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Lunalithe

Bonjour à tous,

 

Nos documents désherbés partent actuellement tous à la déchetterie - même s'ils sont comme neufs. (On parle de plusieurs milliers d'ouvrages par an + CD et DVD) Outre le crève-cœur de cette situation, en plus on doit payer pour déposer ces plusieurs tonnes à la déchetterie.

Ça me semble parfaitement inadmissible à notre époque, et de la part de professionnels soucieux de l'environnement (enfin, me concernant en tout cas ;) )

J'aimerais proposer des alternatives, et je fais appel à vous, chers collègues de toute la France : Que faites vous de votre désherbage, aujourd'hui, en 2019 ? Y-a-t-il des choses mises en place (de façon systématique ou occasionnelle) ? Qu'est ce qui marche, chez vous ? Ou, soyons fou, qu'est ce que vous mettriez en place idéalement, si on vous laissait exprimer toute votre créativité sans limites ?!

 

Pour info, j'ai trouvé un vieux sujet de 2013 sur le forum sur les Braderies (voir ci-dessous). Les collègues contributeurs à ce sujet, est-ce que le succès est toujours au rendez-vous ? Est-ce que c'est une solution pérenne ? Ou le public se lasse-t-il avec le temps  ?

 

Merci pour vos retours, bonne journée !

 

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Pigranelle

Chez nous on fait des opérations de don tous les trois mois environ: on met les livres en vrac sur une table à l'entrée de la bib et les usagers se servent. Ça marche toujours bien, tout part assez vite. Après on est en BU donc un public différent et qui se renouvelle chaque année... On fait ça depuis environ 5 ans.

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Ferris

On les répartit en trois lots : un lot pour la braderie annuelle, un lot en déchetterie et un lot qui part dans les annexes, associations et écoles en don aux collectivités. Pour le lot braderie on est passé à 2 euros, tous livres confondus. Les pilons de revues jeunesse partent directement dans les écoles, via les instits intéressés.

Au bout de 3 ans les invendus braderie passent en déchetterie.

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Lunalithe

@Pigranelle : Pas d'invendus, tout part à chaque fois ? Si non, que faites vous de ce qui reste ?

 

@Ferris : De votre côté, la braderie est seulement annuelle. Est-ce que ça suffit ? (Comme je le disais, nous ça concerne plusieurs milliers de documents. Donc on se demande si tout peut-être sorti pour une seule braderie... Et en attendant, comment stocker tout ça également !). Et niveau fréquentation de la braderie, c'est toujours un succès ?

J'aime bien l'idée de donner en écoles.

Vous vendez les CD et Dvd également ?

 

Je me demande s'il est possible de trouver une solution pour totalement arrêter de mettre en déchetterie...

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Ferris
il y a 43 minutes, Lunalithe a dit :

@Ferris : De votre côté, la braderie est seulement annuelle. Est-ce que ça suffit ? (Comme je le disais, nous ça concerne plusieurs milliers de documents. Donc on se demande si tout peut-être sorti pour une seule braderie... Et en attendant, comment stocker tout ça également !). Et niveau fréquentation de la braderie, c'est toujours un succès ?

 

Oui la braderie est annuelle car liée à une fête annuelle de la commune centre (brocante, associations, vide-greniers etc...). La bibliothèque a son stand, comme les autres. Mais le désherbage est aussi régulier qu'ailleurs. Pour le stockage, nos réserves étant pleines, nous benéficions de deux bennes qui nous sont réservées par les services techniques et stockées chez eux.

Dans un premier temps les livres sont notés "retirés des fonds" (ce qui signifie au public qu'ils ne sont plus disponibles). Ce n'est que dans un deuxieme temps qu'ils sont, suivant l'arrêté correspondant, mis en don, braderie ou pilon.

Honnêtement au niveau braderie c'est catastrophique. Un fiasco. En fait on tombe dans l'hypocrisie organisée. La braderie n'est que l'antichambre de la mort. Et tout le monde le sait. En plus les élus ont trouvé malin d'ajouter au problème en passant de 1 euro à 2 euros. Les gens détestent la plastification, les cotes, les codes-barres, les livres reliés etc....Apparemment c'est très dissuasif, du moins c'est le discours officiel.. Mais je ne peux rien affirmer.

Pour l'instant on ne vend ni ne donne les documents numériques. Mais ça viendra.

 

On a un problème déchetterie, que peut-être d'autres connaissent, c'est que le systeme de tri s'est renforcé. Actuellement on a une entreprise (décidément on externalise de plus en plus...) qui passe dans les services pour récupérer les papiers de tous les services. La liste est très précise (les mouchoirs en papier sont interdits etc...y en a une page). Or ce recyclage (car déchetterie veut pas obligatoirement dire recyclage) ne tolère pas le mélange plastique (de couverture) et papier. D'où obligation cette année d'arracher les couvertures plastifiées + antivols etc...(déchetterie) et la partie strictement papier (recyclage). On va voir ça en septembre (c'est le mois de la braderie). Pas sur que ce sera la fête au village pour les bibliothécaires...:D

 

Ce serait peut-être une solution, à condition de convaincre les élus  : Ne pas les jeter dans une poubelle qui file tout droit vers l’incinérateur ou la décharge, ce qui est en plus idiot car c'est payer pour éliminer une matière première réutilisable. Mieux vaut les mettre dans la poubelle de tri au lieu d’abattre des arbres pour produire une nouvelle pâte à papier.

Le problème c'est que trop peu de collectivités respectent les normes ou les restreignent trop. Voir les normes d'Ecofolio : https://www.quechoisir.org/actualite-tri-des-papiers-les-consignes-font-polemique-n10609/

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Louve

Chez moi:

- braderie annuelle tous les derniers week-end de juin

- plusieurs milliers de documents, l'an dernier:

  • 8 500 livres
  • quelques centaines de CD
  • une petite centaine de lot de revues

Tarifs selon les documents: 1, 2, 5 €. Sachant que les documents à 5 € partent moins aisément.

 

Dans la commune où je travaille, la braderie fait carton plein mais je pense que c'est lié au fait que cela est encore récent (1ère braderie en 2015) et que la population n'ayant pas un rond, c'est pour beaucoup la seule solution d'avoir un livre à soi.

 

Pour les livres destinés au pilon (car franchement, des vraies merdes, pas des merdouilles, des merdes) qui n'ont pas vocation à être données aux  pauvres nécessiteux, aux pauvre écoles... jusqu'en juin 2018, nous les mettions à la déchetterie municipale. 

Jusqu'au jour où une habitante est montée dans la benne et a appelé la presse locale pour dénoncer cette horreur: un livre CA NE SE JETTE PAS! On a fait la une: "la bibliothèque jette des livres et assume". Je vous laisse imaginer le bordel

Depuis nous les stockons en espérant trouver une solution (ça prend du temps...)

 

Mais je digresse

 

Côté logistique:

  • désherbage courant,
  • tampon pilon pour ceux devant être détruits, retiré de l'inventaire pour ceux destinés à la vente
  • mise en carton (pas lourd, pas grand, bien faits)
    • gommettes de couleurs sur chaque document pour le prix (Bleue 1€, Blanc 2€, Rouge 5€)
    • au niveau du SIGB: pilon ou brocante
    • liste exportée au format excel
  • les livres à la vente sont stockés dans un garage de la ville déjà mis sur palettes
  • la veille de la brocante: le service manifestation va chercher les palettes que nous avons filmées
  • brocante: mobilisation pendant 3 jours de 8 agents pour la mise en place, la vente, le rangement.... 

 Voili, voilà...

 

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Ferris

Une chose est certaine : le public, particulierement pour les BU, supporte très mal le pilon/dechetterie. Donc il vaut mieux une bonne braderie même foireuse, que le pilon systématique.  De nombreux articles de presse ont été publiés la-dessus. En voici un trouvé vite fait https://www.midilibre.fr/2011/08/16/des-livres-jetes-a-la-benne,372617.php

 

Ceci dit il faut rappeler aux professionnels que nous avons AUSSI une obligation d'information du public. Rarement utilisée car rentrant souvent en  contradiction avec nos obligations de réserve et Cie. Le fonctionnaire est en général timoré et craint pour sa carrière. Combien osent afficher en bibliothèque leur budget, alors que le budget est un document public ? Et combien serait capables d’expliquer au même public qu'ils doivent s'adresser à la CADA (commission d'accès aux documentsdministratifs) pour en  avoir connaissance,sachant que les élus détestent ce genre d'affichage ?

 

Eh bien il en est de même pour le pilon. Oui nous désherbons, et cela figure d'ailleurs en principe dans notre poldoc, elle aussi publique. Qui a une poldoc (en vrai, sans déconner....) ? Et qui l'affiche dans ses locaux ? Pas grand monde. Cessons les hypocrisies.

 

Je passe mon temps à expliquer ces notions au public. Je viens d'envoyer au Réseau 502 ouvrages à trier selon leurs critères. Visuellement le public s'en rend compte et questionne. J'explique. Ils gueulent aussi au départ. Puis ils comprennent. Ils comprennent notamment que ces ouvrages (littérature générale en l’occurrence, donc hors polars, SF et terroir) dégagent parce qu'ils ne sont plus sortis trois ans après leur mise en rayon ou sur les trois dernières années (donc jusqu'en fin 2016). J'arrive même à les culpabiliser : vous vous jetez sur les nouveautés ? Fort bien. Vous délaissez les rayonnages ? Fort bien. Sauf qu'au bout du jeu il y a ce pilon scandaleux  à vos yeux. Sinon, vous imaginez le nombre de rayonnages qu'i faudrait pour conserver tout ça ?

Et la ils découvrent, ils imaginent, ils comprennent. Ils n'y avaient pas pensé, tout simplement. Je sais que ça a l'air bête comme situation mais c'est ainsi. Et mes budgets et nombres de livres correspondants sont affichés dans un coin, près du Règlement intérieur. Je les y renvoie, pour qu'ils pigent mieux. Aucun élu ou connard de cheffaillon n'est jamais venu m'emmerder la-dessus. J"explique aux gens ce qu'ont fait de leur argent, désherbage y compris. Je manque à mes devoirs ? Oh que non, je les remplis au contraire.

 

Les agents publics ont le devoir de satisfaire aux demandes d'information du public sauf si cela va à l'encontre du secret professionnel ou de la discrétion professionnelle. L'obligation d'information concerne les documents communicables produits ou reçus par les administrations et les personnes de droit privé chargées d'une mission de service public. En cas de refus opposé à une demande de communication d'un document, le demandeur peut saisir la Cada. Cela va t'il à l'encontre des obligations de discrétion et de secret professionnels ?NON ! Cette obligation d'information concerne tout agent, quelle que soit sa position hiérarchique. Donc pas question de se cacher derrière "le chef a dit que" ou "l'elu a dit que".

 

La pédagogie à balles réelles. Il n'y a que ça de vrai. Et c' est valable pour le désherbage comme pour le reste. Si on a des couilles on les montre. La loi nous y pousse et les tribunaux administratifs nous soutiennent la-dessus.

 

Qu'en excuse ma colère mais je suis en train de balancer l'Encyclopedia Universalis et autres dictionnaires. Et forcement le moral en prend un coup. Mais ça passera.

 

 

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Louve
Il y a 7 heures, Ferris a dit :

Eh bien il en est de même pour le pilon. Oui nous désherbons, et cela figure d'e ailleurs en principe dans notre poldoc, elle aussi publique. Qui a une poldoc (en vrai, sans déconner....) ? Et qui l'affiche dans ses locaux ? Pas grand monde. Cessons les hypocrisies.

 

 

Je suis d'accord, il nus faut informer, ce que e je fais régulièrement. J'explique encore et encore et bien avant cette histoire de livres à la benne qui a traumatisé une vieille bique, le désherbage avait été expliqué dans le journal municipal, à l'occasion de visites... 

 

Il y a 7 heures, Ferris a dit :

La pédagogie à balles réelles. Il n'y a que ça de vrai. Et c' est valable pour le désherbage comme pour le reste. Si on a des couilles on les montre. La loi nous y pousse et les tribunaux administratifs nous soutiennent la-dessus.

 

Oui, il y a la loi, le courage et tout, et tout.

Mais certains jours tu choisis tes combats, parce que quand on tu es dans un environnement avec une culture du secret, une partie de la hiérarchie aussi courageuse qu'un âne qui recule, ceux qui ne veulent surtout pas être emmerdés et se cachent, ne se mouillent pas , collaborent selon le sens du vent, bin tu ne peux tout affronter en même temps.

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Ferris
Il y a 3 heures, Louve a dit :

livres à la benne qui a traumatisé une vieille bique,

 

Il n'y a pas que des vieilles biques. https://www.sudouest.fr/2012/11/17/j-avais-l-impression-d-etre-une-delinquante-881346-1391.php

La conclusion du directeur est catastrophique : plutôt que de mettre en place une braderie, qu'il évoque vaguement, il termine par "la prochaine opération de désherbage se fera « beaucoup plus discrètement » pour éviter tout débordement."

 

La culture du secret que tu évoques très justement a la vie dure...On ne cherche pas a régler le problème, on cherche à le cacher. Bravo.

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Epsy
Il y a 22 heures, Lunalithe a dit :

Vous vendez les CD et Dvd également ?

 

Pour les DVD, les questions de droits sont très bloquantes :/

 

Epsy.

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Pigranelle
Citation

@Pigranelle : Pas d'invendus, tout part à chaque fois ? Si non, que faites vous de ce qui reste ?

On ne vend pas on donne: beaucoup plus simple à gérer: pas besoin de personnel, pas besoin de caisse... On ne gagne pas d'argent sur nos opérations de don, par contre on gagne énormément en temps comparé à une vente je pense.

Tout part à chaque fois même les pires rougnes. Il m'arrive quand même de mettre des livres pour le pilon quand je me dis "non là vraiment c'est pas possible, ce rapport de 1992 sur la consommation électrique des français ça n'intéressera pas même le plus autiste de nos lecteurs". Mais sinon tout part, absolument tout. Ça arrive (rarement) que certains livres reviennent: le lecteur s'étant rendu compte que ça n'avait aucun intérêt l'a remis dans les rayons. Dans ces cas là on met au pilon. Nos usagers savent que concernant les manuels et documentaires il ne sont plus à jours. Certains vont les prendre pour juste un chapitre, pour caler une table, pour faire des hérissons, des avions en papier, découper les images...etc. Au moins nous sommes transparents sur ce que nous sortons des collections.

Nous mettons également au don des livres qui nous ont été donné que nous avons choisi de ne pas intégrer à nos collections (nous avons très souvent des dons de bibliothèques entières de professeurs qui partent à la retraite ou déménagent, ceux-ci sont avertis que la BU se réserve le droit de donner leurs livres).

Côté organisation nous faisons du désherbage régulièrement tout au long de l'année, nous stockons les livres dans une petite salle, quand celle-ci est pleine nous organisons une opération de don. Sur le livre nous collons sur le code barre une étiquette "Don BU ne peut être vendu" et à l'intérieur un tampon "sorti des collections". Ce qui nous prend le plus de temps c'est de les démagnétiser. Voilà, rien de compliqué à mes yeux...

 

L'histoire de la Bu de La Rochelle est complètement absurde, mais je crois que depuis les textes de lois ont changé et facilitent grandement le don.

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Ferris
Posted (edited)
Il y a 23 heures, Lunalithe a dit :

Vous vendez les CD et Dvd également ?

 

Deux réponses de l'ENSSIB qui reste très prudente à ce niveau et conseille de s'adresser à ton fournisseur de DVD pour connaitre sa position.

https://www.enssib.fr/services-et-ressources/questions-reponses/je-souhaite-savoir-si-une-bibliotheque-de-ce-peut

https://www.enssib.fr/services-et-ressources/questions-reponses/vente-de-dvd

et une visite sur le site de l'ADAV : http://www.adav-assoc.com/html/home/juridique.html

 

Une réponse de 2015 indique

Votre fournisseur de DVD vous a indiqué qu'il ne s'oppose pas à la revente des DVD acquis auprès de lui, et certains services juridiques de conseils généraux estiment également que la revente des DVD est possible.

 

la revente à une autre bibliothèque peut poser problème, dans la mesure où l'ADAV indique que les droits de consultation et de prêt des DVD ne sont acquis que pour l'organisme acquéreur. Seule la revente à des particuliers serait donc autorisée.

Edited by Ferris

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E.D

Vous me faites tous rêver avec vos braderies ! La médiathèque François Mitterrand à Poitiers organise une braderie annuelle pour ses livres désherbés : les gens font la queue devant le bâtiment et il y a toujours beaucoup de monde autour des tables où les documents sont posés. Je me rappelle avoir été impressionnée !

De mon coté, ça désherbe et ça jette. Avec mes collègues, on avait demandé une solution plus sympa : don à des associations ou aux usagers, braderie... Mais on nous a répondu que c'est un décision qui devait passer en conseil donc que ça prendrait du temps donc ça n'a pas été fait. Pour la braderie, on nous a répondu que ça donnait une mauvaise image de la médiathèque... Or ce n'est absolument pas ce que j'ai vu à Poitiers. Les gens étaient ravis bien au contraire ! Même discours pour le don aux usagers...

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Ferris
Le 22/03/2019 à 13:35, Pigranelle a dit :

On ne vend pas on donne:

 

Effectivement c'est l'idéal. Et mieux encore ce serait de pouvoir donner à des particuliers et pas seulement à de l'associatif ou des ecoles, bibs , pays d'Afrique, etc...

 

Un document intéressant tiré d'un atelier de l'ABF et montrant diverses méthodes de diverses bibliothèques https://www.abf.asso.fr/fichiers/file/ABF/congres/2010/atelier4.pdf

 

Un modèle d'arrêté et de convention pour don de livres aux écoles http://www.bordeaux.fr/images/ebx/fr/CM/2685/8/acteCM/17500/pieceJointeSpec/54150/file/acte_20095760_D.pdf

 

Et un texte ENSSIB de 2015 plein de références de deliberations de villes. Ou l'on apprend aussi que le don de livres à un particulier, rarement évoqué voire considéré comme illégal (favoritisme) est en fait parfaitement légal. Simplement parce que de puis 2006 ,  le Code général de la propriété des personnes publiques , precise que  seuls « les documents anciens, rares ou précieux des bibliothèques » font désormais partie du domaine public (Ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006, article L 2112-1). Les autres ouvrages, soit presque tous, sont aliénables, donc peuvent être jetés, cédés ou vendus. Il suffit d’en établir la liste. Il est cependant recommandé de faire valider l’élimination et la destination des ouvrages réformés par une délibération (ou un arrêté municipal) de l’autorité de tutelle.

https://www.enssib.fr/services-et-ressources/questions-reponses/une-bibliotheque-peut-elle-donner-des-particuliers-des

 

Pourtant dans un autre billet également de 2015 , l'ENSSIB précise  l'article du Code général de la propriété des personnes publiques relatif à la cession à titre gratuit de biens mobilier relevant du domaine privé mentionne uniquement le don à des associations. (...) La Charte sur le don de livres recommande d'associer "non pas des particuliers mais deux organismes juridiquement constitués, un donateur et un destinataire associés (...)À l'inverse, le don informel à des particuliers peut donner l'impression que la bibliothèque favorise certains usagers. ».

https://www.enssib.fr/services-et-ressources/questions-reponses/don-de-livres-aux-particuliers

 

Ces deux réponses semblent contradictoires.

 

Voir aussi la charte du don de livres https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/61091-charte-du-don-de-livres.pdf

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Liemena

Bonjour,

Je crois que le sujet avait déjà été évoqué dans le forum, mais dans ma BU, nous passons par Ammaréal.

Cette solution a réglé tous nos problèmes ! ;-) Ils nous envoient les cartons et viennent chercher les documents. Ils revendent, nous en donnent une partie (en donnent une partie à une association) puis recycle ce qu'ils n'arrivent pas à vendre.

Bien sûr ils ne prennent pas tout mais au final peu de documents sont concernés, dans ces cas là, on essaye de recycler au mieux.

Quand on en parle à nos publics, ils ont l'air plutôt satisfaits de cette solution donc tout va bien.

Bon courage !

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Pigranelle
Citation

« les documents anciens, rares ou précieux des bibliothèques » font désormais partie du domaine public (Ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006, article L 2112-1). Les autres ouvrages, soit presque tous, sont aliénables, donc peuvent être jetés, cédés ou vendus. Il suffit d’en établir la liste. Il est cependant recommandé de faire valider l’élimination et la destination des ouvrages réformés par une délibération (ou un arrêté municipal) de l’autorité de tutelle.

Merci pour ces références, je pense que c'est ce texte qui permet le changement de pratiques.

Concrètement nous n'établissons pas de liste, mais notre SIGB nous permet de tirer la liste des documents mis au pilon, donc si on nous demande on peut la fournir. Nous avons fait valider le principe du don aux usagers en conseil de la doc (une seule validation qui s'applique jusqu'à décision contraire). Si c'est possible en BU ça doit bien être possible en BM.

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Louve
Il y a 2 heures, Pigranelle a dit :

Nous avons fait valider le principe du don aux usagers en conseil de la doc (une seule validation qui s'applique jusqu'à décision contraire). Si c'est possible en BU ça doit bien être possible en BM.

 

En BM, la difficulté n'est pas technique ou juridique mais symbolique. Les élus acceptent plus facilement une brocante que des dons.

Chez nous la brocante fonctionne très bien car nous sommes dans un territoire où les gens n'ont pas de gros moyens, pour de nombreuses familles c'est la seule solution d'avor un livre à soi.

 

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Pigranelle

@Louve Si vos usagers sont plutôt pauvres raison de plus pour donner non? Si on budgétise une brocante (temps de travail, de préparation, d'encaissement, de comptabilité...) je suis pas sure qu'elle soit plus intéressante financièrement que le don... Mais bon c'est bien connu le temps de travail ça compte pas pour les élus <_<

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Ferris
il y a 48 minutes, Pigranelle a dit :

Mais bon c'est bien connu le temps de travail ça compte pas pour les élus <_<

 

 Exact malheureusement et ça joue sur bien d'autres domaines.

 

Le don direct, individuel et associatif/collectivités est sans doute la seule vraie solution effectivement. Mais tout dépend sans doute aussi des méthodes et des territoires. Chez nous, territoire rural, nous avons choisi de faire du "hors les murs" c'est à dire de sortir de la bibliothèque et de nous mêler à la foule des stands. Résultat négatif. Mais après un petit tour des stands de type vide-grenier, on se rend compte que presque tous les particuliers présentent aussi des livres. Et que ça ne se vend pas davantage. Les brocanteurs pros n'en proposent même pas. Aurions nous du rester à la bibliothèque pour cette opération ? En tous cas pour les élus le fait de se mêler à la population, comme les stands des associations (obligation pour eux sinon couic les subventions), était politiquement important, question de visibilité.

Par ailleurs quand on voit le nombre de donateurs que toutes les bibs reçoivent dans l'année, on peut se poser la question de l'opportunité de vendre nos vieilleries marquées et plastifiées. Leurs livres n'ont souvent été lus qu'une fois et sont finalement en meilleur état que les nôtres. Et ce sont des auteurs populaires de type club (France loisirs, le grand livre du mois etc...) avec super jaquette etc...Et en plus nous en acceptons souvent dans nos fonds!

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Louve
il y a 49 minutes, Pigranelle a dit :

@Louve Si vos usagers sont plutôt pauvres raison de plus pour donner non? Si on budgétise une brocante (temps de travail, de préparation, d'encaissement, de comptabilité...) je suis pas sure qu'elle soit plus intéressante financièrement que le don... Mais bon c'est bien connu le temps de travail ça compte pas pour les élus <_<

 

Ca c'est une réflexion raisonnable!

Bien sûr que donner serait plus simple mais déjà il a fallu convaincre de la nécessité de désherber (et pas que les élus d'ailleurs), de la nécessité d'un budget d'acquisition (le fait de jeter des livres n'est pas aisément compris) alors j'ai trouvé un compromis. Et c'était la brocante.

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Ferris
Posted (edited)
il y a 45 minutes, Louve a dit :

j'ai trouvé un compromis. Et c'était la brocante.

 

On passe notre temps a trouver des compromis.

 

Mais j'ai une question : est-ce que chez vous l'argent des ventes est reversé sur le budget du service lecture ? Chez nous il est reversé au budget général et affecté ensuite à tout ce qu'on veut. Voire à acheter du sable et des parpaings, selon les besoins. Comme l'argent des cotisations d'ailleurs.

 

Les textes precisent Les recettes sont inférieures aux dépenses car la bibliothèque publique ne peut pas être rentabilisée par son propre fonctionnement. (...)Les recettes courantes : les cotisations éventuelles (qui ne doivent pas être trop élevées au risque de constituer un frein à la fréquentation de la bibliothèque), les amendes pour retard, les remboursements pour livres perdus ou détériorés, les frais de photocopie, et les ressources occasionnelles d’appoint : exemples :vente de livres rayés de l’inventaire, tombola lors d’une fête du livre, etc. doivent être versées sur le budget communal (après accord du conseil municipal).

 

Le seul compromis serait alors que les élus prennent en compte ces recettes et augmentent le budget de fonctionnement l'année suivante.

Edited by Ferris

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Louve
Il y a 2 heures, Ferris a dit :

Mais j'ai une question : est-ce que chez vous l'argent des ventes est reversé sur le budget du service lecture ? Chez nous il est reversé au budget général et affecté ensuite à tout ce qu'on veut. Voire à acheter du sable et des parpaings, selon les besoins. Comme l'argent des cotisations d'ailleurs.

 

 

La recette de la brocante est versée au budget général.

Le deal c'est de ne pas trop nous assassiner l'année d'après au niveau baisse budgétaire mais augmenter, faut pas rêver.

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Lunalithe

Eh bien merci pour toutes ces contributions ! Finalement la Braderie revient souvent - avec un succès différent, visiblement... Bon, on va tenter et voir ce que ça donne !

Ah, tiens, vous ne précisez pas toujours : c'est sur une seule journée ? Le week-end complet ? Plusieurs jours ? Une semaines ?

Et qu'est ce qui fonctionne le mieux dans vos braderies ? J'ai été surprise d'avoir le retour d'une bib de grosse ville qui me disait que les romans ne partaient pas, alors que j'imaginais que c'était ce qui marchait le plus !

 

A part Liemena, personne ne passe par des entreprises type Ammareal ou Recyclivres ? J'ai interdiction de les contacter parce qu'il y a quelques années, une collègue avait voulu se renseigner, et les commerciaux rappelaient chaque semaine et insistaient lourdement => alors maintenant on les évite comme la peste, même si a priori, j'ai l'impression que ça n'a pas l'air si mal.

 

@Louve : Ton public me semble assez similaire au notre... C'est une commune de combien d'habitants ?

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kiki de morainval

Bonjour à tous, je poste mon premier message sur ce Forum que j'aime et que je suis depuis longtemps.

Je travail en bibliothèque depuis moins de dix ans et je trouve ce métier toujours aussi passionnant (le fait de changer de bibliothèque par voie de mutation m'a aidé à garder cette passion).

Chez nous la question des ouvrages désherbés et de leur valorisation est toute récente. Dans notre bibliothèque (que je viens de rejoindre), Il n'y avait pas de suppression physique des documents car "un livre ça ne se jette pas", le livre était retiré du catalogue et stocké dans une immense réserve (dans la cave). Des oubliettes en vérité, car l'endroit est insalubre, avec rats, humidité et champignons.

30 ans d'oubliette tout de même. 

Et puis la commission hygiène et sécurité est passée et cette pratique n'est plus possible, il faut donc traiter l'ensemble de cette "bibliothèque annexe"  ( s'en débarrasser) en la valorisant ou en la jetant pour de bon cette fois-ci.

L'idée ici pour la valoriser est d'en faire don à une association locale d'aide à des pays en cour de développement.

Il faut donc trier le bon grain de l'ivraie pour ne pas envoyer des documents en charpie, tout cela avec la condition de s'assurer une visibilité sur les conditions d'acheminement des cartons de livres jusqu'au village du pays en question. Car comme les documents sont estampillés et portent le logo de la commune qui nous emploie, son image est mise en jeu.

Il faut donc pouvoir répondre à plusieurs questions: par quel moyen les cartons sont envoyés? car un container coûte excessivement cher et la trésorerie d'une association de taille moyenne peut rarement prendre en charge un tel budget, quel est le projet? construction d'une bibliothèque? enrichissement d'un fonds? revente au marché noir?.... 

La question est de "valoriser" le document désherbé et donc de s'assurer d'une utilisation future à peu près vertueuse par la personne qui reçoit le don, ce qui je dois le dire par expérience n'est pas forcément aisé.

ça y est, j'ai osé sauter le pas du premier message posté ici... quel soulagement.:yes:

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Ferris
Il y a 2 heures, kiki de morainval a dit :

ça y est, j'ai osé sauter le pas du premier message posté ici... quel soulagement

 

Felicitations et bienvenue.

 

Pour répondre à ta question, nous passions pour ce type de don (chez nous le Burkina Faso, pour une question de jumelage) par des ONG (type FAVL, Adiflor, ou Biblionef patronné par l'Alliance Française et bien d'autres) et par un partenariat avec le Ministere de la culture du Burkina. C'est indispensable d'avoir ces relais. Le Burkina se dotait déja de pas mal de bibliothèques. Par fois les ONG distribuaient des livres directement dans des écoles de villages. Mais au moins nous savions qu'ils ne finiraient pas sur les marchés. Nous avons arrêté par manque de crédits car le voyage en container (c'est au poids) était horriblement coûteux. Cela fait plus de 10 ans que nous avons arrêté. Par ailleurs l'association-relais en France privilégiait de plus en plus des envois moins lourds et plus utiles (medicaments etc...).

 

Par ailleurs ton idée de donner des livres qui ont passé trente ans dans Des oubliettes en vérité, car l'endroit est insalubre, avec rats, humidité et champignons, me choque un peu, même après un tri préalable.

 

Tout cela pose aussi des questions éthiques et aussi economiques. L' Afrique évolue . Il y a des acteurs du livre, des editeurs, des libraires, et des bibliothèques, un véritable circuit. Nos dons francophones ne doivent pas entrer en concurrence avec cette chaîne. Par ailleurs presque tous les pays africains francophones parlent aussi une autre langue, la leur, leur langue maternelle.

 

De fait, donner des livres édités dans les pays du Nord afin qu’ils atteignent des lecteurs potentiels dans les pays du Sud est considéré comme de la pure philanthropie. Comment pourrait-on se poser des questions à ce sujet alors que l’idée d’une pénurie du livre en Afrique est si bien ancrée dans les schémas mentaux ?

 

Voir ces articleshttps://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/04/26/attention-donner-des-livres-a-l-afrique-nuit-gravement-a-sa-sante-editoriale_5291099_3212.html

 

http://www.rfi.fr/culture/20180116-vie-mots-don-livres-prudence-generosite-reflexion-mondialisation-culturelle-langues

 

Aujourd'hui, si c'était à refaire, même avec des moyens financiers conséquents, je réfléchirais. Et puis ils ont internet.....

 

Décidément l'Afrique n'est plus ce que notre nostalgie d'anciens coloniaux aurait aimé qu'elle reste, et les années 80 et ses mythologies aussi caritatives que musicales, sont bien loin.

 

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