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Thomas Fourmeux

Voulons-nous des bibliothèques sous surveillance en France ?

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Thomas Fourmeux
Posté(e) (modifié)

L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) a publié dans sa revue Bibliothèque(s) deux textes consacrés à la liberté de s'informer et à la protection de la vie privée des usagers en bibliothèque. 

 

Ces deux contributions, l'une signée par Chloé Lailic, l'autre par Anna Marcuzzi alimentent dans ce numéro la rubrique "Le Débat", mettant en regard deux textes défendant des points de vue opposés sur des sujets suscitant des discussions au sein de la profession des bibliothécaires. 

 

Le procédé est en lui-même parfaitement louable, car il est important que les débats internes à un champ professionnel puissent être mis en visibilité, surtout lorsqu'ils touchent à des sujets complexes et délicats comme celui-ci. Néanmoins, nous sommes plusieurs à avoir été profondément choqués par les propos tenus par Anna Marcuzzi dans sa tribune, au point de ressentir le besoin d'y répondre publiquement. 

 

Le titre choisi donne déjà le ton : "Militant de la liberté ou sentinelle du pacte républicain ?". 

 

Le texte entend critiquer le "positionnement idéologique - voire dogmatique" des bibliothécaires qui s'affirment en faveur de la protection de la vie privée et  "[empêcheraient] ainsi d'avoir un débat de fond au sein de [...] la profession". Pour s'éloigner de cette "posture dogmatique" qu'elle n'hésite pas à qualifier de "libertaire", elle souhaite "reposer les termes d'un débat plus serein" en appelant à discuter de la "responsabilité du bibliothécaire-citoyen", notamment à propos de l'utilisation des connexions internet mises à disposition des usagers en bibliothèque : 

 

Quote

"Devons-nous pour autant ne pas interroger le monde dans lequel nous vivons et imaginer, par exemple, la possibilité d'une utilisation dévoyée des espaces publics que peuvent être les bibliothèques qui nous ramènerait alors à un questionnement sur notre positionnement - et notre devoir - de fonctionnaire (et même de citoyen) ?"

 

Cette question s'est posée avec beaucoup d'acuité pour les bibliothécaires français ces dernières années, notamment à cause de l'adoption de plusieurs textes de loi qui ont considérablement durci l'arsenal juridique mobilisable par les pouvoirs publics pour lutter contre le terrorisme. Ces mesures sont longtemps restées sans incidence directe sur les bibliothèques jusqu'à ce que le Parlement instaure en 2016 un délit de "consultation habituelle de sites faisant l'apologie du terrorisme ou incitant à la haine". La condamnation d'un usager consultant de tels sites à partir d'une bibliothèque devenait possible, avec deux ans de prison à la clé. Et cette éventualité n'est pas restée simplement théorique : au moins une personne a été condamnée sur cette base à partir d'informations communiquées par des bibliothèques à la demande de l'autorité judiciaire. 

 

Critiqué par une large partie de la société civile (y compris d'ailleurs l'ABF par le biais d'une déclaration publiée en janvier 2017), ce délit a finalement été annulé par le Conseil constitutionnel. Les neufs sages ont mis en cause le caractère disproportionné de cette sanction et l'atteinte aux libertés fondamentales que revêtait intrinsèquement la création d'un "délit de lecture" décorrélé d'actes positifs commis par des individus. Encore a-t-il fallu au Conseil s'y reprendre à deux fois, car après une première annulation en 2016, les parlementaires ont cru bon en 2017 de réintroduire ce délit dans une nouvelle loi dans une version "atténuée", pourtant déclarée tout autant inconstitutionnelle que la première mouture. 

 

Étant donné les tensions autour des questions de lutte contre le terrorisme, ces deux décisions du Conseil constitutionnel revêtent une forte valeur symbolique : elles rappellent qu'on ne peut mettre en place n'importe quelle mesure en invoquant la sécurité. Si l'on doit parler de "pacte républicain", comme s'y aventure Anna Marcuzzi, alors on doit considérer que le Conseil a rappelé au nom des valeurs de la République l'importance de la liberté de conscience. Il a également souligné à cette occasion, en s'appuyant sur l'article 11 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, qu'un accès libre à Internet était une garantie indispensable à l'exercice de la liberté d'expression et de communication. 

 

Les principes sont donc désormais absolument clairs, ce qui n'empêche pourtant pas Anna Marcuzzi de remettre en question l'arbitrage du Conseil Constitutionnel :    

 

Quote

 

"Peut-être est-il temps d'ailleurs d'évoquer ce qui a généré ce débat au sein de notre association, à savoir les éventuelles informations que des bibliothécaires seraient susceptibles de communiquer dans le cadre d'un soupçon de radicalisation de certains usagers compte tenu, par exemple des sites consultés dans les bibliothèques [...]

La radicalisation violente n'est pas un délit. Et c'est là que réside toute la difficulté et le malaise des professionnels que nous sommes face à des informations dont nous pourrions disposer et dont nous ne savons que faire. 

Les militants de la liberté vous diront de regarder ailleurs de ne surtout rien communiquer. A personne."

 

 

C'est ce passage en particulier qui est extrêmement choquant et que nous voulons dénoncer. Nous pourrions le faire en soulignant l’incompatibilité de tels propos avec la Charte de l'UNESCO sur les bibliothèques ou encore avec la Déclaration de l'IFLA sur la vie privée dans le monde des bibliothèques. Mais ces textes étant assis sur des valeurs, on nous taxerait encore certainement d'idéologie si nous les invoquions...

 

A vrai dire, il n'est même pas nécessaire d'en passer par là, car il suffit de s'en tenir au droit positif pour montrer à quel point les propos d'Anna Marcuzzi sont inacceptables et n'ont absolument rien à voir avec une "position équilibrée" qu'elle souhaiterait voir l'ABF adopter.

 

Car Anna Marcuzzi déplore en toutes lettres que la consultation habituelle ne constitue pas un délit  : "certains d’entre nous, malgré l'absence de délit - qui simplifierait de facto l'action à envisager, n'arrivent pas à se satisfaire de ce crédo libertaire".  Le problème, c'est que le délit de consultation a été annulé par le Conseil constitutionnel, non pas sur la base d'un "crédo libertaire", mais au nom de la protection des droits fondamentaux tels qu'ils résultent notamment de la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789. 

 

Déplorer cette décision revient donc à se mettre en porte-à-faux avec les valeurs de la Constitution et les libertés qu'elle protège. 

 

Ayant ceci en tête, d'autres passages du texte d'Anna Marcuzzi apparaissent problématiques, notamment celui -ci où elle en appelle les fonctionnaires à leurs "devoirs":  

  

Quote

"Parce que oui, j'aime à le rappeler parfois, nous sommes fonctionnaires. Pas activistes. Et cela nous oblige, jour après jour."

 

Mais quel est le but poursuivi par Anna Marcuzzi en remettant ainsi frontalement en cause une décision du Conseil constitutionnel ? Lorsqu'elle déplore que les bibliothécaires doivent "regarder ailleurs", appelle-t-elle à demi-mots nos collègues à exercer une surveillance sur les sites consultés par les usagers, alors même que la loi ne leur impose nullement une telle obligation ? 

 

Si c'était le cas, elle inciterait, non pas à respecter les devoirs des fonctionnaires, mais à les violer gravement, car le premier d'entre eux est le principe de légalité auxquels les agents administratifs sont strictement tenus. Se comporter comme si des actes des usagers étaient des délits alors que la loi ne les déclare pas comme tels est l'un des pires manquements qu'un fonctionnaire puisse commettre. Cela revient ni plus ni moins à encourager les bibliothécaires à exercer une fonction larvée de police sur une base illicite. Et ce sera d'autant plus le cas à l'avenir avec l'entrée en vigueur du RGPD qui impose un principe de minimisation dans la collecte des données nécessaires à l'accomplissement d'une mission de service public. L'obligation faite aux espaces publics offrant un accès internet de conserver les données de connexion n'implique pas d'identifier les utilisateurs, ni de conserver l'historique de leur navigation nominalement. Si tel était le choix des établissements, un consentement libre et éclairé est désormais nécessaire, sans qu'un refus puisse priver l'usager de l'accès à Internet. 

 

Le texte d'Anna Marcuzzi est par ailleurs émaillé de lourdes confusions, notamment lorsqu'elle se livre à une comparaison avec la consultation de sites pédophiles. Celle-ci constitue bien en tant que telle un délit, validé par le Conseil constitutionnel. Mais les deux situations sont complètement différentes : en ce qui concerne la pédophilie, le Conseil a estimé que l'instauration d'un délit n'était pas une mesure disproportionnée parce qu'il est possible d'établir sur une base objective le caractère pédophile d'une image (en fonction de l'âge de la personne représentée). Il n'en va pas de même pour la consultation de sites"faisant l'apologie du terrorisme", notion hautement subjective qui ne fait pas l'objet de la moindre définition dans la loi. Cet élément a pesé de manière déterminante dans la décision du Conseil, car instaurer sur une base aussi floue un délit de lecture ouvrirait grande la porte à la censure, que les bibliothécaires sont pourtant généralement prompts à dénoncer...

  

L'accusation d'idéologie a ceci de dangereux à manier qu'elle est récursive. Celui ou celle qui accuse l'autre d'être un-e idéologue le fait généralement à des fins rhétoriques afin de dissimuler la propre idéologie qui l'anime. On remarquera à ce propos que malgré les deux censures du Conseil, il reste encore en France quelques rares responsables politiques, comme Eric Ciotti, qui demandent une modification de la Constitution pour réinstaurer le délit de consultation habituelle. Cette précision aidera à mieux situer le type de terreau idéologique susceptible d'inspirer les nostalgiques de ce délit... 

 

Doit-on comprendre qu'Anna Marcuzzi appelle l'ABF à adopter une telle "position équilibrée" en soutenant ces projets hautement marqués de révision de la Constitution ? Car c'est aujourd'hui la seule façon dans notre système juridique de revenir sur les deux décisions du Conseil... 

 

Ne nous y trompons donc pas : ce qu'Anna Marcuzzi présente comme des questions de déontologie professionnelle constituent en réalité des positionnements politiques qui s'avancent masqués. Comble du confusionnisme (ou de la perte totale de repères ?), elle va jusqu'à mettre ce débat sur la protection de la vie privée sur le même plan que celui sur l'ouverture des bibliothèques qu'il conviendrait tous deux, selon elle, d'aborder "sans idéologie" ! 

 

Au-delà de ce qu'il faut bien appeler un dérapage individuel, il importe également de pointer les responsabilités collectives que la publication de tels propos implique. Comment un tel texte peut-il être publié dans la revue de l'ABF, comme s'il s'agissait de n'importe quelle "opinion", sans que le comité éditorial ne prenne au moins la précaution de marquer une distance vis-à-vis de lui ? 

 

Il est piquant à ce sujet de rappeler une anecdote ayant eu lieu en janvier dernier lors d'une journée organisée par l'ABF sur le thème "(Auto)-censure et surveillance de masse, quels impacts pour les bibliothèques ?". Dans ses propos introductifs, Xavier Galaup, le président de l'ABF - visiblement assez mal à l'aise - s'était cru obligé de préciser qu'il souhaitait qu'aucun propos tenu lors de cette journée n'incite à la violation de la loi, au motif que les bibliothèques "ne sont pas des pirates" (cf. enregistrement en ligne sur le site de l'ABF). 

 

Si ce souci scrupuleux de la légalité habite réellement l'ABF, peut-être serait-il bon de prendre garde d'un peu plus près à ce qui se publie dans sa revue, car ce n'est pas uniquement la loi qu'Anna Marcuzzi a mise à mal dans sa tribune, mais directement la Constitution et la Déclaration des Droits de l'Homme ! 

 

Nous aurions bien plus de choses à dire encore sur le plan des valeurs professionnelles et de la déontologie du métier de bibliothécaire, mais il nous suffit de nous en tenir à la lettre du droit pour dénoncer de tels propos et appeler l'ABF à prendre ses responsabilités en se démarquant vigoureusement et sans ambiguïté de ce point de vue. 

 

Il en va de l'éthique de responsabilité de l'association et de sa crédibilité à porter la parole des bibliothécaires français sur ces grands débats de société. 

 

Nous invitons les membres de l'ABF qui partagent ces préoccupations à l'exprimer en commentaire à ce post.

 

Des membres de l'Association des bibliothécaires de France

 

Thomas Fourmeux

Chloé Lailic

Lionel Maurel

Silvère Mercier

Pierre Naegelen

...

Modifié par Thomas Fourmeux
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xgalaup

Bonjour,

 

Merci aux signataires de lancer ce débat. Pour la bonne compréhension de tous, je partage le pdf des deux textes publiés dans la rubrique "Débats" du numéro de la revue "Bibliothèque(s)" de juin 2018.

 

RubriqueDébatBibliothèquesJuin2018.pdf

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B. Majour

Bien, Anna vient de nous rejoindre.

C'est très intéressant.

 

Merci à Xavier d'avoir rajouté le lien vers les articles concernés.

On va pouvoir regarder ça plus en détails.

  Bernard

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Bob

Bonjour,

 

Difficile pour l'instant de voir ça en détail vu que le lien vers les textes n'est pas valide. (merci Xavier d'y remédier).

Néanmoins, que de posture, que de violence, que d'intransigeance. Que voilà une étonnante conception du débat. C'est me semble-t-il ce que dénonce Anna Marcuzzi.

Bien sûr, nous, bibliothécaires, sommes attachés aux principes de liberté mais ne sommes pas pour autant exemptés de notre devoir de responsabilité.

C'est dit.

Pierre Halff

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Louve
il y a 5 minutes, Bob a dit :

le lien vers les textes n'est pas valide

 

Il faut être connecté à AgoraBib pour accéder au lien.

 

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Formation Rouen

N'y a-t-il pas moyen  de vous allier sur des terrains communs (car vous avez certaines idées convergentes) au lieu que l'un essaie d'exister en s'attaquant à un supposé establishment.

 

Ca apporte de la notoriété, OK, et donne un semblant de dynamisme (va-t-il dans le bon sens)... mais ça ne fait pas avancer la cause...

 

Conjuguez vos énergies et battez-vous ensemble... mais côte à côte. Face à ce que vous identifiez comme le danger commun.

 

Il me semble que ce sera placer les énergies sur quelque chose de productif et non pas un combat à mort qui ne mène nul part.

 

Enfin, moi je dis ça, je dis rien...

 

Une bib.

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Marcel

 

Pas  d'amalgame .

le Post de Thomas Fourmeux et des autres signataires ne s'attaque pas à un "establishment" mais bien à des idées.

Pas plus qu'il n'y a de "violence" et "d'intransigeance" dans ce texte.

 

Ce débat, ouvert dans la revue de l'ABF, doit se poursuivre.

Que des contradictions, des oppositions, des désaccords s'expriment c'est normal.

Il n'y a pas de "combat à mort (sic) ", mais si certains y voient un combat il s'agit bien d' un combat d'idées dans un dossier complexe et dont l'enjeu est crucial

 

Bibliothécaires libres et responsables, oui, en évitant les travers du corporatisme

 

 

 

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Thomas Fourmeux
3 hours ago, Bob said:

mais ne sommes pas pour autant exemptés de notre devoir de responsabilité

Justement parlons-en du devoir de responsabilité. Quelle est la responsabilité quand on invite des agents à réaliser quelque chose qui n'est pas encadré par un cadre légal ? C'est inenvisageable en tant que bibliothécaire et fonctionnaire de surveiller les usagers et les dénoncer pour consultation de sites alors même que le Conseil Constitutionnel a retoqué la proposition de loi qui visait à faire de la consultation de site terroristes un délit. C'est irresponsable de vouloir se résoudre à ce genre de pratiques.


Thomas

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B. Majour
Le 30/05/2018 à 09:00, Thomas Fourmeux a dit :

Dans ses propos introductifs, Xavier Galaup, le président de l'ABF - visiblement assez mal à l'aise - s'était cru obligé de préciser qu'il souhaitait qu'aucun propos tenu lors de cette journée n'incite à la violation de la loi, au motif que les bibliothèques "ne sont pas des pirates" (cf. enregistrement en ligne sur le site de l'ABF). 

 

Bonjour Thomas

 

Je ne vois pas le lien vers l'enregistrement en ligne sur le site de l'ABF.

 

J'ai juste trouvé ça :

https://www.abf.asso.fr/5/181/733/ABF/-auto-censure-et-surveillance-de-masse-quels-impacts-pour-les-bibliotheques-

http://www.abf.asso.fr/fichiers/audio_video/ABF/journees/20180129/Xavier_Galaup.mp3

 

Et pas entendu le passage ou Xavier Galaup annonce que les bibliothécaires ne sont pas des pirates.

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Géraldine Newton

Merci aux personnes qui font vivre ce débat. Il est un des fondements de mon engagement dans cette profession.

 

J'apporte une réflexion un brin méta sur la réception de ce débat telle que je la lis ici ou ailleurs :

 

J'observe depuis longtemps qu'une grande partie de mes collègues a un problème avec le débat et le conflit. J'élargis même à une confusion entre la dimension politique du métier (indéniable et noble) et une potentielle déformation partisane de ses missions.

 

Dans mon expérience professionnelle, les tentatives de créer du conflit sont presque systématiquement assimilées à de la violence ou à une volonté provocatrice et cela est grave à mes yeux. Les 1ers commentaires que je lis tendent à corroborer cette observation. Je précise que je ne suis pas adhérente à l'ABF et que je ne peux donc pas témoigner de la nature et de la forme des débats au sein de l'association, je témoigne seulement de ce que j'ai rencontré sur mes terrains : en bibliothèques territoriales et sur la Toile.

 

Je comprends que certains se sentent mal à l'aise face à cette tribune, soit parce qu'ils ne maîtrisent pas encore les enjeux du débat, soit parce qu'ils y sont opposés sur le fonds, soit parce qu'ils sont habitués à une forme d'hypocrisie qui lisse toute interaction. Pour ces derniers, je tiens à préciser que le conflit n'est pas la violence. Et, je ne vois aucune violence dans le texte de Thomas Fourmeux et alii. Ou alors il va falloir qu'on s'accorde sur le sens à donner à ce terme. Oui, il y a du jugement, de l'analyse, de l'engagement. C'est justement le but de ce format et il y en avait aussi dans le texte d'Anna Marcuzzi. Où est le problème ?

 

Soit vous êtes opposés à cette vision du métier et dans ce cas-là, exposez votre argumentaire sur le fonds du problème. Soit c'est la forme que vous trouvez agressive et là j'ai envie de vous apporter une information : un débat démocratique n'est pas une dissertation de philo mal ficelée qui tente à tout prix de réconcilier des opposés en un mélange tiédasse. Un véritable débat, à mon sens, fait émerger une solution que les participants, quel que soit leur bord, n'avaient pas imaginer au départ et qu'ils assument ensemble. Mais il faut en passer par l'affrontement des idées d'abord, arriver à une forme d'union implique une grande authenticité ; tout raccourci sera confortable à court terme mais voué à l'échec. Je précise bien que je parle d'affrontements des idées et pas des individus entre eux. C'est d'ailleurs tout l'intérêt d'une association : elle donne un cadre, elle régule les conflits.

 

Vous pouvez être en désaccord sur le fonds. Dans ce cas, défendez courageusement vos valeurs. Il y a une idéologie derrière la volonté de surveiller les usages numériques de nos utilisateurs comme derrière la volonté de défendre leurs libertés individuelles. Idéologie n'est pas un gros mot, cela veut dire "vision du monde". Si vous vous interrogez sur la possibilité de surveiller les sites consultés par vos utilisateurs et de les dénoncer aux autorités, j'imagine  que vous nourrissez par cette posture un besoin de protection, de sécurité, d'ordre, de soutien et de confiance. Ce sont des besoins que tout le monde a, vous n'avez pas à en avoir honte. Anna a eu raison de les évoquer. Alors, allons dans le vif du sujet maintenant ! Ne retardons pas le débat en se dissimulant derrière des considérations effarouchées sur le ton de l'apostrophe.

 

Vous pouvez aussi faire partie de ceux qui sont plutôt en accord sur le fonds et expriment un malaise et une peur que le débat dérape, dépasse certaines limites. C'est tout à fait légitime. Je ne le souhaite pas non plus. Mais cela a longtemps été, j'ai l'impression, l'excuse pour éloigner toute forme de conflit dans nos milieux bien policés en surface. Or, le conflit est nécessaire à la démocratie. C'est son mode opératoire normal. C'est l'évitement des conflits qui mène à la violence. Tant que nous mettrons sous le tapis les fractures qui traversent la profession, nous n'avancerons pas. Et nous serons d'autant moins écoutés par nos tutelles que nos divisions seront invisibles, noyées sous un faux consensus. Assumons nos divisions et seulement après cherchons les buts communs, nomdidjou !

 

Ce qui m'inquiète c'est que, dans ma vision du métier, c'est au sein des bibliothèques que les citoyens pourraient apprendre ce débat démocratique. Mais quand je vois que nous avons du mal avec cette notion au sein même de la profession, je me sens découragée, dépitée. La bibliothèque, pilier de la démocratie ? J'aimerais y croire, m'enfin y'a manifestement du boulot.

 

Musclons notre culture du conflit démocratique, que diable !

 

Ce débat sur notre posture vis-à-vis des libertés fondamentales est primordial pour l'avenir de notre métier.

Qui sait, peut-être que si je constate que l'ABF fait sincèrement ce qu'elle peut pour créer un espace pour ce conflit, garantir un cadre pour des échanges non-violents ET conflictuels, j'assumerai moi aussi mes positions et j'y adhérerai enfin. :wink:

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Thomas Fourmeux
25 minutes ago, Géraldine Newton said:

Merci aux personnes qui font vivre ce débat. Il est un des fondements de mon engagement dans cette profession.

 

J'apporte une réflexion un brin méta sur la réception de ce débat telle que je la lis ici ou ailleurs :

 

J'observe depuis longtemps qu'une grande partie de mes collègues a un problème avec le débat et le conflit. J'élargis même à une confusion entre la dimension politique du métier (indéniable et noble) et une potentielle déformation partisane de ses missions.

 

Dans mon expérience professionnelle, les tentatives de créer du conflit sont presque systématiquement assimilées à de la violence ou à une volonté provocatrice et cela est grave à mes yeux. Les 1ers commentaires que je lis tendent à corroborer cette observation. Je précise que je ne suis pas adhérente à l'ABF et que je ne peux donc pas témoigner de la nature et de la forme des débats au sein de l'association, je témoigne seulement de ce que j'ai rencontré sur mes terrains : en bibliothèques territoriales et sur la Toile.

 

Je comprends que certains se sentent mal à l'aise face à cette tribune, soit parce qu'ils ne maîtrisent pas encore les enjeux du débat, soit parce qu'ils y sont opposés sur le fonds, soit parce qu'ils sont habitués à une forme d'hypocrisie qui lisse toute interaction. Pour ces derniers, je tiens à préciser que le conflit n'est pas la violence. Et, je ne vois aucune violence dans le texte de Thomas Fourmeux et alii. Ou alors il va falloir qu'on s'accorde sur le sens à donner à ce terme. Oui, il y a du jugement, de l'analyse, de l'engagement. C'est justement le but de ce format et il y en avait aussi dans le texte d'Anna Marcuzzi. Où est le problème ?

 

Soit vous êtes opposés à cette vision du métier et dans ce cas-là, exposez votre argumentaire sur le fonds du problème. Soit c'est la forme que vous trouvez agressive et là j'ai envie de vous apporter une information : un débat démocratique n'est pas une dissertation de philo mal ficelée qui tente à tout prix de réconcilier des opposés en un mélange tiédasse. Un véritable débat, à mon sens, fait émerger une solution que les participants, quel que soit leur bord, n'avaient pas imaginer au départ et qu'ils assument ensemble. Mais il faut en passer par l'affrontement des idées d'abord, arriver à une forme d'union implique une grande authenticité ; tout raccourci sera confortable à court terme mais voué à l'échec. Je précise bien que je parle d'affrontements des idées et pas des individus entre eux. C'est d'ailleurs tout l'intérêt d'une association : elle donne un cadre, elle régule les conflits.

 

Vous pouvez être en désaccord sur le fonds. Dans ce cas, défendez courageusement vos valeurs. Il y a une idéologie derrière la volonté de surveiller les usages numériques de nos utilisateurs comme derrière la volonté de défendre leurs libertés individuelles. Idéologie n'est pas un gros mot, cela veut dire "vision du monde". Si vous vous interrogez sur la possibilité de surveiller les sites consultés par vos utilisateurs et de les dénoncer aux autorités, j'imagine  que vous nourrissez par cette posture un besoin de protection, de sécurité, d'ordre, de soutien et de confiance. Ce sont des besoins que tout le monde a, vous n'avez pas à en avoir honte. Anna a eu raison de les évoquer. Alors, allons dans le vif du sujet maintenant ! Ne retardons pas le débat en se dissimulant derrière des considérations effarouchées sur le ton de l'apostrophe.

 

Vous pouvez aussi faire partie de ceux qui sont plutôt en accord sur le fonds et expriment un malaise et une peur que le débat dérape, dépasse certaines limites. C'est tout à fait légitime. Je ne le souhaite pas non plus. Mais cela a longtemps été, j'ai l'impression, l'excuse pour éloigner toute forme de conflit dans nos milieux bien policés en surface. Or, le conflit est nécessaire à la démocratie. C'est son mode opératoire normal. C'est l'évitement des conflits qui mène à la violence. Tant que nous mettrons sous le tapis les fractures qui traversent la profession, nous n'avancerons pas. Et nous serons d'autant moins écoutés par nos tutelles que nos divisions seront invisibles, noyées sous un faux consensus. Assumons nos divisions et seulement après cherchons les buts communs, nomdidjou !

 

Ce qui m'inquiète c'est que, dans ma vision du métier, c'est au sein des bibliothèques que les citoyens pourraient apprendre ce débat démocratique. Mais quand je vois que nous avons du mal avec cette notion au sein même de la profession, je me sens découragée, dépitée. La bibliothèque, pilier de la démocratie ? J'aimerais y croire, m'enfin y'a manifestement du boulot.

 

Musclons notre culture du conflit démocratique, que diable !

 

Ce débat sur notre posture vis-à-vis des libertés fondamentales est primordial pour l'avenir de notre métier.

Qui sait, peut-être que si je constate que l'ABF fait sincèrement ce qu'elle peut pour créer un espace pour ce conflit, garantir un cadre pour des échanges non-violents ET conflictuels, j'assumerai moi aussi mes positions et j'y adhérerai enfin. :wink:

Merci pour votre contribution au débat qui pose une véritable question et permet de prendre du recul pour pouvoir discuter du fond. 

 

Thomas

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Géraldine Newton
Citation

Merci pour votre contribution au débat qui pose une véritable question et permet de prendre du recul pour pouvoir discuter du fond. 

 

Avec joie !

Si c'est le cas alors ce long post n'aura pas été vain.^_^

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B. Majour
Posté(e) (modifié)
Il y a 3 heures, Marcel a dit :

9h30 - 9h45 : Ouverture de la journée par Xavier Galaup, Président de l’ABF

se positionner à7'35

 

Merci Marcel, on a bien effectivement le mot pirates à 8:06.

Et ensuite, Xavier Galaup rajoute : "à titre individuel, vous faites ce que vous voulez".  (comme il l'a précisé juste avant, dans le respect du statut de fonctionnaire et du choix des élus)

 

Il y a 1 heure, Géraldine Newton a dit :

Avec joie !

Si c'est le cas alors ce long post n'aura pas été vain.^_^

 

Merci Géraldine, j'en suis arrivé à la même conclusion que la tienne : "c'est au sein des bibliothèques que les citoyens pourraient apprendre ce débat démocratique".

 

Nous, on peut l'apprendre ici. :wink:

Modifié par B. Majour

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Thomas Fourmeux
Posté(e) (modifié)

Le Bureau National de l'ABF a publié un message sur Facebook condamnant notre tribune et la qualifiant d'"attaque personnelle" contre Anna Marcuzzi. Comme tout le monde n'est pas inscrit sur Facebook, je prends la liberté de reproduire ici le message du BN ainsi que ma réponse 

 

Quote

"L'ABF a souhaité créer une rubrique débat dans la nouvelle formule de sa revue. Le débat ouvert dans le numéro de juin 2018 se prolonge sur internet et les réseaux sociaux. Si les débats sont utiles et indispensables à la profession, nous condamnons fermement l'attaque personnelle à l'encontre d'Anna Marcuzzi."

 

Ma réponse :

 

Quote

L'ABF a souhaité créer une rubrique débat mais sans accepter le débat. A aucun moment, nous commettons une attaque personnelle. Nous répondons point par point à la tribune d'Anna Marcuzzi qui s'exprime publiquement. Nous n'extrapolons rien. Nous démontrons que son texte est une invitation des bibliothécaires à dénoncer des usagers qui pourraient consulter des sites terroristes alors que ce n'est pas sanctionné par la loi. Le conseil constitutionnel a rejeté par deux fois les tentatives de rendre délictueuse la consultation de sites terroristes. Ce n'est pas qu'on ne respecte pas son avis, c'est simplement qu'on dit que son avis encourage à des actions illégales à l'encontre des usagers.
Nous avons exprimé notre désaccord en rappelant ce que prévoit la loi et en invitant les bibliothécaires à être prudents dans leur choix au regard de nos missions et d'une éthique. Si répondre à une tribune qui invite au débat est une attaque personnelle, alors ce n'est pas un débat.

 

Notre réponse n'est aucunement une attaque personnelle mais simplement une réponse argumentée sur le fond. Le débat au sein de l'ABF n'existerait-il que sous la forme du consensus ? Comme j'ai pu le dire ailleurs notre réponse n'est pas un procès d'intention ni un lynchage public, c'est un débat ! Nous avons décidé de répondre à l'auteure d'une tribune par opposition idéologique et en tant que bibliothécaires.

 

Thomas 

Modifié par Thomas Fourmeux

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Smilodon fatalis

C'est pire que des bibliothèques sous surveillance, il s'agit de bibliothécaires surveillants et de viol du pacte de confidentialité que nous devons à nos usagers, et d'un recul d eplus de l'Etat de droit.

L'association des bibliothécaires américains ALA a eu à faire avec des dérives de ce genre dès les débuts du Patriot Act, qui a depuis trouvé des émules en France, visiblement.

L'Etat se justifie (la trouille pour encourager l'aspiration à un pouvoir fort) et assouvit ses tentations liberticides en se servant du terrorisme comme prétexte pour instaurer une surveillance généralisée qui permet à son tour d'assigner à résidence voire d'emprisonner sans jugement , sur décision administrative ou policière , des tas de gens qui ne lui plaisent pas: manifestants, écologistes, acteurs des mouvements sociaux, sans papiers, coupables du délit de solidarité et tout ce qu'on veut,  de délits à l'état d'intention, de délits potentiels, sans limite prévisible et généralement sans cadre juridique ou dans un cadre d'exception, quitte à légaliser ensuite ses pratiques arbitraires. Entre nos ministres de l'intérieur et les entreprises type Facebook qui trafiquent allègrement des données personnelles,  nous n'aurons bientôt plus qu'à demander l'asile politique en Turquie.

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B. Majour
il y a 1 minute, Smilodon fatalis a dit :

nous n'aurons bientôt plus qu'à demander l'asile politique en Turquie.

 

Plutôt en Russie, non.

Au moins on ira retrouver Depardieu. :w00t:

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Ferris
Il y a 4 heures, Géraldine Newton a dit :

Et, je ne vois aucune violence dans le texte de Thomas Fourmeux et alii

 

Non mais pas loin, car ce texte est bourré de procès d'intention et d'interprétations (que veut-elle dire, doit-on comprendre que, sous ses propos ne se cache t'il pas ceci ou cela, c'en est bourré ) ce qui met extrêmement mal à l'aise. On n'est pas loin de l'attaque personnelle.

Par ailleurs nous savons tous que beaucoup de collègues décisionnaires, et ce n'est pas récent, pratiquent discrètement mais de fait, l'activisme militant, sous-tendu par des positions idéologiques.

Le texte d'A. Marcuzzi est une pièce d'un débat complexe qu'il ne s'agirait pas de fermer brutalement par de l'invective.

 

Il y a 4 heures, Thomas Fourmeux a dit :

J'observe depuis longtemps qu'une grande partie de mes collègues a un problème avec le débat et le conflit. J'élargis même à une confusion entre la dimension politique du métier (indéniable et noble) et une potentielle déformation partisane de ses missions.

 

Cette phrase de Géraldine est très juste mais on peut en avoir une interprétation différente de celle qu'elle développe ensuite.

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Thomas Fourmeux
21 minutes ago, Ferris said:

Non mais pas loin, car ce texte est bourré de procès d'intention et d'interprétations (que veut-elle dire, doit-on comprendre que, sous ses propos ne se cache t'il pas ceci ou cela, c'en est bourré ) ce qui met extrêmement mal à l'aise. On n'est pas loin de l'attaque personnelle.

Ce n'est absolument pas un procès d'intention. Essayez de prendre le recul nécessaire pour observer la situation. L'abf ouvre la porte du débat,  nous nous sommes emparés de cette opportunité. La rubrique s'appelle bien débats non ? Nous avons répondu en argumentant et mettant en lumière les dérives que représentent les propos d'Anna Marcuzzi dans la mesure où elle invite à surveiller ce que font les usagers pour s'assurer qu'ils ne consultent pas des sites terroristes. Or, ce raisonnement ne s'appuie sur aucun fondement juridique. C'est cela que nous dénonçons. En quoi est-ce un procès d'intention ? Est-ce que répondre à quelqu'un dans une confrontation d'idées peut-il être qualifié d'attaque personnelle ? Je ne crois pas sauf si à défaut de répondre sur le fond on tente de s'attaquer à la forme.

 

Thomas

  • Pas clair 1

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xgalaup

Je rebondis sur les propos de @Ferris pour ré-affirmer qu'il s'agit, selon mon interprétation, d'attaque personnelle contre Anna Marcuzzi. Critiquer et argumenter contre son texte est tout à fait possible sans la citer de manière nominative plus de 10 fois. L'article aurait pu être structurer différement en introduisant de la manière suivante: Nous ne sommes pas d'accord avec l'article d'Anna Marcuzzi dans la revue bibliothèque... puis énoncer ses désaccords au fur et à mesure en disant par exemple les affirmations de l'article sur tel point sont fausses, l'article est sur tel point en contradiction avec la constitution, etc... c'est à dire mettre en avant le contenu de l'article et pas la personne qui l'a écrit.

 

La structuration de l'article est accusatoire: Anna Marcuzzi ceci, Anna Marcuzzi cela, etc... quand vous écrivez ceci:

Citation

Ne nous y trompons donc pas : ce qu'Anna Marcuzzi présente comme des questions de déontologie professionnelle constituent en réalité des positionnements politiques qui s'avancent masqués

 

vous sous-entendez et accuser indirectement Anna Marcuzzi sur un point non-vérifié... cela relève bien du procès d'intention sur ce qu'il pourrait y avoir de cacher derrière ses propos. Sans compter que l'on trouve des adjectifs dépréciatifs associés à son nom...

 

A cela nous pouvons ajouter une rhétorique, peut-être (je souligne intentionnellement), qui opposerait les défenseurs de la liberté que vous êtes à l'auteur de l'article qui n'a rien compris à rien qui ne connais rien à la loi et qui est pour le flicage du public... tout ce qui ne faut pas faire, qui est faux et mal retombe sur elle nominativement.

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Thomas Fourmeux
3 minutes ago, xgalaup said:

L'article aurait pu être structurer différement en introduisant de la manière suivante: Nous ne sommes pas d'accord avec l'article d'Anna Marcuzzi dans la revue bibliothèque... puis énoncer ses désaccords au fur et à mesure en disant par exemple les affirmations de l'article sur tel point sont fausses, l'article est sur tel point en contradiction avec la constitution, etc... c'est à dire mettre en avant le contenu de l'article et pas la personne qui l'a écrit. 

C'est exactement ce que nous avons fait. Nous avons introduit notre texte et démontré notre désaccord au fur et à mesure du texte en montrant en quoi son raisonnement est en contradiction avec la Constitution. Même plus que cela, que son raisonnement sous-entend une ambiguïté en invitant les bibliothécaires à faire quelque chose d'illégal. Surveiller des usagers en vue de les dénoncer n'est pas légal.

 

7 minutes ago, xgalaup said:

vous sous-entendez et accuser indirectement Anna Marcuzzi sur un point non-vérifié.

 

On ne sous-entend rien. On répond à son texte en opposant d'autres  arguments. C'est l'essence même du débat .

 

Et oui on cite son nom puisque on répond à sa tribune. Elle est publiée dans la revue, elle l'a signée,  son nom apparaît. Nous ne révélons rien, nous répondons.

 

Vous avez beau jeu de vouloir inviter au débat mais dès que des idées contradictoires sont formulées, vous brandissez la carte de l'attaque personnelle. Mais vous ne répondez pas sur le fond et refusez le débat que vous avez soi-disant ouvert. L'ABF n'est plus actuellement une association de débat.

 

Thomas

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Géraldine Newton
Posté(e) (modifié)
Il y a 3 heures, B. Majour a dit :

 

Merci Géraldine, j'en suis arrivé à la même conclusion que la tienne : "c'est au sein des bibliothèques que les citoyens pourraient apprendre ce débat démocratique".

 

Nous, on peut l'apprendre ici. :wink:

 

Je l'espère mais à présent je doute qu'il y ait une volonté sincère : la réaction de l'ABF sur Facebook me donne finalement à penser que c'est une institution qui privilégie la surface bien policée dont je parlais au conflit démocratique.

Par ailleurs, heureusement que le message a été diffusé sur d'autres plateformes, parce que ceux qui ne sont pas sur Facebook mais suivent les communiqués officiels comme moi auraient été bien en peine d'avoir la position de l'ABF. Bon, comme ce forum est à moitié désert, je peux comprendre, m'enfin ça ne fait pas très sérieux en termes de communication.

En gros, voilà le message que j'entends dans cette réaction : "le débat superficiel et inoffensif est accepté mais dés qu'on rentre dans le véritable travail, ouhlala, surtout pas de vague, tapons donc sur les doigts de ceux qui osent invoquer des décisions du conseil constitutionnel".:hmm:

 

Si rappeler la loi républicaine est une "attaque personnelle" alors je ne comprends vraiment plus rien à ce qui se passe chez vous et je ne vois pas comment je pourrai y avoir une place. Ce n'est pas encore cette année que l'ABF aura mon adhésion. :(

 

J'aurais peur de ne pas me faire entendre. ça fait 8 ans que j'exerce ce métier dans la précarité malgré mon bac+6, que j'ai accepté de jouer le jeu de ces fichus concours, que je nourris une réflexion sur l'évolution du métier tout en ayant la tête dans le guidon du quotidien, ce n'est pas pour m'entendre dire dés qu'on aborde la raison même de ma vocation, le libre accès au savoir et à la culture : "tout va bien, Madame la marquise, dans le fonds on est tous d'accord, reprenez donc une madeleine". Non, tout ne va pas bien ! Non, nous sommes pas d'accord entre nous sur un sujet grave. Oui, il va falloir en parler et, oui, ça risque de ne pas être confortable. Guess what : la paix n'est pas confortable ! La paix, ça se construit. Je veux bien m'engager mais j'ai besoin de préserver mon temps et mon énergie, je ne le ferai que si j'ai un cadre et des garanties pour qu'un véritable débat puisse avoir lieu.

 

Enfin, j'attends encore l'argumentaire des collègues qui regrettent que la consultation de sites radicaux islamistes ne soient pas un délit et qui pensent que plus de surveillance dans les bibliothèques serait une avancée pour le bien commun. Le texte d'Anna Marcuzzi est un début mais j'aurai besoin de plus pour comprendre leur position. Peut-être est-ce moi qui suis passé à côté sur les réseaux sociaux ? Je suis sincèrement curieuse de tout positionnement clair à ce sujet, mais je n'en trouve pas.

Modifié par Géraldine Newton
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xgalaup

@Thomas Fourmeux @Géraldine Newton pris en flagrant délit de procès d'intention. Ou est-il écris que l'ABF ne répondra pas sur le fond? Nulle part. Donc pour l'instant et clairement vous spéculer sur une absence éventuelle de prise de position de l'ABF sur le sujet.

 

Je réagis d'abord sur le ressenti des attaques nominatives car pour moi c'est ce qui est plus important. Je constate que vous niez complètement le fait que le texte cite et attaque d'abord Anna Marcuzzi et donc que le dialogue va être difficile. De votre coté vous ne le ressentez pas le contenu de l'article comme une attaque personnelle mais d'autres le perçoivent comme tel. Malheureusement la forme est très importante et nuit à la manière dont le message peut être reçu.

 

L'ABF ne refuse aucun débat tant que cela se fait dans le respect des uns et des autres. Il y a eu des AG ou des Conseils Nationaux avec du débat dans le respect.

 

Ensuite c'est l'ABF qui décidera de son calendrier pour répondre.

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Thomas Fourmeux
1 hour ago, xgalaup said:

Ou est-il écris que l'ABF ne répondra pas sur le fond?

C'est écrit nulle part mais pour l'instant l'abf ne répond pas sur le fond. Elle évite le débat,  en gagnant du temps,  en nous accusant d'attaque personnelle.

 

1 hour ago, xgalaup said:

des Conseils Nationaux avec du débat dans le respect.

Je n'étalerai pas ici la cuisine interne de l'ABF mais ne nous amène pas sur ce terrain-là. Je pourrais te rappeler le nombre de réponses des présidents de groupes régionaux sur les proprositions de la commission stratégie numérique.

 

1 hour ago, xgalaup said:

Je réagis d'abord sur le ressenti des attaques nominatives car pour moi c'est ce qui est plus important.

 

Tu frises la malhonnêteté en insistant sur ça. Nous avons nommé Anna parce qu'elle est l'auteure de cette tribune. A moins qu'elle ne reflète l'avis du BN ? Dans ce cas, il faudrait songer à se positionner clairement sur la surveillance en bibliothèque.

1 hour ago, xgalaup said:

L'ABF ne refuse aucun débat tant que cela se fait dans le respect des uns et des autres.

Cachez-vous encore une fois derrière un argument formel pour éviter de parler du fond. L'ABF est-elle pour ou contre la surveillance en dehors de tout cadre légal ? Reponds par oui ou non. Ce n'est pas difficile !

 

Thomas

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