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Attirer les jeunes en médiathèque


Carole86
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Bonjour à tous, 

Je cherche de nouveaux moyens pour attirer la jeunesse dans nos rayons et pour qu'ils lisent...ils sont accaparés par le numérique et ça me désole.. Avez vous des idées à me soumettre des astuces, des ateliers,? Merci d'avance à tous pour vos réponses, bonne journée à tous 

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Bonjour,

 

Déjà, commencer par les laisser tranquilles plutôt que de se lamenter sur le fait qu'ils soient attirés par le numérique, et peut-être même faire des ateliers numériques à leur intention. Potentiellement, après avoir assisté à un atelier numérique où à un tournoi de jeu vidéo, ils passeront par le coin BD. Sur mon ancien poste, les ados qui venaient jouer en profitaient pour emprunter des livres.

 

 

Et sinon :

- club manga : faire participer un groupe régulier de jeunes à des acquisitions

- partenariats avec les collèges et lycées du coin autour d'un projet qui implique la médiathèque (nécessite d'aller rencontrer les enseignants et documentalistes)

- aide aux devoirs

- club de lecture thématique

 

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Pour les jeunes il faut comprendre qu'il sont très accaparés par les enjeux de leur scolarité. La plupart savent et ont intégré le fait qu'il n'en feront pas de grandes. Donc de quoi à besoin un jeune? Essentiellement de se raccrocher à des pratiques culturelles qui font société. Ils ont des désirs, et souhaitent avoir accès à un certain type de culture qui est souvent trop onéreuse pour eux. Cette culture ce n'est pas la culture "légitime", mais bien la culture mainstream. Or la culture mainstream n'est pas exactement la culture populaire. Ainsi, aujourd'hui énormément de jeunes aimeraient avoir accès aux mangas ou au jeux vidéos par exemple. Ce sont les pratiques culturelles de leurs camarades, ou celles qui sont les leurs mais qu'ils n'ont pas les moyens d'expérimenter de manière satisfaisante.

 

Ainsi, oui, un ado peu vouloir lire ZOLA, ou même Paul Auster, ou du roman graphique. C'est très bien mais ça restera un plaisir d'esthète pour quelques ados passionnés. Ce n'est pas grave, la plupart ont vraiment du travail avec les cours et ils ont d'autres préoccupations sociales et culturelles. Faire communauté c'est important pour eux. Ils ne recherchent pas la "distinction", mais bien plutôt "l'intégration". L'enjeu est donc de mettre à leur portée la culture qu'ils veulent, celle dans laquelle ils se reconnaissent.

 

Donc pour faire venir des jeunes, déjà mettre à leur disposition ce qu'ils veulent. Les chercher là où ils sont comme avec les adultes cultivés.

Un adulte "cultivé" on lui prend un prix goncourt...ben un jeune "banal" qui se destine à un BEP ou un bac pro pour être mécanicien ou vrp, ben lui on lui prendra des mangas, des jeux vidéos, et en même temps on maintiendra une offre variée qui lui donnera la possibilité de regarder ailleurs s'il le souhaite.

 

Mais fondamentalement, aller chercher les jeunes là où ils sont. Prendre des films ou des séries qu'ils veulent eux (ce qui n'est pas toujours simple car ce qui buzz chez eux n’affleure pas forcément en dehors de leur milieu). Et mener une politique de long cours avec les CDI des collèges et lycée.

 

Ils doivent savoir qu'a la bibliothèque ils trouveront gratuitement ce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter, et non pas gratuitement ce qu'ils n'avaient jamais eu l'intention d'acheter. C'est un minimum.

 

Mais ne pas oublier qu'un jeune bosse 35h + en moyenne 5 ou 6h de devoirs + le sport + les sorties entre amis. Il ne va pas s'extraire de sa zone de confort culturelle alors qu'il est en permanence épuisé physiquement et psychologiquement et qu'il n'arrive déjà pas à se procurer les mangas qu'il voudrait lire. En plus il a pas le temps tout simplement.

 

 

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Bonjour,

 

Vous pouvez travailler avec eux et leurs professeurs sur les questions de l'information et de l'EMI, leur proposer des séances wikipédia (car même s'il s'agit de numérique, c'est de la lecture instructive), des ressources sur lesquelles ils sont susceptibles de se documenter, dont la presse.

La revue Lecture Jeunesse regorge de bons dossiers et d'idées pour s'adresser aux jeunes.

Bien à vous

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Le 22/11/2021 à 07:49, Carole86 a dit :

Bonjour à tous, 

Je cherche de nouveaux moyens pour attirer la jeunesse dans nos rayons et pour qu'ils lisent...ils sont accaparés par le numérique et ça me désole.. Avez vous des idées à me soumettre des astuces, des ateliers,? Merci d'avance à tous pour vos réponses, bonne journée à tous 

 

Bonjour Carole86

 

Alors, pour le numérique, les jeunes y sont... parce qu'ils y retrouvent leur communauté, et leurs amis.

Et beaucoup de leurs centres d'intérêts. (Pas que les jeunes d'ailleurs)

 

Si tu veux les toucher, utilise les réseaux sociaux.

 

Nous avons deux super collègues qui utilisent cette approche dans les lectures de Chamallow. (1er Prix des bibliothèques 2021 Livres Hebdo)

https://www.youtube.com/watch?v=K-pLtv49uvk

 

Tu peux lire ici le boulot que ça demande et les plateformes pour toucher les jeunes (TikTok, Instagram)

https://www.varmatin.com/vie-locale/elues-bibliothecaires-de-lannee-ces-deux-varoises-donnent-envie-de-lire-aux-enfants-sur-youtube-et-tiktok-726084

Sur TikTok, il faut que ce soit drôle, ludique, frais, fun, rapide. (nous dit Magali V.)

 

Votre succès sur le web a-t-il eu des répercussions dans votre travail?
M. V.: Oui, clairement! La fréquentation de la bibliothèque jeunesse a visiblement augmenté et les livres que nous conseillons en vidéo sont souvent pris d’assaut.
C. R.: Autre phénomène qui n’existait pas avant: des livres sont régulièrement en commande parce qu’ils sont déjà sortis.

 

Leurs contacts, ici :

https://www.enssib.fr/plateforme-des-projets/les-lectures-de-chamallow

 

 

N'oublie pas que la lecture peut aussi avoir lieu en ligne.

En particulier si tu cibles les mangas et les BD. (littérature favorite des ados, pour les raisons citées par Magali V.)

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Il y a 5 heures, B. Majour a dit :

 

Bonjour Carole86

 

Alors, pour le numérique, les jeunes y sont... parce qu'ils y retrouvent leur communauté, et leurs amis.

Et beaucoup de leurs centres d'intérêts. (Pas que les jeunes d'ailleurs)

 

Si tu veux les toucher, utilise les réseaux sociaux.

 

Nous avons deux super collègues qui utilisent cette approche dans les lectures de Chamallow. (1er Prix des bibliothèques 2021 Livres Hebdo)

https://www.youtube.com/watch?v=K-pLtv49uvk

 

Tu peux lire ici le boulot que ça demande et les plateformes pour toucher les jeunes (TikTok, Instagram)

https://www.varmatin.com/vie-locale/elues-bibliothecaires-de-lannee-ces-deux-varoises-donnent-envie-de-lire-aux-enfants-sur-youtube-et-tiktok-726084

Sur TikTok, il faut que ce soit drôle, ludique, frais, fun, rapide. (nous dit Magali V.)

 

Votre succès sur le web a-t-il eu des répercussions dans votre travail?
M. V.: Oui, clairement! La fréquentation de la bibliothèque jeunesse a visiblement augmenté et les livres que nous conseillons en vidéo sont souvent pris d’assaut.
C. R.: Autre phénomène qui n’existait pas avant: des livres sont régulièrement en commande parce qu’ils sont déjà sortis.

 

Leurs contacts, ici :

https://www.enssib.fr/plateforme-des-projets/les-lectures-de-chamallow

 

 

N'oublie pas que la lecture peut aussi avoir lieu en ligne.

En particulier si tu cibles les mangas et les BD. (littérature favorite des ados, pour les raisons citées par Magali V.)

Merci pour votre réponse bon week-end à vous 

 

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Il y a 5 heures, B. Majour a dit :

 

Bonjour Carole86

 

Alors, pour le numérique, les jeunes y sont... parce qu'ils y retrouvent leur communauté, et leurs amis.

Et beaucoup de leurs centres d'intérêts. (Pas que les jeunes d'ailleurs)

 

Si tu veux les toucher, utilise les réseaux sociaux.

 

Nous avons deux super collègues qui utilisent cette approche dans les lectures de Chamallow. (1er Prix des bibliothèques 2021 Livres Hebdo)

https://www.youtube.com/watch?v=K-pLtv49uvk

 

Tu peux lire ici le boulot que ça demande et les plateformes pour toucher les jeunes (TikTok, Instagram)

https://www.varmatin.com/vie-locale/elues-bibliothecaires-de-lannee-ces-deux-varoises-donnent-envie-de-lire-aux-enfants-sur-youtube-et-tiktok-726084

Sur TikTok, il faut que ce soit drôle, ludique, frais, fun, rapide. (nous dit Magali V.)

 

Votre succès sur le web a-t-il eu des répercussions dans votre travail?
M. V.: Oui, clairement! La fréquentation de la bibliothèque jeunesse a visiblement augmenté et les livres que nous conseillons en vidéo sont souvent pris d’assaut.
C. R.: Autre phénomène qui n’existait pas avant: des livres sont régulièrement en commande parce qu’ils sont déjà sortis.

 

Leurs contacts, ici :

https://www.enssib.fr/plateforme-des-projets/les-lectures-de-chamallow

 

 

N'oublie pas que la lecture peut aussi avoir lieu en ligne.

En particulier si tu cibles les mangas et les BD. (littérature favorite des ados, pour les raisons citées par Magali V.)

 

Le 25/11/2021 à 12:41, Alex332908 a dit :

Pour les jeunes il faut comprendre qu'il sont très accaparés par les enjeux de leur scolarité. La plupart savent et ont intégré le fait qu'il n'en feront pas de grandes. Donc de quoi à besoin un jeune? Essentiellement de se raccrocher à des pratiques culturelles qui font société. Ils ont des désirs, et souhaitent avoir accès à un certain type de culture qui est souvent trop onéreuse pour eux. Cette culture ce n'est pas la culture "légitime", mais bien la culture mainstream. Or la culture mainstream n'est pas exactement la culture populaire. Ainsi, aujourd'hui énormément de jeunes aimeraient avoir accès aux mangas ou au jeux vidéos par exemple. Ce sont les pratiques culturelles de leurs camarades, ou celles qui sont les leurs mais qu'ils n'ont pas les moyens d'expérimenter de manière satisfaisante.

 

Ainsi, oui, un ado peu vouloir lire ZOLA, ou même Paul Auster, ou du roman graphique. C'est très bien mais ça restera un plaisir d'esthète pour quelques ados passionnés. Ce n'est pas grave, la plupart ont vraiment du travail avec les cours et ils ont d'autres préoccupations sociales et culturelles. Faire communauté c'est important pour eux. Ils ne recherchent pas la "distinction", mais bien plutôt "l'intégration". L'enjeu est donc de mettre à leur portée la culture qu'ils veulent, celle dans laquelle ils se reconnaissent.

 

Donc pour faire venir des jeunes, déjà mettre à leur disposition ce qu'ils veulent. Les chercher là où ils sont comme avec les adultes cultivés.

Un adulte "cultivé" on lui prend un prix goncourt...ben un jeune "banal" qui se destine à un BEP ou un bac pro pour être mécanicien ou vrp, ben lui on lui prendra des mangas, des jeux vidéos, et en même temps on maintiendra une offre variée qui lui donnera la possibilité de regarder ailleurs s'il le souhaite.

 

Mais fondamentalement, aller chercher les jeunes là où ils sont. Prendre des films ou des séries qu'ils veulent eux (ce qui n'est pas toujours simple car ce qui buzz chez eux n’affleure pas forcément en dehors de leur milieu). Et mener une politique de long cours avec les CDI des collèges et lycée.

 

Ils doivent savoir qu'a la bibliothèque ils trouveront gratuitement ce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter, et non pas gratuitement ce qu'ils n'avaient jamais eu l'intention d'acheter. C'est un minimum.

 

Mais ne pas oublier qu'un jeune bosse 35h + en moyenne 5 ou 6h de devoirs + le sport + les sorties entre amis. Il ne va pas s'extraire de sa zone de confort culturelle alors qu'il est en permanence épuisé physiquement et psychologiquement et qu'il n'arrive déjà pas à se procurer les mangas qu'il voudrait lire. En plus il a pas le temps tout simplement.

 

 

Merci à tous pour vos réponses 

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  • 2 weeks later...

Reste à préciser s'il s'agit de les attirer physiquement, dans les locaux, ou en numérique, par visio ou autre.

 

S'il s'agit d'une présence dans les locaux, alors effectivement, il faut quelque chose qui présente un véritable intérêt pour eux.

D'où l'utilité de faire une petite enquête. car, ce qu'on pense être leur préoccupation peut être autre chose selon le quartier où ils résident.

 

Sinon, les solutions proposées par Zénotodos, me paraissent judicieuses.

- Une aide aux devoirs pour ceux en difficulté et voulant s'en sortir, cela me parait très bien.

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Le 27/11/2021 à 17:18, B. Majour a dit :

 

Bonjour Carole86

 

Alors, pour le numérique, les jeunes y sont... parce qu'ils y retrouvent leur communauté, et leurs amis.

Et beaucoup de leurs centres d'intérêts. (Pas que les jeunes d'ailleurs)

 

Si tu veux les toucher, utilise les réseaux sociaux.

 

Nous avons deux super collègues qui utilisent cette approche dans les lectures de Chamallow. (1er Prix des bibliothèques 2021 Livres Hebdo)

https://www.youtube.com/watch?v=K-pLtv49uvk

 

Tu peux lire ici le boulot que ça demande et les plateformes pour toucher les jeunes (TikTok, Instagram)

https://www.varmatin.com/vie-locale/elues-bibliothecaires-de-lannee-ces-deux-varoises-donnent-envie-de-lire-aux-enfants-sur-youtube-et-tiktok-726084

Sur TikTok, il faut que ce soit drôle, ludique, frais, fun, rapide. (nous dit Magali V.)

 

Votre succès sur le web a-t-il eu des répercussions dans votre travail?
M. V.: Oui, clairement! La fréquentation de la bibliothèque jeunesse a visiblement augmenté et les livres que nous conseillons en vidéo sont souvent pris d’assaut.
C. R.: Autre phénomène qui n’existait pas avant: des livres sont régulièrement en commande parce qu’ils sont déjà sortis.

 

Leurs contacts, ici :

https://www.enssib.fr/plateforme-des-projets/les-lectures-de-chamallow

 

 

N'oublie pas que la lecture peut aussi avoir lieu en ligne.

En particulier si tu cibles les mangas et les BD. (littérature favorite des ados, pour les raisons citées par Magali V.)

Super merci je me renseigne 

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il y a une heure, Carole86 a dit :

Merci beaucoup pour votre réponse pardon mais c'est quoi Zenotodos ? 

 C'est le pseudo de la première personne a avoir répondu au sujet ;)

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Il y a 1 heure, Carole86 a dit :

Merci beaucoup pour votre réponse pardon mais c'est quoi Zénodotos ? 

 

Alors Zénodotos, c'est le pseudo tiré du nom d'un bibliothécaire célèbre :

Zénodote, en grec ancien Ζηνόδοτος / Zênódotos (330–260 av. J.-C.) est un grammairien alexandrin.

Né à Éphèse, il est le premier bibliothécaire de la bibliothèque d'Alexandrie. Ptolémée II Philadelphe a recours à ses services, ainsi qu'à ceux d'Alexandre l'Étolien et Lycophron de Chalcis pour mettre au point des éditions critiques des grands poètes grecs. Alors que ses collègues prennent en charge respectivement les tragédies et les comédies, Zénodote s'attaque à l'œuvre d'Homère. Il publie une Recension ainsi qu'un Glossaire de l’Iliade et de l’Odyssée, et rejette les Hymnes homériques comme étant postérieurs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zénodote

 

Que veux-tu, certains aiment Homère comme d'autres aiment le chocolat.  ;)

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  • 2 weeks later...

J'adore les grands bibliothécaires. De vrais érudits. Callimaque de Cyrène, Gabriel Naudé aussi. J'aurais adoré être ce genre de bibliothécaire. Je suis malheureusement un peu court sur les langues anciennes XD.

Mais en tout cas je crois qu'ils demeurent des exemples en ce qu'ils tenaient leur rôle d'érudits dans la cité; et pour ma part je m'insurge contre cette fausse modestie de bien des bibliothécaires de nos jours qui refusent de se voir, ou de se penser, comme des "sachants" au même titre que les profs (qui eux sont assez à l'aise là dessus...).

Je n'ai pour ma part aucun complexe d'infériorité à ce niveau, hormis bien sûr envers les agrégée qui de fait sont assez connaisseur on en conviendra.

 

Enfin ça c'est un autre débats. Au reste je fais bien sûr de l'animation. L'un n'empêche pas l'autre.

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Il y a 9 heures, Alex332908 a dit :

je m'insurge contre cette fausse modestie de bien des bibliothécaires de nos jours qui refusent de se voir, ou de se penser, comme des "sachants"

 

Certes, nous sommes des sachants mais au sens de passeurs de savoirs, et de facilitateurs à l'accès aux savoirs existants, c'est le fameux rôle de "médiation" si à la mode actuellement. Ce qui me pose question c'est de ne pas aller immédiatement sur un moteur de recherche, ou sur Wikipedia et de taper "Zenodotos", histoire de voir. Car c'est précisément la démarche première d'un médiateur en bibliothèque. Il ne s'agit pas de savoir tout mais de connaitre les outils qui permettent de trouver et d'y orienter le lecteur. D'une certaine façon c'et valable aussi pour les enseignants et les "sachants" d'une façon générale.

 

Comme dit le proverbe chinois Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrit une fois. Si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie...

Modifié par Ferris
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Oui, disons que notre compétence professionnelle propre, en tant que bibliothécaire, c'est de savoir repérer les sources de connaissance, les manipuler et en faire la médiation.

On est plus des spécialistes de l'information que d'un domaine particulier. C'est le côté "méta" on va dire de notre métier.

 

Je considère néanmoins que contrairement à ce que certains pensent des bibliothécaires, ou ce que certains souhaiteraient que nous soyons, nous ne sommes pas que des animateurs (et même si souvent des animateurs se retrouvent à faire le bibliothécaire dans les petites communes), et je ne vois pas de rupture fondamentale entre moi et Callimaque de Cyrène ou Gabriel Naudé, ou du moins la différence est de l'ordre de l'étendu des talents et des connaissances, et de la puissance intellectuelle, qui chez moi sont évidemment bien moindres. De la même manière que tout prof de philo n'est pas Kant.

 

C 'est une manière d'envisager son statut. Un prof ne se voit pas comme un maton ou une assistante maternelle spécialisé en histoire géo. Moi je ne suis pas un animateur qui sait cataloguer des polars et accueillir des auteurs.

 

Et c'est toute l’ambiguïté de notre métier je trouve. En effet je me souviens en formation avoir fais 2 fois "débat". Une fois quand j'ai dis à notre prof de socio qu'en tant que smicard en cdd nous faisions parti de la classe populaire et précaire (Elle était outrée), et une seconde fois quand je lui ai dit que nous pouvions tout à fait nous considérer comme des "sachants", et nous sentir à l'aise dans notre rôle de prescription, sans adopter une posture de modestie mal placée à l'égard des auteurs ou du public. (tous moins diplômés en moyenne). Je crois d'ailleurs que ce manque de crédibilité est dû à une forme de sexisme à l'encontre d'une profession où les femmes sont très présentes.

 

Remarquez que, nous ne sommes à priori pas considéré comme des "précaires" malgré la réalité de la contractualisation dans le milieu et la faiblesse des salaires, et en même tant cela ne signifie pas qu'on nous accorde une quelconque crédibilité XD. On est donc, dans l'imaginaire collectif, des intellectuels ratés mais toujours privilégiés car travaillant dans un métier quand même considéré comme intellectuel (mais nous non on ne l'est pas) et lié à la fonction public....

 

 

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Il y a 2 heures, Alex332908 a dit :

nous ne sommes pas que des animateurs (et même si souvent des animateurs se retrouvent à faire le bibliothécaire dans les petites communes), et je ne vois pas de rupture fondamentale entre moi et Callimaque de Cyrène ou Gabriel Naudé, ou du moins la différence est de l'ordre de l'étendu des talents et des connaissances, et de la puissance intellectuelle, qui chez moi sont évidemment bien moindres. De la même manière que tout prof de philo n'est pas Kant.

 

Notre métier évolue vers l'animation/mediation. Nous pouvons le regretter mais n'oublions pas que Callimaque était d'abord un poète et un enseignant en littérature et s'est retrouvé propulsé bibliothécaire d'Alexandrie après la mort de Zenodote. Et quelle est la premiere chose qu'il a faite ? Du classement ! Un catalogue. Comme nous.

 

"tout en continuant à donner des cours, il rédigea le premier catalogue raisonné de la littérature grecque, les Tables des personnalités dans chaque branche du savoir et liste de leurs écrits" (Wikipedia) .

 

Tout en continuant à donner des cours et à écrire. Tu n'est pas écrivain et, comme tu le dis en citant Kant, si tous les profs de philo étaient philosophes, ça se saurait. Nous sommes d'accord. Ce qui fait aussi que, de nos jours, avoir fait des etudes de lettres (qui était autrefois la voie royale pour devenir bibliothécaire) n'a plus de sens particulier. Et on le voit très bien dans les recrutements. Les origines ou le "bagage" intellectuel de nos collègues est de plus en plus diversifié. Nous ne serons plus jamais des sachants mais des passeurs. Ce qui fait aussi, au passage, puisque tu évoques le sujet, que notre rôle de "prescripteur" est de moins en moins evident, au point de devenir parfois presqu'une imposture. D'où sans doute le succès des "bibliothèques participatives".

 

Que nous considérions que c'est une sorte de déclassement est possible, à chacun de voir. Mais le public s'approprie de plus en plus les lieux et les contenus. Il n'y a guère que certains élus pour penser que nous passons notre temps à bouquiner. Comme des sachants. Or c'est important de leur montrer que l'essentiel de notre temps se passe à d'autres choses bien plus techniques et prosaïques. Ce sont des savoir-faire. Pas des connaissances. Sans oublier l'essentiel : l'accueil des publics, fonction primordiale sans laquelle notre existence même perdrait tout son sens.

 

Non, notre image de marque de "sachants" était usurpée de toutes façons. Ne la regrettons pas. Pour faire le parallèle avec les profs, le jour où on leur a donné un rôle d'educateurs, on s'est complètement trompé. L'instruction publique est devenue l'education nationale. La belle affaire, on le constate tous aujourd'hui...

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Oui, vous avez raison sur l'essentiel.

 

Même si je reconnais être assez agacé par les profils "petits fonctionnaires qui ont trouvé leur place au chaud après être passé par le centre de loisir et le relais assistance maternelle grâce au filleul du maire qui fait du foot avec son fils...". Mais c'est sans doute parce que j'ai tellement galéré pour devenir bibliothécaire, malgré mes diplômes, notamment lorsque j'étais concurrencé par les emplois aidé qui avait sur moi l'avantage de n'en avoir aucun.

 

Enfin bref, venant de la librairie je continue de conseiller les usagers, c'est mon plaisir. ^^ Et j'estime que c'est mon rôle d'entretenir une culture littéraire et générale qui soit en elle même une ressource pour les usagers.

 

Mais là c'est un vrai débat philosophique. Le bibliothécaire peut-être vu aussi comme pure interface neutre mettant en relation le public avec des documents. Celui-ci agissant avec un maximum d'autonomie grâce justement à un positionnement adéquat du bibliothécaire et à son travail de médiation. Mais je crois que c'est négliger l'importance préalable, surtout avec un budget restreint, de la sélection et donc du jugement critique...sans se laisser embobiner par les libraire dont le métier est de...vendre.

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