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DE QUOI L’EXTENSION DES HORAIRES D’OUVERTURE DES BIBLIOTHEQUES EST-ELLE LE NOM ?


Olivier Tulasne
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Celui d’un alignement général sur une extension-flexibilisation du temps de travail, ou pour être plus précis, jouer les droits des usagers résignés à un temps de travail majoritaire sur  le temps libre contre ceux des personnels de bibliothèques.


 


L’argument invoqué autant par les syndicats que par les professionnels pour justifier l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques au-delà du seuil toléré par un rythme circadien normalement acceptable, est le sacro-saint accès à la culture pour tous. Notamment ceux qui en seraient pénalisés à cause d’horaires de travail laissant peu de place au temps libre. Ce consensus est tellement ancré dans le milieu des bibliothèques qu’ils en oublient le problème fondamental : L’accompagnement voire l’alignement pur et simple des horaires d’ouverture des bibliothèque sur un mouvement général qui tend vers une extension-flexibilisation du temps de travail imposé à tous.


 


Conditionner l’extension de l’ouverture des bibliothèques à l’accès à la culture pour le plus grand nombre est une imposture intellectuelle en lequel, hélas, les syndicats continuent à croire. Sans doute, parce qu’ils s’imaginent qu’avec la carotte des compensations horaires et /ou pécuniaires et le bâton du sacerdotal devoir du bibliothécaire de se soumettre à l’équation fallacieuse  « Ouvrir plus = Culture pour tous », ils feront accepter aux personnels des bibliothèques cette mesure soi-disant progressiste, mais qui n’est rien d’autre qu’un ajustement vers un moins disant social. Pour résumer, si l’ensemble des citoyens ne verront pas leur temps de travail diminuer, alors augmentons l’amplitude horaire des bibliothèques au détriment de ceux qui y travaillent. La culture pour le plus grand nombre et les exclus vaut bien une extension du temps de travail personnels de bibliothèque au détriment de leur  rythme circadien.  


 


Plutôt que d’ajouter ou décaler le temps de travail  des personnels des bibliothèques pour permettre au  plus grand nombre d’accéder aux bibliothèques, réfléchissons à penser la réduction générale du temps de travail pour que chacun puisse avoir plus de temps libre pour, entre autre, accéder aux bibliothèques sans incidence sur les horaires de ceux qui y travaillent. Voilà un chantier cognitif réellement progressiste. Au lieu d’étendre le temps de travail pour les personnels de bibliothèque via l’extension quasi infinie des horaires d’ouverture, ajoutons du temps libre à l’ensemble des citoyens via une réduction du temps de travail. D’autant plus qu’un rapport parlementaire confirme l’effet bénéfique de la réduction du temps de travail.


 


Dépassons ce faux débat de l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques pour étendre la culture au plus grand nombre, et conditionnons plus d’accès à la culture, aux loisirs, au temps libre par une véritable réduction du temps de travail, qui permettra à sûrement plus de citoyens d’accéder aux bibliothèques sans que celles-ci aient à imposer à leurs personnels de travailler au-delà des horaires normalement acceptables pour tout un chacun.


 


Olivier TULASNE, Paris, 18 décembre 2014


Modifié par Olivier Tulasne
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Smilodon fatalis

Ouvrons les services publics du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 13h30 à 16h, sur rendez-vous, et n'oublions pas nos camarades des musées qui travaillent le dimanche, ceux des cinémas et des théâtres qui travaillent quasiment de nuit, ce qui n'est pas, comme vous dites, normalement acceptable pour tout un chacun et surtout pour moi. Merde, où allons nous si la population n'est plus à la disposition des fonctionnaires. Sans compter que le public c'est plein de chômeurs et de retraités qui n'ont que ça à faire.


S. fatalis.


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C'est dommage de si mal défendre l'intérêt des personnels, il écrit plutôt bien, le monsieur, mieux qu'un syndicaliste en tous cas. J'aime bien les rythmes circadiens, ça fait scientifique.


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Mais non, vous n'avez rien compris, c'était juste un test que ce monsieur faisait pour vérifier que la libre expression est de mise sur Agorabib ! Vous pensez bien qu'on ne trouve plus ce genre de raisonnement depuis longtemps dans notre milieu... Ah si ??

Deux mots en retour alors: service public. S'ils ne sont pas assimilés, alors il est temps de changer de métier.

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Bonjour


 


Moi, ce que je trouve intéressant, ce sont effectivement les cycles circadiens.


 


Comme je suis plutôt du soir, je ne verrais pas d'inconvénient à travailler le soir en priorité. Hélas, il faut que je me lève tôt pour ceux qui sont du matin.


 


Après, invoquer les cycles circadiens pour le travail le dimanche (extension des horaires), je ne pense pas que ça fera beaucoup sourciller les élus. Un jour est un jour.


 


Cependant, que personne ne s'inquiète. Avec l'Internet et le développement des ebooks/documents (sans DRM) chacun pourra venir cueillir son document favori dans les rayonnages en ligne. Ceci 24/24. Et les bibliothécaires pourront travailler dans leurs meilleurs horaires circadiens. Tout le monde sera content... sauf ceux qui aiment les lieux et la convivialité directe avant les documents.


 


Restera encore les insomniaques, ou ceux qui n'ont pas besoin de beaucoup dormir, ou encore ceux qui savent utiliser le sommeil découpé. (Sieste :sleep: et nuit courte 4h00 : Napoléon, siestes de 3 à 20 mn réparties tout au long de la journée : Marins en solitaire autour du monde, le sommeil n'a rien à voir avec les 8 heures conventionnelles que l'on veut nous imposer)


 


Pour ceux-là, il faudra des bibliothécaires partageant les mêmes rythmes d'activité.


Pas simple la vie en communauté.


 


Surtout que ça manque sérieusement de lits ou de hamacs en bibliothèque : obligé de dormir sur une chaise, la tête sur la table, ou affalé à ronfler dans un fauteuil... quel bibliothécaire n'en a jamais vu ?  :yes:


 


Mais je retiens l'idée des cycles circadiens. "Bibliothèque fermée de 15h00 à 15h30 pour cause de sieste", j'aimerais bien.


Ce serait loin d'être idiot. Durant la digestion, on est nettement moins performant. Manger, ça fatigue !


  Bernard


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Cycles circadiens oui, mais soyons précis.


 


la sieste est une phase de sommeil qui dure entre 10 et 30 minutes, idéalement situées entre 13 heures et 16 heures.En 1995,une etude réalisée sur des pilotes de Boeing 747 montrait que les participants autorisés à faire une sieste de 40 minutes par jour ce qui correspondait à une moyenne de 25,8 minutes de sommeil avaient une amélioration de leurs performances en matière de vigilance de 16% par rapport à la moyenne et de 34% par rapport aux pilotes qui n’avaient pas fait de sieste. Une etude de 2007 en Grèce par des chercheurs de l’Université d’Athènes auprès de 23 681 personnes atteintes de maladies cardiaques et de cancer montre les bienfaits d’un sommeil de jour. Les personnes qui faisaient une sieste de trente minutes au moins trois fois par semaines avaient 37% moins de risques de mourir d’une défaillance cardiaque.


 


Donc sieste obligatoire, pour le public comme les professionnels. Et voilà une activité "Troisieme lieu" validée par la science, égalitaire et ne gênant pas le service puisqu'elle en fait partie. Sans compter que beaucoup de bibs ouvrent à 16h.


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Il y'a des médiathèques dans lesquelles sont organisées des siestes, musicales, littéraires ou silencieuses...mais seulement pour les lecteurs dormeurs


Modifié par Lul
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Oui, je confirme, il s'agit des BDP, en anglais DLP (dormitory library for personnels ) :tongue:


 


Je retiens aussi la proposition de Smilodon Fatalis à propos des ouvertures sur rendez-vous. Ce n'est pas idiot du tout. Nous faisons bien des animations sur inscription. Or, avec les moyens actuels de connexion, nous pourrions savoir à l'avance combien de personnes nous allons accueillir et sur quel créneau horaire, avec une petite marge d'erreur pour ceux qui ne sont pas connectés. Et cela nous aiderait grandement à prévoir le nombre de personnels nécessaire pour une ouverture de qualité, ce qui est toujours un problème : Nous prévoyons parfois un effectif complet pour accueillir quelques pélerins et sommes parfois moins nombreux les jours de grande fréquentation. Sur inscription, plus de surprise et une qualité de médiation renforcée.


 


Une question annexe : combien de personnes faut-il pour encadrer valablement un effectif donné de dormeurs et siesteux ? Ya t'il des formations CNFPT ou BDP pour aider un insomniaque à devenir un dormeur ? Est-il possible de monter sa tente pour plus d'intimité ? Matelas ou lits de camp ? Réveil ou bisous ?


Modifié par Ferris
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Smilodon fatalis

Avis de parution d'un ouvrage susceptible d'éclairer le débat:

 

Ouvrir plus, ouvrir mieux : un défi pour les bibliothèques
Sous la direction de Georges Perrin
(Coll. La Boîte à outils, #31, 15 x 21 cm, 176 pages, 22€)
ISBN : 9791091281393
Ouvrir, oui mais quand ? Matin, midi et soir ? Le dimanche ? Comment élargir les horaires d'ouverture, quels sont les obstacles à franchir? Comment construire un tel projet, le porter et le mettre en œuvre?
La France dispose aujourd’hui d’un des réseaux de bibliothèques les plus développés d’Europe. Toutefois, depuis quelques années, la stagnation du nombre de lecteurs inscrits oblige à une réflexion sur son évolution. Prendre en compte les nouveaux modes de vie du public, resituer la vraie place de la bibliothèque dans la ville ou sur le campus, harmoniser l’utilisation de l’espace par les usagers avec leur disponibilité dans le temps, répondre concrètement aux nouvelles attentes des différents publics, renouveler les pratiques professionnelles en direction du public, tels sont les thèmes évoqués dans cet ouvrage.
Coordonné par Georges Perrin, inspecteur général honoraire des bibliothèques, ce volume réunit quinze professionnels spécialisés dans les domaines éducatif, social et culturel et témoigne d’autant d’expériences conduites avec succès pour une extension significative des horaires d’ouverture, et la très réelle amélioration de l’accueil qui s’en est suivi.

 

Pour lire l'introduction:

http://www.enssib.fr/sites/www/files/documents/presses-enssib/extrait/bao31_0-1_modemploi.pdf

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Quel est l'intérêt de citer l'intégralité d'un article ? J'ai du mal à voir la finalité par rapport à l'extension des horaires d'ouvertures des bibliothèques. Enfin j'imagine...


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Je croyais que le sujet avait été déplacé dans http://www.agorabib.fr/index.php/topic/75-les-horaires-douverture/ . Bon, c'est probablement ma demande qui était déplacée et non le sujet qui le fut.
 
D'un autre côté, en lisant certains textes sur l'accès à la culture, la démocratisation de la culture, on se demande parfois de quelle culture il s'agit et de quel irrépressible besoin des masses vers un accès qui leur serait refusé. Ces discours sentent le moisi. On pouvait les tenir dans les années soixante, ils avaient un sens précis. Les maisons de la culture ont fleuri dans les années soixante, la culture à portée de tous était un concept novateur et une réelle avancée. Que reste-t-il de tout cela aujourd’hui ? Aujourd'hui la demande culturelle s'est éparpillée vers des horizons inconnus ou indéfinis. En tous les cas il n'appartient plus à des inspecteurs honoraires généraux d'en définir contenus et limites. Le discours sur la culture devient de plus en plus illégitime pour tous ceux qui veulent se l'accaparer. Le temps libre se passe chez Ikéa, smartphone en main. Ils le savent tous. Aucun n'en parle vraiment. Trop dur. Alors on tire pudiquement le rideau dans un petit ricanement gêné.

 

En ce sens, augmenter les horaires d'ouverture de lieux estampillés culturels équivaut à s'imaginer qu'en augmentant le nombre de pissotières on donnera aux gens l'envie d'aller pisser plus souvent. Et là où il convient d'aller pisser s'il vous plait, pas contre un mur, un arbre ou ailleurs. Tous le disent : la culture est partout. Mais tous continuent de l'enfermer, ou plutôt son image, derrière des portes, dont on nous fait croire qu'elles sont trop souvent fermées.

 

Faire comme si  une école était encore le lieu ou l'on apprend, voilà tout notre credo. Manquerait plus qu'il neige...
 
La culture est posée là, au bord des chemins de traverse de l’humanité ; un homme perdu arrive épuisé par sa quête de sens, assoiffé par le néant. Il est devant une source. Un verre de connaissance lui est offert pour qu’il puisse continuer un peu plus loin sa route ivre de culture, se rapprochant du sens. Les jeux se font ainsi loin des étoiles, dans le labeur obscur et le doute. La culture et la création se donnent la main pour rendre l’homme meilleur et conscient de son destin. Même dérisoire en regard du gouffre qui nous attend tous, se cultiver est un moyen d’oublier le temps, de le rendre moins implacable. La culture nous délivre de nos démons ou de nos dieux les immobilisant à portée de raisons (quand cela est possible). Se cultiver est loisir bizarre qui demande une participation et par là même un effort. (Benoit Doche)

Et puis, laissons-nous un instant tenter par une goutte de cynisme. Soyons bêtes et méchants diraient certains. Que nous dit-on, en ces temps de disette où certains pays ferment leur bibliothèques à tour de bras ? Relisons le texte cité par S. Fatalis : Toutefois, depuis quelques années, la stagnation du nombre de lecteurs inscrits oblige à une réflexion sur son évolution, prendre en compte les nouveaux modes de vie bla bla bla...Bientôt les troisièmes lieux, c'est ça ?  Mais bon sang, cela fait plus de 20 ans qu'on entend ces discours-constats aseptisés ! Pour finalement nous parler d'horaires comme du saint Graal, comme on nous parlait de "nouveaux publics" en d'autres temps conquérants ?

 

 Et si la question était aussi de savoir combien ça coûte, tout ça, et si ça en vaut la peine, dans un pays de cinq millions de chômeurs, dont bien peu d'inscrits en bibliothèque...Les voilà pourtant les nouveaux publics ! Seulement leur demande "culturelle" ne se situe pas tout à fait dans les clous définis par nos élites. Et encore moins dans l'élargissement des horaires des Temples....Du temps ils en ont.

 

Quant aux fonctionnaires, pas de crainte à avoir : leur nombre n'augmentera plus, jusqu'à la fin proche du statut, et leurs horaires non plus. On entend d'ailleurs déja des bruits concernant des réductions d'horaires ici ou là, ou des missions qui disparaissent, et dans nos campagnes on envisage très sérieusement la fermeture de petits points-lecture. Faut bien commencer quelque part....

Modifié par Ferris
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Hem hem hem... Je m'abstiendrai de toute ironie et de tout cynisme et je me permettrai de dire que nous ne devons jamais oublier d'exercer notre esprit critique sur nos propres nouveaux modèles.

Travail du dimanche, pourquoi pas, mas pas à n'importe quelle condition. Si le fait qu'il existe un jour de repos commun (qui se trouve être le dimanche depuis fort longtemps ici) peut souffrir des exceptions dans des conditions bien définies, je supporte assez mal l'idée que ce jour puisse être banalisé, devenir comme n'importe quel autre jour de la semaine.
Donc, si je ne suis pas intégralement d'accord avec ce que dit Olivier, je comprends et je partage (en partie au moins) ses inquiétudes et son analyse.

Modifié par Pascal WAGNER
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Ignatius Kaltenbrunner

Ne nous laissons pas emprisonner entre le "politiquement correct" de certains prescripteurs en vogue


et la négation de la nécessaire évolution de notre métier dont l'ouverture du dimanche n'est pas l'essentiel.


Soyons vigilant car derrière l'un se cache l'autre...autant de faux nez permettant d'esquiver le fond (sans s) des problèmes rencontrés par certaines Médiathèques aujourd'hui...


Nous sommes loin d'être égaux et UN, d'abord essayer de voir les choses à l'aune d'un plus petit dénominateur commun entre les unes et les autres...  


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Nous sommes loin d'être égaux et UN, d'abord essayer de voir les choses à l'aune d'un plus petit dénominateur commun entre les unes et les autres...  

 

Effectivement, il faut savoir se souvenir comment sont arrivés les discours sur l'augmentation des horaires : au départ il s'agissait surtout d'ouvrir les BU 40 heures par semaine, ou jusqu'à 22h, ou le fameux 7 dur 7, et d'y recruter des vacataires. L'objectif des 60 h a même été réaffirmé récemment. Puis le discours s'est déplacé, amenant au passage avec lui les dimanches, et l'on a commencé à montrer du doigt, sans discernement, la faiblesse de l'ouverture de l'ensemble des bibliothèques publiques, à l'aune des bibliothèques étrangères. Des grosses évidemment.

 

Comme si toutes devaient et pouvaient. Et comme si le paysage bibliothéconomique français était uniforme, comme le souligne Ignatius. Aujourd'hui on est passé au dogme, carrément. Avec bons et mauvais élèves. Il y aurait ceux qui veulent et ceux qui ne veulent pas ?

 

Et ce discours uniformisant arrive à un moment où la diversité de nos situations n'a jamais été si forte. Et où les inégalités territoriales deviennent criantes, contraintes budgétaires aidant. Même sur ce forum, nous voyons bien, dans les interventions sur tous sujets, que pour certains la crise est indolore et que les projets fleurissent tandis que d'autres s'enfoncent dans des situations ingérables. Dans ce contexte, le discours uniformisateurs de nos élites, notamment sur les horaires, est de plus en plus inaudible. Et hypocrite car sous-entendant que nous serions tous dans la même galère. Ces gens là ne ratent jamais une occasion de faire croire que la profession est une et indivisible...

 

Je commence à entendre parler, sur le terrain plus ouvertement qu'avant, de riches et de pauvres, de baisses des budgets, de missions qui disparaissent, d'investissements morts-nés, de postes non-remplacés, bref les clivages vont s'accentuant, et les prochains shémas de mutualisation ne feront que faire empirer les différences. Il faut désormais regarder la question des horaires comme partie intégrante de la paupérisation de certains établissement ou de la relative bien-portance d'autres. Plus que jamais le discours unique sur ce qui n'est au fond qu'un des services rendus par nos bibliothèques, est incongru, dévalorisant et inadapté.

 

Une fois de plus, comme dans d'autres crises qu'ont traversé nos bibliothèques, la réponse viendra du terrain et des individus qui y travaillent, pas des élites, des technocrates ni de rapports de l'IGB datant de 2012 et repris, contre vents et marées par BSF en 2014, écrasant au bulldozer du populisme le discours sensé et nuancé de "ouvrir mieux" et pas forcément plus.

 

Comme si rien n'était en train de changer ...

Modifié par Ferris
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Patrick Weil : "L’exception française ce n’est pas la non ouverture des magasins, mais la non ouverture des bibliothèques le dimanche"


 


Ce matin Patrick Weil sur France Inter, ça fait plaisir d'entendre parler des bibliothèques le matin en allant travailler! Bon, il y est peut-être allé un peu fort et bien entendu c'est cette citation qui a été relevée, mais il a surtout dit que les bibliothèques étaient des lieux pour aider à comprendre le monde sans passer par la religion, que Steve Jobs avait monté sa boîte dans une bibliothèque, etc... Bref, ça donnait vraiment de l'importance aux bibliothèques et même si j'en suis intimement convaincue, ça fait du bien de l'entendre à la radio!

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Entendu ce matin aussi, j'ai un peu tiqué quand il a comparé la moyenne d'heures d'ouverture de toutes les médiathèques françaises aux heures d'ouverture de la grande bib d'Amsterdam.


Sinon le reste était bien.


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Pour rappel, Patrick Weil est le président de Bibliothèques Sans Frontières, qui avait lancé il y a un an une pétition pour l'augmentation des horaires d'ouverture des bibliothèques (qui avait déjà fait un peu tiquer dans la profession...).


cf. http://www.agorabib.fr/index.php/topic/75-les-horaires-douverture/?p=8403


dans le fil http://www.agorabib.fr/index.php/topic/75-les-horaires-douverture/


 


Il nous annonçait donc : "Patrick Weil, président de Bibliothèques Sans Frontières, a également pu évoquer le futur de la pétition : « Notre objectif est de faire bouger les choses. Nous allons nous adresser aux différents ministres concernés, de la Culture, de l'Enseignement supérieur, de l'Éducation Nationale, de la Ville, de l'Égalité des Territoires et du Logement, pour que les bibliothèques reviennent au centre des budgets municipaux. »


Pendant ce temps-là dans la vraie vie des bibliothécaires, on discute des http://www.agorabib.fr/index.php/topic/2166-budgets-en-baisse/...:bye:


 


Sic transit gloria mundi

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Oui mais lui il cause dans le poste et il parle aux ministres....Il n'a pas de frontières. :D

 

ll n'a pas de frontières
Il n'a même pas de pays
Et il n'est pas d'ici
Comme il n'en a pas l'air
Moi je vous jure qu'il est bizarre
Il n'est de nulle part

Modifié par Ferris
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Oui mais lui il cause dans le poste et il parle aux ministres....Il n'a pas de frontières. :D

 

ll n'a pas de frontières

Il n'a même pas de pays

Et il n'est pas d'ici

Comme il n'en a pas l'air

Moi je vous jure qu'il est bizarre

Il n'est de nulle part

Mais s'il a tort, s'il a raison

C'est vraiment pas la question, n'en parlons pas

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Je relisais le  rapport de D. Arot en 2012 et dans la présentation, on note deux assertions fondamentales sur lesquelles  tout son argumentaire repose en fait : 


1) Trop de bibliothèques municipales encore calquent leurs horaires sur les rythmes de travail des services administratifs et, de ce fait, excluent a priori toute une partie de leurs publics potentiels.


2) Les insuffisances des bibliothèques françaises pénalisent en premier lieu les populations les plus fragiles : étudiants salariés, familles qui ne partent pas en vacances, travailleurs aux horaires irréguliers. 


 


Est-on d'accord avec ça ?


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1) Trop de bibliothèques municipales encore calquent leurs horaires sur les rythmes de travail des services administratifs et, de ce fait, excluent a priori toute une partie de leurs publics potentiels.


 


Si c'est vrai, alors nous devrions faire de la bibliothèque "hors des murs"... dans les administrations.


 


Pour rappel : Le nombre de fonctionnaires a légèrement augmenté, de 0,3%, dans l'Hexagone entre 2011 et 2012, pour atteindre près de 5,4 millions d'agents. 


 


Sacré gisement de lecteurs potentiels. 


(7 % de la population)


 


Surtout qu'ils ne sont pas là en famille. En famille, on multiplie cette valeur par trois. On touche donc à 15 millions de lecteurs potentiels. (22 % de la population)


 


Conclusion : démarchons les administrations, allons faire du porte à porte chez nos collègues.


En plus, ils seront contents de nous voir ! Et ils sauront que nous existons.  :thumbsup:


Double bénéfice.


 


 


2) Les insuffisances des bibliothèques françaises pénalisent en premier lieu les populations les plus fragiles : étudiants salariés, familles qui ne partent pas en vacances, travailleurs aux horaires irréguliers. 


 


 


- Pour les étudiants salariés, il faudra lancer des partenariats avec les MacDo. Entre deux fournées de clients, on devrait pouvoir leur placer un abonnement. Si ce n'est à eux, au moins à leurs clients.


 


- Pour les familles qui ne partent pas en vacances, eh bien, elles peuvent venir sur les jours d'ouverture normaux pendant les vacances. Un livre, ça offre du rêve, à pas cher. Abonnement gratuit pour les vacances ?


 


- Pour les travailleurs aux horaires irréguliers, difficile d'agir. Il faut juste espérer que leurs horaires de temps libre tombent lors des heures d'ouverture. Pour ceux en trois huit, c'est possible une semaine sur trois.  :angel:


 


Par contre, c'est vrai que les artistes sont pénalisés. Ils répètent l'après-midi, travaillent principalement en soirée et se lèvent donc tard. Donc, là, solution : il faudrait doubler les ouvreuses et les vendeuses de friandises par des bibliothécaires... qui passeront, d'abord, en coulisse. Double avantage, si le spectacle est chiant à mourir, les spectateurs prudents auront au moins un livre à lire (on prévoira aussi le prêt de lampes de poche)


 


 


Est-on d'accord avec ça ?


 


Avec ce que je viens de dire ?  


Oui :hyper:


 


Je pousse même le panache plus loin. 


 


Osons le slogan : à chaque fonctionnaire son livre mensuel !


 


Ok, son document mensuel, pour ceux qui veulent changer. Un bon fonctionnaire est un fonctionnaire cultivé !


 


 


A conclusion donnée, on peut trouver d'autres solutions.  :D


  Bernard

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