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Exemplaire unique? Exemplaire multiple?


MarineL
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Bonjour,


 


Un changement de direction, et hop, ma collectivité passe d'une politique intransigeante d'acquisition d'un seul exemplaire sur tout le réseau (4 bibliothèques, sans compter les ludothèques) à une politique d'exemplaires multiples,que je dois mettre en oeuvre prochainement.


 


Je ne prendrai pas mon bâton de pellerin pour défendreà tout prix l'exemplaire unique, je me situerai plutôt dans dans un entre-deux : rien ne sert d'acheter 10 exemplaires du même livre, mais un seul exemplaire de Millenium pour une ville de + de 45 000  habitants paraît un peu juste.


 


Mais cela m'interroge, tout simplement parce que l'exemplaire unique, c'est quand même beaucoup plus simple: on n'achète un seul exemplaire. Point. Pas de critères, pas de suivi des réservations, pas de sélection, pas de pronostics sur lequel sera un best-seller/short-seller/long-seller....


 


Si vous aussi acheter vos ouvrages en plusieurs exemplaires, quels critères avez-vous définis?


 


Merci de bien vouloir m'aiguiller sur le sujet!


 


 


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En réseau également (4 bibs pros et 3 bibs benevoles), chaque bib conserve, pour l'instant, sa politique d'acquisition, mais on constate lors du catalogage, que nous avons tous acheté les mêmes best-sellers, les "incontournables" et autres coups d'édition et "romans de l'été, rentrée littéraire, prix littéraires, premiers romans, suivis de séries etc..Au moins à 90% (pour les romans, pas du tout pour les documentaires ni les fonds jeunesse)


 


Le système de réservation, même le plus performant, ne permettrait pas de satisfaire le public sur ce genre de produit avec un seul exemplaire en circulation.


 


Par contre (mais ça dépend de ton logiciel), pour les réservations on arrive à des aberrations, à savoir que le lecteur réserve un exemplaire de sa propre bib ou d'une autre, indifféremment. I se base sur le titre et nous sur le code-barres (l'exemplaire) Or, il aura plus de chances d'obtenir rapidement l'exemplaire de sa bib (délais normaux de retour) que celui d'une autre (délais de retour + délais de navette). C'est un casse-tête pour le personnel qui doit choisir ensuite l'exemplaire qui sera réellement mis en réservation, et qui n'est pas forcément celui sur lequel le lecteur a cliqué...je ne sais pas si je suis clair, tellement ça devient complexe.


 


Pour l'instant nous ne souhaitons pas tomber dans la chronophage réunionite-crepâge de chignon, où on discutaille à perte de vue sur le succès potentiel de tel ou tel titre (ça existe, je l'ai vécu ailleurs, c'est pas triste !). Les deux questions de fonds sont : notre objectif est-il ou non de servir le plus vite possible le lectorat sur ce genre de produit assez périssable. Et ensuite, que faire, quelques mois après d'exemplaires en surnombre dont personne ne veut plus. 


 


Les Américains ont un système assez simple pour ça : dès qu'un ouvrage atteint un nombre de prêts et/ou de demandes assez élevé (a fixer), le logiciel délivre automatiquement un bon de commande et l'envoie au fournisseur. Autrement dit, c'est la machine qui détermine, d'après des critères objectifs, ce qui doit être acheté en plusieurs exemplaires ou non. Intéressant, car nous savons que certains best-sellers du point de vue commerçant ne le sont pas forcément en bibliothèque.


 


En tous cas, ta question est passionnante, toutes les bibs étant destinées à court terme à fonctionner en réseau et avec un système de réservation.


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Je n'ai rien à dire sur le sujet (je travaille dans une petite bib, donc tout en un seul exemplaire), mais je voulais signaler qu'il m'intéresse, car, comme le dit si bien Ferris, toutes les bibs seront concernées d'ici quelques années.


Merci d'avoir posé la question, MarineL. :)


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Merci de vos réponses!


 


Effectivement Bouille, à l'heure des  métropoles, communautés de communes et de la mutualisation des ressources, c'est incontournable!


 


Ferris,


 


Nous n'avons pas exactement les mêmes problématiques, car cela fait assez longtemps que nous travaillons en réseau à 100%. Je m'explique: dans ma collectivité, chaque acquéreur est responsable d'un domaine d'acquisition, pour tout le réseau. Je suis responsable des acquisitions en romans adultes, spécialité littérature étrangère (en passant, j'adore mon domaine!), donc j'acquiers tous les textes adultes (chez nous, texte=roman, nouvelles, poésie, essais...) traduits pour les 4 bibliothèques du réseau. Nous n'avons pas le probléme de savoir qui a acheté quoi. De mon point de vue, c'est vraiment un fonctionnement optimal, car cela permet une politique d'acquisition homogène sur le réseau, et cela nous incite a échanger à propos de nos acquisitions avec nos collègues des autres bibliothèques, pour ne pas localiser n'importe quoi n'importe où.


 


Au niveau du catalogue et des réservations, c'est la même chose: l'usager réserve un titre, et pas un exemplaire. Donc, c'est l'exemplaire qui rentre le plus vite qui est donné au premier réservataire.


 


Vous aussi vous avez des navettes? Sujet complexe s'il en est! Chez nous, tous les documents peuvent être rendus dans n'importe quel point du réseau, peu importe sa localisation d'origine. Les usagers peuvent aussi demander à récupérer un livre qu'ils ont réservé dans une bibliothèque en particulier, ou bien faire venir un ouvrage disponible dans une bibliothèque, dans la bibliothèque de son choix. Je suis claire?


 Par ailleurs, nous sommes aussi en réseau avec une autre collectivité de l'agglo nantaise, et ces services fonctionnent aussi avec eux. Ce qui signifie que chaque usager peut rendre ou faire venir un document de 6 bibliothèques et 3 ludothèques.


En terme de navettes, c'est un travail de titan, et un agent de notre collectivité y passe une bonne partie de ses journées, puisqu'il va tous les jours dans tous les points du réseau pour honorer toutes ces demandes et redéposer tous les documents dans leur établissement d'origine... C'est un service très apprécié, et nous déplorons somme toute assez peu de couacs dans l'organisation. Après l'été, comme en ce moment, ça devient compliqué pour les agents de savoir quelles bibliothèques sont ouvertes/fermées et donc si lon peut encore faire venir des documents de tel ou tel établissement.


 


J'avais déjà entendu parler du système américain, et c'est certainement ce vers quoi nous tendons. J'ai une formation aux statistiques sur le sigb prévu avec une collègue pour bientôt


Pour le moment, notre sigb est paramétrés de telle sorte qu'on ne peut avoir que 3 réservations max sur un exemplaire. Cela vaudrait le coup d'augmenter ce nombre, pour voir quels titres sont les plus réservés, et définir des critères ibjectifs de rachat. Quant au rachat automatique par le sigb, à voir si c'est possible. Cela ferait effectivement gagner du temps, mais cela me laisse songeuse quant au suivi des budgets si le logiciel passe des commandes tout seul!

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Effectivement nous ne nous situons pas dans le le même contexte. Dans l'absolu, je préfère d'ailleurs ta solution : un responsable pour un fonds, plus cohérente. Mais le problème est ensuite de valoriser, connaître etc...des fonds que l'on n'a pas choisis, à l'intérieur d'une structure donnée et pour un public donné. Il faut reconnaître que l'on se motive plus facilement pour faire sortir nos fonds propres par exemple que les fonds de la BDP. Et puis c'est toujours le même problème d’ego professionnel : acquérir, ça reste le Graal, pour tout le monde. La question n'est donc pas tant "de savoir qui a acheté quoi." mais de savoir si chaque structure n'a pas des particularités qui nécessitent un suivi personnalisé des fonds. Et le risque d'un acquéreur unique est aussi celui d'une uniformisation, laquelle rendrait caduc, en partie, le système de navette. De la diversité des fonds de chaque structure nait (en principe) une richesse supplémentaire, une plus value-réseau, qui renforcera encore davantage la nécessité des navettes. Je dis "en principe", parce que la réalité prouve que nous achetons souvent les mêmes titres. Bref, ce n'est pas facile de faire passer l'idée de cohérence...Certains se demandent même si on ne pourrait pas passer à la commande-lecteur, carrément (notre BDP s'est récemment lancé la-dedans, avec néanmoins ses propres critères), du moins pour les titres dont nous parlons. Le résultat, d'après certains, serait probablement identique à l'arrivée, à peu de choses près. Si tu suis le lecteur, tu ne risques pas de rater le dernier Gavalda, c'est sûr.

 

Pour le reste, notre système de navette est équivalent (un départ par semaine), on cherche à limiter le nombre maximum de réservataires (fais attention , mais au delà de trois ou quatre, le délai peut devenir assez insupportable pour les réservataires en bout de liste) et les temps d'attente et de transit. Le lecteur est prévenu par mail ou téléphone (on a supprimé les courriers) mais a encore 15 jours pour venir chercher son document, ce que je trouve encore trop long. On peut rendre n'importe où etc...Et je suis tout à fait d'accord avec toi : c'est épouvantablement chronophage. Et très diversement selon les structures : la plus grosse, enregistrant le plus de demandes, a un très gros travail de recherche en rayonnages et doit faire très attention en prêt-retour à bien visualiser les réservés. Si l"on y ajoute les appels téléphoniques et mails, ça fait très lourd.

 

En fait, on a mis longtemps à accepter de passer de la résa simple à la navette, et on ne s'est pas préoccupés de savoir si nous en avions vraiment les moyens en termes de temps/agent. Ma crainte est que tout cela ne finisse par se faire au détriment d'autres tâches et de la qualité générale de l'accueil. Mais on ne peut plus reculer.

 

Une remarque intéressante : les élus ont cru (et c'est peut-être pour ça qu'ils ont soutenu le truc) que ça générerait des prêts supplémentaires, voire des lecteurs. Or il n'en est rien, nos chiffres sur 2 ans le prouvent. Il faut maintenant leur faire comprendre que le système de réservation-navette est un confort supplémentaire offert au lectorat mais que ce lectorat ne va pas lire deux fois plus pour autant. (Un peu comme certains qui ont cru à un certain moment que des heures d'ouverture supplémentaires allaient stopper l'hémorragie de lecteurs : non, les bibliothèques qui chutaient ont continué de chuter...)

 

​Pour le système américain, d'accord avec toi: on peut exploser un budget... Mais je continue à penser que c'est une possibilité intéressante, très rapide, objective et qui éviterait beaucoup de travail de suivi de sortie et de choix des titres en question. Le pragmatisme des pays anglo-saxons a parfois du bon...

 

Content d'avoir échangé avec toi la-dessus. A l'époque où on a pris la décision j'ai eu un mal fou à trouver des collègues qui étaient passés en navette, pour avoir des estimations, cela m'aurait été bien utile. :) 
 

Modifié par Ferris
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La vraie polyvalence met tout le monde sur le même plan à ce niveau, c'est aussi son intérêt. Et sa limite en termes de progression du service. Et pour la transversalité ou les fonctionnements en binômes, la limite est claire; notamment pour les acquisitions : il y a bien un décideur ultime. Et tout le monde le sait.

 

 

Pour avoir pratiqué les acquisitions en binôme, je ne te rejoins pas sur ce point. Sauf à dire que le décideur ultime est l'élu qui signe le bon de commande ? sinon en pratique c'est un des fonctionnements que j'ai le + apprécié. Je vais poster la suite dans un sujet + approprié.

et donc la suite :

 

L'organisation y repose sur une spécialisation par domaine d'acquisition, avec des acquisitions pour plusieurs bibliothèques (intéressant pour les réseaux). L'ensemble du circuit (de la sélection au désherbage) s'y fait à deux, avec discussion à la fois sur les choix, le nombre d'exemplaires et la localisation de ces exemplaires. Les 2 acquéreurs travaillent sur des sites différents mais se voient régulièrement pour les commandes et le désherbage. 

Comme on était sur 2 sites en ce qui me concerne, on était livré sur chaque site des documents qui y étaient affectés et on indexait et cotait chacun ses exemplaires sur son site.

Après équipement, les docs devaient partir le + vite possible en circulation. Du coup, le catalogage (light, très light) et l'exemplarisation étaient une tâche commune à tous les acquéreurs sur tous les documents. On n'attendait pas l'acquéreur spécialisé pour le faire.

 

Avantages : partage des compétences et des connaissances sur un domaine précis, présence d'un alter égo avec qui débattre en cas de doute, suivi des collections assuré en cas de mouvement du personnel (rare que les 2 binômes partent en même temps), atténuation des "manies" d'acquéreur.

 

Inconvénients : forcément + mangeur de temps que les acquisitions en solo.

Après ce poste, j'ai fait des acquisitions toute seule, et franchement ce luxe de travailler à 2 m'a manqué. Tout seul on va forcément plus vite, mais ce n'est pas toujours satisfaisant.

Mais on fait en fonction de ses moyens.

 

Pour les politiques d'exemplaires en réseau, c'est effectivement une grosse question. J'attends toujours l'équation parfaite qui calculera le bon nombre en combinant tous les paramètres : le nombre de sites/le nombre de lecteurs potentiels/la durabilité de l'attrait d'un livre/les moyens financiers dont on dispose/la diversité qu'on souhaite donner à la collection/l'existence ou pas d'une offre numérique complémentaire...

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D'accord. Chronophage d'un côté mais atténuateur des manies d'acquéreur de l'autre. Du pour et du contre, donc.


 


Personnellement j'ai un problème de fond avec l'idée qu"on puisse acquérir pour un public qu'on ne connait pas. Le fait d'être spécialiste d'un genre de document ne donne pas cette connaissance bien particulière d'une bib et de ses public qu'on acquiert en y travaillant chaque jour. Comment se passe " l'affectation " d'un ouvrage dans un réseau, surtout dans un réseau de très nombreuses bibs ?


Autant le désherbage peut être pratiqué par n'importe qui parce que les normes sont là, autant le choix et l'affectation me semblent difficiles à réaliser en phase avec chaque structure et en cohérence avec le fonds qui y pré-existe.


 


Mais je reconnais que je suis un peu déphasé avec ces histoires de réseaux et l'uniformisation des pratiques que cela est en train de générer.


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  • 4 weeks later...

Je me permets de m'incruster dans le débat, un peu tardivement!


 


L'objectif du réseau, c'est aussi de faire en sorte que les usagers soient mobiles et fréquentent un peu tous les établissements du réseau. Chez nous, chaque bibliothèque a sa spécificité: le jeu vidéo, l'autoformation, des fonds de référence comme le théâtre ou la danse. On est dans une logique de non mise en concurrence des bibliothèques, et chaque point à son identité. Les usagers sont assez mobiles. Bien sûr, pas tous.


 


Personnellement, je me dis que j'acquiert pour les usagers du réseau, et non d'une bibliothèque en particulier. Après évidemment on ne va pas porter des oeillères: il y a des quartiers plus aisés, d'autres moins, des quartiers où le terroir fonctionne à plein régime, et d'aures où ce sont les jeux vidéos qui font recettes... Donc, oui: chaque bibliothèque a un public particulier.


 


Pour autant, je n'ai aucun mal à localiser mes documents achetés pour tout le réseau parce que... (petits points de suspension destinés à faire monter le suspens) je fais des permanences dans toutes les bibliothèques du réseau. Tadam! Le grand défi de toute direction: faire bouger les bibliothècaires! Dur dur, mais une fois l'habitude prise, c'est naturel. Bien sûr, chacun à une bibliothèque de référence, celle où est situé son bureau. Mais cela ne nous empêche pas de faire du service au public dans d'autres bibliothèques (parfois plusieurs fois par semaine). Donc finalement, on connaît tous les publics. Et puis de toute façon, pour localiser, je demande quand même l'avis de mes collègues des bibliothèques de quartier, pour ne pas faire de grosses bourdes.


 


Voilà, c'est un système comme un autre, mais je trouve qu'il fonctionne plutôt bien. Moi j'adore mon réseau, même si ça fait slogan débile.


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j'acquiers pour les usagers du réseau


 


Comme les BDP...comme si tous les publics se ressemblaient au niveau d'un département. Vous plaquez cette réalité là en plus petit au niveau d'un réseau, mais la démarche est la même : acquéreur unique non localisé , répartition des fonds acquis selon les spécialités des bibliothèques pour une petite partie (mais pour les ouvrages non spécialisés, c'est selon une conception uniforme des publics, fatalement )


 


je fais des permanences dans toutes les bibliothèques du réseau. (...) Donc finalement, on connaît tous les publics. 


 


Si votre connaissance des publics ET des fonds, de ce qui sort ou pas etc..passe par le fait de faire quelques permanences de temps en temps et vous permet de dire que vous connaissez tous les publics, nous ne faisons pas le même métier. Je ne définis pas ma bibliothèque "de référence" par le seul fait que j'y ai mon bureau, heureusement. Et il m'est arrivé de faire de l'accueil ailleurs de façon occasionnelle, et je sens bien que cela ne suffit pas pour être "en phase" avec leur lectorat.


 


Et puis de toute façon, pour localiser, je demande quand même l'avis de mes collègues des bibliothèques de quartier, pour ne pas faire de grosses bourdes.


 


Ah bon, quand même ! Ils en ont de la chance les "collègues de quartier". Sauf qu'on ne leur demande leur avis qu'après acquisition, juste pour localiser, si je comprends bien la méthode. Ils ne sont pas capables de maîtriser leurs acquisitions ?


 


Bon. On n'est pas d’accord sur a forme du réseau. C'est pas bien grave. Je vous rappelle tout de même une formule présente dans le Métier de bibliothécaire (de mémoire) : un réseau, ce sont d'abord des bibliothèques. Un bon réseau, ce sont de bonnes bibliothèques. Vous y avez aussi un descriptif de deux formes de réseau possible. Vous retrouverez facilement le vôtre...


 


Et une bonne bibliothèque maîtrise ses acquisitions. Comme son désherbage, son budget etc.. C'est la diversité de ses bibliothèques qui fait la richesse d'un réseau. Encore plus si on souhaite que le public y circule. Or l'acquéreur unique est antinomique avec cette conception.


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Effectivement, nous n'avons pas la même conception des choses. Heureusement j'ose dire, si nous étions tous d'accord cela nous priverait d'échanges aussi riches.


 


Bien évidement, un fonctionnement comme le nôtre a des inconvénients (comme toute formule d'ailleurs, aucune n'est parfaite, réseau ou non, et si vous m'en trouvez une je vous traiterai sans aucun remord de menteur! :) ), mais elle a aussi des avantages.


 


Contrairement à vous, je pense que nous faisons bel et bien le même métier, puisque notre première préoccupation est de satisfaire les usagers de nos territoires respectifs, de leur être utile.


 


Petite expérience de pensée, je vous dresse le tableau: octobre 2013, cataclysme dans le milieu culturel de ma collectivité, le réseau des bibliothèques et des ludothèques explose. Stupeur, tremblements, horreur... Tant bien que mal, chaque bibliothèque décide de faire front seule, le budget général est réparti entre les différents établissements, au-prorata de leur taille, bien évidement. Les bibliothécaires acquièrent chacun pour leur bibliothèque. Voilà pour le pitch.


 


 


Dans ce cas: puisque notre objectif commun est de satisfaire nos usagers, les bibliothècaires vont acquérir en priorité les titres les plus demandés, susceptibles de contenter le plus grand nombre de lecteurs. Ils conserveront tout de même une petite part de leur budget pour l'achat d'une production un peu plus confidentielle, certes. Nous aurons donc les mêmes titres (à peu de choses près, dans chaque bibliotèque): à ceci près que, pour les deux plus grosses bibliothèques de notre réseau, l'acquisition de ces titres (même en plusieurs exemplaires, si nous essayons de ne pas dévier du sujet de base) n'empêchera pas la constitution d'un fonds varié , donc pas de problème.


 


En revanche, pour les bibliothèques les plus petites, cela supposerait: un fonds lambda, sans spécifité, et réduit. Mes collègues connaissent très bien leurs publics, mais cette connaissance ne les empêcherait pas de ne pouvoir les satisfaire, faute de moyens. Par ailleurs, la charge de travail que représentent les acquisitions et le traitement des collections feraient littéralement exploser leur temps de travail, ce qui se traduirait par moins d'accueils de groupes et une amplitude horaire bien moins importante qu'actuellement.


 


On a donc de grosses bibliothèques bien contentes parce que finalement ça ne change pas beaucoup de choses pour elles, mais des bibliothèques "de quartier" (sans aucun jugement négatif bien au contraire d'ailleurs, contrairement à ce que vous insinuez dans votre précédent message) moins bien loties.


 


"Et une bonne bibliothèque maîtrise ses acquisitions. Comme son désherbage, son budget etc.. C'est la diversité de ses bibliothèques qui fait la richesse d'un réseau. Encore plus si on souhaite que le public y circule. Or l'acquéreur unique est antinomique avec cette conception.":


De toute évidence, non, puisque chaque bibliothèque aura en fait sensiblement le même fonds, plus ou moins varié. Pour moi, la diversité, c'est justement un acquéreur, qui acquiert un fonds varié (parce que disposant d'un budget moins fragmenté), et qui le localise ensuite en fonction des souhaits des bibliothécaires de quartier, et de sa propre vue d'ensemble du réseau.


 


 


Soyons francs, nous ne faisons qu'effleurer la problématique du fonctionnement en réseau, mais je trouve de toute façon bien réducteur de laisser penser que ce fonctionnement implique nécessairement de mauvaises bibliothèques, honnêtement je ne vois pas le rapport. Nos statistiques de fréquentations sont bonnes, il semble donc que les mauvaises bibliothèques attirent du public. Etrange...


 


Je précise d'ailleurs que les spécificités des différentes bibliothèques en termes de collections ont bien évidement été choisies en adéquation avec les spécificités des publics des quartiers en question.


 


Je trouve vraiment bizarre cette logique de territoire: ma bibliothèque, mes acquisitions, mon public.


 


Même si nous exerçons le même métier, notre culture professionnelle diffère. Ce n'est pas grave, c'est même plutôt bien. En revanche, accepter que ceux qui font différement ne font pas nécessairement mal, c'est bien aussi. :wink:

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la charge de travail que représentent les acquisitions et le traitement des collections feraient littéralement exploser leur temps de travail, ce qui se traduirait par moins d'accueils de groupes


 


Et comment faisaient-ils ces malheureux avant le bon temps du réseau ? Ah, les accueils de groupes, c'est vrai que c'est chronophage..


 


chaque bibliothèque aura en fait sensiblement le même fonds, plus ou moins varié. Pour moi, la diversité, c'est justement un acquéreur, qui acquiert un fonds varié (parce que disposant d'un budget moins fragmenté), et qui le localise ensuite en fonction des souhaits des bibliothécaires de quartier, et de sa propre vue d'ensemble du réseau.


 


Si vous pensez pouvoir seule créer plus de diversité qu'un collectif d'acquéreurs, vous êtes formidable !


 


Je trouve vraiment bizarre cette logique de territoire: ma bibliothèque, mes acquisitions, mon public.


 


et Mon réseau, Mes acquisitions, Mes localisations, Ma répartition budgétaire...c'est pas mal non plus, non ?


 


Vous faites semblant de me ringardiser dans un rôle qui est le contraire de ce que je prône : des collectifs de gens compétents, proche de la diversité de leurs publics, aux quels on accorde une autonomie suffisante


pour développer leurs structures dans la diversité. Et des budgets corrects bien entendu. Mais qui en fait la répartition ? Et pourquoi caricaturer ma citation  (..un bon réseau ce sont de bonnes bibliothèque, c'est plutôt positif comme formule), je ne dis absolument pas que les réseaux seraient constitués de mauvaises bibliothèques. Je dis que plus elles seront bonnes, plus le réseau sera bon. Et ce n'est pas moi qui le dit ! Or il y a des modèles de fonctionnement qui "appauvrissent", notamment en créant des dépendances là où il y avait de l'autonomie. D'autres modèles de fonctionnement respectent et améliorent les compétences des personnels, c'est tout...)


 


Deux modèles de réseaux, deux types de fonctionnement : Le Métier de bibliothécaire, Edition 2010, page 314. Je ne peux pas vous dire mieux ...


Modifié par Ferris
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Non, justement, quand je dis "mon" réseau ici, c'est parce que je suis la seule à parler de mon réseau, par opposition au vôtre (ou pas d'ailleurs, car je crois que vous n'êtes pas en réseau dans votre collectivité). Mais ce qu'il y a de bien, c'est que quand j'en parler avec mes collègues, et bien on peut tous dire "notre" réseau. Peut-être angélique, c'est vrai, mais malgré tout ses inconvénients, c'est un système qui fonctionne. Peut-être pas partout, et pas à n'importe quel prix, mais je vous assure qu'il a de nombreux avantages. Je ne chercherai pourtant pas à vous convaincre davantage.


 


Je me permets de quitter ce sujet que j'ai pourtant ouvert, les derniers propos dénotant une agressivité qui me déplait. C'est bien dommage, car je considère agorabib comme un formidable outil d'échange et de diversité.


 


Cordialement,

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@Fenris : Il faut comprendre "mon réseau" comme "le réseau dans lequel je travaille", "celui que je représente". Ce n'est pas une appropriation, le mien, mon prééécieux...


 


Calmos un peu sur le ton. Tes posts sont un peu trop souvent agressif ou ressenti comme tel. Tu sera d'accord avec moi pour dire que cela nuit au dialogue (cf dernière réponse de MarineL). Si tu es en mode troll velu, on sévira sans états d’âme.


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@Tredok


Je répondais plus clairement et sur le même ton à une formule que je trouvais nettement "orientée"de façon critique :Je trouve vraiment bizarre cette logique de territoire: ma bibliothèque, mes acquisitions, mon public. C'est tout. De même pour "Je crois que vous n'êtes pas en réseau dans votre collectivité", sous-entendu me déniant discrètement le droit de parler de réseau, alors que dans des posts précédents nous avions même échangé sur notre système de navette dans nos réseaux respectifs !


 


Chacun son "ressenti", je suppose.


 


Maintenant, s'il y a"troll velu" dans ce type de réaction (?) c'est effectivement aux modérateurs d'en décider. Et d'agir.


Modifié par Ferris
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