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accueil public particulier


Discoman
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Bonjour,


 


je souhaiterais avoir des conseils concernant un public particulier: les sans domicile fixe.


Chez nous certains viennet pour utiliser des postes internet, et d'autre pour profiter d'un abris.


Seulement, bien que nous n'ayons rien contre ses personnes, ils posent un problèmes:


ils font fuir les lecteurs: d'une part en raison de leur hygiène (même si  ils en souffrent aussi), de leur état souvent aloolisé et de leur nombre.


N'ayant pour l'instant aucune politique particulière à leur égard et bénéfissiant de la procimité d'un parc, il arrive que nous ayons une proportions "importante" de "SDF" a savoir 1/3 des usagers.


De plus en plus de lecteurs de plaignent et ne reviennent pas.


N'ayant pas de vigil, ni de directive particulière de notre direction, il est difficile de savoir quoi faire.


Je suis, donc, à la recherche d'idée nous permettant de trouver des solutions (bien évidement autre que de les mettre dehors).


 


En vous remerciant.


 


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Paugam a sorti un livre intéressant à ce sujet, "des pauvres à la bibliothèque : une enquête au Centre Pompidou", paru aux PUF l'année dernière je crois... Ca ne t'apportera pas de solutions clé en main, mais ça te donnera peut-être des clés... on est pas tous le Centre Pompidou, et on a pas tous les même moyens, mais la reflexion est très intéressante.


...

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Paugam a sorti un livre intéressant à ce sujet, "des pauvres à la bibliothèque : une enquête au Centre Pompidou", paru aux PUF l'année dernière je crois... Ca ne t'apportera pas de solutions clé en main, mais ça te donnera peut-être des clés... on est pas tous le Centre Pompidou, et on a pas tous les même moyens, mais la reflexion est très intéressante.

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oui, évoqué là : http://www.agorabib.fr/index.php/topic/272-des-pauvres-%C3%A0-la-biblioth%C3%A8que/

sans toutefois entraîner de nombreux échanges, mais peut-être cela va-t-il se relancer ici.

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ouh là! Compliqué effectivement...


Le problème des bibliothèques est de pouvoir accueillir en un même lieu des publics disparates dont certains posent objectivement souci. Le problème c'est que la bibliothèque n'est pas juste un lieu de propositions de documents, c'est aussi un endroit où il y des humains. Et parmi ces humains, il y en a des plus moins sympas, de plus ou moins propres, des plus ou moins déglingués...


 


Quand l'odeur est insupportable (oui, ça arrive, pas la peine de le taire), ça devient compliqué, quand un public chasse l'autre ça devient compliqué, quand les toilettes ne sont plus utilisables car dégoûtants (malgré les agents d'entretien qui passent et repassent) ou cassés, l'accueil en pâtit, quand on en arrive à ne faire que de la régulation (fais pas ci, fais pas ça), on a l'impression de se perdre en route.


 


La tentation devient grande alors de rajouter des lignes au règlement en oubliant que si ce règlement est trop restrictif, les autres usagers, les "bons usagers", ceux qui respectent les règles vont être aussi touchés à un moment ou un autre.


 


Le point fort de la médiathèque est qu'elle aujourd'hui le seul lieu ouvert à tous, celui où on peut renter sans payer, sans montrer de papiers... Elle est si ouverte que le dehors rentre. Et quand il est dur le dehors, on se le prend en pleine face. Alors on fait du mieux que l'on peut.


 


On sait que nos ressources, ça ne les intéresse pas ce public. Comme le dit Ferris, ils s'abritent, se posent, se reposent, essayant plus ou moins de se fondre dans la masse. En ne réalisant pas que c'est peine perdue, on les reconnaît...


 


La bibliothèque comme asile... Le dernier asile car les églises sont souvent fermées (et puis pas si bien chauffées que ça), quand elles sont ouvertes bien souvent c'est pour un intérêt historique, patrimonial, touristqiue... Faudrait pas quu ça fasse tache, là aussi, ils sont virés ces publics "particuliers". Les centres d'accueil? Trop peu, et avec des horaires de nuit... Alors en journée, c'est direction le centre commercial si les vigiles ne les virent pas ou bien la bibliothèque.


 


Sans oublier que dans ces publics il y en a qui objectivement n'ont pas un comportement altruiste: quand vous réalisez que le chef monnaye la "meilleure place", que c'est toujours le même qui fait surveiller ses affires par les autres, là le dehors et toute sa violence vous le voyez!


 


Alors, les râleurs, les "gens biens" arrivent et vous conseillent: faut filtrer voyons, faut laisser rentrer que ceux qui ont une carte, faut choisir.


 


Et comment on choisit? Il y a 74 ans, certains ont choisi, on voit ce que ça a donné... L'exclusion n'est jamais bonne, elle nous entraîne vite, trop vite vers le pire...


 


Alors que faire? Eradiquer la pauvreté, oui, bon on y est pas encore, éradiquer les causes de déglingue, idem, c'est pas pour demain...


 


En attendant, nous bibliothécaires, gardons à l'esprit qu'il faut que la bibliothèque reste le plus largement ouverte à tous, pour tous, avec tous


 


Louve (qui parfois, aimerait que le pays des bisousnours soit réel)


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J'avais raccourcis mon premier message, parce que je trouve que c'est un sujet compliqué à traiter, et que je n'arrivais pas à expliquer ce que je voulais, de la façon dont je le voulais.


 


On a eu un cas, quand j'étais en stage en BM, on a eu le cas d'un berger (possible que j'en ai déjà parlé ici), qui descendait une fois toute les deux semaines des collines qu'il partageait avec les moutons. Son odeur était vraiment, vraiment insupportable. Vraiment. Mais il venait ici pour utiliser les postes informatiques pour chercher des offres d'emploi. Ce n'était pas, alors, un SDF à proporement parler, puisqu'il avait momentanément un boulot et un toit. Mais c'était quelqu'un en situation de grande précarité, qui venait utiliser un service de la bib. Qui venait aussi chercher du contact social. On a eu des plaintes, mais on a laissé faire.


Je pense qu'en tant que bibliothécaire, on a la chance de pouvoir faire du cas par cas.


 


Les SDF sont vraiment, tu le soulignais Ferris, un public particulier, et quand je faisais mes études d'assistante sociale, en service d'alcoologie, ou en polyvalence, on en recevait régulièrement. Pas possible de faire du cas par cas, on pouvait juste ouvrir les fenêtres avant et faire semblant d'avoir chaud. Ce n'est pas le rôle de l'assistante sociale de faire du cas par cas ; c'est par contre son rôle d'étre présente, dans l'écoute, dans la recherche de solutions.


 


Par contre, le bibliothécaire, lui, n'est pas là pour aider, adminsitrativement, socialement le SDF, il a donc le choix, de ce qu'il peut tolérer/supporter ou pas. Et il peut tout à fait considérer que cela fait partie de ses missions de l'accueillir au même titre qu'un autre usager lambda, qui rentre dans la bib sans en utiliser les services (des jeunes, des vieux, le mec de la mairie qui débarque toujours à la pause café...). Il peut donc, si ça lui parle, s'interesser à cette cause (je ne sais pas comment formuler cette phrase...), se mobiliser pour cette accueil, parce qu'il lui est insupportable de fermer les yeux (Louve, tu me sembles être dans ce cas, moi aussi), mais je pense qu'il faut effectivement, d'une part, se rendre compte que ce n'est pas notre travail de le sauver, d'autre part, il faut comprendre que des collègues n'aient pas la même sensibilité (ce qui ne fait pas forcément d'eux des gros cons réac. On peut être bénévole dans un foyer d'acceuil et ne pas vouloir de SDF dans la bibliothèque).


 


Mais je pense qu'une frange de la population SDF, qui n'est pas forcément totalement désocialisé, ou marginalisé, cherche aussi, vous le disiez, à aller à la bibliothèque pour retrouver une part de normalité. Ce n'est pas QUE de l'angélisme (après 3 ans d'école d'assistante sociale, l'angélisme, il est vite plus là), même s'il reste une part d'un idéalisme, ou d'une utopie sur l'utilité qu'on voudrait avoir dans la vraie vie, mais moi, je ne pourrai pas travailler si je ne croyais pas que ce que je fais à une utilité quelconque, même si en vrai, elle doit certainement être ultra résiduelle.


 


Ca me fait penser à un article sur le blog de Bouille, ou elle raconte à quel point c'est ennervant, les contradictions qu'on a avec nous même, et à quel point, par fois, on s'en veut de penser ce qu'on pense...


Modifié par Lul
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Bonjour,


 


Très intéressant !


 


Je me pose une petite question : pourquoi dans notre discussion n'abordons-nous pas (ou peu) le partenariat avec d'autres services, d'autres structures ? J'ai bien conscience du fait que ça n'apporte pas une réponse parfaite, seulement un petit peu d'aide (et des compétences, des connaissances...). Il est aussi évident que selon le contexte (milieu rural, grosse agglo...), les moyens ne sont pas identiques.


 


Cependant, je n'ai pas l'impression que l'on puisse résumer ou limiter la question à l'accueil de SDF en bibliothèque. On peut tout aussi bien se questionner sur notre rôle dans l'accueil qu'une collectivité fait aux SDF, notre place dans une chaîne de services. Du coup, je rejoins Ferris quand il dit ceci :


 




La précarité, c'est un processus, parfois long, qui peut mener à une forme de clochardisation. Je pense honnêtement qu'en début de processus, nous pouvons apporter beaucoup, voire stopper le processus, notamment avec l'aide de nos partenaires institutionnels, et en restant dans "les clous" au niveau du service. Au delà, il ne fat pas rêver...on tomberait comme tu le dis très bien dans une forme d'angelisme acharné, les utopies du métiers, ....qui engendrerait à terme une profonde frustration. 




 


Travailler avec une association sur place, se faire aider par des professionnels du social (éducateurs spécialisés notamment) ou des bénévoles avertis pour ne pas être involontairement dans une surenchère de marginalisation, dans un sens ou dans l'autre...


 


Dans notre cas, la question ne s'est jamais posée, en tout cas de façon si forte, mais je ne nous imagine pas capables de répondre avec pertinence (et sans tomber dans l'angélisme... ou dans le cynisme) à une telle problématique sans un appui extérieur.

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Nous ne sommes pas en zone rurale, mais nous organisons un portage à domicile. Le service existe depuis plusieurs années maintenant, mais il prend son envol depuis peu, avec notamment une augmentation des demandes depuis la rentrée scolaire. Effectivement, c'est géré en partenariat avec nos collègues du social et l'objectif avoué est plus social que culturel. Après, organiser des actions sociales en bibliothèque (portage à domicile, accompagnement de publics précaires, accueil de CMP, d'ESAT...) me semble plus facile et "simple" pour nous que gérer un public spontané et particulier, comme le présentait Discoman à l'origine :)


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je pense que c'est intéressant, les partenariats avec les structures d'action sociale, et je pense que c'est "facile" (dans l'idée) de travailler avec la PMI, ou les structures d'insertion (emploi), ou les CMP, ESAT et tout le blabla, mais pour les SDF, et pour les personnes en grande précarité, assistante sociale = police/flicage=emmerdes = fin de liberté.


Ces partenariats me semble à moi, assez évidents (en même temps, quand on a commencé le milieu des assistants sociaux...) mais par rapport à ce public là, j'imagine qu'il faudrait quelque chose d'assez imaginatif et surtout très souple. Je pense que c'est un public extrêmement volatil et paradoxal, qui a quand même soit assez peur, soit un regard très désabusé, sur les institutions, voire les associations. Et le portage à domicile, même si c'est une super action, ne peut concerner que les personnes..qui ont un domicile.


Si je reprend le cas de mon berger, moi, sortant, à l'époque, fraîchement de l'école d'AS (après 2 ans, j'ai jamais fait ma troisième année, j'ai préféré la bibliothèque), j'ai foncé direct dans le truc aide social et blablilblou (en fait, je retire ce que j'ai dit plus haut, il devait me rester de l'angélisme, comme j'ai pas fait la 3e année...), et je me suis pris un gros mur. Un mur qui sentait le mouton. Le mec, pourtant vraiment sympa, m'a vraiment laissé entendre que je me mélais carrément de ce qui me regardait pas du tout. Et il avait pas tord.


Ceci dit, c'est une bonne question... il faut toujours aborder la question des partenariats, y'a souvent des bonnes solutions dedans...


Modifié par Lul
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  • 2 weeks later...

Je tombe à l'instant sur un document : L'accueil des publics difficiles de Pascal Serrano chez Territorial. Ce n'est pas spécifiquement sur l'accueil des SDF, mais plutot sur celui des personnes agressives, mais l'un et l'autre peuvent se rejoindre.


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Oui, je le connais! Il est tout à côté de moi, sur mon bureau!


Mais il n'est pas totalement adapté aux situations que l'on peut rencontrer en bib...


 


Quant à travailler en partenariat avec d'autres structures, oui, certes, c'est ce qu'il faudrait cependant une partie de ces publics particuliers, "non conformes", "non habituels", non légitimes même parfois aux yeux des autres (qu'il s'agisse des usagers ou des collègues) s'accroche à SA liberté!


La liberté de venir sans avoir à monter patte blanche, la liberté de ne pas être identifié, de ne pas être assisté en venant avec un groupe un travailleur social


Il y a ceux qui sont marginalisés, en situation précaire et qui vont utiliser la bib comme un lieu "ressource" mais au sens pratico-pratique: accès à une prise électrique pour recharger le téléphone portable, utiliser les toilettes (y'en a plus des masses des toilettes publiques, gratuites, propres dans les grandes villes), regarder la télé, dormir, accéder à Internet....


 


Et ce public là, quand il est trop nombreux, il fait parfois fuir les autres, c'est un fait.


 


La solution serait de proposer des lieux pratiques qui répondent aux besoins primaires, essentiels; douche, toilettes, prises électriques, dormir.... Lieux qui seraient utilisables sans qu'il soit nécessairement besoin de s'identifier. Une fois ces besoins assouvis, ils pourraient alors utiliser la bibliothèque pour ce qu'elle est à la base.


 


Ce type de lieu a un coût, sommes-nous prêt en le supporter? Là on entre dans de la politique publique, de la politique de la ville.


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Non, non, non, Ferris, je ne dis pas que les pauvres ne doivent pas abuser des bibliothèques!


Oh que non!


 


Je dis juste que nous sommes bibliothécaires, pour ma part, c'est ce que je suis et je suis bien consciente de n'avoir pas les compétences pour accompagner ces publics sur un autre terrain que celui des bibliothèques.


 


Mon but est que tout le monde trouve une place confortable à la bib. Et de dire que laisser un public chasser l'autre n'est pas possible.


 


Quand aux foyers d'hébergement, oui ça existe mais je pense aussi qu'il faudrait aussi des solutions plus "légères", pour que chacun s'y retrouve.


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Si tu veux rajouter à la liste des gens que l'on ne veut pas en bibliothèque :


 


- les bébés aux couches pleines.


- les sportifs en sueur


- les chasseurs aux bottes pleines de boue


- les gens trop bruyants


- les gamins casse-cou


- les lecteurs casse-cou... ouille ouille ouille !


- les hommes sans tenue


- les femmes sans retenue, ou même sans tenue


- les gens biscornus


- ceux qui puent de la gueule


- ceux qui puent du goulot


- ceux qui ont les mains sales


- ceux qui mangent des choses grasses ou sucrées


- ceux qui sont grossiers, ou dragueurs.


- ceux qui ne lisent pas


 


etc.


 


Mais, pour répondre à la vraie question, plus pragmatique sur la présence des clodos indésirables, ce qui manque surtout, c'est  une gamme de parfums à vaporiser !


Et c'est tout !  :thumbsup:


 


En bibliothèque troisième lieu, la présence d'un restaurant qui répand ses parfums dans toute la bibliothèque remplit ce rôle. :tongue:


  Bernard

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