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Carte unique mais tarifs différents


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Bonjour à tous et toutes,

 

Bibliothécaire de formation et novice sur ce forum, je travaille actuellement à la coordination d'un réseau de médiathèques qui se met en place dans le cadre d'un CTL conclu fin 2017, pour une Communauté de Communes qui compte 17 communes pour un peu plus de 16 000 habitants (zone rurale montagneuse). Seules 6 d'entre elles font partie du réseau à proprement parler (une 7e le rejoindra une fois dotée d'équipements en cours de réalisation).

 

Je me permets de créer un nouveau sujet car j'aurais besoin des conseils au sujet de la tarification des abonnements et je n'ai pas trouvé sur le forum de réponses correspondant à mes questionnements.

 

La situation actuelle du réseau est la suivante :

  • Mise en place du SIGB commun et harmonisation des pratiques en cours, avec l'aide de la BDP,
  • Etablissement en cours d'un règlement intérieur du réseau
  • Organisation d'événements culturels communs (qui participent à la promotion du réseau)
  • Validation par les élus de la carte unique, des conditions de prêt harmonisées, d'une navette une fois la carte unique mise en place, d'un portail numérique commun (+ ressources numériques)

 

Malheureusement, ça coince au niveau des tarifs. Suite aux discussions entre techniciens, nous avions proposé un tarif commun pour tous les établissements de 10 € (la gratuité n'était absolument pas envisageable pour les élus).

Mais ça n'est pas passé auprès des maires. En effet, deux des communes pratiquent des tarifs hauts de 15 et 17 € respectivement, sachant que la première vient d'ouvrir (début 2019) une médiathèque toute neuve (3ETP) et que la seconde a une nouvelle médiathèque en construction, qui nécessitera le recrutement de 5 ETP supplémentaires (une seule pour l'instant). Elles font ainsi de gros investissements et ne sont pas favorables à la perte de recettes que représenterait le passage à 10 €. D'où véto.

Une tarification de 15 € a donc été proposée, mais s'est vue opposée une fin de non recevoir par une autre commune, dont les tarifs actuels sont beaucoup plus bas (10 € représentait déjà une augmentation). Cette tarification basse correspond à une politique culturelle très ancrée dans cette commune, et il est hors de question pour eux de faire payer plus leurs usagers.

 

Il nous a donc été demandé de trouvé une autre solution...

 

J'ai vu que plusieurs réseaux disposaient d'une carte unique tout en pratiquant des tarifs propres à chaque médiathèque, comme le réseau des médiathèques de la Baie ou celui d'Aunis Sud, avec parfois de grandes disparités. https://mediathequesdelabaie.fr/vos-mediatheques/28-lieux-sur-la-carte et http://www.bibliotheques.aunis-sud.fr/

Il est donc possible de faire fonctionner un réseau avec une carte unique mais des tarifs différents et vu comme c'est parti, c'est cette solution qui sera probablement retenue.
 

Cependant, je me pose plusieurs questions et j'aimerais avoir vos avis à ce sujet :

  • Déjà, un tel système est-il viable à court et moyen terme ? (on ne désespère pas d'arriver un jour à un tarif unique, mais ça ne sera pas pour tout de suite)
  • En gardant les tarifs propres à chaque établissement, ne risque-t-on pas de voir les moins chers capter des inscriptions au détriment de ceux qui pratiquent des tarifs plus élevés ?
  • Concrètement, comment une telle différence de tarification est-elle perçue en général par les usagers ? Cela joue-t-il sur l'attractivité d'un réseau ?
  • Des usagers peuvent être tentés de s'inscrire là où c'est le moins cher, mais ça peut être dans un établissement plus éloigné de chez eux. Dès lors, la médiathèque d'inscription devient-elle nécessairement la médiathèque de rattachement ou les usagers peuvent-ils demander à ce qu'elle soit différente (pour faire leurs réservations, prêts, retours) ?

 

Par ailleurs, un élu nous a parlé de la possibilité de mettre en place deux types d'abonnements, un propre à chaque médiathèque permettant uniquement l'accès à celle-ci, et un pour le réseau, avec un supplément payable en plus du tarif de chaque établissement. Je n'ai pas trouvé d'exemple d'une telle pratique qui me fait un peu l'impression d'une future usine à gaz (et ça ne rend pas le réseau attractif). Mais lui voyait ça comme un moyen de rendre acceptable pour les autres communes l'accès au réseau d'une médiathèque qui pratique la gratuité....

Quelle est votre opinion là-dessus ?

 

Merci d'avance pour vos retours (et désolée pour le pavé... c'est peut-être un peu indigeste... mais je voulais vous donner vraiment toutes les infos)

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La question a déja été posée  (carte unique et des tarifs différenciés sur 21 structures) sur https://www.agorabib.fr/topic/3541-mise-en-place-dune-carte-unique/

 

En fait tant que tu te situes dans une interco qui n'a pas pas pris la totalité des compétences, la question est insoluble. Il ne reste qu"à attendre et militer pour la gratuité ou un tarif commun. (qui coûte plus qu'il ne rapporte, de toutes façons, voir les topics sur la gratuité https://www.agorabib.fr/topic/3880-carte-unique-mais-tarifs-différents/ et surtout le lien  "la gratuité ça payehttp://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2012-03-0047-007

 

 

Il existe des réseaux où les différences de tarifs sont justifiées par des prestations différentes (telle bibliothèque prête des DVD, telle autre non etc....). D'autres qui jouent sur un tarif unique pour les prestations de base (livres) et des tarifs supplémentaires pour les autres prestations (acces internet, DVD, jeux vidéos etc...), ce qui est le comble de l'inégalité. Ou des horaires plus larges. Des animations itinerantes ou non. Bref, parler de "carte commune" devient donc une imposture. La proposition de ton elu sur un tarif de base pour une bibliothèque locale (avec accès réservé à un ressortissant de la commune siège, ce qui est anormal) et un supplément pour un accès réseau, rejoint un peu ce mode de pratique. La solution devient donc pour toi de définir les prestations offertes par la carte unique et de définir en quoi elles sont identiques ou différentes.

 

 

Tu as la solution de Quimperlé qui joue sur les âges et les exonerations diverses gratuit pour les moins de 25 ans, les étudiants, les demandeurs d'emploi et bénéficiaires de minima sociaux. Pour les plus de 25 ans, la cotisation annuelle est fixée à 10 €. Pour les touristes et les collectivités, des conditions particulières seront proposées.https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimperle-29300/mediatheques-carte-unique-pour-tout-le-reseau-4226442.

 

Là encore en jouant bien le coup auprès des élus on peut faire passer quelque chose qui permettrait à 2 bibliothèques de sauver la face au niveau de certains tarifs (touristes par exemple), mais ce n'est évidemment pas la solution à terme. Mais parfois, les élus s'enferment dans une posture de base et finalement seraient bien contents qu'une solution "negociée" leur permette simplement de sauver la face...

 

Tu peux jouer aussi sur les grands arguments politiques : je pointe le manque d’identité qui caractérise souvent l’intercommunalité et il faut défendre la culture comme moyen d’apporter aux habitants le sentiment d’appartenance nécessaire à la cohésion sociale. Bref, créer une "culture réseau" etc...Avec une mutualisation réussie, l’intercommunalité peut permettre un service public plus efficient, et peut devenir une carte à jouer pour le développement de la Lecture Publique et l’accès à la culture. Au-delà des frilosités, voire des peurs que suscite cet inconnu qui transforme le métier, il faut être pragmatique et saisir cette mutualisation forcée comme un atout. L’enjeu est de faire avancer la qualité de nos médiathèques sur l’ensemble du territoire.

 

Ceci dit, il est possible que les prestations des différentes bibliothèques soient réellement différentes (notamment la future bib à 5 ETP dont tu parles) et permettent de justifier pour les élus des tarifs différenciés. La carte commune devient donc un leurre complet. D'ailleurs le service navette pour les réservations est un service commun puisque mutualisé. Certaines bibliothèques n'y participeraient pas ? Ou justifieraient d'un tarif supplémentaire pour avoir accès à la navette réservation toutes bibs ? On marche sur la tête. Mais il faut parfois aussi savoir pousser leur raisonnement jusqu'au bout pour en montrer les incohérences. La question de la mutualisation des services est sur ce point cruciale : on fait des réseaux pour diminuer les coûts de fonctionnement par la mutualisation des services.

 

Pas sur qu'une bib qui pratiquerait un tarif unique mais avec navette ne recueillerait pas plus d'adhérents qu'une bib, même bien dotée, qui ne proposerait pas ce service ou voudrait le rendre payant.

 

Normalement la création d'un réseau est définie dans un projet de service. La finalité d'une carte commune, familiale ou individuelle, doit y être définie, comme d'autres pratiques, ainsi qu'une grille tarifaire. Apparemment cela n'a pas été fait chez vous.

 

Tu en as un exemple sur https://bibliotheques.hautes-alpes.fr/espace-pro/boite-a-outils/fiches-thematiques/680-vers-la-mise-en-reseau-des-bibliotheques-ok

https://bdp971.files.wordpress.com/2018/02/bdp-50-ans_presentation-boris-petricien-reseau-sud-martinique2.pdf

http://dune.univ-angers.fr/fichiers/20131892/20172MHD7752/fichier/7752F.pdf (page 74 : la carte unique fait le lien entre chaque structure)

Modifié par Ferris
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Bonjour,

 

Merci beaucoup pour ta réponse (et désolée, j'aurais effectivement dû poster dans le sujet mis en lien, plutôt que d'en créer un nouveau).

Je suis personnellement tout à fait pour la gratuité mais c'est un sujet qui est très loin de faire l'unanimité chez nous (y compris parmi les bibliothécaires du réseau) et qui n'est malheureusement pas à l'ordre du jour :(

Et, en effet, comme l'interco n'a qu'une partie des compétences, on reste soumis aux décisions des élus, qui ont des politiques culturelles parfois assez différentes et qui ont le dernier mot sur les tarifs.

 

Les différences de tarifs pourraient peut-être se justifier pour certaines médiathèques, notamment la plus importante pour le moment, qui propose plus de services (notamment grâce à son médiateur numérique) et une offre plus variée (c'est la seule à proposer des CD par exemple), mais ça ne marche pas pour une autre (qui a un tarif élevé pas forcément justifié par rapport à son offre à mon sens...).

Mais l'idée de la carte unique sur laquelle tout le monde travaille depuis 2 ans, c'est vraiment qu'elle donne accès à tous ces services pour tous les adhérents du réseau (dont la navette et la circulation des documents, services mutualisés, pour faciliter la vie des usagers). Donc, comme tu le dis, ce serait un peu difficile de leur expliquer pourquoi ils devraient payer plus ou moins cher selon leur médiathèque d'inscription si c'est pour au final bénéficier des mêmes services...

 

Le projet de réseau ne contenait effectivement pas de grille tarifaire, qui devait être établie dans le cadre du travail de l'équipe réseau (coordinatrices, bibliothécaires, plus supervision/aide de la BDP). Et notre proposition n'est pas passée (la logique d'attractivité du service s'oppose à une logique comptable, je pense...)

 

On doit faire un point en équipe dans 15 jours. Je vais suivre ta recommandation et établir le plus clairement possible les prestations offertes par la carte unique + voir comment on peut travailler l'argument de la cohésion sociale du territoire... Après, les élections sont dans deux mois et il risque d'y avoir un peu de changement, donc on est aussi dans l'incertitude à ce niveau (peut-être qu'on aura de nouveaux élus favorables au tarif unique initialement proposé, peut-être qu'à l'inverse ils seront hostiles au réseau... on ne sait pas trop)

 

Merci en tout cas pour tous les liens, je vais creuser ça.

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Il est vrai que l'approche des élections, qui serait presque un sujet en soi, peut confiner les élus à un certain immobilisme. Pour d'autres, mais il ont déja deposé leurs dossiers de subventionnement, des modifications intéressantes au niveau culturel sont aussi un argument électoraliste. Un représentant de la DRAC me confiait un jour que c'était fou le nombre de dossiers qui arrivaient en corrélation avec les élections municipales...:D

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Si seulement ça pouvait être comme ça chez nous :sad: Ici, ils sont plutôt en mode "oulala, surtout ne bougeons pas". C'est dommage, mais bon...

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