Nausicaa

Etes-vous heureux ? Retour sur vos métiers

10 messages dans ce sujet

Bonjour,

 

je ne sais pas si c'est l'endroit adéquat pour poser cette question mais je tente le coup : j'aimerais lire vos témoignages, vous qui travaillez en bibliothèque (quelle chance !), vos joies, vos peines, vos satisfactions ou frustrations diverses...Bref j'aimerais en savoir un peu plus sur ce(s) métier(s), vos fonctions, les avantages et les inconvénients... Merci d'avance !

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Suis-je heureuse dans mon poste?

 

Oui, la plupart du temps. Je l'ai choisi ce métier, le poste que j'occupe également, c'est déjà beaucoup!

 

Après, comme dans tout métier, il y a des avantages et des inconvénients.

 

Commencons par le moins rigolo:

  • au regard de la charge de travail, je ne suis pas payée autant que dans d'autres métiers, filières!
  • gérer un réseau, c'est gérer de l'humain: les équipes, les usagers, les élus... Et ce n'est pas tous les jours une sinécure, loin s'en faut!
  • qui dit bibliothèque, dit en adéquation avec les attentes et besoins des publics, des usagers donc je travaille en partie quand les gens peuvent venir soit le samedi, le week-end, le soir...
  • FPT donc 25 jours de CA, plus 22 jours de RTT (207 jours travaillés à 7h45 soit, 38h45/semaine)
  • certains jours, j'aimerai avancer plus rapidement mais les projets, les évolutions, cela prend du temps.

Ce qui est sympa:

  • les jours ne se ressemblent pas
  • ce métier me donne l'occasion de rencontrer des auteurs, des artistes, de provoquer les rencontres entre ces artistes et les publics et ça c'est vraiment chouette
  • vu le contexte, il nous faut inventer, innover, adapter, la bibliothèque est un organisme vivant en constante évolution, donc pas d'ennui!
  • gérer l'appel d'offres du papier toilettes, celui des documents, une rénovation c'est un tout. C'est intéressant
  • avoir affaire à de l'humain, en fait la gestion d'équipe est ce qui me plaît le plus dans cette histoire!
  • travailler avec les différents services de la collectivité, soit les espaces verts, les finances, les RH, la politique de la ville, les musées, la com... Parce que seuls, nous ne sommes rien. Vraiment intéressant même si parfois ça grince un peu

Voilà, à chaud.

Ce qui est certain, c'est que je suis loin d'un poste tranquille, d'une routine.

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J'aime mon métier, c'est un fait ! J'ai la chance de faire un métier que j'ai choisi aussi, pour lequel j'ai fait des études, pour lequel j'ai obtenu un concours (et pour lequel j'en passe d'autres), dans lequel je fais énormément de belles rencontres (que ce soit dans mes différents postes donc de belles rencontres avec des collègues mais aussi des usagers, des artistes, etc), dans lequel j'apprends, découvre et échange tout le temps, tous les jours, dans lequel j'ai l'immense chance de voir plein de spectacles, de lire avant tout le monde les derniers bouquins qui arrivent ^^ (ça marche pour les films et les cd ah ah), dans lequel il faut être très réactif, suivre l'actualité du métier, métier qui bouge en permanence, construire des projets et dans lequel on se réinvente parfois aussi.

 

Et puis il y a des fois où les désillusions prennent le dessus, où quand rien n'avance ou pas comme je veux, ça m'agace, où j'ai l'impression d'avancer à reculons, où je me demande pourquoi je passe encore une fois ce concours alors que je sais que ce grade ne m'intéresse pas plus que ça mais que si je l'avais je pourrais faire tellement de belles choses encore (contradiction quand tu nous tiens!), où on se sent incompris ou inexistant par rapport à sa tutelle ou d'autres services, où je m'éclate plus autant qu'avant, où les projets s'enlisent...où le ronron parfois me guette (mais j'essaie toujours de l'endiguer avant qu'il ne me surprenne!).

Quand on a la tête pleine de projets et l'envie de les voir aboutir et que rien n'avance ou ne se fait (ça peut être pour tout un tas de raisons : budget, moyens humains, motivation des équipes, refus de la tutelle, etc), je dirais que c'est le plus dur à accepter.

 

Sinon y'a des jours où j'ai très envie d'étrangler certains usagers :-) mais la plupart du temps, ce sont surtout de bons échanges avec le public ;-).

Autre inconvénient, mais quand on choisit ce métier, on le sait d'avance : dans la FPT, si je ne m'abuse, la filière culturelle est la moins bien payée...Après, certaines collectivités trouvent des moyens pour augmenter un peu les salaires...

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J'aime mon métier mais les raisons pour lesquelles je l'ai choisi, il y a plus de 35 ans maintenant, ne sont peut-être plus d'actualité. La façon dont mon métier évolue ne me plait pas du tout. Du coup, si je devais faire un choix maintenant, avec les critères actuels qui définissent cette profession, je choisirais probablement une autre voie. Les désillusions, comme dit Paugo, finissent par peser lourd avec le temps. Et, malgré tout, quoiqu'en dise Louve, une certaine routine finit toujours par s'installer. Agaçante au début, confortable au milieu, et pesante à la fin.

 

Je voudrais citer une ex-collègue qui s'exprimait ainsi sur son blog il y a peu. Et je partage tellement son ressenti que je ne trouverais pas mieux à dire que de la citer.

 

Je n'ai même pas atteint la quarantaine que je suis déjà un dinosaure pour les bibliothèques publiques.  Pourquoi ?
Je n'aime pas travailler avec les enfants. 
Je n'aime pas faire les visites d'exposition pour les classes. 
Je n'aime pas organiser des jeux de piste. 
Je n'aime pas faire de la décoration ou des ateliers manuels.
Je n'aime pas jouer les gendarmes tous les mercredis après-midi, quand les meutes de mômes occupent la médiathèque, en figure libre, sans filet et sans aucun adulte responsable d'eux.

De plus, je ne suis pas animatrice culturelle. Il y en a. Ils adorent créer des événements, des happenings, mettre en valeur l'art et la création sous toutes leurs formes, attirer du monde avec du bruit et des petits fours. Ils font ça très bien. C'est leur métier, pas le mien. 

Le mien, c'est de faire de la médiation documentaire, de préférence pour les publics adultes. Tous les types, tous les supports de documents, numérique, papier, vidéo, audio. Tous les genres : documentaire, littéraire. De mettre les gens en relation avec les ressources dont ils ont envie ou besoin.

 

Effectivement, on est tous devenus des "animateurs culturels". Voire des animateurs tout court. J'ai une petite divergence avec elle à ce niveau c'est que j'ai aussi fait de l'animation pendant 20 ans, en plus. Et j'ai un très bon contact avec les mômes. Mais dans l'animation tout court. Dans mon métier c'est différent. Je ne mélange pas les missions.

 

Si j'entrais aujourd'hui dans la "carrière" j'aurais trop peur de finir à animateur à Disneyworld. C'est déjà ce à quoi me font penser de jeunes collègues...

 

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Je livre mon ressenti de bibliothécaire arrivé sur le tard (après plusieurs autres expériences dont celle de prof).

C'est un métier formidable que de transmettre et de servir d'interface entre les publics et les oeuvres (littéraires ou autres).

Mais - dommage ! - que d'énergie perdue, de modes organisationnels qui n'ont pour effet que de freiner les bonnes volontés, de luttes d'ego et de pouvoir...

Je m'interroge : à quoi est-ce dû ? Trop grande proximité avec les élus pour qui la sanction électorale vient pervertir tout travail sur le long terme ?

Cela ne se voyait pas de cette façon au sein de la fonction publique d'état...

Ce qui me fait parfois enrager, c'est que nous sommes là, en principe, pour une mission dont le rôle pacificateur n'est plus à démontrer (le fameux "vivre ensemble") mais que cette mission est empêchée par des mesquineries et autres lourdeurs hiérarchiques.

Mais, contrairement à la citation de Ferris, ce qui me motive, c'est le contact avec le public, notamment le public jeune, devant lequel la mission première retrouve fraîcheur et raison d'être.

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C'est une question difficile, tant elle est personnelle et tant le mot "heureux" ou "bonheur" renvoie pour moi davantage à un idéal, ce vers quoi on tend, quitte à l'effleurer sans jamais l'obtenir vraiment... 

 

Quoi qu'il en soit, je pense que je peux répondre par l'affirmative à cette question, du moins à cet instant T de ma carrière. Déjà quelques éléments de contexte. Je suis en poste depuis moins de 5 ans. J'ai toujours voulu exercer ce métier mais n'ai jamais voulu me fermer d'autres portes d'où des études moins fermées (pas de filière "métiers du livre" pour moi). Une conception du métier assez large (oui à la musique, au cinéma, aux jeux, aux concerts, aux tournois de jeux vidéo, etc.), les collègues qui râlent sur le fait de faire de l'accueil m'ont toujours surprise... (Mais on s'y fait, ça a l'air d'être commun à un paquet de gens), avec seuls deux secteurs que je souhaitais éviter : le patrimoine (pas assez à l'aise dans ce domaine, pas l'envie non plus) et le pôle jeunesse (ok pour des animations avec des enfants mais pas que ça). 

 

Du coup, je vais sans doute faire écho aux Disney World évoqués plus haut pas tant pis :-) Ce que j'aime dans ce métier, c'est l'accueil au sens large (inscrire mais aussi orienter l'usager, l'aider sur les pc également même si c'est juste mettre une photo sur FB), participer à la planification de l'ensemble des animations, en mener certaines de A à Z, d'accueillir/échanger avec des intervenants, recevoir les commandes (qui n'aime pas ouvrir les cartons :-D ? C'est Noël !), faire vivre les ressources numériques également (créer des sélections en ligne, écrire un avis pour le portail...).

 

Ce que je n'aime pas ? Les collègues qui râlent (mais j'ai une équipe top :-) ), les usagers désagréables ou collants (y'en a à chaque fois, c'est dingue !), les budgets qui baissent, les gens qui te disent "mais tu ne t'ennuies pas trop dans ton métier ?", le fournisseur/l'intervenant qui te plante, l'élu qui te snobe toute l'année mais qui veut que tu sois là pour les vœux du premier de l'an (et d'ailleurs, toutes les manifestations auxquelles on n'a pas envie d'aller mais auxquelles on doit se rendre, et ce même si c'est en-dehors de nos horaires de travail, ça on s'en fout), le fait de ne pas avoir d'espace seule pour appeler l'intervenant X sans avoir plein de bruit autour, les équipes ultra serrées pour pouvoir ouvrir. 

 

C'est un peu en vrac, mais c'était plus simple pour moi de le faire comme ça. À noter : je n'ai pas du tout de relation directe avec les élus, ce qui change tout de même la donne par rapport à d'autres ;-) 

 

Epsy.

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il y a une heure, Sniega a dit :

Mais, contrairement à la citation de Ferris, ce qui me motive, c'est le contact avec le public, notamment le public jeune, devant lequel la mission première retrouve fraîcheur et raison d'être.

 

J'ai bien précisé que je divergeais de la citation de la collègue sur ce point. Le contact avec le public est ma priorité y compris avec les enfants. Mais pas pour faire des marionnettes ou chanter des comptines avec de soi-disant "bébés lecteurs", concept pré-fabriqué sur lequel il y aurait beaucoup à dire. D'une façon générale je me méfie des collègues qui s'investissent trop dans ces groupes d'enfants, classes et autres. Ce sont des "publics captifs", qui viennent avec leurs accompagnateurs, lesquels sont venus bénéficier d'une prestation bien définie. L'enfant qui vient seul ou avec ses parents, est un vrai public.

 

D'accord avec les lourdeurs et lenteurs administratives, les travaux de gestion et de planification, d'autant plus présentes en tant que cadre. Quand on a la direction d'une structure et d'une équipe et qu'on rend des comptes aux élus en permanence, qu'on passe son temps à faire des argumentaires tarabiscotés pour obtenir la moindre bricole, et qu'on fait le bilan du temps qu'on a passé à jouer au comptable, au manager, au réparateur de copieur, à rappeler des fournisseur, à serrer des paluches d'élus, à assister à des réunions inutiles de chefs de service où tout le monde se contrefout de ce que fait l'autre etc...tout ça au détriment de l'accueil du public, on a vite fait de choisir ses priorités. Et de savoir pourquoi on se bat.

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Merci pour vos témoignages. Pour une néophyte comme moi, c'est passionnant de vous lire. Il est dommage que tant de bonne volonté soit freiné par les lourdeurs administratives. (Je connais un peu ça à l'EN !)

Une question à Epy :

On 20/07/2017 at 2:18 PM, Epsy said:

Déjà quelques éléments de contexte. Je suis en poste depuis moins de 5 ans. J'ai toujours voulu exercer ce métier mais n'ai jamais voulu me fermer d'autres portes d'où des études moins fermées (pas de filière "métiers du livre" pour moi).

Peux-tu m'en dire plus sur ta formation du coup ? Merci.

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@Nausicaa à l'époque, j'avais opté pour une licence en communication, (le métier de journalisme ou chargé de com' m'avait semblé être une porte de sortie possible en cas d'échec au concours, et la communication en général m'intéresse), et j'avais ensuite poursuivi en me réorientant sur un master pro documentation et numérique (un peu de cours sur les médiathèques/l'édition, mais également des choses autour de certains logiciels de type photoshop/gimp ou scribus (PAO) ainsi que de l'informatique dur (initiation au langages perl ou XML par exemple). Ca reste donc tout de même un parcours assez classique, (licence/master, plutôt sciences humaines), mais mes collègues de promotion ne travaillent pas en médiathèque pour la plupart : ce n'est donc pas la voie dédiée pour ce métier.

 

Epsy.

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il y a 59 minutes, Epsy a dit :

master pro documentation et numérique (un peu de cours sur les médiathèques/l'édition, mais également des choses autour de certains logiciels de type photoshop/gimp ou scribus (PAO)

 

Les bibliothèques et, plus largement les services culturels des collectivités, recherchent de plus en plus ce genre de compétences. Chez nous on vient de recruter un "chargé de communication digitale". En fait, derrière ce titre ronflant il fait des photos d’événements, les met sur le site, sur les différentes pages concernées, avec un petit article, et il tient ça à jour en collaboration avec le service communication. D'après ce que j'ai compris, son cursus de départ est assez basique (informatique niveau 1) et il a fait ensuite des stages plus spécialisés via le CNFPT et autres, payés par ses collectivités précédentes.

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