout le monde pareil, aux services techniques, y' a une équipe où ils sont 4 et bin le p'tit jeune il l'a pas la prime, mais c'est tout, c'est comme ça" 

"Ou, oui, pour le même travail. Bin nous on est des anciens et on a pas eu la belle vie..."

 

Alors tu sais Epsy, je suis devenu moins tolérante quand on me dit qu'on fait ce qu'on a pu.

 

Et sinon pour les deux agents de mon service; ils ont eu leur NBI avec rétroactivité. Je suis passée outre les injonctions syndicales. 

 

 

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Ferris

Nous pareil, après la fusion de 4 intercos, il y avait tellement de différences que l'EPCI a pris la décision de passer la plupart des primes au plus haut. Par contre les petits cadeaux des petits élus locaux aux services techniques par exemple étaient tellement exagérés que certaines primes, hors normes donc illégales, ont été carrément supprimées ou fortement réduites et intégrées dans les primes normalisées. Idem pour des petits cadeaux "en nature" : supprimés.

 

L'élu local sans DGS ni DRH avait tendance, situation que certains trouvent plutôt intéressante, notamment en zone rurale, à créer de toutes pièces certaines primes et avantages, que le personnel considérait ensuite comme acquis à vie. Là, il y a eu des déçus.... 

Naturellement tout s'est fait par filière. Et comme les "thèqueux" étaient mal servis partout, ils sont restés mal servis.

 

Pour les NBI tout a été remis à plat et on s'est rendu compte que beaucoup y avaient droit et ne la touchaient pas et inversement. Moi j'ai obtenu la NBI accueil pour tous mes agents, sans intervention des syndicats. Les textes suffisaient.

 

Mais rassurez-vous, l'égalité arrive tout doucement. Dès 2020 ou 2021 le point retraite unique arrive et la fin des retraites calculées sur les 6 dernier mois. Les thèqueux vont enfin être traités de façon égalitaire. Et les plus vieux seront servis en premier. 

Par contre on ignore qui fixera la valeur du point et sur quoi il sera indexé chaque année...mais c'est un détail.:drool:

Modifié par Ferris

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Pigranelle
Citation

Tu te contredis dans la même phrase. Non ce n'est pas la nouvelle génération, puisque c'était pareil de ton temps (à moins que tu ne sois très jeune, ce que j'ignore )

Ben je sais pas, j'ai eu mon diplôme il y a "seulement" six ans, alors vu que les trois quart de mes collègues ont le regard désespérément tourné vers leur retraite, oui je me considère comme étant de la "jeune génération". :baby:

 

J'ai l'impression en tout cas que les gens de ma génération qui font ce métier ne le font pas pour les même raisons que les personnes plus âgés. Chez mes collègues je vois beaucoup de personnes qui sont arrivées là par hasard, pour la sécurité de l'emploi, par piston aussi (et je dis cela sans aucun jugement sur leur valeur professionnelle qui par ailleurs peut être excellente). Aujourd'hui les gens qui veulent travailler en bibliothèque, vu comme c'est pas facile d'y parvenir, ils ont souvent une réelle passion qui va au delà du "j'aime les livres", une envie de partage, une envie de transmission; parfois ils ont fait d'autres boulots plus ingrats avant: quand tu as été caissière, veilleur de nuits ou animatrice extra-scolaire pour payer tes études, le service public c'est autrement plus agréable.

Modifié par Pigranelle
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B. Majour
Il y a 13 heures, olivierH a dit :

Dans ma collectivité, un assistant à 10 ans de carrière est à 2000€ nets en gros. Mais c'est sûr, les grosses bibs, c'est l'enfer.

 

Ce n'est pas l'enfer, c'est un choix.

 

Et peut-on vraiment calculer sur le salaire net ?  Ou plutôt sur "le salaire net" moins "les dépenses courantes". (loyer + frais de déplacement/vie courante par exemple)

Suivant les grosses villes ou les petites villes, la différence est de taille. (Souvent d'un tiers)

 

Comme le contact avec le public. On ne traite pas 2000 personnes par semaine, comme on traite 200 personnes sur le même temps.

Les contraintes ne sont pas les mêmes, l'organisation non plus.

 

Et si on veut retenir les agents, il vaut mieux les payer correctement.

 

C'est moins le cas dans les petites structures, parce que les finances n'y sont pas.

Pour ma part, la mutuelle n'est pas prise en charge du tout par l'employeur, pas de chèque déjeuner ni de participation de l'employeur pour en financer une partie. (Dans une boîte privée où j'ai bossé, c'était financé à plus d'un tiers de participation employeur. Sur quinze euros par jour, ce n'est pas négligeable en bout d'année. 5 euros sur 200+ jours de travail, pas dégueu. J'avais aussi une mutuelle entreprise avec des avantages évidents, puisque le contrat était groupé, et donc la mutuelle faisait un effort pour ne pas perdre 120 clients d'un coup. De petits avantages en petits avantages, on peut faire un mois de salaire de plus, sans en avoir l'air.)

 

Si Epsy a envie un jour d'aller bosser dans une grande ville, elle a toujours cette possibilité.

Par contre, c'est clair, quand on touche 2000 € net mensuel, descendre à 1300-1400, c'est plutôt un sacré frein. Qui va demander de bien y réfléchir.

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Blandine

Je rejoins @olivierH sur ce point, il y a une certaine diabolisation des grosses bibliothèques sur le forum je trouve et ce n'est pas toujours évident  ...

déjà pour moi il y a les grosses bibliothèques qui ont de l'argent et les autres (si on veut vraiment tous nous mettre dos contre dos ! ;) ...)et puis même, on fait le même métier ! Si vous pensez qu'on gère les gens comme à l'usine, il faudra revenir voir de vos propres yeux parce que je ne le vois pas du tout comme ça personnellement ! Des habitués, on en a aussi, qui viennent tous les jours ou toutes les 3 semaines et on se reconnaît, on peut discuter ... la notion d'accueil, elle peut tout à fait avoir aussi de la valeur dans une grosse bibliothèque ... 

 

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Blandine
Il y a 1 heure, Pigranelle a dit :

Ben je sais pas, j'ai eu mon diplôme il y a "seulement" six ans, alors vu que les trois quart de mes collègues ont le regard désespérément tourné vers leur retraite, oui je me considère comme étant de la "jeune génération". :baby:

 

J'ai l'impression en tout cas que les gens de ma génération qui font ce métier ne le font pas pour les même raisons que les personnes plus âgés. Chez mes collègues je vois beaucoup de personnes qui sont arrivées là par hasard, pour la sécurité de l'emploi, par piston aussi (et je dis cela sans aucun jugement sur leur valeur professionnelle qui par ailleurs peut être excellente). Aujourd'hui les gens qui veulent travailler en bibliothèque, vu comme c'est pas facile d'y parvenir, ils ont souvent une réelle passion qui va au delà du "j'aime les livres", une envie de partage, une envie de transmission; parfois ils ont fait d'autres boulots plus ingrats avant: quand tu as été caissière, veilleur de nuits ou animatrice extra-scolaire pour payer tes études, le service public c'est autrement plus agréable.

 

oui, je le vois comme ça aussi ... On est bibliothécaire de + en + par choix ? 

(et j'ai eu mon diplôme il y a quand même 10 ans ...)

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Vasistas

Bonjour,

 

Plusieurs expériences en catégorie B.

 

1. Bibliothèque municipale  . Encadrement d'un agent + équipe de bénévoles . Rapport public/administratif de 60/40.

2. Médiathèque intercommunale. Encadrement de 2 agents. Rapport public/administratif de 50/50 . J'ai trouvé que ça n’était pas suffisant pour le développement des projets, la création ou la consolidation des partenariats,l'accompagnement de l'équipe , les collections ... . Le suivi des projets et actions était partagé entre les 2 cat. C et moi, la gestion des collections aussi, par contre je ne faisais pas d'équipement.

3.Service culture d'une interco . Coordination d'un réseau + programmation culturelle . Pas d'encadrement. Pas de contact direct avec le public des médiathèques. Les "publics" que j’accueille au bureau sont les bibliothécaires, les artistes, les associations, les partenaires institutionnels. Je suis en direct avec le public qui vient aux spectacles, ou autres actions culturelles que j'organise.

 

Quand j'étais à mon premier poste, je ne me voyais pas du tout quitter la banque d’accueil. Comme quoi !

Je ne peux que t'encourager à passer un concours B.

 

V.

 

 

Modifié par Vasistas

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Ferris

Moi aussi j'ai été veilleur de nuit et animateur pour payer mes études, et les générations d'avant et d'après aussi. Cela ne veut rien dire en termes de génération.

 

Il y a 1 heure, Blandine a dit :

Aujourd'hui les gens qui veulent travailler en bibliothèque, vu comme c'est pas facile d'y parvenir, ils ont souvent une réelle passion (...)

 

Justement, comme c'était trop facile d'y parvenir, on a instauré les concours, la sélection. Encore plus  injuste d'ailleurs pour ceux qui avaient fait un DUT juste avant l'instauration des concours. J'en ai connu.

 

Mais les concours c'est valable pour la totalité de la FP. Donc ce n'est pas la difficulté des concours qui crée la "passion". D'ailleurs en sortie de fac, combien tentent quasiment tous les concours, histoire d'augmenter leurs chances d'en décrocher un, et ne s'en cachent pas ?

 

C'est pas parce que le permis poids lourd est difficile que j'ai envie de devenir camionneur.

 

Le terme de génération ne veut pas dire grand-chose à l'échelle de 10 ou 20 ans, chacun se situant en termes d'ancienneté par rapport à ses collègues de travail. Moi je te parle d'il y a 35 ans et plus, ce qui a davantage de sens, car on pouvait faire AUSSI une carrière dans le privé plus facilement qu’aujourd’hui, vu le chômage très bas. Quand j'ai terminé mes etudes, l'ANPE n'était pas encore créée, c'est te dire...Le choix FP était donc d'abord un choix de vie et non une garantie de salaire. Du service public et non de la fonction publique. Ce n'est plus le cas aujourd'hui évidemment. Pas plus qu'il y a 10 ans, voire 20 ans.

 

Ceci dit chacun juge ses motivations plus valables que celles de ses voisins, plus ou moins âgés, mais c'est un peu facile. Si l'on raisonne un peu, on sait très bien que dans un pays qui frôle les 10% de chômeurs depuis des années, la motivation principale de devenir fonctionnaire reste très forte, y compris pour les parents vis à vis de leurs enfants. Certes le terme n'a plus le prestige des années d'avant-guerre, mais la garantie de l'emploi devient prioritaire. On va au moins leur assurer un avenir, à nos chères têtes blondes. Ben tiens....

 

Le fameux Rapport Pêcheur de 2013 l'a prouvé (pour la France, car c'est faux pour les autres pays d'Europe qui ont soit supprimé le statut soit comptent 50% ou plus de contractuels: 43% en Belgique, 60% en Allemagne....) le "modèle de fonction publique de carrière est majoritaire . Avec seulement 17% de contractuels, la France se compose d'une fonction publique "de carrière", c'est-à-dire  de fonctionnaires statutaires embauchés à vie.

 

La notion de sécurité de l'emploi dans la fonction publique est d'ailleurs une spécificité Française. En effet, les structures publiques doivent garantir un service et ne sont pas soumises aux aléas économiques pouvant entraîner des licenciements notamment en période de crise comme celle que nous traversons. Entre 1984 et 2002 ce sont seulement 55 agents publics qui ont été licenciés et tous pour insuffisance professionnelle. De quoi en rassurer certains. Et puis c'est motivant, non ?

 

Bien évidemment c'est une généralisation et chacun trouvera facilement à se placer hors de cette tendance. Tout le monde est "atypique", bien entendu.  Mais elle existe bel et bien, cette tendance.

Pour rire un peu je vous conseille la lecture publicitaire de "10 bonnes raisons de devenir fonctionnaire" sur

https://concours-fonction-publique.publidia.fr/guide-fonction-publique/devenir-fonctionnaire-bonnes-raisons.

 

Et nous en avons la preuve sur ce forum, avec tous les fonctionnaires lettrés, diplômés et décrocheurs qui pourraient certes se reconvertir et travailler dans la librairie ou l'édition, voire d'autres secteurs de la communication et de l'information, mais préfèrent conserver leur statut, quitte à accepter n'importe quoi dans une bibliothèque. Et avec des salaires minables, on vient de le voir.

 

Par contre dans les Ehpad ou les hôpitaux, personne pour se précipiter, c'est étrange que ce merveilleux sens du service public, cet amour des gens, ce bonheur de rendre service aux autres, cet altruisme, soient si orientés. Il y a 230 métiers dans la Territoriale, 200 dans l'Hospitalière.

 

Alors un peu d'honnêteté face à l'évidence des chiffres. Assez d'hypocrisie. Il n'y a pas de honte à vouloir gagner sa croûte. Mais il y a de la honte à vouloir à tout prix faire croire que le doigt de la "Vocation" s'est posé sur soi. D'ailleurs tous les jurys le savent, de concours comme de recruteurs, et se marrent de voir les candidats tenter de se vendre au mieux, quitte parfois à friser le ridicule ! 

 

Chacun prêche pour sa paroisse et voit midi au seuil de sa petite porte, c'est bien connu.

 

Quand 50 ou 60% de la profession sera passée en CDI, et le reste, c'est à dire vous qui parlez aujourd'hui, aura "le regard désespérément tourné vers leur retraite", alors seulement on fera le bilan en termes de "génération". Et on aura sans doute des surprises. Des bonnes. Car la motivation aura repris le dessus sur la peur du vide et l'attrait sécuritaire.

 

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Ferris
Il y a 2 heures, B. Majour a dit :

Et peut-on vraiment calculer sur le salaire net ?  Ou plutôt sur "le salaire net" moins "les dépenses courantes". (loyer + frais de déplacement/vie courante par exemple)

Suivant les grosses villes ou les petites villes, la différence est de taille. (Souvent d'un tiers)

 

Effectivement. Moi je calcule en "reste à vivre", une fois tout payé (je suis en prelèvement mensuel pour tout ce qui peut l'être.) Et quand j'ai quitté la région parisienne pour la cambrousse, j'ai cru que j'étais devenu riche :D

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Pigranelle

@Ferris Peut-être ma tentative d'explication est biaisée par mon point de vue, c'est simplement ce que j'observe dans ma BU. Une autre explication peut-être: j'ai aussi le sentiment que parmi mes collègues les plus âgés quasiment aucun n'a eu de formation postbac spécialisée en bibliothèque/métiers du livre (et plusieurs ont commencé à travailler en BU même sans avoir le bac). Aujourd'hui les formations se sont multipliées et tous les "jeunes" que je connais qui travaillent en bibliothèque on au minimum le DUT, si ce n'est une licence ou un master, et cela qu'ils soient A, B, ou C. D'où mon impression que la jeune génération a davantage "choisi" ce métier que les précédentes. Je vois chez mes collègues un attachement très fort au service public, mais aussi au statut de fonctionnaire qui il me semble est moins présent chez les jeunes qui sont juste super contents s'ils ont un CDI. J'avoue que le gel du point d'indice me passe au dessus de la tête alors que c'est le sujet principal de conversation chez certains de mes collègues, mais sans doute parce que je suis jeune. Je sais très bien qu'un jour moi aussi je regarderai très fort vers la retraite, mais c'est très lointain et franchement je ne suis même pas sûre que la retraite existera encore... Ne te méprends pas je ne dis pas que votre génération a eu la vie facile, vous avez commencé à travailler bien plus tôt que nous par exemple, et vous avez du vous adapter à beaucoup de transformations. J'ai un collègue qui est devenu magasinier parce qu'il s'est retrouvé papa plus tôt que prévu et qu'il a du gagner sa croute, c'est honorable et il fait très bien son job, j'ai juste l'impression que c'est quelque chose qui n'existe quasiment plus aujourd'hui.

Et je n'ai jamais parlé de "vocation" simplement de choix et d'envie. Je n'ai aucunement honte d'aimer mon métier et j'ai eu le concours sans que le jury se marre devant moi. 

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Ferris

Une fois de plus mes propos sont généraux et ne visent personne en particulier.

 

Ma génération avait aussi une formation d'un an, avant de passer le CAFB (créé en 1951 et disparu en 1994 de mémoire, donc cela a touché plusieurs générations, et finalement remplacé par les concours, la création des cadres d'emplois etc...) et, pour les cadres, une licence ou une Maîtrise. Donc nous ne sommes pas arrivés les mains vides.

Et nos stages se passaient dans des annexes de quartiers dont l'état et le public ne donnaient pas très envie de s'accrocher. Je ne parle même pas des budgets. Beaucoup ont abandonné du reste. D'un autre côté on nous foutait la paix.

Par contre la "Territoriale" n'existait pas (crée en 1984), les grades et les paies étaient folkloriques, et les locaux vétustes et inadaptés, essentiellement des réhabilitations, et finalement très peu nombreux. Ce n'est que dans la décennie 80/90 qu'on a construit 500 bibliothèques en France. Puis les années 90 nous ont amené à l'informatisation, elle aussi folklorique au début, etc...

Je peux dire que nos motivations, si elles étaient restées intactes après cette année de formation, et avoir vécu cette misère matérielle, elle le sont toujours.

Mais nous ne représentons plus grand monde aujourd'hui, quantitativement. 

Alors quand j'entends parler de motivation aujourd'hui, et que je vois les arguments et la situation des personnes, ça me fout parfois de l'urticaire. Faut pas m'en vouloir.

 

EDIT : La modeste quarantaine de bibliothèques construites entre 1945 et 1970  ne regroupe pas grand-monde. De 1970 à 1981, 600 000 m2 d’équipement sont prévus mais les promesses rarement tenues.
Le nombre de constructions dans les années 70 est certes près de sept fois supérieur à celui des années 60.  Mais à la veille des années 80, la France ne compte tout de même que 948 bibliothèques municipales sur l’ensemble de son territoire... Puis à partir de 1975, années de crise, les surfaces subventionnés en construction et aménagement ne feront que régresser, passant de 34 300 m2 en 1975 à seulement 6 500 m2 en 1981. C’est ainsi que sur les 13 villes qui s'étaient manifestées, seules 4 iront jusqu’au bout de leur projet. Puis l'effort reprend : Entre 1983 et 1987, ce sont plus de 250 nouvelles bibliothèques qui sont recensées. (...)

Fort logiquement, l'effectif du personnel est en croissance forte , passant  de 5 815 agents en 1977 à sans doute 14 500 en 1989. Et il s'agit de personnels qualifiés. (Histoire des Bibliothèques)

 

Et aujourd'hui on en est à plus de 16 000 BM ! Bravo, mais comment fonctionnent-elles au fait ?

 

Et d'abord comment peut on plus que doubler les effectifs en 12 ans en imaginant conserver les motivations de départ intactes, celles des seventies ? Car on oublie qu'entre temps le chômage a augmenté. Les systèmes de contrats aidés se sont multipliés, faisant recruter des personnels sans formation ni qualification, comme les TUC en 1984, puis les CES en 1990, puis les CAE en 2005, puis les CUI-CAE , sans compter les celèbres emplois-jeunes de 1997 à 2002.

 

Une bonne partie de ce petit monde a etoffé les effectifs des nouvelles BM, en recrutement direct C, puis ont été titularisés pour beaucoup, et constituent à présent un noyau fort des effectifs globaux, dont certains on passé les échelons à l'ancienneté et pris du galon, devenant même décisionnaires. 

 

Un CES recruté en 1990 a aujourd'hui 28 ans de carrière ! Il ne faut pas oublier cela. Un CAE de 2005 a deja 13 ans de carrière. Tous ces gens pèsent donc lourd dans la balance et ont contribué à déprofessionnaliser ce métier. Du moins pour une partie d'entre eux. Il ne s'agit pas de dénigrer tous ceux qui sont rentrés par la petite porte. Certains sont d'excellents agents, mais formés sur le tas, ce qui fait une différence.. Moi-même j'ai eu 2 emplois-jeunes dans une équipe de 6,  soit 30% de l'effectif et 18 ans d'emmerdes ! Et combien comme moi se sont retrouvés avec des gens dont la motivation, parfois la seule, était de trouver un boulot, si possible peinard ?

 

D'un effectif faible mais à choix professionnel clair et assumé, on est passé à des effectifs de provenances variées et à choix majoritairement  constitué d'opportunisme économique. Et c'est cette variété de provenance et de motivation que nous payons aujourd'hui en termes d'unité de la profession.

Modifié par Ferris

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Louve
Il y a 19 heures, Ferris a dit :

Un CES recruté en 1990 a aujourd'hui 28 ans de carrière ! Il ne faut pas oublier cela. Un CAE de 2005 a deja 13 ans de carrière. Tous ces gens pèsent donc lourd dans la balance et ont contribué à déprofessionnaliser ce métier. Du moins pour une partie d'entre eux. Il ne s'agit pas de dénigrer tous ceux qui sont rentrés par la petite porte. Certains sont d'excellents agents, mais formés sur le tas, ce qui fait une différence.. Moi-même j'ai eu 2 emplois-jeunes dans une équipe de 6,  soit 30% de l'effectif et 18 ans d'emmerdes ! Et combien comme moi se sont retrouvés avec des gens dont la motivation, parfois la seule, était de trouver un boulot, si possible peinard ?

 

Exact, ce sont bien souvent les 1ers   à  exiger des horaires "compatibles avec la vie de famille" soit ni le mercredi, ni le samedi, ni le soir et surtout pas le dimanche!

Ils ont aussi souvent l'impression d'être des experts, bien meilleurs que ces gens avec diplômes; ils estiment avoir une vision large alors qu'ils n'ont connu qu'un seul établissement ont appris sur le tas, sont très peu allés en formation.

Le pire sont ceux qui "par ancienneté, pour services rendus" ont été promus et n'ont ni les compétences ni l'envie de travailler différemment, d'encadrer...

 

Une profession où l'on accepte massivement des personnes non formées est le signe du peu d'importance qu'on lui accorde.

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Ferris

Armée mexicaine

L'occasion de revenir sur les origines de l'expression «armée mexicaine» et sa signification. «Cette formule permet d'exprimer l'idée qu'il y a dans une organisation énormément de responsabilités, trop de hiérarchie et un manque de combattants» explique Jean Pruvost, professeur de lexicologie et de lexicographie à l'Université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise). Elle traduit aussi bien le désordre d'une organisation censée être structurée qu'une situation où les décisionnaires seraient plus nombreux que les exécutants. Le sens de cette expression dans la langue française permet d'expliquer une abondance de responsabilités. «Un peu comme dans Tintin où les militaires sont bardés de médailles, cette locution désigne un ensemble où tout le monde dispose d'un rôle, et dont le surcroît est gage d'inefficacité.» Jean Pruvost indique que cette formule est usitée surtout dans la seconde moitié du XXe siècle en France.

«Dans les années 1970 ou 1980, on utilisait cette expression pour désigner l'administration»

 

«Dans les années 1970 ou 1980, on utilisait cette expression pour désigner l'administration. Cela revient à se demander où sont les exécutants et qui obéit». Son arrivée est cependant assez précoce dans la langue française, «dès 1910 , grâce aux journalistes et aux observateurs politiques. Mais ce n'est pas une formule spécialement française. En Angleterre, ils utilisent l'expression Mexican army pour désigner l'inefficacité des décideurs.

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B. Majour
Il y a 19 heures, Ferris a dit :

Et aujourd'hui on en est à plus de 16 000 BM ! Bravo, mais comment fonctionnent-elles au fait ?

 

Avec des bénévoles !  :ahappy:

Pour moitié d'entre elles.

 

Un peu, beaucoup, à la folie, à l'image des casernes de pompiers dans les petites communes car... en France, il n'y a que 22 % de personnels professionnels.

 

En 2015, en France, les pompiers sont au nombre de 246 900 comprenant :

les sapeurs-pompiers volontaires (78 % de ce nombre) ;

les sapeurs-pompiers professionnels (17 %) ;

les pompiers militaires (5 %) : sapeurs de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), marins du Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM) ;

Wikipedia

 

A leur décharge, ils sont formés, et payés puisque volontaires (et non plus bénévoles).

 

Et heureusement qu'ils sont formés, puisque chargés de sauver des vies et de sauver les biens du citoyen lambda au péril de la leur.

Des volontaires, il en meurt tous les ans.

 

il y a 36 minutes, Louve a dit :

Une profession où l'on accepte massivement des personnes non formées est le signe du peu d'importance qu'on lui accorde.

 

Pas vraiment, c'est surtout une profession où il y a besoin de beaucoup de petites mains pour faire le boulot de base. (l'armée mexicaine de Ferris)

C'est une profession où la technicité n'est pas le point central.

 

Quand ça le devient, les gens formés sont une nécessité, et même une obligation.

Il y a aussi cette mutation dans le métier de bibliothécaire. L'arrivée des automates en est une preuve, les gens peu formés vont laisser la place à des machines.

Et on verra à quel niveau les machines (ou les algorithmes) vont remplacer les humains dans l'aide et le conseil.

 

10 métiers qui risquent de disparaître

https://www.blog-emploi.com/10-metiers-remplaces-par-des-machines/

10. Bibliothécaire

Avez-vous récemment demandé un conseil à un bibliothécaire ? Il vous a sans doute orienté vers le PC le plus proche pour trouver le livre que vous cherchiez (*)… Pour la remise en rayon, des robots devraient aussi faire l’affaire. En revanche, les bibliothécaires auront sans soute toujours un rôle à jouer dans l’orientation ou l’animation, notamment pour guider le jeune public vers des ressources physiques ou en ligne.

 

Bref, à servir de nounou.

Au bout d'un moment, une machine le fera aussi bien.

 

(*) encore un journaliste qui n'a pas foutu les pieds dans une bibliothèque depuis des lustres. Sinon, ils sauraient que nos OPAC sont éminemment pourris.

Et les robots humains, payés pas cher, c'est quand même plus adapté.

Ce qui me ferait presque reprendre la phrase de Louve pour la transformer en ceci :

Une profession où l'on accepte massivement des personnes mal payées est le signe du peu d'importance qu'on lui accorde.

 

L'emploi jeune qui était à ma bibliothèque, pour animer le PIJ, était payée au Smic avec un bac+5. Un peu comme certaines caissières dans les supermarchés, tiens.

Au bout de 2 ans et demi, elle est partie pour un vrai job, à son niveau de rémunération !

 

Mais oui, sans deux ans d'expérience, on est trop "jeune".

Combien de fois on me l'a sortie celle-là.

Diplôme ? Aucune valeur par rapport à deux ans d'expérience.

 

Je dis bien presque pour la phrase de Louve. Avec l'éclairage de Ferris, on peut lui trouver un point de sel plus intéressant :

La fonction publique où l'on accepte massivement des personnes non formées est le signe du peu d'importance qu'on lui accorde.

 

Finalement, je préfère mal payées. Trop de Bac+2, +3 et au-delà parmi les adjoints du patrimoine, et autant dans les B avec des licences ou des maîtrises.

 

 

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Ferris
Il y a 2 heures, B. Majour a dit :

Avec des bénévoles !  :ahappy:

Pour moitié d'entre elles.

 

Et paf, l'abbé est reparti, son bâton de pélerin  à la main. Non, les chiffres que je cite ne concernent que les professionnels (ou intitulés comme tels). Nulle part  il n"existe de chiffres nationaux concernant le bénévolat en bibliothèque. Ou alors cite-les. Alors cette fois c'est plus les caissières c'est les pompiers. Changement d'herbage réjouit les veaux.

 

Il y a 2 heures, B. Majour a dit :

10 métiers qui risquent de disparaître

 

On avait déja cité ça sur le forum en 2016 https://www.agorabib.fr/topic/2916-médiation-autour-des-automates-de-prêt/

 

 

"les chercheurs de l'université d'Oxford ont déterminé une liste des 700 métiers appelés à disparaître, et nous sommes dans le top 10, juste après guichetier de banque. 

http://www.blog-emploi.com/10-metiers-remplaces-par-des-machines/

http://www.lexpress.fr/emploi/gestion-carriere/artistes-architectes-informaticiens-quels-metiers-resisteront-aux-robots_1677413.html 

Les Anglais sont formidables. Ils sont tellement en avance sur cette prédiction qu'ils ont carrément commencé à supprimer des bibliothèques.."

 

Le cas des sur-diplômés entre parfaitement dans ma problématique générale, et renforce encore la notion d'Armée mexicaine, car sur-diplômé ne veut pas dire sur-qualifié. C'est la situation du marché qui veut qu'on les recrute en C et en direct. Mais au départ ils font partie de la cohorte hétéroclite qui fonde aujourd'hui ce métier Néanmoins le sur-diplômé a ce petit avantage de pouvoir passer des concours plus facilement. Mais il a l'inconvénient, dans une équipe, de pratiquer assez vite le mépris que génère cette différence entre les "tâches nobles" et "non-nobles". Il y aurait beaucoup à dire sur cette différenciation entre les tâches.

C'est aussi du vécu. Je préférais mon emploi-jeune qui avait travaillé en CDD chez Pantashop et pour qui faire de l'accueil en bibliotheque ou de l'équipement représentait plutôt une promotion sociale, que ma diplômée de lettres qui n'avait jamais bossé de sa vie et qui considérait ces tâches avec un dédain total.

Elle portait des faux ongles tellement longs que je n'avait pas pu m'empêcher de lui faire remarquer, de façon badine mais courtoise,  que ça risquait d'être un handicap pour équiper les bouquins. Puis je me suis sauvé en courant, connaissant son caractère et sa prétention.

 

La paye n'a rien à voir avec la motivation et la conception que l'on peut avoir de son métier. On peut monter en grade et garder une fidélité au cœur de métier. Sauf pour les carriéristes évidemment.

 

L'INSEE declarait il y a quelques années que 80% des français n'avaient pas choisi leur métier. Et aujourd'hui on nous dit 

que  : "Se reconvertir, c’est tentant. A en croire un sondage du Groupe AEF pour Nouvelle vie professionnelle, 9 personnes sur 10 y auraient pensé, souhaitant se reconvertir ou l’ayant déjà fait. Sur cette proportion, 28% se sont lancés, mais 64% avouent ne pas avoir encore passé le cap. "

Reste une question : pourquoi vouloir cette reconversion ? La raison la plus souvent invoquée est celle d’un fort besoin de retour aux valeurs (70%).

 https://www.lci.fr/societe/selon-une-etude-neuf-francais-sur-10-veulent-changer-de-metier-ou-l-ont-deja-fait-2071360.html.

 

Eh oui, les valeurs. intéressant, non ?

 

 

Modifié par Ferris

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E.D
Le 14/11/2018 à 16:43, Clara Montlouis a dit :

Du coup je m'adresse aux bibliothécaires de catégorie B qui traînent par ici : en quoi consiste votre travail ? Êtes-vous quand même en contact avec le public ou pas du tout ? Faites-vous plus des tâches "de bureau" ? Élaborez-vous des animations sans y participer ?

 

Je suis en catégorie B et mon travail consiste en beaucoup de public et beaucoup d'interne. Il y a bien sûr la partie collection : préparation des acquisitions, commandes, gestions des budgets, vérification/modification des notices importées, vérification de la commande (état du document, cote... pour les documents équipés par un prestataire), équipement (estampillage, pose de la cote... pour les documents non équipés), mise en rayon. Dans cette partie, il y a aussi le désherbage (youpi !), la gestion des suggestions des lecteurs, la gestion des conflits (documents rendus abîmés, boîtier de DVD vides...)...

La partie animation : préparer des ateliers/rencontres/conférence en lien avec des événement locaux ou nationaux. Et bien sûr tout ce qui en découle : préparation des espaces et du matériel, organisation du déroulement avec les différentes activités prévues, communication... (c'est une collègue qui gère le contact avec les intervenants et qui organise leur venue). Le jour J : accueil des intervenants (quand il y en a un), accueil du public, explication du déroulement de l'événement, vérification du bon déroulement, retours du publics... Depuis quelques mois, je suis passée sur un poste qui m'amène à participer à moins d'animations mais des collègues de catégorie B ont une grosse part de leur temps dédiés aux animations.

En plus de ce travail en interne, il y a aussi les créneaux en public : accueil des visiteurs, orientation dans les différents espaces, explication du système de rangement, présentations des collections et des animations, aide à la recherche documentaire ou à l'impression de documents... et quand il y a peu de monde, je participe à un service Question/Réponse à distance. Et bien sûr, il y a les discussions avec les usagers qui permettent de créer du lien et de connaître leur avis sur la médiathèque (et toutes les remarques, positives et négatives, sont à prendre en compte).

Et encore tellement d'autres choses.

Les missions de B dépendent de plusieurs éléments : la fiche de poste (certains collègues sont clairement dédiés aux animations quand d'autres sont plus tournés vers les collections), les publics (certains sont friands d'animation, d'autres viennent pour les collections ou la machine à café), la taille de l'établissement (dans les petites structures, la polyvalence est de rigueur quand dans les plus grandes, on peut se permettre de se spécialiser)...

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Clara Montlouis

Merci à tous pour vos réponses !

 

Je suis plus rassurée de voir qu'une bonne partie d'entre vous sont encore très en contact avec le service public, je suis du coup plus motivée à m'orienter vers la bibliothèque après l'obtention de mon DUT, en espérant que j'obtienne un poste ressemblant aux vôtres !

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Ferris

@Clara Montlouis

On fait tous du service public. Mais on n'est pas tous au service au public, en  direct. Tout ton choix sera là. Si j’osais une formule globale, je dirais que si ton temps bureau/ordi/planning/encadrement/administration dépasse largement ton temps "contact direct avec le public", tu devient une aveugle décideuse . Tu ne vois pas les gens utiliser les espaces que tu as mis a leur disposition, la façon dont ils comprennent ou pas ta signalétique, ton mode de valorisation des fonds, ton opac, voire ta politique acquisition. etc...Tu n'es plus qu'une décisionnaire face à ses statistiques. C'est  dire rien.

Pour les animations, vu qu'il s'agit d'événementiel, il y  a de fortes chances que tu soit présente et active sur ces moments. Autant la politique générale d'animation est le propre du cadre A, ne serait-ce que parce qu'elle répond à des impératifs budgétaires et partenariaux, autant la phase "action" t'impliquera nécessairement.

Tout est question d’équilibre. Le jour ou tu perds le contact avec le public (et ce ne sont pas quelques remplacements d'urgence qui le remplaceront), tu perds tout ce qui fait ta légitimité. J'entends légitimité vis à vis du public. Car vis à vis de l'administration, tu seras une bonne"cadre".

En supplément cadeau tu perds peu à peu le contact avec les agent qui, eux, savent que Mme Michu s'appelle Caroline et qu'elle adore les polars de Thilliez. Et ça c'est grave et ça peut aller plus loin qu'on ne le pense. Or, cs agents du es censée les encadrer....Comment les encadrer intelligemment si ton vécu "public" est trop éloigné du leur ? Bien sur il te reste la force de la hiérarchie...

 

Alors : petites équipes, structures de moins de 15 000h, ou annexes de quartiers en Métropoles, c'est la base. Pas la panacée mais la base de tes recherches d'emploi . A toi de trouver le bon équilibre.

 

Si tu pars dans les usines ou les super-usines type BMVR, tu auras du mal à revenir au niveau public. Tu le vivras comme une perte . Commences petit, et vois ensuite. Une carrière c'est long.

 

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Louve
Il y a 1 heure, Ferris a dit :

Tout ton choix sera là. Si j’osais une formule globale, je dirais que si ton temps bureau/ordi/planning/encadrement/administration dépasse largement ton temps "contact direct avec le public", tu devient une aveugle décideuse . Tu ne vois pas les gens utiliser les espaces que tu as mis a leur disposition, la façon dont ils comprennent ou pas ta signalétique, ton mode de valorisation des fonds, ton opac, voire ta politique acquisition. etc...Tu n'es plus qu'une décisionnaire face à ses statistiques. C'est  dire rien.

 

Je te trouve très dur et un poil caricatural.

Je ne fais pas de "service public", cela ne m'empêche pas d'avoir un avis sur ce que nous devons proposer au public, sur ce que nous devons mettre en place.

Et je suis légitime aux yeux du public, des décideurs, de l'équipe (enfin pour être honnête d'une partie de l'équipe; certaines personnes étant déçues que le ronron tranquille soit bousculé).

Il n'y a pas d'un côté les "B" qui savent et les "A/A+" qui sont obtus et uniquement sur des dossiers.

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Ferris
il y a une heure, Louve a dit :

cela ne m'empêche pas d'avoir un avis sur ce que nous devons proposer au public, sur ce que nous devons mettre en place.

Et je suis légitime aux yeux du public, des décideurs, de l'équipe (...)

 

Tout le monde peut avoir un avis une opinion, une idée. La question n'est pas là. Tu tires ta légitimité de ton grade, de ta représentativité aux yeux des décideurs. Pas du public. Excuses moi ma Louve, mais là nous divergerons toujours. Je considérerais toujours que c'est le public qui m'appris mon métier (je parle du cœur de métier) au delà des missions qui me sont confiées par les élus. Passer un marché public, rédiger une convention ou un planning d'animation et j'en passe, sont pour moi des obligations annexes, indispensables en tant que cadre A mais quelque part annexes tout de même. Je refuse de devenir un technocrate. J'ai toujours refusé de travailler enfermé dans un bureau . Il n'est pas question de grade quand il s'agit de clairvoyance. Il y a des C obtus et des A clairvoyants. Idem pour  les B.

Mais il faut se donner les moyens de comprendre sa structure, la façon dont les publics l'utilisent, et donc connaître les gens auxquels nous rendons service, en direct, connaître en vrai les vrais gens.

Ne serait-ce aussi que pour avoir ainsi des informations directes, vécues plein pôt, pour pouvoir claquer le bec au troupeau bêlant des agent qui refusent tout et attendent l'heure de la sortie, des cadres B réticents à faire du management pour éviter les conflits. Dans les situations à problèmes je ne souhaite pas tirer ma légitimité de mon grade et de mes missions, mais aussi du fait de pouvoir discuter d'égal à égal de l'attitude des publics avec des agents, C ou B peu importe, parce qu’ils savent que mon vécu des publics vaut bien le leur, par ma présence, par ma pratique.

Ce qui ne leur plait pas forcement d'ailleurs. Car ils ne peuvent pas tricher. Tout ce qu'ils font, je l'ai fait avant eux. Et ils le savent.

Eh oui, je sais couvrir un livre aussi vite qu'un agent, et que la petite Aurélie va rentrer en CP cette année, qu'il faut tant de temps pour ranger les livres en retour du mercredi, et j'en passe. Mais tout ça, ça compte ! La meilleure forme de management se fait par l'exemple.

Quand on parle de structures à dimension humaine , ce n'est pas du charabia d'intello, il y a aussi tout ça derrière.

Alors oui, il y a des B qui souhaitent devenir calife à la place du calife, comme aurait dit Iznogoud, mais il y a aussi les autres, ceux qui veulent garder le contact, prioritairement, parce qu'ils savent que la vérité est là et le sera toujours. Cux là je les soutiens, et je dois faire en sorte de leur conserver un planning en front office suffisant.

On ne peut tirer sa légitimité du public qu'en le côtoyant régulièrement.

Et quand ensuite on propose à une équipe de réaménager une structure, l'équipe sait que cela vient d'un vécu qu'elle ne peut pas nier.

Tout cela est impossible dans des usines, bien évidemment et là je comprends fort bien que les moyens à créer pour gérer 40 personnes ne peuvent pas découler de ce type de raisonnement. Je me place à un endroit bien précis pour dire des choses précises, qui ne sont pas viables ailleurs.

Clara veut pouvoir continuer à voir les vrais gens ? C'est à elle que je réponds : c'est possible, mais à certaines conditions. C'est tout.

 

J'aimerais qu'on mette un jour une dizaine de cadre A  et B en ligne avec un bouquin et un rouleau de Filmolux, une paire de ciseaux et une raclette, et qu'on lance le compteur devant un public d'agents. Pour voir. Et voir après si les agents en question les trouvent toujours aussi légitimes.

 

Oui je sais c'est du populisme de bas étage. Et après, tout le monde peut rêver, non ? 

Modifié par Ferris

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Louve
Il y a 9 heures, Ferris a dit :

J'aimerais qu'on mette un jour une dizaine de cadre A  et B en ligne avec un bouquin et un rouleau de Filmolux, une paire de ciseaux et une raclette, et qu'on lance le compteur devant un public d'agents. Pour voir. Et voir après si les agents en question les trouvent toujours aussi légitimes.

 

Je n'ai jamais été une pro de la couverture, vraiment pas; le rangement, le renseignement, les animations je suis plutôt efficace.

Et ce n'est pas gênant selon moi qu'un collègue soit très efficace en équipement des documents (tâche importante)  et moi non, l'essentiel étant que le service rendu au public d'une manière globale soit de qualité.

 

Quant à l'usage des lieux, le  collègue régulièrement au public pourra avoir l'envie de sélectionner les usagers, de demander du mobilier, des espaces.. .qui font que ceux que l'on pas envie de voir ne viennent pas. Certains passent leur vie au public et n'en sont pas pour autant légitimes.

 

Effectivement, ce n'est pas demain la veille  que nous serons d'accord sur ce point. :ahappy:

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Ferris
Il y a 1 heure, Louve a dit :

Certains passent leur vie au public et n'en sont pas pour autant légitimes.

 

Exact. Car ils n'aiment pas cela. Il convient donc de les repérer et de les former puis affecter à d'autres taches. Car c'est à l'accueil, au sens large, que l'image de marque de la bibliothèque se joue. Clara aime ça, elle devrait donc pouvoir le faire sans problèmes dans une structure dont le fonctionnement le permet.

Le problème c'est que dans beaucoup trop de structures, et pas nécessairement des grandes, les agents sont affectés à l'accueil ,en mission principale,en fonction de leur grade (C) et non de leurs qualités dans ce rôle.

Modifié par Ferris

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Vasistas

Heureusement que nous ne faisons pas tous la même chose et que nos missions se complètent ... 

 

 

Et je suis bien d'accord pour l'affection à des tâches sans prendre en compte les qualités et envies des agents...face aux publics, ça ne pardonne pas !

 

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Louve
il y a 44 minutes, Ferris a dit :

Le problème c'est que dans beaucoup trop de structures, et pas nécessairement des grandes, les agents sont affectés à l'accueil ,en mission principale,en fonction de leur grade (C) et non de leurs qualités dans ce rôle.

 

Entièrement d'accord!!!!!

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