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Eneca

Mediathèque et hotel

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Eneca

Bonjour à tous,

De façon tout à fait abrupte, que vous inspirerez à première vue un éventuel projet de médiathèque (projet public) adossé à un projet d'hotel de grand standing (projet privé), avec restaurant, bar, boutiques....? qui appartiendrait à un réseau de lecture publique intercommunal, située dans une ville d'environ 5000 habitants, territoire rural...Je me pose des questions sur la cohabitation des usages, et ce sur quoi il faudrait être vraiment vigilant

Merci d'avance

 

 

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Ferris

Le terme "adossé" n'est pas suffisamment clair. Administrativement parlant la question doit être reformulée. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit de définir une forme de partenariat public/privé qui prend des formes très différentes selon les régions du monde où cela se passe. Dans les pays anglo-saxons d'une façon générale, on connait cette réalité depuis longtemps. On connait le concept des idea stores londonniens, qui peuvent creer des craintes en France, même si la notion de troisime lieu, américaine à l'origine, n'en est qu'une déclinaison. On peut d'ailleurs douter serieusement que ce concept, repris en France et faisant fureur, puisse s'exprimer de la même façon.... En France avec une machine à café, un canapé et un atelier couture, on croit faire du Troisieme lieu, ce qui frise le ridicule.

 

Les Idea Stores (je surligne les aspects conceptuels qui posent problème)Apparues à Londres en 1999, les Idea Stores (« magasins d’idées ») ont fait couler beaucoup d’encre, en Angleterre comme à l’international, au sein de la communauté des bibliothécaires. Ce débat pourrait se résumer à la question suivante : les Idea Stores, qui se présentent comme des bibliothèques publiques d’un nouveau genre, sont-elles encore des bibliothèques ? Le concept, soutenu par le secrétaire d’Etat à la culture, a été conçu à l’origine sur mesure pour un quartier particulièrement défavorisé de Londres, Tower Hamlets, majoritairement peuplé de communautés étrangères, où les bibliothèques publiques étaient très peu fréquentées. Sergio Dogliani, formateur pour adultes de profession, qui a imaginé le modèle d’Idea Store, a proposé une bibliothèque multi-services, localisée à proximité d’une centre commercial, à la fois lieu de culture, centre de ressources, espace de formation et d’alphabétisation, café, crèche… animée par une équipe qui n’est pas exclusivement composée de professionnels du livre, et enfin, avec un accès 7 jours sur 7. Un concept qui vient résonner avec celui de « troisième lieu » .

 

Ou en est la notion de partenariat public privé en France. Des mémoires ont été rédigés à ce sujet  (je surligne les aspects importants qui ouvrent éventuellement une brèche dans nos habitudes)

 

Dans le cadre bibliothéconomique, le partenariat désigne généralement la réunion de personnes ou d‟organismes, dont la bibliothèque, pour mener des actions communes. Dans le secteur privé, le partenariat, comme mode de coopération entre plusieurs entreprises, a une finalité plus précise, puisqu‟il constitue une des modalités de développement des entreprises, c'est-à-dire une des méthodes permettant de conduire les  orientations stratégiques de l‟entreprise. Autrement dit, le partenariat est pour une entreprise un outil stratégique. L‟idée de remonter à la source du partenariat, c'est-à-dire au secteur privé, constitue donc l‟orientation la plus marquée de cette problématique, puisqu‟elle détermine l‟axe principal d‟une recherche qui cherchera à mettre en perspective les liens entre partenariats des bibliothèques et stratégie, qu‟on peut définir ici brièvement comme « la conduite et la réalisation, par les meilleurs moyens, d'une politique » . Cet axe de travail peut paraître étonnant : les bibliothèques sont des services publics, et au moins en France, il n‟est pas encore habituel d‟y entendre parler de stratégie. Pourtant, aucune loi n‟oblige les décideurs locaux à disposer d‟une bibliothèque dans leur collectivité, si bien que l‟existence de cet équipement dans la ville est potentiellement remise en question, et que les bibliothèques ne peuvent plus se contenter de fonctionner indépendamment de tout questionnement stratégique leur permettant d‟affirmer leur importance et leur place dans les institutions d‟une collectivité. Dès lors, une réflexion sur les notions de partenariat et de stratégie en bibliothèque constitue une exploration nouvelle et potentiellement fructueuse.

 

On notera au passage que seule l'absence d'une loi sur les bibliothèques, que nous reclamons pourtant, permettrait une expression concrète à l'anglo-saxonne dece type de partenariat. Cruel dilemme..

 

Le sujet est assez copieux, je conseille donc de se reporter aux mémoires redigés la-dessus https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/48969-les-partenariats-des-bibliotheques-publiques-en-france-et-au-royaume-uni-des-instruments-strategiques.pdf

 

On notera que la réponse ENSSIB esquive la question en limitant ce partenariat à la relation commerçants/bibliothèques, les commerçants en question n'étant que les librairies. https://www.enssib.fr/services-et-ressources/questions-reponses/partenariat-bibliotheque-et-commercants. Dans d'autres cas on parle des relations avec le secteur associatif. Bref on est loin de la question de base qui nous dérange : rentrer dans les orientations stratégiques de l'entreprise. Ce qui est bien le sujet posé par Eneca.

 

Je n'ai pas d'avis pour ou contre à priori. Je regarde le temps qu'il fait avant de sortir et je prends ou non mon parapluie. Je disais il y a Longtemps sur ce forum que nous finirions par faire dépôt de pain et vente de timbres. Je constate aujourd'hui qu'en zone rurale on en est presque là. Que par ailleurs Pôle Emploi et les MSAP  et la CAF proposent des stages aux bibliothécaires pour jouer un rôle social de plus en plus important etc...

 

Pour son projet de bibliothèque, la commune de Lorrez-le-Bocage-Préaux, l 300 habitants, en Seine-et-Mame, a opté pour une formule originale : associer la bibliothèque avec une Maison de services au public (MSAP), au dispositif national qui permet de délocaliser certains services de l'Etat dans les villages. Depuis mai 2018, la bibliothèque-MSAP de Lorrez-le-Bocage-Préaux, baptisée La Coop, et seule Bibiothèque-MSAP en Ile-de-France à ce jour, reçoit le public 38 heures par semaine du mardi au samedi. Plus rien à voir avec les 6 heures d'ouverture hebdomadaire de la petite bibliothèque associative qui lui préexistait. Les usagers viennent pour les services de lecture publique ou pour ceux de Pôle emploi ou de la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse), tous assurés par les trois bibliothécaires, formés à l'accompagnement admimistratif par la CNAV et Pôle emploi. Dans les 300 m2 du lieu, aménagés de façon cosy avec un coin café, des fauteuils, un espace de coworking, les publics se mélangent. « Les personnes gui viennent pour Pôle emploi ne sont pas stigmatisées, on les reçoit dans nos bureaux, c'est discret, explique Cendrine Nogues, la responsable de La Coop. Une MSAP est un relais purement administratif, mais nous, on veut offrir un vrai service. On fait des ateliers pour écrire son CV et je compte développer un accompagnement au numérique pour que les gens soient en mesure défaire une démarche de recherche d'emploi en ligne complète, pas seulement remplir leur dossier. https://www.biblio36.fr/images/stories/Doc_PDF/ACTUALITES_PROFESSIONNELLES/2019/bibliotheques_du_temps_retrouve.pdf

 

Moi qui oeuvre en zone rurale désertifiée et un public en pleine fracture numérique,  je ne peux pas être contre cette vision des choses, quelles que soient mes idées personnelles, qui seraient plutôt pour la sauvegarde du cœur de métier et une loi cadre sur les bibliothèques. Mais la réalité de terrain m'interpelle chaque jour. Et me rappelle à la notion élargie de service public.

 

Alors pourquoi pas des hôtels de luxe ? Et s'intégrer à une stratégie commerciale dont nous retrouverions les bénefices en termes de moyens de fonctionnement, justement au moment ou ceux-ci baissent ? Après tout, si nos bibliotheques de villes-stations balnéaires jouaient bien ce jeu là , elles seraient gagnantes à l'année....D'autant plus que dans l'idée d'Eneca, la partie commerciale appartiendrait à l'interco, ce qui prend un certain sens.

 

J'ai une idée sur notre intégration de fait dans les circuits courts (du producteur au consommateur) en zone rurale. Là aussi on rentrerait dans un circuit commercial , déja soutenu par l'interco, mais lié à l'économie locale. Nos hôtels de luxe à nous, ce sont des  fermes. Mais l'idée est identique.

 

Alors, why not ?

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B. Majour
Il y a 20 heures, Eneca a dit :

Je me pose des questions sur la cohabitation des usages, et ce sur quoi il faudrait être vraiment vigilant 

 

Je te conseille la lecture du document Enssib suivant,

https://books.openedition.org/pressesenssib/613

et tu auras un aperçu des difficultés de collègues installés dans un centre commercial (surtout si tu es située dans un complexe de luxe)

 

Bien sûr, tu peux poser tes questions directement ici

Téléphone 04 38 12 46 20

Courriel : bm.katebyacine@bm-grenoble.fr

https://www.bm-grenoble.fr/654-kateb-yacine.htm

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Eneca

Merci pour vos réponses. 

 

Le partenariat public-privé est un vrai débat, mais qui n'aura vraisemblablement pas lieu dans ce projet là. Je me suis mal exprimée : en fait, il s'agirait plus ici de rénover et de partager un lieu que de la mise en place d'une véritable synergie entre deux entités. Et surtout, c'est la cohabitation avec un hotel***** qui m'interrogeait : j'ai probablement tort.

 

J'ai relevé toutes vos pistes avec intérêt...Merci encore.

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Ferris

Pas grave, il n'y avait qu'a s'en tenir au mots employés: effectivement il s'agissait d'un espace (bâti) partagé. Et la cohabitation des usages n'entrainait pas automatiquement une synergie stratégique.

 

Ceci dit la question des espaces partagés se pose depuis longtemps. Certains l'ont résolu de façon volontariste comme la Bibliotheque de Condé sur Noireau, qui intègre en synergie la mediathèque, le Musée et l'Office de tourisme (avec son personnel). D'autres le font par choix économique, comme certaines villes nouvelles en région parisienne. Avec souvent une salle polyvalente dans l'ensemble du bâti.

D'autre partagent simplement des bâtiments anciens d'un seul tenant (Mairie, MSAP, Maison médicale, Point poste), avec par exemple une seule baie de brassage informatique, comme c'est mon cas. Et ça peut être amusant....

Ou les Archives départementales et la BDP à Marseille, la Bibliothèque,  ou encore l'espace jeunes et la salle polyvalente ailleurs,  ou l'Agence postale, location de la salle polyvalente & bibliothèque à Antignac dans le Cantal etc....

Mais tout ça ce sont des services publics.

Les situations en galerie marchande sont plus rares mais semblent apporter un plus en termes de proximité des publics, comme à Abbeville  la Médiathèque Jacques Darras située dans la galerie marchande du Centre Commercial Hyper U. Un exemple intéressant car , deja situés dans l'Hyper U, ils s'agrandissent mais restent dans l'Hyper U.

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Pigranelle

Personnellement ça me donne envie de vomir un peu...

Sinon j'ai expérimenté en tant qu'usager certaines bib situées dans des centres commerciaux: à Grenoble la bib Kateb Yacine et la BM d'Annecy.

Pour Grenoble l'intérieur de la bib est plutôt agréable et bien géré, par contre quand j'y suis allée la première fois j'ai eu du mal à trouver, parce qu'elle est vraiment pas mise en valeur de l'extérieur c'est une boutique comme les autres, et même plutôt mal placée dans un recoin. Je n'ai jamais aimé y passer du temps, je ne me sens pas bien dans les centres commerciaux, même s'il y a une isolation on ressent l'agitation des magasins et le passage de bcp de monde, donc pour moi c'était une bib où je passais mais ne restais pas. A Annecy de mon point de vue c'est pas génial même si l'espace est joli ce n'est pas assez isolé du centre commercial notamment niveau bruit.

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