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icarela

Baisse de fréquentation

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icarela

Bonjour, mon message vient faire part d'une préoccupation à l'opposé d'un message récent dans cette rubrique.

La bibliothèque de la commune a été créée il y a une quinzaine d'années, je suis en poste depuis 6 ans et la médiathèque a ouvert il y a 3 ans. Sur une commune de 1500 habitants, il y a une ouverture de 17h du mardi au samedi 13h. La bibliothèque fait 100m², propose 6000 documents (livres, CD, DVD) avec un budget d'acquisition de 3000€ + la bib départementale + Internet. Seule sur le poste sans bénévole, je propose régulièrement des animations, pour les enfants pendant les vacances, pour les adultes (cercles lectures...).

Ces dernières années le nombre de lecteurs est stable, voire augmente un peu, autour des 250 inscriptions. Il y a eu environ 5000 prêts en 2015. Mais depuis le début d'année je note une baisse des prêts et de la fréquentation (environ une centaine de moins par mois). Certes le travail avec les classes désormais plus en projet qu'en prêt-retours peut être une explication, mais non suffisante. D'ailleurs je ressens cette baisse dans les moments d'ouverture au public, notamment le mercredi après-midi où ce moment des familles est assez calme.

Et je n'arrive pas à trouver pourquoi. Est-ce « l'effet-nouveauté » qui s'estompe ? Justement le fait que les enfants me voient beaucoup avec l'école et les NAP, et qu'ils aient moins envie de venir ? (je me vois mal refuser le travail en partenariat pour cette raison !)

Et surtout comment y remédier (dans la mesure des moyens humains, financiers, etc) ?

Bref, ce n'est pas que je m'ennuie, mais je suis perplexe, et je pense déjà au rapport d'activité l'an prochain... Merci d'avance,

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Ferris

Très difficile de trouver une réponse globale, car la solution est locale. 

 

La première chose est d'effectuer des stats comparatives, les plus fines possibles, sur les 3 ou 5 dernières années 3 ou 5 ans (c'est la durée programmée d'un projet de service et des objectifs qui y sont afférents, pour toi ce sera 3 évidemment), de façon à voir le plus précisément possible où la baisse se produit : une tranche d'âge, un type de document, un genre littéraire.? Cela te permettra notamment d'y voir plus clair dans ta politique d'acquisition et tes modes de valorisation, rythme de désherbage, renouvellement des fonds etc...Si la baisse touche tous lecteurs et tous types de documents, l'explication est sans doute ailleurs. Mais parfois un réaménagement et un désherbage massif peuvent relancer la machine. Et relancer "l'effet nouveauté" comme tu le dis.

 

La deuxième est de regarder du côté de la démographie locale : des départs, des décès, fermetures d'entreprises, départ des pre-ados vers une bib "concurrente" plus proche des collèges et lycées, désertification rurale etc...dans les régions rurales ces aspects sociaux peuvent parfois suffire à expliquer bien des choses. 

 

Ta baisse est importante (prêts et fréquentation sont liés et ça te ferait du moins 25% sur l'année ce qui est énorme), mais est-ce que le nombre d'actifs diminue de la même façon ? Un actif qui passe moins souvent (et donc au total empruntera moins sur l'année) n'est pas équivalent à la disparition d'un actif. Le diagnostic ne sera pas le même.

 

Les animations n'ont rien à voir dans cette baisse. Elles ont en général plutôt l'effet inverse. A moins que les prêts aux groupes ne pèsent très lourd dans les prêts totaux. Mais, comme tu l'évoques toi-même : c'est dans le tout-public que la baisse de fréquentation se fait sentir.

 

As-tu tenu compte de la baisse mécanique des mercredis matin (TAP). C'est désormais un facteur qu'il faut intégrer dans ton bilan. Et un report sur d'autres activités l'après-midi. Pour le reste tu as de bons horaires d'ouverture et une bibliothèque récente (la lassitude de la "vieille bib" où c'est toujours pareil, gnagnagna..ne joue pas).

 

De toutes façons il te faut agir, voire redéfinir un projet de service pour les trois ans à venir. Ce qu'on ne te pardonnera pas, ce n'est pas la baisse, c'est l'inaction.

 

 

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B. Majour

Bonjour Icarela

 

Je dirai qu'en tant que bon Koala, Ferris tient le bambou. :clover:

 

Ce sont bien les TAP/NAP qui engendrent cette baisse de fréquentation.

D'abord parce que les scolaires ne peuvent plus venir aussi facilement qu'avant. Ensuite parce que travaillant le mercredi matin, leurs activités du mercredi matin se sont reportées sur le mercredi après-midi... et, pour certains, il a fallu faire des choix.

Des choix ou la course, voire parfois un report sur le samedi au pas de charge.

 

J'ai déjà prévenu ma hiérarchie de l'impact des TAP et du problème des activités ultra-condensées du mercredi après-midi.

Perte prévisible 20 % de prêts et fréquentation idem.

 

Qu'est-ce que j'ai fait pour contrer le problème ?

 

Hum, augmentation des prêts de 15 à 20 documents pour toute famille nombreuse (je prête par famille), allongement de la durée du prêt en n'envoyant pas aussitôt les rappels : j'attends une à deux semaines de plus que d'habitude.

 

J'accueille maintenant les classes de maternelle sur les créneaux abandonnés par les primaires. Et j'ai aussi des TAP/NAP deux fois par semaine à la bibliothèque.

Accueillant plus les maternelles, j'ai réorienté mes acquisitions et développé un peu plus le fonds tout-petits, ce qui a attiré les nounous.

 

Et je fais des dépôts de livres dans les classes qui le souhaitent. 

 

Je sais aussi qu'une partie de ma chute est dû non pas à des décès ou des départs, mais au fait que des jeunes, très gros lecteurs sont arrivés au collège/lycée. Pour ceux qui viennent, ils sont passés de dix albums/livres faciles à la lecture d'un ou deux romans par semaine. Et je répète : Pour ceux qui viennent encore.

De 40-50 prêts semaines sur cinq familles, on est passé à 10-12 prêts semaines pour les mêmes familles. Les enfants grandissent ! En bout d'année, ça se voit !

Je n'ai pas eu de remplaçants équivalents pour l'instant.

 

Et j'ai encore la chance de voir certaines mamans passer et emprunter pour eux. Mais ils travaillent, eux aussi, le mercredi matin, et l'après-midi ils ont, tout autant, leurs activités mercredicinal + les devoirs.

 

Qu'on le veuille ou non, l'impact des TAP est réel et nous le subissons de plein fouet.

Comme les autres organismes ou associations qui s'occupaient des jeunes le mercredi matin.

 

Cette demi-journée en moins, par semaine, on ne peut pas la rattraper.

  Bernard

 

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Ferris

Ce n'est pas toujours aussi simple que cela. Dans notre réseau certaines bibs ont enregistré une perte TAP sèche (+ l'apres-midi avec enfants non autonomes + parents accompagnateurs associés) non compensée et d'autres ont vu la perte TAP compensée  presque intégralement sur d'autres jours de la semaine. Tous les publics ne réagissent donc pas de la même manière à la perte du mercredi matin.

Pas d'explication nette à ces différences entre des villes et villages distants de 15 à 20 km, avec des horaires similaires. Apparemment, chez nous les plus grosses bibs sont en perte sèche, les plus petites en compensation. Il faut donc tout de même que tu fasses une stats précise sur les tranches d'âge concernées par la baisse de fréquentation. Comme tu as l'air de dire que c'est surtout le mercredi après-midi, il te suffit de vérifier si cela touche des tranches non impactées par l'effet indirect des TAP (les activités associatives ou sportives de l'après-midi), comme les seniors par exemple, et si ça se répercute aussi sur d'autres journées.

D'un bilan très précis à ce niveau tu pourras peut-être tirer des conclusions. Si ce sont clairement les TAP qui sont en cause, l'augmentation du nombre de prêts de documents évoquée par Bernard, associée si possible à une durée plus longue peut être une solution, mais il faut que ton fonds puisse le supporter. En tous cas, c'est le type de solution à présenter dans un argumentaire à tes élus si tes chiffres continuent à la baisse.

Certaines bibs ont carrément supprimé le créneau du mercredi matin, pour reporter l’excédent sur des allongements d'horaires sur d'autres créneaux et des ouvertures supplémentaires aux centres aérés par exemple.

 

L'impact des TAP est effectivement incontournable mais il faut que ton bilan statistique le démontre clairement. Si tu perds du monde sur d'autres jours, c'est qu'il y a autre chose.

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B. Majour

"Ce n'est pas toujours aussi simple que cela."

Si c'était aussi simple, ce serait une équation mathématique. Une simple règle de trois, et hop, on a la solution. :D

 

Comme tu le dis Ferris, certaines bibliothèques peuvent compenser sur d'autres jours, encore faut-il ouvrir d'autres jours où les différentes activités culturo-sportives n'ont pas lieu.

Ce qui n'est pas évident pour tout le monde.

Bon, tu as aussi la réactivité du public. Là encore, il faut que les gens se réorganisent. Pas que notre travail qui est chamboulé, ces TAP impactent toute la société. Les gens, les commerçants, et même les collègues en mairie.

Donc, pour le bilan, il faut aussi poser la question aux collègues en mairie, parce qu'on n'est pas tout seul à être impacté.

Si la fréquentation diminue de 20 % en mairie sur ces créneaux, difficile de faire mieux. Quand le public n'est pas là... il n'est pas là.


 

En tous cas, c'est à mesurer sur une durée de quatre ans. Et de voir comment le public se réorganise... pour mieux l'accompagner. Ce qui n'empêche pas de faciliter la vie des usagers pendant cette mutation. :thumbsup:

  Bernard


 

 


 

 


 


 

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Ferris

La parole est à Icarela : qu'elle calcule sa baisse de fréquentation sur 3 ans sur les autres jours que le mercredi. Et elle aura déja un gros élément de réponse...:)

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icarela

Bonjour,

et merci pour vos réponses. Je vais me pencher sur le sujet pour sortir des statistiques les plus précises possibles et voir ce qu'il en est, mais je pense effectivement que c'est la majeure partie de l'explication.

Même si pourtant, je ressens plus fortement cette baisse depuis début 2016 alors que cela fait déjà un an et demi que la réforme était en place.

J'avais fait des comptages "manuels" sur 3 mois chaque année depuis l'ouverture mais n'ai conservé que les chiffres globaux et non pas la fréquentation selon les tranches horaires : dommage !

L'idée de Bernard d'augmenter le nombre de prêts et la durée me semble bonne aussi, chaque lecteur pouvait emprunter 4 livres, nous sommes à 5 désormais. J'ai effectivement des familles qui s'inscrivent et ont l'intention de venir régulièrement mais qui finalement se laissent "déborder" et trouvent rarement le temps de venir. 

A suivre, je vous tiendrai informée.

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Awwavez
Le 24/5/2016 à 14:03, icarela a dit :

 et je pense déjà au rapport d'activité l'an prochain... Merci d'avance,

C'est là le problème. C'est une activité qui doit rester instinctive. Il ne faut pas calculer ces actions. C'est un métier humain avant tout. 

Courage ! 

 

 

 

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Ferris
Il y a 7 heures, AwwA a dit :

C'est là le problème. C'est une activité qui doit rester instinctive. Il ne faut pas calculer ces actions. C'est un métier humain avant tout. 

Courage ! 

 

Toute activité est évaluable et doit être évaluée. Aucun domaine de notre action ne saurait échapper à une évaluation sous prétexte d'humanité et d'instinct ! D'une part, nous devons évaluer nos actions et nos résultats (par rapport à des objectifs déterminés qui définissent notre projet de service), pour pouvoir ensuite évoluer et proposer, et d'autre part nous devons cette évaluation à nos élus.

Il n'y a pas de domaine en bibliothèque qui ne serait pas quantifiable.

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Anne Verneuil

Je suis tout à fait d'accord avec Ferris. Une activité "instinctive" n'a rien de professionnel.

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Awwavez

Bon. Je raconte encore un tas de bêtise. J'ai encore du temps pour apprendre.

Edited by AwwA

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Anne Verneuil

Ça viendra, pas d'inquiétude ! Mais le métier est certes beaucoup moins glamour qu'il ne paraît de l'extérieur... Nous sommes aussi des gestionnaires, on ne peut plus y couper. mais pas que...

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Ferris

Il semble communément admis que la part de notre travail dévolue aux tâches de gestionnaire, de comptable, de manager, de statisticien, de technicien informatique et autres ferait automatiquement baisser la part "d'humanité" de nos fonctions. Or ce n'est pas tout à fait vrai. D'une part parce que ces tâches nous prennent en réalité assez peu de temps si l'on sait bien les gérer. Et d'autre part parce qu'il est vrai que ces tâches nous sont imposées et qu'au fond de nous-même nous savons bien que nous n'avons pas choisi ce métier pour cela. C'est ce qui nous sauve en réalité. Si l'on devait parler d'instinct je dirai que nous avons là, en nous, un instinct de survie en milieu hostile, qui fait que nous saurons préserver l'essentiel de notre cœur de métier : l'accueil des publics et leur bien-être.

Certains peuvent basculer dans la technicité, la distance en fait, pour différentes raisons. Il y a alors une mesure simple à prendre de temps en temps pour recentrer les choses : ma part d'humanité est inversement proportionnelle au temps que je passerai seul dans mon bureau en face de mon écran. Pas de miracle.

Comme je le disais il y a longtemps sur 

 

 

dans une réponse à Yumiko, il y a un bonus à travailler seule dans une petite structure. Bien que l'on y fasse tout, la part "humaine" est préservée, sur les heures publiques. Et je ne me fais aucun souci pour la part d'humanité professionnelle d'Icarela, seule dans son village de 1500 habitants. Et ce ne sont pas les deux heures qu'elle passera en fin d'année sur ses statistiques de fréquentation qui y changeront quelque chose.

 

Il faut résister à l'air du temps. Une collègue me disait il y a peu que les élus ne nous "voulaient" et ne nous "voyaient" de plus en plus que "comme des gestionnaires". D'autant plus dans les temps budgétaires difficiles que nous vivons, notre légitimité professionnelle sera de plus en plus mesurée à l'aune de nos capacités gestionnaires. Résistons à cette vision tronquée.

 

Sinon, comme le dit l'ex-présidente Verneuil, aujourd'hui décorée de l'Ordre national du Mérite, notre métier risque de devenir de moins en moins glamour....

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B. Majour

Bonjour Awwa

 

C'est là le problème. C'est une activité qui doit rester instinctive. Il ne faut pas calculer ces actions. C'est un métier humain avant tout.

 

Je ne pense pas que tu dises des bêtises.
Dans notre métier, il y a bien une part de feeling, contenu dans "qu'est-ce qui pourrait attirer mes lecteurs ? Que dois-je développer parmi tous les choix possibles ? Qu'est-ce qui fait/va faire vibrer mon public ?"

 

Là, le gestionnaire pur et dur, il est plutôt bernique sur le sujet.
Les chiffres ne sont pas suffisants, ils ne tiennent pas compte de toute la réalité du terrain.

 

Un gestionnaire pur et dur voit une baisse de fréquentation, il n'ira pas regarder ce qui se passe à l'extérieur de la bibliothèque. Une inondation, il ne la voit pas.

 

La satisfaction du public non plus. Et le gestionnaire ne la voit pas pour au moins deux raisons : elle n'est pas quantifiée et elle dépend de la qualité journalière du personnel (ce qui est vraiment horripilant pour un gestionnaire pur et dur)

 

Pourquoi préfère-t-on un boulanger plutôt qu'un autre à qualité égale de pain ?
Pourquoi préfère-t-on un restaurant plutôt qu'un autre... alors que la nourriture est identique ?

 

Question de cadre, question d'affinité, question de personnalité du restaurateur, ou du boulanger. Le sens de l'accueil, avec tout ce que ça comporte, oui, d'humain. Mais aussi tout ce qu'on ambitionne d'apporter comme service. Le rêve que le bibliothécaire porte en lui.

 

Un gestionnaire n'aime pas le mot rêve, il préfère le mot développement.

 

Or, bien souvent, le gestionnaire mesure le passé, et il a du mal - s'il y arrive - à projeter ses courbes dans le futur. Le gestionnaire est plus dans une politique d'entretien que dans une perspective d'avenir. Quand on lance des projets d'avenir, il faut dépenser parfois en pures pertes sur une dizaine de projets pour en aboutir un seul.

 

Quelque part, tu n'as pas tort de parler d'instinct (je lui préfère feeling) parce qu'on sait qu'il faut du temps pour attirer le lecteur, du temps pour bâtir une habitude et voir aboutir un projet "développement de collection". Et l'instinct est de choisir le bon projet, et de croire en son potentiel même s'il a du retard à l'allumage.

 

Sauf qu'il faut aussi regarder que l'on ne se leurre pas. Qu'il faut savoir abandonner des projets (9 sur 10 ne donneront rien). Et pour ça, il y faut des mesures, des calculs d'objectifs à atteindre... pour savoir s'ils ont été atteints, ou pas.

Pour le montrer aux élus, mais aussi pour soi.
Pour savoir si son flair est bon.
Et encore pour acquérir de l'expérience : on ne progresse pas si on ne mesure pas ses efforts.

 

Idem, prendre des mesures permet de réagir. Icarela constate une baisse de fréquentation, parce qu'elle le mesure. Baisse d'attractivité ou autre chose ?

Là, l'instinct ne suffit pas, il faut se mettre à la place du public pour comprendre ce qu'il en est. Et voir ensuite si on peut réagir d'une manière ou d'une autre.

 

Comme tu le vois, tout n'est pas instinct, mais il y en a.
On a aussi la connaissance de (l'instinct ?, ou l'intuition = la faculté naturelle de "sentir") son public. Une donnée non évaluable. Mais il n'empêche, on sait si un document va être apprécié ou pas, l'expérience parle... même si parfois on teste et reteste pour voir si le public change d'avis ou pas.

 

Ou si le flair du bibliothécaire reste fiable. :wink:
   Bernard

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Chloé

Bonsoir,

 

Dans ma bibliothèque également il y'a une baisse de fréquentation, pour le moment je n'ai pas encore d'explications rationnelles à donner. Mais ce qui est sur c'est qu'il vas falloir inverser la tendance. 

Dans mes projets à court et à moyen terme c'est un travail sur le "numérique", les liseuses, les tablettes toussa toussa ....  Je vais suivre des formations sur le sujet et tout cela vas se mettre en place fin d'année 2016/ début 2017... en espérant que cela soit bien perçu par tous....

Chloé

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Ferris

Chloé, ce qui est regrettable dans cette réaction, c'est qu'au lieu de partir d'un diagnostic précis basé sur nos pratiques, on met le paquet sur la solution miracle, ou présentée comme telle depuis les constats catastrophiques des années 2005 : l'illusion techniciste, comme l'ont appelée certains. On se jette dans la technologie comme si c'était la panacée à toute baisse de fréquentation. Et dans une situation financière qui n'est pas spécialement propice à ce type d'investissement. Je parle de l'acquisition de matériels.

 

Sans parler des questions techniques et commerciales non résolues quant aux contenus (Offre PNB, limitation DRM, offre streaming des plateformes de type Numilog etc...). Au total, entre janvier et décembre 2015, 12 716 exemplaires ont été acquis via PNB par seulement 37 bibliothèques françaises ! Bref, on est dans l'expérimental, et avec encore aucun bilan sur les résultats en matière de fréquentation.

 

Les usages restent incertains au sujet de ce qui est et sera lu sur ce type de support tout autant que sur sa démocratisation. Il est fort délicat, sans recul temporel, de discerner la part d'effet de mode dans le phénomène, de savoir si l'objet et les services sont essayés de pair et par curiosité ou si la pratique s'implantera durablement. La probabilité d'une dématérialisation rapide et majoritaire des principales sortes de livre, roman et essai, à court terme apparaît faible. (http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/49078-les-ressources-numeriques-dans-les-mediatheques-territoriales-etat-des-lieux-et-lignes-de-fuites.pdf)

 

Et , en dehors du contenu (qu'il faudra bien arriver à proposer, à moins d'en rester à Gallica...), pour les bibliotheques qui ont un peu de recul, le bilan est mitigé, ne serait-ce que sur le plan de l'achat d'équipements :

Par exemple, la bibliothèque municipale de Rouen, qui a initié son prêt de liseuses en juin 2012 affirme que l’«on peut penser que d'ici quelques années, une fois que le taux d'équipement en liseuses aura nettement évolué en France, ce type de service n'aura plus d'utilité».

 

la médiathèque de Lorient considère que le prêt des terminaux ne fait pas partie du rôle de la bibliothèque, mais que celle - ci doit fonder son action de médiation sur l’équipement propre du public pour accompagner les usagers à s’approprier leur propre machine .

 

Il semble pertinent, au regard de ses missions de diffusion de la connaissance, que la bibliothèque se positionne à terme comme point d’accès de référence aux ressources numériques idoines aux terminaux mobiles. 88,5% des testeurs professionnels de liseuses à la bibliothèque municipale de Toulouse estiment ainsi utile ou indispensable de trouver à la bibliothèque un accès aux livres numériques. La réponse immédiate à la question du prêt ne peut être que territoriale, contextuelle. Une réponse univoque n’aurait pas de sens, elle dépend du public desservi, de son équipement, de ses demandes, de la pertinence de l’offre par rapport à lui. »

 

Bref, la baisse de fréquentation (qui se traduit obligatoirement par une baisse des emprunts, mais lesquels exactement, et touchant quelle frange du public ?) est un constat aux origines multiples, à étudier localement avec des stats de prêt précises, et qui peuvent mettre en cause une politique d'acquisition, des problèmes de valorisation, des baisses budgétaires, des horaires inadaptés etc...etc... En aucun cas une réponse technique uniforme ne pourra remplacer ces diagnostics locaux et multiples.

 

Une réflexion anticipative (anticipatrice, anticipatoire ? ) sur le numérique ne nous exonère pas d'une réflexion sur nos pratiques. Quand on a les deux pieds dans la merde, on ne s'en dépatouille pas en regardant le futur de la ligne bleue des Vosges. On regarde ses pieds.

 

Moi, ma fréquentation et mes prêts augmentent très légèrement depuis deux ans. Pas de quoi faire péter le mousseux. Mais surtout : je sais pourquoi. Et s'ils baissaient, du coup, je saurais aussi pourquoi : pour les raisons inverses qui font qu'ils ont monté. Si j'identifie les facteurs de la hausse, j'ai les solutions à la baisse.

 

Et ce n'est pas un achat de liseuses qui y changera grand-chose.

 

 

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Chloé

Bonjour,

Qui as dit que j'allais acheter des liseuses?

Qui as dit que j'allais uniquement me concentrer sur la révolution numérique?

Qui as dit que je ne regardais pas en ce moment même sous mes mes pieds pour savoir où j'avais marché?

Pas moi !!

 

J'ai lu l'intégralité des messages de ce sujet. Je rejoins certaines explications sur les TAP, j'ai d'autres éléments aussi que je sais qui pèse dans la balance en faveur de la baisse de fréquentation. Malheureusement il y'en a certains sur lequel je n'ai qu'un pouvoir très très limité. 

La baisse de budget est malheureusement une des raisons... 

J'analyse pour le moment, je réfléchis aussi beaucoup, j'ai prévu des échanges avec mes responsables et les élus.

 

Sur le sujet du numérique, les explications et les analyses sont toujours bonnes à prendre.

Je ne vais pas acheter de liseuse.

Je vais juste, en tant que bibliothèque, bénéficier de prêt de liseuses mais aussi d'autres outils (tablettes tactiles par exemple) .... pour en faire bénéficier les lecteurs de mon établissement. 

Et ce n'est qu'un axe de travail parmi d'autre. Je l'ai évoqué vu que les autres axes ont déjà été dit plus haut (analyse, question d'augmentation des prêts...)

 

Chloé

 

(vas falloir que je change ma "photo de profil" car je me rends compte qu'elle ne "passe" plus)

 

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Ferris

Salut Chloé,

 

Toujours aussi réactive du bréviaire, la Soeur Chloé. Moi aussi...

 

Qui a dit : Dans mes projets à court et à moyen terme c'est un travail sur le "numérique", les liseuses, les tablettes toussa toussa ....  Je vais suivre des formations sur le sujet et tout cela vas se mettre en place fin d'année 

 

Pas moi :tongue:

 

Plus sérieusement, sur l’ensemble du sujet lancé par Icarela, je crois qu'il faudrait s'entendre sur le sens qu'on accorde au mot "fréquentation". S'il s'agit uniquement des prêts, ça change la donne mais on est dans le quantifiable. Je sais que quelqu'un disait "le bonheur n'est pas dans le prêt", mais au moins, là, on a des constats et des outils pour agir. Si on veut renforcer son attractivité on sait sur quoi taper en priorité. Un lecteur inscrit en plus, c'est rien, une illusion d'optique, un truc à gogos qu'on sert le plus souvent aux élus dans les beaux bilans bien torchés pour avoir des sous. Sa fidélisation c'est tout. Et ça se joue sur la durée. C'est fragile, ça se bichonne.

 

Tu peux avoir des prêts qui montent et un nombre d'actifs (comme on dit) qui baisse. Et inversement tu peux inscrire des foules en délire, pour une fréquentation/prêts qui va à peine frémir. Étonnant, non ?

 

Quand ma génération de tordus magnifiques amené l'accès internet direct dans les bibs, la fréquentation du lieu a augmenté, ce qui n'a pas empêché les bibs qui perdaient des prêts de continuer à en perdre. Aujourd'hui, avec la génération "tout sur mon portable et le reste sur ma tablette", l'offre internet de l'époque est obsolète et les baisses de prêts peuvent continuer ici ou là. Et pourtant on est prêts à repartir dans les mêmes raisonnements. Tous les chemins ne mènent pas à Rome et ce n'est pas un produit d'appel qui fait le magasin. C'est tout ce que je voulais démontrer. Et ton post m'y a aidé, ne prends pas ça pour toi.

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Chloé

Eh oui frère Ferris le bréviaire à portée de main (sait on jamais ça peut servir à tout ce truc là :ahappy:)

 

Sérieux, 

J'sais c'que j'dit !

 

J'prends rien pour moi !

 

Et j'ai bien dit une baisse de fréquentation. Les prêts ça va, ça se maintient. Et je continue à faire de nouvelles inscriptions. 

 

J'aime beaucoup cette phrase 

il y a 35 minutes, Ferris a dit :

ce n'est pas un produit d'appel qui fait le magasin

 

On pourrais presque dire ....Paroles d'évangile !!! :angel:

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B. Majour

Z'y va la Soeur Chloé, comment qu'elle t'l'pousse aux entrailles, le père Ferris.
Vas-y Soeur Chloé, pousse-lui la tondeuse entre les deux oreilles, l'va cracher le morceau le bougre.

Chai pas s't'a vu, mais il a dit ça :
=> Moi, ma fréquentation et mes prêts augmentent très légèrement depuis deux ans. Pas de quoi faire péter le mousseux. Mais surtout : je sais pourquoi.

Il sait pourquoi.

Ben peuchère, l'va bien nous le dire, hein !
Qu'est-ce qu'il a fait pour que ça augmente.

Il les présente sur des plateaux d'argent ses documents (histoire de standing :ahappy: ) ? accompagnés de petits fours ?
en tutu rose et ballerines, avec grâce et élégance ?

Parce que nous, ça baisse, et s'il y a des solutions, on est preneur d'idées.
Et s'il faut en passer par les plateaux d'argent et les gants blancs (j'ai pas la grâce d'une ballerine moi), eh bien c'est pas trop coûteux. Moins que ces pedzouilles de tablettes vite obsolètes, au moins le plateau d'argent, on pourra le recycler... pour servir des cafés, avec les bouquins.

Il sait pourquoi.
  Bernard (qui lui aussi... voudrait bien savoir :blink:)

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Chloé

Bernard merci ! 

Tu as tout bien dit comme je le pensais !!! 

Et ouaip je suis pour le parler direct .... :ahappy:

 

Bon pour parler correct (et respecter le standing:ahappy:) : 

 

Oui c'est vrai que c'est bien de savoir que ça augmente chez les autres, et c'est rassurant car ça veut dire que c'est possible, que tout n'est pas perdu. Mais quelles sont les solutions qui ont été mis en oeuvre? Peut être que ces solutions là ne seront pas exploitables dans nos bibliothèques mais pourront nous servir de tremplin vers d'autres idée. 

 

Mais Bernard tu m'as bien fait rire!!! 

Cordialement

 

 

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icarela

Bonjour,

après quelques mois de réflexion, re-analyse de chiffres,

la situation n'est pas si désespérée apparemment.. . En tout cas, les chiffres de prêt se maintiennent sur la première moitié de l'année par rapport à ceux des années précédentes. Mais effectivement c'est sans doute les nouvelles inscriptions qui cachent l'arbre de la forêt des gros lecteurs qui ont diminué et des familles qui trouvent peu de temps pour venir...

Même si ces jours-ci j'entends " cette année on va mieux s'y tenir" (ah, les bonnes résolutions de la rentrée!).

En tout cas, ça a ouvert le débat.

Et je me suis sentie moins démunie grâce à vous.

Je ne pourrais donner de solutions par rapport aux adolescents squatteurs, je n'en vois guère... mais une prochaine fois peut-être.

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Amandine Jacquet

Alors que le nombre d'inscrits est stable, la fréquentation est en baisse au niveau national :

Le nombre d'inscrits est stable sur la période 2010-2014, après avoir connu une régression de 4 % entre 2005 et 2010. Après avoir connu une hausse de 24 % sur la période 2005-2010, la fréquentation est en régression sur la période 2013-2014 (-4 % puis -2 %). Sources : Synthèses nationales des données d'activités des bibliothèques municipales et intercommunales 2010 et 2014, établies par l'Observatoire de la lecture publique.

 

Edited by Amandine Jacquet

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