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Sauron

Bonjour,


 


Je m'intéresse aux récits vécus / témoignages. Ce genre est très demandé, aussi bien en librairie qu'en bibliothèque. Les librairies l'ont vite compris ; ils ont souvent une sélection dédiée.


Mais la bibliothèque française, souvent prescriptive, le considère comme un sous-genre, et il ne semble pas rare que certaines bibliothèques n'en acquièrent tout simplement pas.Or, dans une de nos bibliothèques de quartier, les collègues témoignent : "Plus c'est glauque, plus ils aiment". Bon, comment se positionner ?


Pouvez-vous me donner quelques retours sur ce genre?


 


Sinon, ma question est vraiment axée sur la valorisation au rayon. Nous avons une indexation matière "témoignages" mais nous souhaiterions rajouter une étiquette "Vécu" comme nous le faisons pour les récits de voyages (étiquette "V"), ou pour la littérature bilingue (étiquette "Bilingue"). Le succès est au rdv.


 


Après, je mentionne que nous avons une collection de 50'000 documentaires adultes ce qui explique la nécessité d'identifier plus facilement au rayon.


 


Merci pour votre retour sur ce genre.


 


 


 


 


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Ferris

supprimé

 

 

 

 

 

Edited by Ferris
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Padawan

Pour les Récits de vie et Témoignages, nous avons fait le choix d'extraire ces documents des rayons et de leur créer un espace spécifique. Ils sont identifiés par une pastille de couleur, surtout pour le rangement par les bibliothécaires. L'espace est bien signalisé et ce fonds bénéficie de larges espaces de présentation.


 


Chez nous aussi, la demande est très forte. Les prêts ont augmenté sur ce type de document depuis la création de ce nouvel espace. Quant aux acquisitions, nous essayons d'acheter quelques ouvrages à chaque commande de fiction et de documentaires. 


 


Les usagers ont très rapidement trouvé leurs marques. Ils sont ravis et nous le font savoir. De plus, nous avons régulièrement des suggestions d'achat sur ce type d'ouvrages.


 


Notre quinté se rapprocherait de celui de Ferris !!  :drool:  Nos usagers aussi sont attirés par le glauque et le trash !! 


 


Ah info de dernière minute : nous avons un fonds de 20 000 documentaires. 


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Sauron

J'imagine qu'il y a un "juste" milieu (ah, toujours cette notion de valeur...) entre une poldoc uniquement orientée sur la demande - conception américaine de la public library à la base, mais qui s'étend en pratique partout ailleurs du fait de la limitation budgétaire - et celle orientée sur l'offre, plus prescriptive, "garante" de la qualité et de la diversité éditoriale, etc. Pas toujours facile de maintenir un équilibre dans la poldoc...


 


Ceci étant dit, merci pour cette confirmation de l'étiquette VECU, qui va tout à fait dans notre sens. Si d'autres personnes ont des avis contraires, je suis intéressée.


 


ps: Chez nous, dans les Alpes suisses, les tàmoignages de montagne marchent bien, même sans viols de chamois...


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Sauron

Merci Padawan pour ce retour.


Quand je suis arrivée à la bibliothèque (en tant que responsable poldoc), un projet de ce type était en cours. Rassembler tous les témoignages-biographies-récits vécus pouvait former une collection de 7000 documents, ce qui représentait à mon avis une espèce de "ghetto". Autant je pense que le genre doit pouvoir être identifié au rayon, autant je pense que cela serait dommageable pour le reste du rayon. Pourquoi ne pas favoriser le mélange des genres et des niveaux de lectures? Pourquoi ne pas encourager le prêt croisé entre un témoignage sur la drogue et un guide plus "scientifique" sur les drogues.


D'où l'idée de faire une identification au rayon au lieu d'un décloisonnement basé sur ce genre là-

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Ferris

supprimé

 

 

 

 

 

 

 

Edited by Ferris

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Sauron

Je rajouterais tous les témoignages de la vie à la campagne et autres titres inclassables, les témoignages de sportifs, les récits des reines et autres princesses, etc. Tout le monde veut écrire sa vie et pense qu'elle vaut la peine d'être partagée! L'individualisme croissant de notre société bat son plein...

Bref, pour avoir essayé de classifier en rubriques avec mes collègues, cela a été un vrai casse-tête.

En revanche, quelqu'un aurait des références d'articles sur le sujet ou des noms de bdp qui utilisent l'étiquette VÉCU? Je dois réussir à convaincre plus haut... merci.

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Géraldine Debus

de notre côté on envisage de "tagger" ces documents avec un tag "vécu" ou "récit de vie" dans le SIGB, une démarche qui peut servir aux bibliothécaires dans leur rôle de conseil et aux utilisateurs du futur catalogue en ciblant des recherches; mais à la lecture de vos témoignages je me dis est-ce que ce serait un vrai "plus" d'aller jusqu'à ajouter une étiquette "vécu" sur le dos des livres ? Mais comment alors résoudre ce problème de signalétique pour chaque genre qui fonctionne bien ? On met aussi une étiquette "sentimental" "historique" "noël" etc. ? 


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Sauron

Nous indexons déjà avec le mot "témoignage", ce qui est absolument indispensable pour le conseil en lecture. Par contre, nous savons tous que nos chers lecteurs ne sont pas tous des aficionados de l'OPAC... Je pense que les étiquettes doivent répondre à de réels besoins, ou du moins souhaits de nos lecteurs.


Nous étiquettons les bilingues (étiquette "bilingue"), les récits de voyage (étiquette "V"), la littérature et les romans suisses (petit drapeau suisse), les coups de coeur (.. un coeur). Nous aurons la pastille érotique (voir le post). Pour les genres de romans, nous avons une séparation physique entre les romans, les policiers et les fantasy/SF/fantastique (voir le post). Mais dans les romans, nous distinguons les romans historique (bande jaune), les romans "jeunes adultes" (bande rose). Le public habitué s'y retrouve, comme celui que nous conseillons. Nous devons communiquer mieux pour les autres, c'ets un fait, et c'est dans ma to-do-list.


Dans les BM de Hollande, chaque roman a une pastille de genre. Mais est-ce qu'un pistolet est représentatif du genre policier? Ah le choix des pastilles... C'est pour cela que nous préférons écrire en "toutes lettres". Après, pas de BDP chez nous donc nous avons une certaine liberté sur nos collections.

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Padawan

Sauron, dans le projet amorcé avant ton arrivée, les biographies étaient-elles aussi intégrées ? J'entends par là les biographies de rois, des reines, des hommes politiques et autres personnages importants écrites par des biographes et issues de recherches. Chez nous, elles ne sont pas extraites des rayons. Il me semble que ce ne sont pas les mêmes lecteurs... 


 


Dans l'espace, nous ne classons pas en rubriques, le fonds n'étant pas (encore ?) assez développé. Nous n'arrivons pas aux 7000 documents !!  :blink:


 


Du coup, la question se posera à l'avenir... Merci d'avoir mis le doigt sur ce point-là... 


 


Pour la recherche documentaire (par les usagers - si on y croit - et les bibliothécaires), l'accès se fait par l'indexation au mot "Témoignages", c'est absolument nécessaire effectivement.


 


De plus, après avoir emprunté le témoignage Moi, Christiane F..., l'emprunteur ne se tournait pas vers les documentaires de vulgarisation sur les addictions en 600. Moi, Christiane F... n'est jamais autant sorti depuis. 


En effet, ce sont des ouvrages plutôt racoleurs... Tout comme mettre ces documents au milieu des autres documentaires, avec une petite signalétique racoleuse "Addictions" ou autre "Problèmes sociaux". 


 


Concernant le choix de pastilles ou de l'indication en toutes lettres, j'avoue que je préfère le "VECU" comme proposé précédemment. C'est plus lisible pour l'usager. L'utilisation de pastilles et de codes couleur me semblent trop complexe s'il y a en a beaucoup (trop).


 


Géraldine Debus, les étiquettes "VECU" sont là pour identifier des ouvrages dans les documentaires mais aussi dans la fiction. Il s'agit ici d'identifier les "histoires vraies".  Il me semble que mettre des étiquettes de genre sur les documents de fiction : sentimental, historique... ne serait pas approprié. 

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Sauron

Merci pour les liens Ferris Mais tu mentionnes "Nous mettons une étiquette au dos en haut du livre "VECU", et la BDP fait de même." Puis-je trouver un article, une note ou une présentation que je puisse mettre en note pour mon directeur? Au moins de quelle BDP il s'agit...


 


Padawan, les biographies sont toujours distinguées physiquement, mais nous perdons le public petit à petit. Nous voulons les réintégrer au rayon histoire et/ou politique, mais nous devons repenser toute la biblothèque et c'est un projet en cours de commencement... Mais je distingue clairement témoignages de la biographies historiques et politiques.


Je pense que la proximitié peut être réalisée lors de petites expositions thématiques pour valoriser l'étiquette et bien entendu une brochure permanente sur la signalétique des collections, disponibles à certains endroits stratégiques de la bibliothèque > projet en cours de commencement (c'est promis, on a des projets en cours tout court aussi...).


Tu as mis le doigt sur un problème sensible ici : faut-il mettre une étiquette VECU pour les romans? Ben là, honnêtement je ne sais pas.


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Anne Verneuil

Chez nous, nous avons opté pour un rayon spécifique "Vécu" sur le modèle des rayons de librairies anglo-saxonnes Painful lives (vies de merde, en gros). Avec une cote particulière: V et trois lettres


 


Nous y avons mis toute la misère du monde listée par Ferris, mais aussi des biographies d'acteurs, d'hommes politiques, de sportifs (un peu people en définitive). A chaque achat, on se demande où le livre sortira le plus, dans les rayons documentaires ou là.


 


Y a pas photo, le rayon fait un carton; et les livres s'abîment un peu plus vite aussi mais c'est le but ! On ne rachète pas les titres pilonnés (qui se vendent bien aussi), on se fixe des objectifs d'achats de nouveautés chaque année. Il y a des modes d'ailleurs.


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CouakaNat

Pour apporter ma petite pierre à l'édifice, dans ma bib, quand j'ai repris le poste que j'occupe actuellement, j'ai aussi repris les domaines d'acquisitions du ledit poste dont les récits de vie.


 


Une réfléxion avait été menée avant que j'arrive avec une étiquette en "V" pour certains ouvrages.


Cependant il n'y avait pas eu de véritable décision prise quant à savoir ce que serait ces fameux "V", et des ouvrages de "pure littérature" (je me permets une telle expression faute de mieux) -comme Si c'était un homme de Levi par exemple- se sont retrouvés à coté des histoires de petites filles battues et autres viols et torture, ce qui a posé un souci à ma responsable.


 


J'ai donc été chargée de remettre chaque "V" à sa place en doc (ils avaient été mis avec les romans) mais j'ai gardé un budget dédié à cet achat spécifique.


J'ai également mis en place un espace nouveautés/présentations de récits de vie qui marche très bien sachant que la majorité se trouvent en 300 et que, comme mes collégues, ce sont les histoires horribles qui sortent le mieux.


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Ferris

supprimé

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Louve

Chez nous tout est rangé au même endroit: biographies, autobiographies et témoignages/vécu.

Oui, le glauque attire un grand nombre de lecteurs dont les ados d'ailleurs; ne nous leurrons pas, les lecteurs de ces documents -à de très rares exceptions- ne lirons pas de doc sur la thématique et peu importe.

Ce qui importe est que l'usager s'y retrouve, que ce soit clair et simple pour lui sans devoir nécessairement passer par un bibliothécaire ou le catalogue. Cela demande de bien connaître son public.

Dans ma bib précédente, nous avons crée un rayon rouge baiser , à part, identifié: succès immédiat!

Après tout les romans policiers, la SF, la fantasy sont bien à part, alors pourquoi pas ceux là?

Pour les biographies/témoignages il avait été décidé de les réintégrer à leur thématique d'origine donc avec une indexation Dewey. Force est de constater que ce n'était pas une bonne idée car les usagers ne s'y retrouvent pas du tout!

 

Et sinon pour l'anecdote, je me souviens d'un ado à qui j'avais mis entre les mains une bio de Marie Stuart; il avait adoré et pas pour l'histoire avec un grand H, non pour "cette vie de merde qu'elle a eu la nana, j'aurai pas cru".

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