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gudule

Bibliothécaire au Québec : retour en France

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gudule

Bonjour,

 

Je ne sais pas si poste mon sujet au bon endroit... Il est un peu spécial.

 

Voici.

 

Je suis française et bibliothécaire au Québec, à Montréal pour être plus précise, depuis bientôt 3 ans. Je bosse depuis 6 ans dans les bibliothèques de Montréal.

J'en ai marre d'être loin de mon pays et de ma famille et j'envisage un retour en France. Je regarde les offres d'emploi depuis un moment et cela me décourage un peu. Finalement très peu d'offres pour un pays qui compte quand même un certain nombre (pour ne pas dire, un nombre certain) de bibliothèques. Je suis prête à aller à peu près n'importe où, sauf la région parisienne (où il y a le plus de postes...).

Je souhaite travailler en bibliothèque publique, c'est donc le milieu territorial que je vise. Je suis d'ailleurs inscrite (et admissible) au concours d'assistant, mais je ne pourrai pas y aller. De toute façon, je remarque que de plus en plus d'offres sont ouvertes à des contractuels (ce qui me remonte un peu le moral).

 

Un petit résumé vite vite de mon parcours de ces dernières années :

- 2010, quelques mois après mon arrivée à Montréal, je trouve un poste d'aide-bibliothécaire. C'est grosso modo l'équivalent d'adjoint du patrimoine, mais les tâches sont principalement limitées au prêt/retour, inscriptions, classement, lecture de rayon (je crois que l'on ne dit pas ça en France...), "interdiction" de faire de la référence ou aide au lecteur, et parfois, selon la bibliothèque, participation aux animations. Motivée par le peu de diversité des tâches, je me réinscris à l'université pour obtenir une Maîtrise en sciences de l'information (= master) pour devenir bibliothécaire (le diplôme obligatoire pour pouvoir l'être).

- 2012, grâce à un concours interne (toujours pendant mes études) je deviens bibliotechnicienne, un peu l'équivalent d'assistant, mais avec peu de responsabilités et de pouvoir de décision. Je mets en place des heures du conte, j'aide les usagers et je fais du travail technique (réception de commandes, pointage des périodiques).

- 2013, je suis enfin bibliothécaire ! Congé maternité d'une année depuis, mais je suis toujours employée de la ville de Montréal. J'ai travaillé la dernière année sur le projet d'une nouvelle bibliothèque qui a ouvert début février : intense, passionnant et exigeant !

 

J'envoie de temps en temps des CV en France. Cela n'a jamais rien donné (sauf une fois où l'on m'a recommandé et j'ai passé un entretien par Skype, mais c'était plus dû à la curiosité  des employeurs de voir à quoi ressemblait une bibliothécaire québécoise).

Mis à part un petit problème de vocabulaire (ici on élague les documents, on ne désherbe pas, mais on reste dans le jardinage), je suis persuadée que la mission des bibliothèques publiques au Québec est la même que celle de leurs cousines françaises. Elle s'exprime peut-être un peu différemment, mais je ne pense vraiment pas que je serais perdue dans une bibliothèque française.

Ma grosse lacune réside dans ma méconnaissance du système des collectivités territoriales, des politiques de lecture publiques... Bref, des trucs qui, je l'imagine, sont quand même très importants.

 

J'ai très peur que mon expérience uniquement québécoise rebute la plupart des recruteurs et que mon CV se retrouve dès le début dans la pile des refusés.

Comment faire pour valoriser cette expérience ? Comment faire pour qu'elle soit prise en compte pour ce qu'elle est, et pas pour un "trip" exotique ?

Je regarde surtout les postes d'assistant, c'est qui ressemble le plus à ce que je fais actuellement et aussi ce qui m'attire le plus. Est-ce réalisable ? Devrais-je plutôt, ou aussi, regarder les poste de catégorie C ?

 

Mon CV est très québécois : noir et blanc, simple, sans fioritures, ni couleurs, ni photo. Pas de mention de l'âge ou de l'état matrimonial (ce qui n'est pas plus mal je trouve). J'en ai fait une version française, mais je ne sais pas si elle l'est assez.

Même chose pour les entrevues (ah oui, ici on dit entrevue...). Les dernières que j'ai passées à Montréal se limitaient à des questions comportementales : Vous avez vécu telle situation (gestion de temps, conflit avec un usager, un employé), racontez. Je n'ai donc aucune idée de à quoi peut bien ressembler un entretien à la française.

Ah oui, j'ai aussi attrapé l'accent québécois.

 

Et puis surtout, pour l'instant, je suis à Montréal. La trouille quand même de faire le grand saut, de lâcher un super job (plutôt bien payé), une certaine qualité de vie. Mais j'imagine que trouver un poste en France depuis le Québec est légèrement impossible (les communes utilisent beaucoup Skype, hein ?).

 

Tout ça est un peu décousu, désolée.

Mais je me dis que si aide et conseils il y a pour trouver un poste dans votre beau coin du monde, c'est certainement ici.

 

Merci !

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B. Majour

Bonjour Anne (?) ou Gudule

 

Effectivement, passer une entrevue par Skype, ce n'est pas facile pour tout le monde.

Et ce sera ton plus gros obstacle : te rencontrer en direct. Parce que les recruteurs y tiennent.

 

Pour le reste, tu as une expérience sur laquelle t'appuyer.

Par contre, est-ce que, dans tes cartons, tu as un projet de bibliothèque, ou de développement d'une bibliothèque (même avec une canadian touch, ce qui peut être un plus. Montréal, c'est une bibliothèque qui touche à pas mal de choses d'après ce que j'ai lu).

 

Un projet de développement, c'est ce qu'on va demander à une bibliothécaire cadre A.

 

A ton niveau, tu ne dois pas non plus attendre de répondre à des CV, mais envoyer directement aux structures qui t'intéressent.

Sans oublier les BDP. Certaines ont besoin de cadres A, et même B.

 

Au niveau salaire, eh bien tu n'as pas trop le choix, ils sont plutôt fixes en France (tu peux les consulter sur Internet), et pas sûr que tu sois gagnante au change.

C'est un autre point à prendre en compte, comme le coût des loyers dans les villes que tu prospecteras.

 

Sinon, si tu as besoin que quelqu'un regarde ton CV, tu me l'envoies en message personnel et je regarderai. (J'ai un dictionnaire franco-canadien, alors pas de problème. :wink:)

 

A noter que, pour l'âge ou pour les enfants, le fait de ne pas les indiquer laisse toujours à penser que la personne cache quelque chose.

De toute façon, ces informations te seront sans doute demandées... Parce que l'âge implique certaines réalités à prendre en compte : les congés maternité en particulier. (=> on ne remplace pas un cadre A aussi facilement qu'un autre agent)

 

Bon, tu as posté pendant les vacances scolaires d'avril, tu auras peut-être plus de réponses à la rentrée.

A bientôt

  Bernard

 

 

 

 

 

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Chuchotements

@gudule : à mon avis il vaut mieux mettre en avant les points forts positifs de votre expérience à Montréal (bilinguisme ? accueil de publics diversifiés ? services spécifiques?) et de chercher des postes demandant ces qualifications.

Les problèmes sont plutôt : l'entretien d'embauche (il vaut mieux préciser que vous pouvez aller en France à telle période pour un entretien physique) / l'absence d'équivalence pour le statut (vous pouvez postuler en A et B mais en étant contractuelle, du moins dans un premier temps)

Modifié par Chuchotements

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Ferris

Pas facile. Il ne faut pas trop compter sur la valorisation de ton expérience de bibliothécaire pour obtenir finalement un poste d'assistante, voire d'adjointe contractuelle. Un poste de cadre A décisionnaire contractuelle, ça existe, mais c'est une rareté. Donc plutôt miser sur tes expériences précédentes, qui sont assez variées finalement, et sur tes 6 ans d'expérience dans le milieu. A terme tu seras obligée de passer le concours, en A ou B si tu veux retrouver l'équivalent de ton statut actuel.

 

Donc le CV va être déterminant pour accrocher un entretien. Et n'attends pas les annonces et envoie un maximum de demandes en libre. Dommage que tu élimines la région parisienne d''office...

Il est tout à fait possible que le côté canadien de la chose soit finalement un facteur attractif et pas seulement exotique. Il y a surement moyen de valoriser ça aussi.

 

Quelques liens et infos sur http://www.enssib.fr/content/reconnaissance-en-france-dune-maitrise-en-sciences-de-linformation-quebecoise

 

Sinon pour le contenu des concours de B le forum regorge de retours d'expérience, tant sur les oraux de concours que les entretiens de recrutement sur http://www.agorabib.fr/index.php?/forum/9-les-formations-et-les-concours/ et sur

et tu verras que les questions comportementales sont aussi fréquentes que la connaissance des rouages de la mécanique territoriale (c'est sûr qu'en France on fait pas franchement dans la simplicité...)

 

Franchement, ne te vexe pas, mais quitter un poste de bibliothécaire à Montréal pour risquer de se retrouver à couvrir des bouquins dans un trou perdu de la belle France, je pige pas bien...:blink:

 

 

Modifié par Ferris

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B. Majour

Salut Ferris


 

Tu disais : "Franchement, ne te vexe pas, mais quitter un poste de bibliothécaire à Montréal pour risquer de se retrouver à couvrir des bouquins dans un trou perdu de la belle France, je pige pas bien"


 

C'est le blues de l'expatrié. Durée classique entre 5 et 7 ans avant l'envie de retour.


 

Explications possibles : "Mes parents vieillissent et je ne veux pas rentrer trop tard. J’en ai marre de louper tellement de mariages, de naissances, de grands événements… Mais aussi tout simplement le quotidien."

https://ifeelblue.wordpress.com/2015/01/15/expatriation-leternelle-question-du-retour-definitif-en-france/


 

Sinon tu as ceci : durée du retour entre 1 et 5 ans pour ceux qui vont au Canada. (pour ceux qui ne veulent pas s'y installer définitivement)

http://www.immigrer.com/faq/sujet/Les-retours-en-France-stats-officielles.html


 

Donc, non, la volonté de retour de Gudule ne me surprend pas trop. Au bout de 6 ans, c'est normal de se poser la question.

En particulier avec de jeunes enfants.

  Bernard

 

Modifié par B. Majour

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Ferris

Merci Bernard. Je ne parlais que de l'aspect professionnel. Et comme on passe l'essentiel de sa vie au boulot, autant qu'il soit agréable et épanouissant.... Et je ne crois pas qu'on puisse être épanoui, ouvert aux autres et profiter des joies familiales si on végète dans un boulot qu'on n'aime pas ou qu'on ressent comme un déclassement. Les deux sont liés. Si je me fais chier au boulot je finirai par me faire chier en famille aussi. Le tout c'est de choisir sa façon de se faire chier. Le discours sur le retour indispensable aux "racines" m'a toujours semblé un peu faussé. Mais ça c'est mon avis. Et j'ai payé pour voir....

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B. Majour

Ferris, bien sûr tu as raison. Le boulot, c'est important... et si Gudule revient en France, elle est capable de trouver mieux, même si les débuts sont un retour en arrière sur certains points. On a bien des C+ et des B+, qui n'ont pas la paye, mais les tâches correspondant aux fonctions du niveau au-dessus.

Gudule a déjà prouvé qu'elle était capable de bosser pour monter.

 

Mais elle a dit ça : "J'en ai marre d'être loin de mon pays et de ma famille", c'est en général ce qui se passe avec les expatriés. Surtout si les grands-mères se plaignent de ne pas voir leurs petits-enfants, et elles savent y faire la gang des mamies pour voir et profiter de leurs petits-enfants. Le poids familial, Ferris, bien plus que le retour aux sources.


 

 

Vivement qu'on ait des téléporteurs à la Startrek, tiens, parce que c'est le temps et le coût du voyage qui empêchent de voir la famille.

 Bernard
 

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Ferris

D'accord avec toi, les grand-mères profiteuses c'est une plaie béante dans les histoires familiales. Déja qu'on se les farcit comme bénévoles. Chez moi c'est leur principale excuse d’indisponibilité : je peux pas parce que j'ai mes petits-enfants. Pas sûr effectivement qu'elles seraient prêtes à aller pouponner au Canada...:tongue:

 

Quoique...je me demande si Gudule ne cherche pas à rentrer en France pour faire garder ses moutards par une grand-mère. C'est par cette utilité qu'elles nous tiennent les mamies. Elles font nounou gratos, comme bibliothécaire gratos aussi. Donc incontournables. Et elles le savent. Un vrai gang, t'as raison.

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Hervé Champion

Messieurs Ferris et B. Majour, vous êtes quand même très forts pour faire dévier le sujet...

 

@gudule, de ce que je vois, les québecois sont une source d'inspiration pour les bibliothèque françaises. Vincent Chapdelaine est intervenu plusieurs fois en France, le blog de Marie Martel est pas mal consulté... Si tu as un profil numérique (si tu es la personne à laquelle je pense, tu dois l'avoir), ça vaut le coup de le faire savoir !

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gudule

Bonjour et merci à tous pour vos réponses !

 

Les digressions de Ferris et B. Majour n'en sont pas tant que ça car il y a effectivement une grand-mère dans le décor, et qui travaille en bibliothèque de surcroît !

 

Je ne vais pas raconter ma vie privée (enfin pas trop), mais le blues a toujours été présent. En fait, je n'ai jamais voulu (re)poser le pied au Québec, mais pour tout un tas de raisons, j'y suis. Et j'ai fatalement fini par y faire ma vie et me construire une carrière, un réseau. C'est la chose la plus positive dans ma vie actuelle, mon boulot.

Retourner en France me permettrait de retrouver tout le reste, mais évidemment plus de boulot et j'avoue que j'ai du mal à m'imaginer adjoint du patrimoine à couvrir des livres. Cadre C, si je suis responsable d'une petite structure en milieu rural, pas de problème (c'est plutôt ce que je vise en ce moment, même si le salaire laisse à désirer).

En fait, quand on immigre on s'attend à devoir accepter des emplois bien en deçà de ses compétences et qualifications, mais là je retourne dans mon pays alors ce genre de pilule est un peu plus difficile à accepter.

 

Hervé Champion, je ne peux pas vraiment savoir qui tu as en tête, mais il y a de bonnes chances que ce soit moi vu les noms que tu cites. Et j'ai effectivement un profil numérique, ou techno-curieuse.

 

B. Majour, je te remercie pour ta proposition, je t'envoie mon dernier CV français (qui date de l'été dernier).

Quand tu parles de projet de bibliothèque dans mes cartons, est-ce que tu parles d'un expérience passée ? Ou de la bibliothèque de mes rêves que j'aimerais mettre en place ?

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Ferris

Je m'immisce un tantinet. Dans tes cartons, c'est à dire directement tirés de ton expérience, tu as des éléments qui peuvent permettre de valoriser et d'optimiser le fonctionnement d'une bibliothèque, fut-ce la petite structure rurale dont tu parles. Mais ce n'est pas la bibliothèque de tes rêves, c'est et ce sera de toutes façons celle dont rêvent les élus et celle qu'ils te donneront ou pas les moyens de réaliser. Fin de l'ingérence.

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LucileV

bonjour, 

je voudrais savoir si finalement vous avez pu trouver un poste en France...

 

Je me trouve dans le même cas : Titulaire d'un DUT Métiers du Livre obtenu en France, j'ai effectué un remplacement en BDP ( 2 ans) puis intégré le réseau de lecture publique de la ville de Lausanne (12 ans) d'abord en tant que gestionnaire de fonds documentaires transversaux (BD, littérature cross over, ...) puis responsable des actions culturelles du réseau en direction du jeune public, ensuite responsable du pole numérique (Culture participative, fablab, technologies arduino, impression 3D, programmation, objets connectés, réinformatisation du réseau : SIGB et portail), puis responsable de bibliothèque de proximité (encadrements salariés et bénévoles, développement d'un espace numérique, décloisonement des collections, développement de la culture participative, gestion de projets culturels et artistiques dans le cadre des manifestions du canton de Vaud)) . Egalement la référente du festival BD Fil pour le réseau (programmation d'auteurs, d'expositions en concertation avec le service culturel de la Ville)

Mon mari étant muté en France, je cherche donc à retourner en France : je me suis présentée au dernier concours d'assistant principal où j'ai réussi l'écrit mais loupé l'oral de peu. J'ai adressé nombre de candidature spontanée qui ont abouti à des entretiens : beaucoup de questions sur les actions menées, puis au final le "on a préféré prendre quelqu'un du coin" l'a emporté...

sans parler de la rémunération où on pense à tort qu'un bibliothécaire est mieux rémunéré alors que si on enlève les taxes acquittées par le salarié cela revient au même.

J'ai également participé à l'organisation de manifestations culturelles et été formatrice pour l'ADPS sur le parcours de formation en médiation numérique en espace public.

Le fait de rentrer en France n'est pas seulement une nécessité familiale, mais un besoin de renouveau professionnel (j'ai fait le tour de mon expérience suisse)

Que pouvez-vous me conseiller ?

 

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