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Questionnaire en ligne sur valeurs professionnelles des bibliothécaires


Leslie MARTIN
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Bonjour Bernard,


 


J'entends bien ce que tu dis sur les réactions, je voulais juste souligner que les jeunes aussi ont conscience que tout peut basculer, et je ne suis pas sûre que personne ne réagisse... Le plus gros risque est qu'on ait oublié que la République n'est pas immuable et définitivement acquise, et à titre personnel je le rappelle dès que possible, parce qu'il faut être prêt à défendre ce en quoi on croit!


 


J'ai plus réagi sur la catégorisation "jeunes" vs "vieux" que sur le fond, parce que mine de rien beaucoup de "jeunes" ne sont pas si innocents et maîtrisent leurs traces sur Internet. Pour les objets connectés moins bien, parce que comme les CGV où tu te fais avoir parce que c'est écrit en gris clair sur blanc gris, ben les autorisations d'applis tu ne les lis pas, c'est trop long, trop chiant. 


 


Pourtant, la majorité des gens en France en attente d'un apprentissage pour contrôler leurs données sur Internet sont des 40+ans (si tu veux je te donnerai les sources, elles sont sur mon pc pro, de mémoire je ne me souviens plus de quel étude il s'agit, mais elle datait de mémoire de mars 2013). Ce qui peut soulever une question et deux hypothèses : pourquoi ça n'intéresse pas les "jeunes" ? Soit parce qu'effectivement ils se croient à l'abri, soit parce qu'ils ont une maîtrise de leurs données différente, liée - peut-être - à une pratique plus intuitive, parce qu'on a grandi avec.


La géolocalisation, tu peux la désactiver. Les autorisations d'applications, tu peux les faire sauter, ou refuser d'installer une appli trop invasive (l'exemple typique, c'est Facebook, qui veut avoir accès à tes appels, ton historique, tes messages, la mémoire de ton tel, toutes tes autres applications, tes photos, etc -> je ne l'ai pas installé, et basta). Le pseudo, c'est tout de même bien pratique, et Facebook ne les filtre pas tant que ça. 


 


Mais le fichage a existé de tous temps, et nous sommes fichés de tant de manières... Je ne dis pas qu'il ne faut pas en prendre la mesure concernant le web, je dis simplement qu'on ne pourra pas éliminer toute trace de fichage, et que taper sur Internet et le vilain Google (oui je sais, je caricature un peu) c'est réducteur. 


 


Par contre je te rejoins entièrement, soyons prudents (pas que sur Internet d'ailleurs, en règle générale).


 


Bonne journée à tous!


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Bonjour X'Cera

Pratique plus intuitive, dis-tu.

- La géolocalisation, tu peux la désactiver.
- Refuser d'installer une appli trop invasive (l'exemple typique, c'est Facebook)


Tu as raison pour Facebook, c'est extrêmement invasif, comme peut l'être Google.

Je t'explique pourquoi.

La géolocalisation, tu peux la désactiver pour les autres utilisateurs. Mais quand tu comprends que le Web est une toile, tu comprends aussi que l'araignée au centre de sa toile sait parfaitement où tu es. (soit d'où vient la demande)

L'information circule sur le réseau, de serveur en serveur, avant de revenir avec la réponse.
Dès que tu émets une demande d'informations (demande d'une page Html), tu passes par un relais, qui lui est parfaitement géolocalisé. On sait que telle machine, passant par le relais X, demande une page Html à telle heure. (c'est de cette façon qu'on géolocalise en permanence un téléphone portable, et comme, en ville, il y a plusieurs antennes, on te géolocalise avec une précision... certaine)

Si tu es un peu webmaster, ou que tu as simplement ouvert un blog, tu peux aussi remarquer les informations qui sont stockées avec chaque commentaire. C'est très bavard un réseau informatique.
Mais ces informations peuvent ne pas suffire. Un bon webmaster a besoin de savoir combien de temps passe un internaute sur ses pages, quelles pages sont les plus consultées, d'où viennent les requêtes, avec quels mots, etc. Tout ça pour améliorer son "ranking" et sa réponse au lecteur.
Il va donc passer par des services d'analyse, et s'il veut se rémunérer, il ajoutera encore des services de publicités.
Dans les services d'analyse, tu as évidemment Google Analytics, un des plus connus, mais ce n'est pas le seul.
Tu as aussi Google Adwords pour la pub.

Quand tu passes par eux, ils connaissent tout de toi, l'internaute qui vient visiter le site.
Même si tu as l'impression de contacter un site de confiance.

En réalité, quand tu fais une demande de page Html, tu fais une demande de page à plusieurs dizaines de sites. Qui savent où tu es, dans quel pays, dans quelle région, par où passe ta demande, etc.
Et pour les sites d'Analyse : combien de temps tu passes à lire l'article, les mots clefs que tu as tapés...
Sur quels liens tu as cliqués...

Ou comment te balancer une pub bien ciblée, correspondant à ta région... Comme c'est bizarre.

Je ne te parle même pas des gentils cookies, si pratique pour éviter de retaper son mot de passe.
Là, tu as carrément l'historique des sites web consultés, et bien d'autres informations chiffrées.

Et qu'est-ce qu'un cookie ? C'est un petit fichier texte où on peut stocker ce que l'on veut comme information.
Qui connaît le nom du cookie, peut le lire... et en tirer toutes les données intéressantes.
Pour t'offrir de la publicité mieux ciblée.
Tu recherches des pilules pour maigrir, on t'affiche plein de pubs sur les pilules pour maigrir.
Rien de bizarre, c'est dans le cache de ton navigateur, dans les cookies.

Sur le Web on se croit invisible... si tu voyais le nombre de chaînes et de casseroles qu'on se trimballe derrière soi.

Avec une machine un peu lente, ou une connexion un peu lente, on a le temps de lire le nom des sites web qui passent dans la barre d'état (sur Firefox), et il y en a ! (Firefox affiche à chaque fois : recherche de l'hôte)

Bref, tu peux fermer la porte de la géolocalisation, mais tu laisses toutes les fenêtres ouvertes.
Les tentacules sont toujours là, prompts à t'attraper.

Même si tu essaies de limiter leur présence, en les bloquant dans des listes noires, ils renaissent sous un autre nom.
Et comme ta machine porte une empreinte unique (basée sur le nom de ton navigateur, son numéro de version, le numéro de version de ton OS, ses mises à jour, + les polices installées, plus bien d'autres éléments), elle reste brillante comme une étoile dans la nuit par temps clair.

Ici, je ne te parle pas d'intuition, mais d'architecture et de conception du Web. Et de ses évolutions à travers le temps.

Si j'aime de moins en moins Google, c'est aussi pour leur politique d'espionnage.
Au début, Google affichait directement le nom du site et on pouvait y accéder d'un seul clic.
Maintenant Google ouvre une page Google qui t'affiche le site, afin de bien noter qui accède à quoi. Sinon, il n'y aurait aucun intérêt à passer par une page Google

Comme on le dit souvent : quand c'est gratuit, le produit c'est vous !  :wink:
   Bernard
 

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Un article d'Actualitté me fait penser à ce débat :


 


Ces bibliothécaires qui défendent la vie privée des lecteurs :


Du côté du Massachusetts, des bibliothécaires, partenaires de l'American Civil Liberties Union (ACLU) locale, se mobilisent afin que les clients de leurs établissements de prêt aient une chance d'échapper à l'espionnage massif des citoyens. Une action qui passe par la mise en place d'ateliers en rapport avec la façon dont la liberté d'expression et le droit à la vie privée sont compromis par la surveillance des communications numériques et notamment en ligne. Ils délivrent également des conseils à ceux qui voudraient se protéger dans le cadre de leur activité en bib.


 


pour lire l'article complet : https://www.actualitte.com/bibliotheques/ces-bibliothecaires-qui-defendent-la-vie-privee-des-lecteurs-52604.htm


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(Vu comme le post à dévié du sujet initial, un admin pourrait presque le spliter, non ?)


 


Il n'y a pas que dans le Massachusetts que ça se fait Blandine ^^


 


Ici, on va organiser une rencontre/débat/conférence avec une bénévole de la Quadrature du net, intitulée "Protéger sa vie privée sur internet".


J'aimerais bien par la suite proposer des ateliers informatique sur ce sujet, pour renseigner et aider tous les "objecteurs de conscience googlienne" qui cherchent à limiter les traces qu'ils laissent sur internet.


 


En poussant même le truc, peut-être que je pourrais aller jusqu'à bannir Google & co des postes publics (et ceux des collègues aussi, tiens !) pour forcer tout le monde à prendre de bonnes habitudes. C'est pas prévu pour le moment, mais on verra...


 


(Non, je suis pas El commandante Pc-vara. Ce que je vais proposer ne va pas révolutionner le monde, ni permettre de devenir complétement invisible sur le net. Je pense toutefois que faire un tout petit pas pour reprendre le contrôle de mes infos perso, c'est mieux que dire "Olala, tout est foutu. Saint John Connor priez pour moi")

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Merci Blandine ton article nous fait enfin revenir au cœur du sujet: notre rôle exact dans tout ça, qui, comme le dit l'article et comme je le disais plus haut, ne se limite pas à un rôle de passeur de culture ou de donneur d'accès  :  Défendre des valeurs qui tournent autour de la préservation des libertés individuelles ne me parait pas rien du tout. Et on n'est pas loin de la bibliothèque "lieu d'apprentissage de la citoyenneté". Tu vois qu'on y arrive vite, aux valeurs...


 


Dans nos bibs, en plus des  initiations, et également au cybercentre, nous avons proposé des ateliers d'information sur la securisation des postes, les outils type pare-feu, spyware et toutes méthodes de détection de mouchards et de sécurisation des connexions. Peu de succès malheureusement, le public se contentant des passoires microsoft qui lui sont vendues avec le produit.


 


Par contre, amusant, en aparté après les séances, des questions discrètes sur comment faire pour que le patron ne sache pas sur quels sites j'ai navigué pendant les heures de boulot. Comme quoi le sujet intéresse....Les gens savent qu'ils sont pistables en permanence. ils se méfient. Et beaucoup croient à la possibilité d'effaçage total des données de navigation (produit sur lequel certains sites font leur beurre, comme on le voit dans des liens donnés plus haut)


 


Le fil de discussion était bien de mettre en rapport nos valeurs, donc nos pratiques professionnelles, en lien avec notre vie privée. Et je reprends l'article : 


 


"(...)d'ateliers consacrés aux droits à la vie privée. Elle forme ses pairs quant aux tenants et aboutissants de la surveillance à l'ère numérique, et quant aux outils qui permettent d'optimiser la protection des données personnelles des usagers. "


 


Bon, ça c'est aux States. Et nous, nouveaux métiers nouvelles compétences, on fait quoi ?


 


EDIT; Non SalemAthor, le sujet n'a pas du tout dévié. On est , depuis le questionnaire, dans les données de vie privée, l'anonymat etc...C'est ça un fil de discusssion. C'est poursuivre le sujet jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus et ait craché tout son jus.


Modifié par Ferris
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Et beaucoup croient à la possibilité d'effaçage total des données de navigation (produit sur lequel certains sites font leur beurre, comme on le voit dans des liens donnés plus haut)

 

 

 

Pardon, mais on parle de quel lien là ?

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De liens que je pensais avoir cités, notamment tous les liens proposés par Google lui-même pour effacer des données personnelles, pour "le droit à l'oubli". Notamment voir sur http://www.nextinpact.com/news/87811-droit-a-l-oubli-comment-effacer-ses-donnees-personnelles-sur-google.htm, ou des solutions marchandes proposées par Symantec, ou Android etc...qui permettent surtout d'instaurer chez les internautes l'idée que la disparition est possible et simple. Et que ce n'est qu'une question de technique. Donc rien finalement.


 


En oubliant de dire que quel que soit la qualité du nettoyage qui peut être fait en local, l'important c'est et ça restera que les données ont transité dès le début. Partout.


 


A ce niveau la démarche de la Quadrature est excellente et surtout citoyenne (au passage j'ai sursauté en voyant qu'ils proposaient d'apporter un soutien financier en utilisant Paypal, mais ils expliquent bien que c'est déconseillé.... :sweat: ) Mais tout cela ne résout pas ces histoires de recuperation et de transit de données. Quand je lis qu'il suffit d'effacer la mémoire flash de son terminal Android pour être tranquille, et bien que n'étant pas un spécialiste, je sais que le problème se situe en amont. L'effaçage est une démarche aléatoire qui se situe en aval, le mal est fait.


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Pour profiter de Google, sans y laisser de trace : https://eu3.startpage.com/


 


Sinon, je souris à ça : Par contre, amusant, en aparté après les séances, des questions discrètes sur comment faire pour que le patron ne sache pas sur quels sites j'ai navigué pendant les heures de boulot.


 


Sur une machine professionnelle, le patron peut lire le courrier de ses employés, mais pas le leur reprocher, ni l'utiliser contre eux sans avoir quelques soucis.


 


L'employeur peut vérifier les traces informatiques laissées par le salarié sans son autorisation et même en son absence.


ou


L’employeur doit respecter autant que faire se peut la vie privée de ses employés en les informant de manière claire sur le fonctionnement et les possibilités du système de contrôle mis en place par l’entreprise.


En principe, vos collègues chargés de ce contrôle n’ont pas un accès direct à votre boîte mail. Mais votre patron, lui, peut demander que vos boîtes aux lettres électroniques (qui restent avant tout un outil de travail) restent accessibles si vous êtes absent pendant une longue période.


 


J'adore le "En principe". Le voeu pieux par excellence.


Car qui entend que ses messages passent par un serveur, sait parfaitement que ses mails sont stockés sur ce serveur avant d'être envoyés. Envoyés, mais pas forcément effacés.


 


Idem pour les connexions au Web. Quand on passe par un serveur, la machine stocke un log. Un log d'autant plus copieux que le contrôle parentale est activé : exemple classique, pas de sites de sexe.


 


On le fait bien pour nos usagers, non ?


Sans aucun complexe.


 


Au niveau du droit pur jus, on a ceci.


L’article 9 du code civil pose le principe selon lequel « Chacun a droit au respect de sa vie privée », l’application de ce principe n’étant pas diminuée par le lieu où s’exerce cette vie privée. Le salarié bénéficie de la protection de l’article 9. Toutefois l’employeur, qui est le cocontractant du salarié, doit pouvoir contrôler la bonne exécution du travail confié. De ce conflit d’intérêt naît l’obligation de définir précisément ce qui relève de la vie privée et ce qui est contrôlable par l’employeur.


 


Mais quand le patron vous a prévenu, enfin quand il a prévenu les organes représentatifs du personnel (ce qui est déjà différent !)


La chambre sociale de la Cour de cassation a affirmé ce principe (Cass. Soc. 22 Mai 1995 in Valérie SEDALLIAN « L’utilisation d’Internet dans l’entreprise » http://www.62.161.196.163/lij/euroforum.html) en considérant que « ...si l’employeur a le droit de contrôler et surveiller l’activité de son personnel durant le temps de travail, il ne peut mettre en œuvre un dispositif de contrôle qui n’a pas été porté préalablement à la connaissance des salariés ».


 


Il peut tout regarder. Sans pouvoir se servir, contre vous, de tout ce qui est d'ordre "privé".


"Privé", pas facile à déterminer.


 


 


Je précise quand même la notion de droit à l'oubli chez Google.


On a l'impression que Google est obligé de supprimer les fichiers. Ce n'est pas le cas, il peut fort bien les rendre inaccessibles à/via son moteur de recherche, et c'est tout. Case visible : décochée.


On lui demande d'en supprimer l'accès. Pas de supprimer les fichiers.


 


En un peu plus sophistiqué, on code les données. On appelle un délinquant sexuel : un chaud lapin à poils bleus dans sa base de données fermée au public.


Sauf que les données sont toujours là.


 


Sans compter les copies un peu partout, qui peuvent ressurgir du jour au lendemain, sur d'autres outils.


 


Pour rappel : Internet : plus de 60 % du trafic généré par des robots


L'entreprise Incapsula étudie régulièrement le trafic web. Au mois de mars (2013), elle annonçait que 51 % du trafic était généré par des robots dont 60 % étaient malveillants. Une nouvelle étude de cette entreprise vient de révéler que cet écart s'est encore plus creusé. Actuellement (décembre 2013), seulement 38.5 % du trafic web est généré par des humains.


 


60 % étaient malveillants. Cool ! :wink:


 


Le Web n'oublie rien.


  Bernard

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Il n'y a pas que dans le Massachusetts que ça se fait Blandine ^^

Oh je m'en doute et c'est tant mieux !

Je sais qu'à la mediatheque de Roubaix, ils sont sous Linux et font pas mal de sensibilisation pour se passer de google, utiliser des logiciels libres, etc ... Il y avait d'ailleurs certains de leurs "cours" qui avaient été mis en avant sur netpublic l'année derniere je pense ...

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