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Création fonds CD, DVD, ou numérique


Nanabib
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Responsable d'une bibliothèque desservant une commune de 6000 hab. dans un bassin de vie de 10 000 habitants  avec un projet de transformation en médiathèque , nous nous interrogeons sur la nécessité de créer un fonds CD et DVd aujourd'hui . Ne faut-il pas passer directement au numérique?  


Grand besoin de témoignages et de conseils pratiques. Merci


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Bonjour,


 


Je ne suis pas certain qu'un contenu numérique remplace un contenu "physique". A mon avis, l'intérêt est de trouver une articulation, une complémentarité entre supports dits "traditionnels" et fichiers numériques.


 


L'expérience de certains établissements montre qu'une borne musicale - par exemple - ne remplace pas un fonds CD. Elle peut même créer de la frustration si elle est présentée comme un substitut total à un fonds physique, entretenant une peur du numérique au passage. Par contre, la même borne peut avoir un immense intérêt si elle sert d'outil de médiation sur des questions spécifiques (musiques sous licences ouvertes par exemple), ou si elle vient compléter le fonds physique en l'enrichissant et en fluidifiant les usages.


 


J'espère avoir apporté un peu d'eau au moulin !


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Anne Verneuil

A Anzin, 15000 habs, création ex nihilo ouverte en 2010, nous avons fait le choix d'ouvrir sans CD, mais avec borne d'écoute Automazic, livres, partitions, périodiques bien sur. Depuis plus de 2 ans,... seulement deux personnes nous ont demandé si on avait des CD ! Faut dire que deux médiathèques voisines en ont, ça paraissait bête de mettre 60000€ pour faire un fonds somme toute assez similaire. Mais l'offre de musique en ligne pour médiathèques reste chère et limitée, insuffisante en fait.

Par contre, gros succès sur le DVD, avec une politique documentaire adaptée.

D'une manière générale, il faut adapter ses choix à son environnement documentaire, à la population, etc. Le parti pris à un endroit ne sera pas forcément le meilleur ailleurs.

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Smilodon fatalis

dépôt légal des phonogrammes en France: niveau maximum atteint en 2003: 17 491 titres.


Derniers chiffres (2010) : 10 102


 


Dans le même temps, déclin des ventes de 40 à 50%


 


Que trouverez vous encore à acheter dans cinq ans?


Que ferez vous de votre mobilier, de vos espaces et éventuellement de votre personnel dédié dans dix ans?


A méditer dès maintenant si vous optez quand même pour un fonds de CD!


 


Quant au numérique, le public a à peu près autant besoin d'un bibliothécaire pour en avoir que la jeunesse d'aujourd'hui d'un comptoir avec un auvergnat derrière pour se biturer. A supposer que vous trouviez une offre qui ne soit pas désespérément confidentielle, et un peu durable.


 


Les tigres à dents de sabre sont pas les seuls à disparaître.

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dépôt légal des phonogrammes en France: niveau maximum atteint en 2003: 17 491 titres.

Derniers chiffres (2010) : 10 102

 

Dans le même temps, déclin des ventes de 40 à 50%

 

Que trouverez vous encore à acheter dans cinq ans?

Que ferez vous de votre mobilier, de vos espaces et éventuellement de votre personnel dédié dans dix ans?

A méditer dès maintenant si vous optez quand même pour un fonds de CD!

 

Quant au numérique, le public a à peu près autant besoin d'un bibliothécaire pour en avoir que la jeunesse d'aujourd'hui d'un comptoir avec un auvergnat derrière pour se biturer. A supposer que vous trouviez une offre qui ne soit pas désespérément confidentielle, et un peu durable.

 

Les tigres à dents de sabre sont pas les seuls à disparaître.

"que ferez-vous du personnel dédié dans 10 ans ?" !!!! Il n'y a aucun rapport avec le support, on doit être capable de conseiller aussi bien à partir du numérique, du Cd, du vinyle, du rouleau de cire, ... la musique fait partie d'une bib tout comme la science, la littérature,... Va-t-on jeter les bibliothécaires parce que bientôt nous n'aurons plus que des liseuses ou des fichiers numériques ?

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1. Petit rappel, déjà diffusé sur la liste Discothécaires : Malgré une baisse de près de 12% sur l'année 2012, le marché physique [la vente de CD] représente encore 60% du marché de la musique enregistrée. Le marché numérique (streaming, téléchargement, téléphonie mobile) avec sa croissance de 13% ne représente que 21% du marché. De plus le streaming génère très peu de revenus pour les artistes.


 


2. Les statistiques de prêt de documents en médiathèque montrent que le support CD conserve encore un taux de rotation largement supérieur à celui de l'imprimé. Les nouveautés sont empruntées dans la journées et font l'objet de réservation.


 


Merci à Sophie Bib d'avoir citer le manifeste de l'ACIM où il est exposé que : "Ce choix nous semble une grave erreur car l’offre musicale en bibliothèque ne saurait se résumer à une borne de téléchargement ou à une ressource en ligne. Si la place du support CD pourrait être amenée à se réduire à moyen terme, sa présence reste pour l’instant la meilleure manière de matérialiser dans nos locaux une offre musicale hybride, c’est à dire mélangeant collections physiques et collections dématérialisées. Renoncer à la musique en bibliothèque reviendrait à l’abandonner aux acteurs du secteur marchand qui n’ont pas le souci de la diversité et de la pérennité des œuvres musicales. Tout n’est pas sur le net et tout n’y est pas visible. Malgré son apparente abondance (plus de 7 à 8 millions de titres annoncés sur des plateformes de streaming), l’offre de musique en ligne reste lacunaire dès lors que l’on sort des musiques de consommation courante."


 


Dans la médiathèque où je travaille, nous continuons à prêter beaucoup de CD. Et nous vérifions tous les jours l'intérêt de posséder des collections physiques pour contribuer à l'éducation et à la culture musicale, à faire connaître des artistes peu ou pas médiatisés (chanson française, jazz, musiques du monde)

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Marrant comme la création d'un fonds CD fait tjs débat... cette question, nous nous la sommes posé en 2006/2007 pour la préparation de l'ouverture de la médiathèque d'agglomération, tout comme les deux autres équipes des structures professionnelles du réseau! Certes, nous n'avions que du "papier", mais nous avons écumé quelques structures genre Lisieux, Troyes, BPI, Dôle... afin de discuter directement avec les collègues qui avaient des fonds musicaux diversifiés, et CD, et dématérialisés. 


 


Et de constater que finalement, la fin du CD déjà annoncé en 2005 en toujours pronostiquée, que les expériences de musique dématérialisée nous laissent toujours sur notre faim, et avec nos questions...


 


Donc, je serai assez partisane pour dire que oui, prendre des avis, des expériences, c'est bien, mais qu'avant tout, il faut faire un état des lieux de l'offre alentour, de l'attente du public, ds moyens financiers à disposition, de la politique dédiée à ce fonds, de la médiation que l'on veut y greffer... 


 


Chaque lieu reste unique, avec ses propres besoins...


 


Enfin je dis ça, je dis rien, y paraît que je ne suis pas une vraie -thécaire!!!  :pirate:


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Le public qui se déplace attend une médiation. Souvent. Être bibliothécaire musical, n'est pas seulement offrir une collection mais, j'ai envie de dire surtout, c'est offrir des réponses à toutes les questions possibles sur la musique (et autour).
Quand on me parle de "numérique", je réponds que le CD, et c'est sa qualité, c'est déjà du numérique, donc ce qu'on prête, c'est déjà de la musique numérique, mais sur un support, certes encombrant mais dont la qualité sonore est, la plupart du temps, bien supérieure aux fichiers compressés qu'on se procure en ligne. C'est la même chose pour les autres disques optiques numériques (DVD ou Blu-Ray) , évidemment, tout dépend de la façon qu'on a de regarder des vidéos, mais le chapitrage, exemple le plus flagrant, correspond sans doute bien mieux à l'usage fragmenté des médias qu'on a tendance à avoir aujourd'hui, que le streaming. Je n'ai pas aujourd'hui connaissance qu'on puisse télécharger des fichiers vidéos chapitrés autrement qu'en Iso, soit à regraver sur un DVD...

Donc les supports ne sont pas inadaptés à l'usage. Il convient aussi de garder en mémoire que la musique, ce n'est pas que le mainstream, la vidéo, ce ne sont pas uniquement les blockbusters et les séries. On a reproché, il y a quelques années, aux discothèques de prêt de n'offrir que des "musiques savantes" au détriment de la diversité, J'ai parfois l'impression qu'on se trouve dans la situation inverse aujourd'hui, et que nos directions sont toujours prêtes à nous reprocher d'aller trop vers un fonds élitiste, à dire qu'il faut flatter le public et aller vers la "musique-loisirs".
La réalité, c'est que le public mélomane, ou même simplement curieux est très réduit. Mais il existe, et ce n'est ni en supprimant la diversité, ni en n'offrant pas de collections physiques qu'on va le garder.

Bien sûr la médiation, passe aussi par la musique vivante et l'animation. Je suis convaincu qu'il faut absolument offrir les trois. On en reparle si quelqu'un le souhaite en ouvrant un nouveau fil.

Enfin, je n'oublie pas que l'accès à la musique par internet à bouleversé la donne pour ceux qui, ces dernières années sans doute, constituaient une part très importante de notre public, et surtout, les jeunes qui auraient pu le devenir. Croyez vous que désormais on peut les faire se déplacer ? Je n'en suis pas tellement persuadé. En tous cas, la musique en ligne, a favorisé plusieurs aspects, parfois contradictoires.
En premier lieu, il me semble, un plus grand nombre de "niches" qui ont aussi tendance à être beaucoup plus closes sur elles mêmes et donc, plus difficiles à repérer et à médiatiser par le discothécaires.  Mais aussi, à l'inverse, un plus grand éclatement des goûts de certains publics, qui deviennent du coup insaisissbles, voire versatiles, en picorant des choses sans rapport entre elles (et de qualité souvent inégale). Par contre, celui qui ne se contente pas de ce qu'il trouve en ligne, celui là est exigeant quant au niveau de connaissances du gars qu'il va avoir en face de lui. Faut peut être déjà se poser la question : si on a une collection, qui va-t-on mettre avec ?

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Invité Frankie Donald

Madame Verneuil,

J'ai failli m'étouffer à la lecture de votre réponse.


Voici quelqu'un qui demande conseil pour l'ouverture d'une médiathèque sur la pertinence d'un fonds physique de musique en 2013. La deuxième réponse à sa question émane de la personne la plus importante de notre noble métier : la présidente de l'ABF (c'est donc vous si j'ai bien suivi les news ces derniers mois)

Je rebondis sur votre argument :  "Faut dire que deux médiathèques voisines en ont, ça paraissait bête de mettre 60000€ pour faire un fonds somme toute assez similaire". Et je vous retoque en vous demandant si pour les livres et les DVD, c'est moins bête de mettre la somme X pour faire "un fonds somme toute assez similaire" ?

Il se trouve que par hasard, je travaille dans une commune de 15 000 habitants avec une AUTRE médiathèque distante de deux kilomètres seulement. Si je suis à ce poste, c'est que bien sûr il y a un fonds PHYSIQUE (8000 CD à ce jour) et que malgré tous les diseurs de bonne aventure, le CD n'est pas mort et les prêts de CD dans notre établissement sont en progression constante depuis l'ouverture il y a 5 ans. Le samedi après-midi, je croise souvent des usagers qui sont également inscrits à la médiathèque voisine, aucun d'eux ne me parle de redondance des collections, peut-être parce que le choix que nous effectuons moi et mon collègue voisin ne sont pas "somme toute assez similaires", sinon je pense qu'un algorithme qui étudierait les tendances du moment pourrait faire les commandes à notre place.


Donc voilà la tendance, se débarrasser de la Musique (avec un grand M comme on met un grand L pour Littérature) avec une borne Automazic (soit de la musique "libre", permettez-moi de ricaner un peu...). J'ai fait une recherche sur le catalogue de votre bibliodévédéthèque, j'ai tapé "Nick Drake" : réponse zéro. Une médiathèque sans Nick Drake, c'est un peu comme si j'avais eu zéro réponse pour "Don DeLillo"

Ce qui me chagrine dans cet échange, c'est qu'en votre qualité de présidente de l'ABF, vos opinions vont être fatalement suivies par des élus qui sont dans la période de réflexion sur l'ouverture de leur médiathèque. Même si vous nuancez votre propos avec "D'une manière générale, il faut adapter ses choix à son environnement documentaire, à la population, etc. Le parti pris à un endroit ne sera pas forcément le meilleur ailleurs", ce qu'on retient de votre avis, c'est un dédain certain pour notre métier de discothécaire et pour la musique en général, enfin c'est mon avis. J'attends avec impatience l'ouverture de la première médiathèque SANS livres physiques, uniquement des textes libres de droits (çàd les nobles classiques et quelques scribouillards à qui on aura fait croire qu'on peut être un écrivain juste parce qu'on peut partager sa prose librement).

Cordialement. Franck SCHWEBEL, discothécaire depuis 20 ans et heureux de l'être contre vents et marées
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marronnier parmi les marronnier que ce sujet... il y a tellement de littérature dessus que j'en ai fait un sujet de devoir pour mes etudiants de DEUST


faut il créer des fonds musicaux ? 


La question se pose depuis l'origine du microsillon au moins...


La mort du CD est annoncé depuis sa création il y a 30 ans...


 


seulement voila, il reste le media le plus vendu. Comme il est dit plus haut le téléchargement augmente, mais on est loin d'une substitution cd=>soniel.


 


il ya quelques années on constatait que le téléchargement etait à 90% du téléchargement de sonnerie gsm.


 


alors ? que fait on?


 


on continue a developper des collections de CD alors que l'on trouvera 1000 bonnes raison de ne pas le faire ?


 


doit on lire derrière cela la vengeance ultime de ces bibliophile qui n'ont jamais vu d'un bon oeil la création de fonds musicaux ?


 


N'est il pas révélateur que le premier témoignage nous parle d'un BM sans CD mais pas sans DVD? 


Ah le cinéma ! voila un art serieux, une chose digne d'etre qualifier de Culture, mais la musique n'est en fait qu'un loisir de djeuns qui n'a sa place en Bib que comme produit d'appel (exactement comme à Auchan d'alleurs)


 


soyons serieux. 


d'abord notre métier doit il se réduire à la communication de document? ne sommes nous pas d'abord et avant tout des defricheurs? des mediateurs? des technicien de la documentation musical ?


 


donc le pret de CD ou autre, ben, je dirais qu'importe !


 


sauf que, le service public culturel existe avant tout pour rompre les barrière qui empeche le public d'accéder a la culture soit par manque de connaissance soit par manque de moyen.


 


je pose alors la question quelle offre numérique existe aujourd'hui ? une offre légale mais reduite, une offre illégale assez complexe d'acces...


est-ce satisfaisant ? NON !


 


autre point : les Geek qui dirige les politique d'acquisition des BM ont ills une vision dé la réalité des public face au numérique? Non tout le monde ne possede pas un PC, Une tablette, un Smartphone....


 


Il existe aujourd'hui une frange de la population qui n'a pas acces au téléchargement soit parce qu'il y a encore de "désert adsl", soit parce qu'ils ont fait le choix de ne pas avoir internet a domicile, soit parce qu'ils n'ont pas le moyen de payer 30 € par mois pour y avoir acces.


 


Outre ceux qui sont des "empéchés techniques" il y a ceux qui ne savent pas trouver, télécharger ou tranférer les soniels vers leur lecteur de zik.


 


A combien se monte le nombre de ces empéchés ? au dernière nouvelle, suffisament nombreux pour justifier a eux seuls que les BM aient des fonds physique de document.

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Jonathan Garry

A Anzin, 15000 habs, création ex nihilo ouverte en 2010, nous avons fait le choix d'ouvrir sans CD, mais avec borne d'écoute Automazic, livres, partitions, périodiques bien sur. Depuis plus de 2 ans,... seulement deux personnes nous ont demandé si on avait des CD ! Faut dire que deux médiathèques voisines en ont, ça paraissait bête de mettre 60000€ pour faire un fonds somme toute assez similaire. Mais l'offre de musique en ligne pour médiathèques reste chère et limitée, insuffisante en fait.

Par contre, gros succès sur le DVD, avec une politique documentaire adaptée.

D'une manière générale, il faut adapter ses choix à son environnement documentaire, à la population, etc. Le parti pris à un endroit ne sera pas forcément le meilleur ailleurs.

 

Pourriez-vous nous transmettre vos statistiques automazic ?

 

Si seulement 2 personnes ont courageusement demandé où étaient les CD dans votre fonds, il se pourrait (hypothèse personnelle) que ce soit normal : l'offre crée la demande. Personnellement, 2 personnes m'ont demandé en 1 an si je vendais des timbres.

 

Il serait intéressant d'ouvrir un établissement sans livre, histoire de voir combien de personnes viendraient en emprunter.

 

Les fonds similaires, c'est un peu le principe des bibliothèques. Des médiathèques. Des discothèques. La Musique étant considérée par certains comme un Art, et la Bibliothèque étant à priori un lieu permettant l'accès à la Culture au sens large du terme, s'interroger sur la création d'un fonds musical, alors qu'il s'agit de la pratique culturelle la plus répandue en France, sous le critère financier, me parait légèrement corsé. Surtout quand, en parallèle, vous soulignez le coût prohibitif des offres musicales numériques. Paradoxe.

 

 

dépôt légal des phonogrammes en France: niveau maximum atteint en 2003: 17 491 titres.

Derniers chiffres (2010) : 10 102

 

Dans le même temps, déclin des ventes de 40 à 50%

 

Que trouverez vous encore à acheter dans cinq ans?

Que ferez vous de votre mobilier, de vos espaces et éventuellement de votre personnel dédié dans dix ans?

A méditer dès maintenant si vous optez quand même pour un fonds de CD!

 

Quant au numérique, le public a à peu près autant besoin d'un bibliothécaire pour en avoir que la jeunesse d'aujourd'hui d'un comptoir avec un auvergnat derrière pour se biturer. A supposer que vous trouviez une offre qui ne soit pas désespérément confidentielle, et un peu durable.

 

Les tigres à dents de sabre sont pas les seuls à disparaître.

 

Effectivement, dans 5 ans, il est peu probable que l'on puisse acheter la musique mainstream en CD (quoique, votre message rétro-futuriste existait déjà il y a une 15aine d'années).

 

Et paradoxalement, les emprunts sont largement en meilleure santé que les ventes. Et le turn-over de la Musique supérieur à celui du livre. Et le ratio coût CD/emprunt plus intéressant que celui Livre/emprunt.

 

En quelques mots, nous n'allons pas si mal, merci. Le tournant du numérique a été entamé bien avant d'autres supports. Réflexion, adaptation, la peur au ventre a disparu, le numérique est devenu un outil de médiation.

 

Médiation. Voilà pourquoi il y aura toujours besoin de personnes aux manettes de la platine. Qu'elle soit vinyle, CD, K7 (soyons fous) ou numérique. Parce que ne nous sommes pas des fournisseurs de contenants, mais des passeurs de contenus. C'est un oubli majeur de votre réflexion.

 

Mais, et c'est là toute la subtilité que l'on effleure du doigt quand on connait le domaine, la Musique ne se résume pas à un volume d'albums produits mais à la qualité inhérente à ces oeuvres. Des auto-productions aux labels microscopiques, des travaux d'ethnomusicologie aux rétrospectives, la Musique aura toujours sa place dans un lieu culturel.

 

Aujourd'hui, plus encore qu'hier.

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Pour rebondir sur le sujet des médiathèques proches, dans la médiathèque où j'officie, il a été choisi de ne pas avoir de CD car nous sommes en intercommunalité (abonnements valables dans les 3 lieux) et les deux autres établissements, très proches, ont déja des fonds de CD très conséquents. Nous disposons d'une borne Automazic pour la musique en licence libre et avions une borne Bibliomédia à l'ouverture. Après 2 ans, l'expérience Bibliomédia a été un échec, très peu d'inscrit, fonctionnement compliqué pour beaucoup d'usagers... Les gens nous demandent régulièrement si ou quand nous aurons des CD, et pour la plupart ne comprennent pas ce choix. En effet, et je cite : pourquoi construire une si belle et si grande et si chère médiathèque dans notre ville, à côté de chez nous, s'il faut faire 5 ou 7 km pour trouver des CD... En ce qui concerne la mort du CD, et bien depuis le temps qu'elle est annoncée, nous l'attendons toujours...


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Anne Verneuil

Madame Verneuil,

J'ai failli m'étouffer à la lecture de votre réponse.

Voici quelqu'un qui demande conseil pour l'ouverture d'une médiathèque sur la pertinence d'un fonds physique de musique en 2013. La deuxième réponse à sa question émane de la personne la plus importante de notre noble métier : la présidente de l'ABF (c'est donc vous si j'ai bien suivi les news ces derniers mois)

Je rebondis sur votre argument :  "Faut dire que deux médiathèques voisines en ont, ça paraissait bête de mettre 60000€ pour faire un fonds somme toute assez similaire". Et je vous retoque en vous demandant si pour les livres et les DVD, c'est moins bête de mettre la somme X pour faire "un fonds somme toute assez similaire" ?

Il se trouve que par hasard, je travaille dans une commune de 15 000 habitants avec une AUTRE médiathèque distante de deux kilomètres seulement. Si je suis à ce poste, c'est que bien sûr il y a un fonds PHYSIQUE (8000 CD à ce jour) et que malgré tous les diseurs de bonne aventure, le CD n'est pas mort et les prêts de CD dans notre établissement sont en progression constante depuis l'ouverture il y a 5 ans. Le samedi après-midi, je croise souvent des usagers qui sont également inscrits à la médiathèque voisine, aucun d'eux ne me parle de redondance des collections, peut-être parce que le choix que nous effectuons moi et mon collègue voisin ne sont pas "somme toute assez similaires", sinon je pense qu'un algorithme qui étudierait les tendances du moment pourrait faire les commandes à notre place.

Donc voilà la tendance, se débarrasser de la Musique (avec un grand M comme on met un grand L pour Littérature) avec une borne Automazic (soit de la musique "libre", permettez-moi de ricaner un peu...). J'ai fait une recherche sur le catalogue de votre bibliodévédéthèque, j'ai tapé "Nick Drake" : réponse zéro. Une médiathèque sans Nick Drake, c'est un peu comme si j'avais eu zéro réponse pour "Don DeLillo"

Ce qui me chagrine dans cet échange, c'est qu'en votre qualité de présidente de l'ABF, vos opinions vont être fatalement suivies par des élus qui sont dans la période de réflexion sur l'ouverture de leur médiathèque. Même si vous nuancez votre propos avec "D'une manière générale, il faut adapter ses choix à son environnement documentaire, à la population, etc. Le parti pris à un endroit ne sera pas forcément le meilleur ailleurs", ce qu'on retient de votre avis, c'est un dédain certain pour notre métier de discothécaire et pour la musique en général, enfin c'est mon avis. J'attends avec impatience l'ouverture de la première médiathèque SANS livres physiques, uniquement des textes libres de droits (çàd les nobles classiques et quelques scribouillards à qui on aura fait croire qu'on peut être un écrivain juste parce qu'on peut partager sa prose librement).

Cordialement. Franck SCHWEBEL, discothécaire depuis 20 ans et heureux de l'être contre vents et marées

Puisque je m'exprimais en tant que mediathecaire basique et que votre message concerne la présidente de l'ABF (vous me permettrez la distinction) et afin de ne pas déborder plus du sujet initialement lancé par notre collègue Nanabib, je posterai ma réponse ici:

http://www.agorabib.fr/index.php/topic/128-le-terrifiant-pouvoir-de-labf-et-de-sa-pr??sidente/

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Si nous raisonnons en terme de contenu et pas de support (pourquoi pas d'ailleurs), quelle offre numérique aujourd'hui peut remplacer sérieusement une offre physique? Parce qu'à ma connaissance elle n'existe pas...


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Pour ma part, je pense qu'il est important de raisonner en termes de contenu ET de support. La complémentarité doit être de mise sinon le risque est grand de nous couper d'une partie du public...


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on ne peut raisonner en terme de contenu lorsque l'on sait qu'a l'heure actuelle une part importante de la population n'as pas les moyens (technique, financier, culturel...) d'acceder au media.


 


Considérer que l'offre automazik est suffisante est une absurdité, j'ai le souvenir d'une presentation de cet outil lors des RNBM (paris ou Toulouse) indiquant qu'il fallait un temps plein pour faire vivre un tant qoit peu cet outil....


 


Dans certaine assertion je reconnais le mépris de certain vis a vis de la musique, ce qui n'est pas sans me rappeler les terme d'un autre présidant de la même asso s'interrogeant sur la pertinence de la musique en BM.


 


Oh oui ce débat est vieux comme le disque... Le Livre est la noblesse incontournable et immortelle, la musique est un loisir, une ambiance. Je n'invente pas ces discours je les ai entendu de la bouche de directeur de bib !


 


d'ailleurs l'exemple cité n'est -il pas typique : pas de musique mais des Livre et des DVD... Pourquoi? Ces fonds ne sont il pas eux aussi redondant par rapport aux autre BM environnantes ? nan, ne nous trompons pas et lisons bien dans ces interrogations perpétuelles, celles qu'on pose contre la musique mais jamais contre le film ou le Livre un mépris complet pour ce mode de communication.


 


A tous ces bibliophile je dirais 2 choses : le livre, l'ecrit est tout aussi menacé par l'arrivée en force du numérique que ne l'ai le CD, sauf que nous le bibliothécaire musicaux nous y sommes préparé. Oui "bibliothécaires musicaux" et non pas cette expression barbare novlanguienne de médiathécaire parce que Bibliothécaire a un sens, des valeurs universelle qui s'applique à l'ensemble de la profession. au passage rappelons nous la valeur fodementale du métier : donner acces à celui qui n'a pas les moyen d'y parvenir.


l'autre chose est toute simple et implacable : il existe des peuple sans ecrit, il n'existe pas de peuple sans musique. 


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Ce que je veux dire en clair : tant que l'offre n'est pas satsifaisante, à quoi cela rime de soutenir qu'on peut se contenter d'une seule offre numérique? Voyons ce n'est pas sérieux!


Accepteriez vous au même titre que les livre soient remplacés par une offre numérique uniquement (elles existent non?).


J'y vois là quand même un raisonnement plutôt illogique...


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Personnellement, je préfèrerais remplacer les supports par une offre de musique vivante plutôt que "numérique" (j'sais même y'a quoi derrière ce terme)


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il me vient une paraphrase d'une phrase de Coluche " si les gens n'achetaient pas, ca se vendrait pas" l'inverse est vrai : y a t il une demande s'il n'y a pas d'offre ? qui avait besoin d'une tablette ou d'un GSM avant que les marchands n'en vendent ?


 


Pas bras pas de chocolat : pas d'offre de CD : pas de demande de CD"....


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E n plus, je suppose que lorsqu'on ouvre une médiathèque, on communique sur son contenu, donc si on dit qu'il n'y a pas de CD, ceux qui en veulent vont s'inscrire ailleurs et ceux qui sont là ne vont pas en demander.


Quant aux "offres similaires", je pense avoir une offre similaire à celle de mes voisins, ce qui n'empeche pas certains emprunteurs d'être inscrits à la fois chez moi et à 25 km (voire plus pour les étudiants) : similaire n'est pas équivalent


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Cyrille Noël

Je ne me contenterai jamais des seul avis, demandes,... de lecteurs. Je rappelle que nous devons reconquérir nos publics. Une pluralité d'offres s'impose donc. Je crois surtout que personne ne détient la vérité. Seul compte ce qui fait avancer. Ne vous laissez pas dépasser dans des débats passionnels. Ce forum est une formidable occasion pour nous entraider dans notre quotidien. Mais peut-être que le sujet est mal orienté: Cd, DVD, numérique et ?, faire coexister une offre audiovisuelle en bibliothèque.<br /><br />Dogmazic est un bon tremplin pour découvrir les supports dématérialisés mais pas suffisant pour développer une offre à long terme.<br /><br />Quelques réflexions :<br />Pour avoir été musicien, notre groupe déclarait nos morceaux joués sur scène. Libre, ils ne l'étaient plus. Pourtant, vous ne trouverez aucun de nos albums ni en bac ni en téléchargement.<br />Combien de groupe de musique actuelle existe-t-il aujourd'hui en France? Combien sont représentés par des majors? Cherchez la liste des groupes qui tournent... Vous comprendrez qu'une infime partie des groupes tournent en salle ou dans des bars,... Ca peut donner des envies!

Quant au cinéma, le public sera toujours au RV. A nous de proposer une offre diversifiée. Il faut gratter.

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Avant toute chose, chere Nanabib, permettez que je vous pose quelques questions et n'y voyez aucune condescendance. Quand une bibliotheque souhaite se developper comme cela semble etre le cas pour la votre, il s'agit de revoir le projet d'etablissement. Quel est votre projet ? A quoi sert votre bibliotheque ? Que voulez-vous proposer à vos concitoyens ? Si vous rentrez dans le schema classique d'une bibliotheque qui est de former, informer, cultiver, divertir, diffuser et conserver, pouvez-vous reellement vous passer de la culture musicale ? Non bien sur.

Quelle offre, quelles collections constituer, quels services proposer afin de faire une mediation efficace autour de la culture musicale ? Comment former, informer, cultiver, divertir, diffuser autour de la culture musicale et ceci afin de permettre à vos usagers d'assouvir leur appetit musical ?
Pour parvenir à vos fins, il vous faut construire une bibliotheque musicale hybride et faire un travail de mediation ciblee sur votre bassin de vie. Enquetez sur votre public potentiel, que desire-t-il ?
A mon avis, une offre multi-support axee sur la culture musicale s'impose, livres, disques, dvd, partitions, jeux, instruments, offre de ressources numerique, musique en streaming, musique vivante.
Il vous faut tout cela car l'offre de ressources numeriques, la proposition de musique en streaming, ne sont pas suffisantes à l'heure actuelle pour offrir l'eclectisme et la varietee; de references necessaires à la representativite de la production discographique mondiale passee, presente et future.
Pour monter cette discotheque hybride, il vous faudra de l'aide et pour cela chercher à reseauter efficacement autour de vous. Votre mediatheque departementale peut vous apporter son soutien par le pret de fonds specifiques. Il y a certainement un bibliothecaire musical dans cette MDP qui pourrait vous proposer un fonds de base de disques compact qui vous permettrait de mettre le pied à l'etrier. Autour de ce fonds de base, il serait possible de construire une politique d'acquisition ciblee sur votre bassin de vie, scindee entre achats de cd, dvd et musique en streaming par exemple. Les ecoles de musique, les SMAC, les artistes locaux peuvent aussi vous permettre de construire une offre de services innovants.
Mais le plus important dans tout cela, c'est de disposer dans votre etablissement d'une personne referente, un(e) professionnel(le) capable de faire la mediation physique, numerique de ce fonds et de ses services. Mon experience de terrain me montre tous les jours que le pret de cd ne tient la route que lorsque cette mediation a lieu. Les bibliothecaires n'ont souvent eu que mepris pour la culture musicale. Leur proposition de fonds de cd n'a souvent ete qu'un coup de marketing cense attirer le "jeune" (rires). Ces bibliotheques sont aujourd'hui dans la difficulte, le support n'ayant plus le magique attrait qui palliait à l'absence de travail serieux sur les collections et leur mediation, les statistiques sont impitoyables et comme quand on veut se debarrasser de son chien, on l'accuse d'avoir la rage...
Je vous invite à lire "Musiques en bibliotheques", vous y trouverez tous les conseils utiles dans votre situation.

Pour finir et pour repondre à ma façon au debat resultant de votre question, je voudrais egalement dire que le pret de cd sur lequel nous ferraillons me semble au final etre l'arbre qui cache la foret. 80 % des français ne mettent pas les pieds en bibliotheque. C'est un constat d'echec cinglant pour la profession et pour ceux qui ont ete et sont à la tete de ces mediatheques. Je commence à me demander si la principale raison de cet echec ne reside pas dans le focus que fait notre profession sur le pret de documents. N'y a-t-il pas d'autres horizons que le pret de documents et leurs sacro saintes statistiques de prets ? Ne ferions nous pas mieux de nous interroger sur la pertinence du service que nous offrons à nos concitoyens ? Sommes nous la pour faire du chiffre ou pour etre un outil de formation citoyenne ?
Doit on lire la legitimite de nos services dans les chiffres boursiers des industries culturelles ?
Personnellement, je fais ce metier parce que je suis persuade que les bibliotheques peuvent rendre notre monde meilleur et cela passe par une offre de culture riche, variee bien au dela d'un bac de cd et d'etageres de livres. Lamédiathèque du 21e siecle se doit de trouver ses nouvelles humanités, culture orale, culture ecrite, culture picturale, musicale, cinematographique, ludique, digitale, dematerialisee et rematerialisee dans la mediation humaine.

A votre disposition chere Nanabib si vous souhaitez developper ces questions par telephone.

Bien à vous,

Toftaky
MDP70
03-84-95-76-26

 

PS : Désolé pour les accents

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