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Je trouve intéressant de pouvoir mettre en commun les interrogations, les expériences et les évaluations concernant la mise en réseau des bibliothèques dans les intercommunalités.


 


Personnellement je n'en ai pas l'expérience car chez nous la création d'une nouvelle structure, suite à la fusion de deux communautés de communes, n'a changé que peu de choses au niveau culturel (sauf le transfert d'une salle de spectacles d'une commune à la communauté), encore moins, donc pour les bibliothèques. 1 an après, il n'y a toujours pas de site internet disponible pour cette nouvelle communauté.


 


Ce sont donc des questions que je me pose, ceux d'entre vous qui vivent cette mise en réseau pourront peut-être y répondre ou partager leurs expériences, ou apporter eux-mêmes leurs interrogations.


 


La première interrogation concerne le fonctionnement de ces nouveaux réseaux. Comment cela peut-il fonctionner s'il existe déjà une structure par commune, avec toutes la diversité que cela implique? (structures associatioves, bénévoles, municipales, professionnalisées...)


Quel peut être le rapport entre une moyenne ou une grosse médiathèque et des petites bibliothèques?


Y a-t-il des exemples de "disparitions" de bibliothèques, résultant de fusions et d'une installation dans une structure neuve?


 


La deuxième interrogation concerne les catalogues et l'informatique: autant de structures à mettre en réseau, autant de catalogues et presque autant de SIGB et d'OPAC.


Y a-t-il des exemples de telles mises en réseau?


 


S'il est possible, je pense, de mutualiser acquisitions, animations..., qu'en est-il des budgets?


 


Enfin, quel peut-être le rôle des BDP dans ces différentes étapes, que ce soit par leurs propositions ou l'organisation des passages des bibliobus ou des navettes?


 


Beaucoup de questions, mais qu'il me semble intéressant de mettre en commun...


(je ne me pose pas la question sur l'emploi...)


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Wouh là ! Tu me demande de t'écrire une thèse entre la poire et le fromage ! Bon. Commence par te documenter sur la réalité des réseaux. (On est très loin d'un partenariat volontaire entre deux bibliothèques, ce qui a pu exister de tous temps).
1) Le guide de la mise en réseau.http://www.lirentouraine.com/tl_files/lirentouraine/doc/guidemisereseau4.pdf. (Je te conseille page 15 le chapitre "vrai ou faux" sur les idées reçues...)
2) Des exemples, tu en as à la pelle. Tu tapes "réseau de bibliothèques" au pif et ça dégringole. Tiens il y en a un très rigolo sur http://chamousset-en-lyonnais.com/index.php?page=notre-reseau-de-bibliotheque. 13 bibliothèques, 160 bénévoles, 2 salariés. Comment ça marche ?
Tu as le Réseau de la Com. de Derval (7 communes, 120 bénévoles) qui explique bien la démarche avec toutes les étapes chronologiques, l'informatisation, la professionnalisation etc... :http://www.journal-la-mee.fr/248-lecture-publique-a-la-com-com-de.html.

J'ai volontairement pris des petites structures, mais tu as la même chose sur Lyon, Clermont etc..;

En gros, pour trouver quelque chose de symboliquement fort, par rapport aux anciens systèmes de cooperation entre communes,  avec conventions, fonctionnaires détachés etc..:à partir du moment où, sur un même territoire administratif, un lecteur peut réserver et emprunter n'importe où et rendre n'importe où, on est forcément en réseau.

 

Parce que, tout simplement, ce qu'il faut mettre en place en termes de moyens financiers, administratifs et informatiques ,et de mutualisations des moyens, informatiques, SIGB, portail, système de réservations, navettes, personnels, compétences etc...pour arriver à ce (simple) résultat, suppose déjà qu'en amont tout est déjà fait. Chaque commune a délégué la compétence administrative "lecture publique" à une intercommunalité, gérée par un conseil communautaire, etc, etc...

 

Ces processus ont souvent duré plusieurs années, des élus locaux ont rechigné, repoussé etc..; Mais 2014 sonne la fin de la récré : Au premier janvier, aucune commune en France ne pourra rester "isolée". Elle sera regroupée au sein d'une intercommunalité. De force, par le Préfet s'il le faut. Tu as un petit article là-dessus sur des "rechigneux" qui y passent :http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Politique/n/Contenus/Articles/2013/10/24/Intercommunalite-la-fin-des-communes-isolees-1661455.

 

La compétence "lecture publique" peut être conservée par une commune pour sa bibliothèque. Mais, économiquement, Est-ce son intérêt ? Evidemment non. Par ailleurs les BDP poussent et aident au mouvement, et depuis longtemps. Elles y ont aussi tout intérêt : avoir un seul interlocuteur au lieu de dizaines, regrouper leur offre, leurs formations, animations etc...

 

Bon, je vais bouffer parce que j'ai fait tintin ce midi....

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Nul besoin de rédiger une thèse, Ferris (surtout avant d'aller casser la croûte...), mais de partager ses expériences, que ce soit celles des agents embauchés pour la mise en place de ces structures, ou celles des personnels en place.


Si aucune commune ne peut plus être isolée, la réforme territoriale conduit également à des regroupements d' EPCI. Quelles conséquences sur la compétence de lecture publique ?


S'il apparaît que le seuil du nombre d'habitants d'une commune ou d'un EPCI (10000) pour la coopération avec les BDP soit devenu obsolète, certains conseils généraux privilégient leur action vers des territoires prioritaires (par exemple des EPCI de moins de 25000 habitants).


Les exemples sont nombreux, certes, autant pour des petites structures que pour des grandes, comme à Clermont ou Quimper (http://mediatheques.quimper-communaute.fr/iguana/www.main.cls?surl=bib_reseau)


Mais la compétence de lecture publique n'est pas toujours transférée et cela peut entraîner des inégalités pour les petites communes, celles appartenant à un territoire où existe un équipement important (avec des frais d'inscription plus élevé pour les habitants hors commune), ou celles où existent deux ou trois structures moyennes, professionnalisées et équipées informatiquement (comme le montre bien le vrai/faux du guide de la mise en réseaux).


 


Une première réponse est apportée quant à l'action des BDP vers les EPCI et la lecture publique dans le rapport de l'IGB (voir http://www.lagazettedescommunes.com/216128/un-rapport-de-ligb-balise-lavenir-pour-les-bibliotheques-departementales-de-pret/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=18-01-2014-quotidien)


 


Ce rapport est consultable ici :


http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2013/74/9/BDP-Rapport-5.12.13_286749.pdf


 


On y lit ceci :


« La France est loin d’être couverte de bibliothèques. Certes, il y a eu beaucoup de choses de faites, mais il y a aussi beaucoup de choses à refaire car elles sont devenues obsolètes, poursuit Dominique Arot. Tous les équipements réalisés dans les années 1970 et 1980 sont aujourd’hui souvent trop petits, trop cloisonnés, inadaptés à l’offre numérique, dépourvus d’espaces de travail collectif ou d’action culturelle. Il y a besoin de renouveler le parc. Sans parler de la demande de bibliothèques de quartier. »


Et sans parler de l'immobilier (conformité aux normes de sécurité, accessibilité handicapé, vétusté...)


 


Mon interrogation sur l'intercommunalité portait notamment sur le transfert des compétences culturelles et de la lecture publique en particulier aux EPCI, et j' ai trouvé une réponse :


Les notions de « prise de compétence culturelle » n'existent pas dans les textes régissant les EPCI (Code général des collectivités territoriales), qui ne font mention, parmi les compétences optionnelles, que « d'équipements culturels ».

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De toutes façons ça reste deux aspects "optionnels". Je suis dans le cas d'un EPCI résultant de la fusion de 4 communautés de communes. Et tout est passé sous compétence EPCI, sauf des petites choses bien particulières (organisation de festival, actions patrimoniales etc...) qui sont restées sous la compétence de certaines communes. Les communes subsistent. Par contre les anciennes intercommunalités aux quelles elles appartenaient n'existent plus. Si bien qu'une commune X qui organisait son Festival X avec l'appui et le soutien financier de son intercommunalité XXX, se verra maintenant obligée de l'assumer seule. Ou dans un partenariat/conventionné avec l'EPCI ? Jusqu'à quand ?
 
La question c'est que beaucoup de communes ont eu peur de "perdre leur identité" dans les fusions. Et le culturel reste une façon de préserver son identité. Alors comme le culturel reste une compétence optionnelle, elles ont parfois préféré la garder, en tout ou partie.
 
Pour l'action des BDP, comme je te le disais, ça ne change rien, sinon en mieux, puisque ces mouvement s'accompagnent d'un élargissement territorial, donc extension du champs de la lutte, comme dirait l'autre. Pour elles, c'est tout bon. Et elles oeuvraient déjà dans ce sens. Maintenant elles deviennent quasi-indispensables, notamment pour la periode de mise en place. D'ailleurs ton rapport Gazette le signale aussi : Car ni l’intercommunalité ni l’augmentation du nombre de bibliothèques n’invalide le besoin d’une aide extérieure et d’une action conduite à l’échelle de l’ensemble du territoire départemental. La lecture publique continue d’avoir besoin de réseaux départementaux. Or qui, mieux que les BDP, est à même de construire ces réseaux.

 

Chez nous c'est à l'instigation de la BDP que nous sommes passés sous SIGB commun. Ce qui était un premier pas, mais indispensable pour le reste. Je compte entre 5 et 6 ans de travail pour arriver au final en 2013. C'est qu'il faut en convaincre des gens, tu ne peux pas imaginer !

 

Non, la vraie question, c'est, maintenant que ces réseau fonctionnent, petits ou grands, comment fonctionnent-ils  et qu'est-ce que cela apporte réellement à la lecture publique sur un territoire ? Quelle mode d'organisation été choisi par les intercommunalité pour piloter leur réseau ? Respect de la diversité antérieure ou centralisation et uniformisation ? poldocs locales ou poldoc unique ? Mise en place de nouveaux services ? Lesquels ? Le numérique est très présent dans les discours, qu'en est-il dans a réalité ? Mobilité des agents (theme des mouvements de grève sur Nantes et autres) sur toutes les structure pour rationaliser ou maintien sur place de noyaux connaissant bien les publics locaux ? Mutualiser, oui, mais quoi ? Jusqu'où va la "mutualisation" (mot-valise parfois en terme de respect des particularités locales ? Un directeur de Réseau ou un Coordinateur ? Car la nuance est forte. Et la place du DAC ? Ou sont les échelons décisionnels ? Etc...

 

Les vraies questions, hors aspect administratif, sont là. Et les réponses appartiennent à chacun... 

Modifié par Ferris
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Bonjour


Voici notre retour d'expérience, depuis 3 ans...


Depuis de nombreuses années les responsables des 7 bibliothèques de l'intercom (13000 hab. au total) faisaient pression auprés des élus pour que les 7 bibliothèques soient en réseau. Les élus de chaque village freinaient des 4 fers, invoquant la dépense, la perte d'identité, etc... (en fait, surtout par esprit de clocher, ce qui plombe souvent la mise en place de projets innovants dans les ECPI). il y a 3 ans, la CC nous a accordé une demi-mesure: le personnel restait municipal, les collections aussi, le public devait se déplacer pour emprunter et rendre les documents dans chaque bibliothèque... mais le prêt et le catalogue était en ligne, nous étions enfin en réseau, c'était mieux que rien.


 


Bilan aujourd'hui?


La mise en réseau a permis aux 7 bibliothèques d'être plus visibles pour le public, de mettre en place des animations communes. Malgré le refus des élus, nous nous voyons tous les mois, et nous échangeons documents et idées.


Ces rencontres permettent aux 4 microbibliothèques de sortir de leur isolement, et aux 3 "grandes" bibliothèques" de percevoir la réalité economique et humaine des autres bibliothèques. 


Le public apprécie les possibilités multipliées qu'offre le réseau, et les complémentarités de chaque bibliothèque.


Négatif? Des soucis techniques, dus à la prise de risque minimum de la CC. La mise en réseau des catalogues et des fichiers lecteurs a été réalisée à la va vite, sans concertation avec le personnel, et beaucoup d'erreurs se sont accumulées. La maintenance n'est pas au top: pas de référent coté logiciel, pas de référent coté CC, et les élus considèrent qu'ils ont satisfait nos caprices, et que ça suffit comme ça.


Le public circule, et découvre les ressources des bibliothèques, mais le plus souvent au profit des "grandes" bibliothèques (pas grave, du moment qu'il est satisfait)


 


Conclusion: La mise en réseau des bibliothèques dans la CC (surtout en milieu rural) est un atout, et une bouffée d'oxygène pour le public et le personnel.


Mais il faut que le projet soit bien pensé, dans la concertation avec les personnels concernés.


Le choix du logiciel est important: inutile d'en choisir un trés sophistiqué, mais il faut qu'il y ait des référents compétents qui collectent les infos et suivent l'évolution des interventions.


L'idéal serait bien sûr que le personnel et les collections soit géré par la CC, mais bon... Le fait que chaque village garde sa bibliothèque est une bonne chose aussi, pour assurer un service de proximité (l'un n'empêche pas l'autre).


La BDP? Elle n'intervient pas auprés des élus pour nous soutenir. Sinon, le service reste le même.


 


Voili voilou!


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Merci pour cet exemple très concret, Popocarré.


Dommage que le chemin ne soit fait qu'à moitié!


Si j'ai bien compris, le réseau est entièrement informatisé, le catalogue est en ligne (il permet d'indiquer où se trouve tel ou tel document), mais les collections restant municipales, le public doit rendre chaque ouvrage où il l'a emprunté? (merci de m'indiquer si je n'ai pas bien compris!)


Cela doit être également compliqué de se retrouver entre structures municipales pour des projets intercommunaux!


Je ne comprends pas bien non plus l'indifférence de la BDP, qui n'aide pas à lutter contre l'esprit de clocher!

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L'idéal serait bien sûr que le personnel et les collections soit géré par la CC
 
C'est ce qui fait toute la différence entre les "anciens réseaux" chapeautés par les BDP au nom de leur réseau lecture départemental, ou des réseaux à initiative propre où tout reste entièrement communal, et les réseaux intégrés dans une intercommunalité unique. C'est ce vers quoi on va de toutes façons.

Le public circule, et découvre les ressources des bibliothèques, mais le plus souvent au profit des "grandes" bibliothèques (pas grave, du moment qu'il est satisfait)

Pa grave ? Si un réseau doit favoriser les grosses structures au détriment des petites, et amener le public à se déplacer vers les grosses, c'est le contraire d'une bonne gestion territoriale de la lecture publique et cela peut amener à une désertification progressive.

Stupéfiant que la BDP ne soit pas intervenue, au moins à titre ce conseil. A moins qu'elle n'ait senti tellement de réticences de la part des élus qu'elle a préféré ne pas s'en mêler. Les BDP ont un rôle très "politique", ne l'oublions pas.

Merci en tous cas pour ton retour d'expérience.

Modifié par Ferris
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 Si un réseau doit favoriser les grosses structures au détriment des petites, et amener le public à se déplacer vers les grosses, c'est le contraire d'une bonne gestion territoriale de la lecture publique et cela peut amener à une désertification progressive.

Forcément, cette mise en réseau a permis aux lecteurs frustrés des petits villages (genre 600 hab.) de découvrir les richesses des structures plus grandes (CD, DVD, revues, par exemple)... Devait-on les empêcher? il n'empêche que ces microbibliothèques gardent un atout important et irremplaçable: la proximité, le réseau local, la convivialité. Et comme le personnel est boosté par les échanges et contacts inter-bibliothèques, le bilan est loin d'être négatif pour ces bibliothèques (moi, je suis dans une "moyenne": 1800 hab)

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Il ne s'agit pas d'empêcher quoi que ce soit mais de se battre pour que tous les citoyens d'un même territoire administratif puissent réellement bénéficier des CD, DVD et revues comme tu les cites, et des accès internet. Là où la petite commune n'avait pas les moyens, l'intercommunalité les a désormais. Donc ça change la donne. Les petits villages auraient la convivialité et les autres tout le reste ? Des citoyens d'un même territoire auraient le "choix" entre prendre leur voiture et faire 20 bornes pour chercher leur DVD dans "la grosse" ou rester à papoter dans la "petite" ? Tu sais combien de personnes, notamment âgées ne sont pas voiturées dans certains villages ?


 


Tu sais ce que ça veut dire "équité territoriale" ? Le document doit aller vers les gens et non l'inverse. Ce doit être le premier axe d'action d'un bon réseau de lecture publique. Sinon on a qu'a continuer comme au bon vieux temps des réseaux BDP ou le rural avait le droit, par bénévoles interposés le plus souvent, de monter "choisir" dans un bibliobus aux trop rares passages, tandis que l'urbain choisissait lui-même "à la centrale" parmi cent fois plus de documents ! Non merci. Si c'est ça les réseaux intercommunaux, ça vaut pas le coup !


Modifié par Ferris
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Je suis absolument d'accord avec ce principe d'"équité territoriale", pour laquelle nous nous sommes tant battues (pour un demi-succès, hélas, mais j'y crois encore!). Je disais simplement que, étant donné l'imperfection du système mis en place, les "petites" bibs ne s'en tiraient pas trop mal.


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Merci pour cet exemple très concret, Popocarré.

Dommage que le chemin ne soit fait qu'à moitié!

Si j'ai bien compris, le réseau est entièrement informatisé, le catalogue est en ligne (il permet d'indiquer où se trouve tel ou tel document), mais les collections restant municipales, le public doit rendre chaque ouvrage où il l'a emprunté? (merci de m'indiquer si je n'ai pas bien compris!)

Cela doit être également compliqué de se retrouver entre structures municipales pour des projets intercommunaux!

Je ne comprends pas bien non plus l'indifférence de la BDP, qui n'aide pas à lutter contre l'esprit de clocher!

Tu as bien compris, Fanch, le système... qui fonctionne mieux qu'on ne pourrait le croire, grâce à la volonté et à la solidarité des bibliothécaires qui le contournent. La mise en réseau est un plus, car nous montons des projets "de réseau", qui sont plus visibles, donc plus appréciés par les pouvoirs publics, et donc plus aidés financièrement.

Je pense que la BDP n'est pas indifférente, mais impuissante: elle ne peut pas faire pression sur des collectivités territoriales, elle peut simplement donner un avis (les élus n'en tiennent pas compte)

Bref: réseau intercommunal: oui oui oui! Mais il faut qu'il y ait une volonté politique derrière, un projet cohérent et de la concertation avec les personnels impliqués.  

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  • 1 month later...

Pour continuer d'alimenter la réflexion sinon le débat : l'édito de la dernière lettre "Culture" de Territorial porte sur les intercos et la compétence culturelle.


L'auteur y analyse ce qu'il appelle les "moteurs essentiels", "les menaces" (ou les freins) et les "opportunités" en matière d'intercommunalité culturelle de façon générale.


Bonne lecture.


 


http://www.territorial.fr/uploads/Newsletters/newsletter-CULT_410_1393788147.html


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Excellent article. J'y repère l"essentiel, qui correspond très exactement à la problématique vécue actuellement dans pas mal d'intercos "après fusion" et rejoint la question de l'équité territoriale à travers la question des évolutions de perimêtres :


 


(...)un contexte financier fragile où le financement de la culture est souvent compté comme valeur d'ajustement. Rien de particulier au regard des autres collectivités territoriales si ce n'est la question des évolutions de périmètre des intercommunalités (par fusion ou intégration). Elle implique certaines fois une renégociation des compétences qui peut amener soit un recul pour la culture soit un redéploiement possible.http://www.territorial.fr/TPL_CODE/TPL_NWL_ART_FICHE/PAR_TPL_IDENTIFIANT/76890/863-la-lettre-des-professionnels-du-secteur-culturel-des-collectivites-territoriales.htm


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Une illustration des possibilités données par la mise en réseau des bibliothèques: la mise en place des fonds flottants.

Voir à ce sujet l'article sur le site Savoirs CDI:

 

http://www.cndp.fr/savoirscdi/societe-de-linformation/la-politique-documentaire/des-reflexions-et-des-realisations-en-provenance-detablissements-scolaires/les-fonds-flottants.html

 

"Selon Dominique Lahary, un fonds flottant "désigne un fonds de documents rattaché non à une bibliothèque particulière mais à un ensemble de bibliothèques, et qui par principe n’est pas a priori localisé dans l’une d’elle. Chacun des documents est localisé là où le dernier usager l’a rendu.
Un fonds flottant peut être total (tous les documents de toutes les bibliothèques concernées) ou partiel (tout ou partie des documents de tout ou partie des bibliothèques concernées).
"

 

"Conditions techniques à privilégier :
— acquisitions coordonnées et partagées
— tâches bibliothéconomiques identiques (catalogage, indexation uniformisée…) : chaque médiathèque doit fonctionner de la même façon.
— fonctionnement identique entre les différentes structures (gratuité, harmonisation des conditions de prêt, règlement intérieur commun…).
— mise en place d’une navette qui tourne sur les différents sites de manière régulière
— SIGB adapté à ce type de fonctionnement
— il est également intéressant que le personnel tourne de manière hebdomadaire sur l’ensemble du réseau (ainsi, les usagers peuvent obtenir leur document réservé plus rapidement et le personnel s’inscrit vraiment dans l’idée de travail en réseau). A noter, que le travail en équipe est essentiel."

 

C'est le fonctionnement identique entre les différentes structures qui me semble être le principal frein à la mise en réseau, notamment lorsque celles-ci fonctionnent depuis longtemps.

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C'est catastrophique, la négation de tout ce qui fait la particularité d'un public, d'un bassin de vie, la complémentarité des fonds, la circulation d'agents aussi neutres que des pions etc.... Je connaissais cette théorie (qui traduit bien la mentalité des Bédépistes !). La théorie n'est pas nouvelle : 


 


« Le jour viendra peut-être où les livres nomades, allant et venant où un lecteur les appelle, n’auront plus d’adresse fixe »Eugène Morel, Bibliothèques : essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans les deux mondes, Mercure de France, 1909.


 


Et ce qui n'est pas dit c'est qu'à terme de ce genre de politique, tous les fonds des bibliothèques se ressembleront et seront, de fait, constitués par les publics. Les éliminations et les choix d'acquisition seront dictés par les seuls taux de rotation des documents et non par les demandes locales, le renforcement ou l'équilibre des fonds locaux etc...Quant à l'uniformisation des moyens de traitement, elle sonnera le glas des fonds thematiques locaux. Tu as un chouette fonds "sorcières", identifié de telle manière dans telle bib, moi j'ai un fonds "princesse" etc...: Terminé !


 


Dominique Lahary, le Conservateur qui se prenait pour un bibliothécaire (il n'a jamais accepté de se présenter autrement que comme bibliothécaire et c'est à mon avis une imposture) veut réaliser là un rêve de technocrate. Plus les kilos de papier tournent plus il est content ! Il a à de nombreuses reprises manifesté son mépris de ce qu'il appelle la conception "patrimoniale" des fonds.


 


​Le problème c'est qu'avec les baisses budgétaires et l'augmentation des réseaux, ce genre de proposition risque de nouveau de faire des adeptes !


Modifié par Ferris
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Bonjour


Je suis nouvelle sur ce forum, même si je lis tout ce qui se rapporte à l'oral du concours d'assistant (que je passe lundi).


 


Pour ma part, je suis bibliothécaire intercommunale. 


Je suis employé par une CDC (nous sommes deux) pour coordonner un réseau des 12 bibliothèques municipales. 


Le réseau a été créé en 1994 à l'initiative de bénévoles qui souhaitaient travailler ensemble et mutualiser les moyens. Elles ont poussés les élus de plusieurs communes à embaucher du personnel en commun puis en 1999, la compétence réseau est passé à l'interco, même si les BM sont municipales. 


Elles ont leur personnel, leurs bénévoles, leurs collections. Chacune avec son identité et son public.


 


Par contre, nous mutualisons les moyens:


- système informatisé commune


- base commune pour les doc et les lecteurs


- une navette pour les documents 


- possible de rendre et d'emprunter n'importe où mais les docs reviennent toujours à la bib propriétaire


- des acquisitions complémentaires: permet de mieux gérer des petits budgets, tout en tenant compte des demandes des lecteurs et des particularités de chacune, de l'équilibre des fonds par biblio.


- des outils de communication commun pour les animations. Chacune décide tout en tenant compte des voisines. Permet une offre plus diversifiée pour les usagers qui n'hésitent pas à se déplacer.


- modalités de prêts communs / gratuité / une carte d'adhérent unique


- une convention entre les communes et la CDC


 


Nous sommes un appui professionnel et faisons le lien entre elles. 


Mais nous avons aussi des actions propre au réseau, pris en charge par la CdC et que les communes seules ne pourraients assumer.


Je précise qu'elles sont entre 500 et 3500 habitants donc des petites communes rurales selon les critères des beaucoup de personnes. 


Les lecteurs vont au plus près. L'énergie des bibliothèques ne dépend pas de la taille des communes mais de l'énergie des professionnels, des équipes de manière générale et de leurs compétences. Les lecteurs ne vont plus dans la plus importante car le fonds n'y est pas de meilleure "qualité", l'accueil est moins "personnalisé" et moins accueillant. 


 


Ce n'est pas la panacée, encore beaucoup d'esprit de clochers et la CDC est encore souvent vue comme la source d'argent et au besoins des communes.


L'étape suivante serait le transfert total à la CdC. Plus facile à gérer certe mais quelles identités propre à chaque biblio ensuite et quel investissement des élus dans leurs communes?


 


L'objectif pour moi est la satisfaction de l'usager et le dvp de la lecture publique sur le territoire voire au-delà.


 


Nous sommes très soutenus par notre BDP même si ils réfléchissent encore trop "bibliothèque autonome" et non "réseau" sur certains points.


 


Pour faire du lien entre les bibliothèque, une personne neutre, non engagé dans une bibliothèque, est indispensable. C'est cette personne qui fera que le réseau fonctionne ou non.


Modifié par ValérieT
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L'étape suivante serait le transfert total à la CdC. Plus facile à gérer certes mais quelles identités propre à chaque biblio ensuite et quel investissement des élus dans leurs communes?


 


Toute la question est là en effet. Si la mutualisation va trop loin, c'est l'uniformisation qui guette et la fin d'une complémentarité entre les bibs, complémentarité qui faisait que l'usager se déplaçait, comme tu le dis très bien. Que fera alors l'usager ? Si la mutualisation va jusqu'à globaliser les acquisitions puis les relocaliser ensuite dans chaque structure, alors c'est que c'est allé trop loin. Les achats sont déconnectés de chaque réalité locale qui, du coup est niée dans sa spécificité. Bénévoles et professionnels locaux reçoivent les nouveautés choisies pour eux par le ou les "coordinateurs" et , du coup, ne se motivent plus trop pour les mettre en valeur.


 


Elles ont leur personnel, leurs bénévoles, leurs collections. Chacune avec son identité et son public.


 


Pourvu que ça dure !


 


Plus facile a gérer.


 


Chez nous ils ont cru que la mise en place des réservations avec navette (le livre va vers l'usager et l'usager peut rendre n'importe où) faciliterait les choses en permettant un bonus pour l'usager dans les deux sens. Résultat : un travail supplémentaire énorme, des frais de déplacement importants. Le résultat : ça ne représente que 3.5% des prêts de tout le réseau. Ceux qui se déplaçaient continuent à le faire, ceux qui restent en fréquentation de proximité continuent de le faire. Ceux qui utilisent le système de réservation ne représentent statistiquement rien et ce sont toujours les mêmes lecteurs.


 


Les lecteurs vont au plus près. L'énergie des bibliothèques ne dépend pas de la taille des communes mais de l'énergie des professionnels, des équipes de manière générale et de leurs compétences. Les lecteurs ne vont plus dans la plus importante car le fonds n'y est pas de meilleure "qualité", l'accueil est moins "personnalisé" et moins accueillant. 


 


Pas tout à fait. Une majorité de lecteurs va tout de même dans la structure la plus riche en choix de documents. Pour beaucoup qualité = choix.  La chaleur de l'accueil est certes plus évidente dans les petites structures mais on reste sur un lectorat très ciblé (personnes âgées non voiturées, petits enfants tant qu'ils ne vont pas au collège de la "grande ville", l'ado est absent ). Tout est dans l'appréciation de la dynamique propre à chaque "bassin de vie", comme on dit maintenant. Certains vont en bib en allant faire leurs courses, donc la proximité du supermarché va jouer etc...tous ces paramètres sont à prendre en compte.


 


La recherche effrénée d'une hypothétique facilité de gestion, alliée à la volonté de faire des économies (c'est tout de même le but principal des regroupements), peut amener à une centralisation excessive, une dépersonnalisation des structures, un surcroît de travail et au final à l'appauvrissement général de l'offre-réseau, en "mettant le paquet" sur les structures les plus fréquentées et en abandonnant les autres. En tous cas, c'est le risque. L'administration commune, la prise de compétence unique, ce n'est plus les partenariats choisis, les conventions etc...qui étaient des systèmes d'une grande souplesse.


 


Les moyens que mettront les communes ?


 


Tout dépend du type de regroupement choisi, et notamment du type de fiscalité. Chez nous, après la fusion, chaque commune verse à l'intercommunalité le budget de fonctionnement de l'année précédant la fusion (salaires compris évidemment), mais l'intercommunalité peut ensuite répartir cet argent différemment. Autrement dit, il n'y a pas de moyens supplémentaires. Donc de nouveaux projets ne pourront trouver leur financement qu'à travers la mutualisation (là, apparemment chez toi l'essentiel est déja en place), les économies et une répartition budgétaire différente pour chaque structure. Et là il y a aussi un risque : une bib autrefois bien dotée par sa commune pourra, au nom de l'équité territoriale, se retrouver moins bien pourvue qu'avant...


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  • 10 months later...

Lecture publique : les promesses de l’intercommunalité : la position de l'IABD, publiée le 26 janvier.
http://www.lagazettedescommunes.com/322616/lecture-publique-les-promesses-de-tercommunalite/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=06-02-2015-quotidien
 
Intéressant de mettre en parallèle ce qui est un véritable plaidoyer pour la mutualisation et les réseaux, et la question que se posaient encore les professionnels en octobre 2013 : Bibliothèques et intercommunalité : les professionnels n’identifient toujours pas le modèle à suivre.Un article pragmatique où D. Lahary disait avec raison :« Mettons les institutions entre parenthèses et regardons si l’intercommunalité apporte des services en plus pour le public. Si ce n’est pas le cas, rien ne justifie un transfert »

 

http://www.lagazettedescommunes.com/198589/bibliotheques-et-intercommunalite-les-professionnels-nidentifient-toujours-pas-le-modele-a-suivre/

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