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Désherbage Fonds local

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Bonjour,

 

je lis partout que le désherbage des fonds locaux n'est pas autorisé. Mais quels sont les textes réglementaires qui l'interdisent? Ceux qui définissent un fonds local? J'imagine que les petites bibliothèques n'ont pas vocation a conserver des années de vieux guides touristiques périmés concernant la région sous prétexte qu'ils ont été inclus dans le fonds local ... Merci pour vos précisions, éclaircissements...

 

Cordialement,

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Ferris

Il n'y a aucun "texte réglementaire" qui préside aux règles de désherbage, uniquement des recommandations et manuels édités par la profession. Même IOUPI n'est pas "réglementaire". Il n'y a pas de loi sur les bibliothèques. La profession se donne elle-même ses références et ses guides de bonnes pratiques. Elles n'ont que des valeurs de recommandations. En gros, en dehors des règles administratives qui s'appliquent à tous services publics, tu peux faire ce que tu veux dans ta bibliothèque, avec si possible l'accord des élus, c'est toujours mieux.

 

Rien ne t'empêche donc de faire ce que tu dis. Je le fais aussi.  Attention toutefois à ne pas mélanger le fonds local ou régional et les fonds patrimoniaux s'il y en a dans ta bibliothèque, qui peuvent relever d'autres règles. Tu as une réponse ENSSIB la dessus : http://www.enssib.fr/node/133634

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B. Majour

Bonjour EnjoyLibrary (super pseudo :thumbsup:)

Si ta bibliothèque est classée, ou si elle possède un fonds précieux, alors oui, tu ne peux pas désherber comme tu l'entends, il y faut l'accord des autorités (collectivités, Etat).

Mais attention à la définition du mot désherbage.

Désherbage : enlever les mauvaises herbes ?

Dans l'acceptation populaire, désherber = trucider les mauvaises herbes.
Or, un bon jardinier fait le tri entre les mauvaises herbes nocives et les "mauvaises herbes" bénéfiques au jardin, qui peuvent servir de compost, d'engrais naturel ou pour des mixtures protectrices naturelles, type fongicide.

Dans le cas des bibliothèques

Selon Françoise Tirel, le désherbage est un terme générique pour :
- la restauration des documents ;
- la relégation ;
- l'élimination.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Désherbage_(bibliothèque)

La restauration des documents, car il suffit d'un train de reliure pour redonner du cachet à des documents passables.
La relégation, un point trop souvent oublié dans le mot désherbage. (J'y reviens ci-dessous)
Et l'élimination physique.
 

Fin du petit préambule pour mieux répondre à tes questions.
 

Mais quels sont les textes réglementaires qui l'interdisent ?
Depuis la publication du Code général de la propriété des personnes publiques en 2006, seuls "les documents anciens, rares ou précieux des bibliothèques" font désormais parties du domaine public (Ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006, article L2112-1)
http://fr.slideshare.net/Vinceoreste/initiation-au-desherbage

Et ENSSIB, bien sûr.
http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/1735-desherber-en-bibliotheque.pdf
« Depuis la publication du Code général de la propriété des personnes publiques en 2006, seuls « les documents anciens, rares ou précieux des bibliothèques » font désormais partie du domaine public (Ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006, article L 2112-1). Assujettis à la règle de l’inaliénabilité, ces derniers doivent être, pour être cédés ou vendus, soumis à une procédure de déclassement et de désaffectation. Les autres documents, c’est-à-dire les collections courantes, principaux objets visés par les campagnes de désherbage, relèvent du domaine privé. Ils sont aliénables et peuvent donc être facilement retirés de la bibliothèque, à condition d’en établir une liste.
Il est cependant recommandé de faire valider l’élimination et la destination des ouvrages réformés par une délibération (ou un arrêté municipal) de l’autorité de tutelle. »

http://www.enssib.fr/content/desherbage-quelles-obligations

Document ENSSIB où on lit bien : " Les fonds patrimoniaux et le « fonds local » ne se désherbent pas."
 

Ceux qui définissent un fonds local?

=> Les documents sur la région : le fonds local
http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2007-03-0078-015

Sauf que le mot "région" est vaste, et il est évident qu'il dépend de la taille de la bibliothèque.
Une BMVR : Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale conservera tous les documents sur la région.
Mais une petite bibliothèque se contentera d'un fonds local sur sa ville. Et comme il n'y aura pas grand chose pour le nourrir, il tendra à englober le département alentour. Le reste ira en fonds régional, souvent en géographie.
 

Est-ce qu'un fonds local se désherbe ou non ?

Cette question possède aussi son corollaire
Est-ce qu'un fonds local se met en valeur ou non ?

La réponse me semble évidente.
Oui, un fonds local s'entretient, donc se désherbe.
 

Mais attention, aux trois sens énoncés plus haut sur le mot désherbage.

A la phrase tranchante de l'ENSSIB (On remarquera toutefois les guillemets autour de "fonds local" :tongue:), on a une réponse plus nuancée de la BDP de la Sarthe
http://www.bds.cg72.fr/iso_upload/LE DESHERBAGE EN BIBLIOTHEQUE.pdf

"Le fonds local, pour lequel la mission de conservation s’applique, ne se désherbe pas."

Eh oui, si tu as une mission de conservation, tu ne désherbes pas, au sens de tu n'élimines pas les documents.

Sinon...  :wink:

 

Sinon tu as les solutions suivantes :

Tu utilises les autres critères du mot désherbage.

D'où, avant de désherber à la sauce sauvage, on se pose les questions filtre suivantes :
 

- Entretien / Train de reliure ?

a) Le document en vaut-il la peine ? Est-il souvent consulté ?
Si oui, alors il faut le garder et l'entretenir. (*)
Ou le numériser. (n'oublions pas cette possibilité majeure dans la conservation)

Si non
B) Peut-on le retrouver ailleurs ?
- Est-il présent à la BMVR ?  (qui a mission de conservation régionale, rappelons-le)
- Est-il présent dans d'autres bibliothèques autour de moi, mon exemplaire est-il en meilleur état que les leurs ? (si oui, alors je peux le leur céder)
- Existe-t-il un silo de conservation des documents sur mon département ?

Actions à entreprendre
=> Consulter le catalogue de la BMVR
=> voir avec sa BDP pour l'existence du silo de conservation.

Ce qui nous amène à la relégation.

- Relégation ?

- Mettre le document en magasin/réserve ? (Peut-être, s'il est consulté de manière occasionnelle et s'il reste en état consultable. Encore faut-il avoir de la place)
- Le déposer dans le silo de conservation ?
- Contactez la BMVR (ou même sa BDP) pour savoir s'ils sont intéressés par les documents que tu vas éliminer. (fournir la liste et un délai d'élimination)
- On peut aussi les proposer aux archives départementales.

(*) Entretenir
On touche là un point intéressant.
Un point qui devrait être inscrit au marbre dans la procédure de désherbage.
=> Puis-je donner mon document à quelqu'un d'autre ?
Car entretenir, ça veut parfois dire confier un document à quelqu'un d'autre (qui lui a les moyens et les compétences pour sauvegarder ces documents)

Même si la BDP n'est pas intéressée par les documents, elle peut les centraliser pour la BMVR, voire les archives départementales, afin de simplifier le coût du transport vers ces structures.

Idem, un train de reliure lancé par une BMVR sera moins coûteux que la même opération lancée par une petite bibliothèque. C'est une question d'échelle.
 

Donc, on récapitule

Peut-on désherber un fonds local ?
Oui, parce qu'il faut bien l'entretenir, mais en prenant quelques précautions.

Le document fait-il bien parti du fonds local, et non régional ?
Le fonds régional quelqu'un s'en occupe déjà.

Mon document est-il unique ou rare, irremplaçable ?
Si c'est le cas, alors il n'est plus fonds local, mais fonds patrimonial, et il faut tout faire pour le conserver et l'entretenir. (le numériser est alors évident ; le reléguer à des pros de la conservation idem, si l'état le rend peu consultable)

Mon document est-il ressource ?
Quelqu'un serait-il intéressé par ce que je ne peux plus garder ?
Les autres collègues, archives départementales comprises, mais aussi association d'archives locales, particuliers, etc. (le rayonnement de la bibliothèque peut aussi se montrer ici)

Si le document ne répond à aucun des critères précédents, alors oui, on peut procéder à son élimination.

Pour tes guides touristiques périmés, tu as une réponse plus simple : peut-on une version plus récentes dans le commerce ?

Si ta réponse est oui, inutile de les conserver, les informations sont obsolètes.
Mieux vaut demander aux offices de tourisme quelques brochures actualisées pour
1) augmenter leur rayonnement
2) offrir un vrai service touristique à ses administrés/touristes.

Les offices de tourisme peuvent devenir de très bons partenaires si on sait les exploiter.
Regarder ce qu'ils proposent sur leurs sites Internet permet une mise en valeur facile d'un rayon "voyages, tourisme", et si des lecteurs se rendent sur les lieux indiqués et qu'ils rapportent quelques photos, on peut monter une exposition photos. Avec un effet boule de neige possible si le rendez-vous devient un incontournable.

Sauf que ces photos pourraient bien faire partie du fonds local/patrimonial.  :D
  Bernard

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Ferris

Il faut simplement d'abord définir si tu as une mission de conservation ou pas. Si ce n'est pas le cas, tu es une bibliothèque de prêt. Point-barre.

 

Selon les termes de l'UNESCO une bibliothèque de prêt est là pour contribuer à répondre aux besoins des populations dans le domaine de la formation, de l'information, de la culture personnelle et des loisirs, créer et renforcer l'habitude de la lecture. Avec ça tu fais ce que tu veux, tu es libre de tes choix (conservation en accès direct, ou en réserve active, ou pilon).

 

Une bibliothèque de conservation se distingue tout d'abord par l'originalité et la rareté de ses collections. Parmi ses missions on trouve la sauvegarde et la conservation des documents qui sont souvent fragiles. Les documents sont en consultation sur place quasi-exclusivement.

 

Les fonds locaux ont la particularité d'engranger souvent des documents non répertoriés à la BNF. On appelait ça autrefois l’édition grise. Et ça peut aller jusqu'à des documents édités localement, ou par les mairies ou les conseils généraux, voire par le syndicat d'initiative local. L’éditeur est institutionnel ou associatif mais c'est l'imprimeur qui bosse. Dans ce cas, il faut se méfier de ne pas jeter ces documents qui, pour certains, ne seront jamais réédités et qu'on ne pourra pas se procurer dans le commerce. Nous avons ainsi beaucoup de plaquettes touristiques (pas de guides édités par des maisons d'édition classiques, qui sont à remplacer régulièrement), mais aussi les anciens numéros des bulletins municipaux (en général présents aux archives mais indisponibles au public le plus souvent). Parfois ce sont de simples tracts tirés à l'occasion de telle ou telle polémique locale. Il faut y faire entrer parfois une revue de presse des articles de la presse locale. Idem pour des revues associatives souvent à parution irrégulière. Et la liste n'en finirait pas. Ces documents n'ont pas de valeur patrimoniale intrinsèque. Mais, pour toi, ils constituent peut-être un complément indispensable à l'histoire locale et rentrent donc dans ta mission d'information de bibliothèque de prêt. Dans tous les cas, c'est de ton choix.

 

Dans ce sens, la proposition de Bernard : "Mon document est-il unique ou rare, irremplaçable ? n'est pas correcte. Au sens où si ta réponse est OUI, cela ne te fait pas entrer pour autant dans une mission patrimoniale de conservation. Tu peux jeter ou garder une plaquette touristique unique, qui ne sera jamais rééditée à l'identique, mais dont le contenu "irremplaçable" par définition, te parait important ou non. 

 

L'essentiel est de bien définir la mission que tu te donnes (car là, personne ne te dira quoi faire) et de conserver bien présente à l'esprit la notion d'accès direct, qui est un des corollaires de la bibliothèque publique. Si tes documents ne peuvent pas être vus en direct et empruntés, ou au minimum en lecture sur place, et qu'ils sont destinés à finir dans une réserve, tu commence à avoir un problème de définition de ta mission.

 

Ces documents sont peu coûteux, voire gratuits, et il n'est pas difficile de les obtenir en double exemplaire, dont l'un restera en réserve et l'autre passera en accès direct. Car effectivement, comme le dit Bernard, un fonds local se doit d'être mis en valeur comme tout autre fonds. Et la première mise en valeur d'un fonds...c'est tout bêtement l'accès direct.

 

Au total je te dirai qu'aucune des "règles" de désherbage" classiques recommandées par la profession ne peut s'appliquer à TON fonds local. A toi d'appliquer tes propres règles en fonction de la façon que tu as de constituer ce fonds et de le valoriser.

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B. Majour

Je renchéris sur Ferris et la notion d'accès direct. Pour moi, la numérisation tient de l'accès direct à proposer.

 

C'est aussi une tâche dont je me charge pour les documents "purement local" et qui me sont souvent demandés :

- Photo d'archives (grosses demandes pour les photos de classe ou patrimoniale)

- vieux bulletins municipaux qui disparaissent avec le temps.

 

Par contre, je ne conserve pas, ni ne numérise les plaquettes touristiques, sauf si elle concerne mon village.

J'ai établi un périmètre à ce que je considère comme "local".

  Bernard

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Ferris

Le périmètre à définir pour établir une norme  de collecte des documents, est aussi beaucoup en rapport avec les territoires en question. Pour les zones rurales il peut être très étendu (le canton le plus souvent, le département, voire mais c'est plus rare, la région) et avec le développement des intercommunalités, on quitte évidemment l'espace du village pour passer a l'échelon du territoire intercommunal. C'est d'ailleurs ce territoire qui définit la politique culturelle des bibliothèques, plus encore si elles fonctionnent en réseau. Donc le périmètre du fonds local est destiné à s'agrandir, à moins de se retrouver en porte à faux avec la politique culturelle du territoire, ce qui n'est pas pensable.

Après, toute la question est de savoir si on centralise les fonds locaux des différentes bibs du territoire, ou si on les laisse sur place. La centralisation permet une meilleure gestion du fonds mais pénalise des publics locaux.

A ce niveau, la numérisation proposée par Bernard est une excellente solution. Elle permet éventuellement de laisser les originaux sur place et d'en permettre l'accès public et la gestion interne par le réseau informatique des bibliothèques. Le désherbage éventuel sera alors concerté (en fonction des sorties locales par exemple) ainsi que les acquisitions.

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Pierre

Bonjour,

Les Presses de l'enssib viennent de publier un manuel sur les fonds locaux en bibliothèque qui pourra vous intéresser ; notamment le chapitre "Héritages et patrimoine en devenir".

Cordialement,

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