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Jeux vidéo en bib. et rapport Lescure 498


Bobthebib
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Bonjour tout le monde,


 


Je me tourne vers vous pour lancer le sujet de discussion sur la légalité des jeux vidéo en bibliothèque et surtout du prêt, en cette journée folle pour la Culture et Internet.


Pour ceux qui ne l'ont pas lu, voici le Rapport Lescure. Le chapitre concernant les bibliothèques commence à la page 193. Il y a quelques lignes sur les jeux vidéo, et je ne peux m'empêcher de trouver comme un arrière goût étrange dans les mots utilisés :


"S’agissant de l’offre de musique, aucun cadre juridique spécifique n’ayant été mis en place et faute de propositions des titulaires de droits, les bibliothèques ont acheté des CD sans aucune base légale." => Très bien. Comme il n'y a aucun cadre juridique pour les jeux vidéos, on a qu'à foncer aussi pour l'achat et le prêt.


Seulement voilà, quelques lignes plus bas concernant les jeux vidéo, je vois écris :


"En l’absence de cadre légal, elles doivent négocier avec des éditeurs de jeux vidéo." => Euh... Pourquoi "doivent" ? Quelle est l'obligation ? Personne ne s'est posé de question pour les CD. Alors, j'ai envie de dire : et si les médiathèques prenaient le problème à bras le corps, achetaient des jeux vidéo en masse, et les prêtaient sans demander à qui que ce soit ? Parce qu'en fin de compte, ce qui s'est passé pour les CD peut se produire aussi pour les jeux vidéo. Et si un jour, il y a un cadre légal (que je souhaite bénéfique au prêt pour les collectivités dans ce cas), il sera temps de se mettre au diapason, s'il y a une modification aux modalités existantes.


Et puis, les médiathèques doivent elles attendre qu'une offre encadrée soit mise en place pour prêter, ou bien développer ses collections en fonction des usagers et de leurs demandes ? Pour moi, il est évident qu'il faut acheter et prêter sans tarder, et pas simplement laisser en consultation sur place. D'autant que juridiquement, qu'est-ce que ça change de prêter sur place pour 2h, ou de prêter à la maison ?


Ensuite, j'ai par trop l'impression que l'offre de consultation sur place, quand elle existe, s'apparente presque à une vitrine pour les jeux vidéo :"tu as aimé jouer à ce jeu ? Tu veux y jouer plus que 2h ? Eh bien achète-toi le, et la console qui va avec...". Avez-vous déjà essayé de terminer un Zelda ou un Ni no Kuni en 2h ? Mission impossible...


 


Alors voilà, qu'en pensez-vous ? Les médiathèque doivent-elles se lancer dans la bréche sans "devoir" prévenir quiconque, ou attendre une législation plus ou moins contraignante (comme pour les DVD) et laisser passer cette opportunité de coller un peu plus aux exigences de notre société et de nos usagers ?


 


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Nous, nous avons fait le choix depuis deux ans maintenant d'acheter, de mettre en consultation et de prêter des jeux vidéo.


Nous estimons que, comme pour les CD, tant qu'il n'y a pas de cadre juridique, il n'y a pas de démarche à faire de notre part. On se dit que si les ayants droits se réveillent un jour on s'adaptera ! Quand aux sois disants "founisseurs de jeux vidéo avec droits" quelle blague.


 


Je pense que les bibliothèques doivent cesser d'ètre timorées et se lancer, elles ne seront pas trainées en justice pour "prêtage illégal" !

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Pour les bibliothèques qui ont la volonté de proposer du jeux vidéo, qui ont les moyens et suffisamment de jeux pour le prêt.
Oui il faut foncer !

En sachant que si il y avait sanction, elle est plutôt limitée car elle interdit le prêt, pas d'amende immédiate.(corriger moi si je me trompe)

Pas un énorme risque par rapport au service proposé donc ...
 

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Paloma Amargado

Oui, c'est ça : fonçons ! Profitons du vide juridique et de l'apathie des marchands pour entonner les bibs de jeux vidéos ! C'est trop cool ! Ca déchire ! Et en plus, on n'a besoin que de deux doigts !


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Bonjour,


 


Notre médiathèque prête du jeu vidéo - nous avons choisi cette option plutôt que le jeu sur place faute de locaux adaptés. Nous l'avons fait sans demander d'autorisation à personne, sans passer par les fournisseurs habituels (achats en boutiques locales), en étant pleinement conscient d'être au mieux dans un vide juridique, au pire "hors-la-loi".


Nos élus en ont été informés quand nous leur avons présenté notre projet, ils ont validé.


Il va de soi que si un éditeur venait nous dire de ne pas prêter leurs jeux, nous le ferons.


 


Cela fait maintenant plus de 2 ans que nous prêtons, et aucun gros bras d'Activision n'est venu nous briser les rotules pour le moment !  :sweat:  On peut supposer que comme il y a peu de bibliothèques françaises qui ont sauté le pas, et que nous ne représentons pas grand-chose pour les éditeurs, ils s'en fichent.


 


Par contre, le prêt me paraît être une pratique condamnée à la disparition à terme. Car si les éditeurs s'en fichent des bibliothèques, ils ne se fichent pas DU TOUT du jeu d'occasion - donc du multi-usage. Leur idéal avoué est un marché où les jeux seraient à "usage unique", liés à une seule machine.


Pour cela, il y a la solution de la connexion Internet obligatoire et permanente qui fait hurler les pig... les joueurs de Diablo 3 et de SimCity. Il y a la nécessité d'enregistrer son jeu avant de pouvoir y jouer (très courant sur PC). Il y a aussi des pistes pour lier un exemplaire d'un jeu à la machine (brevet déposé par Sony de mémoire).


A la fin 2013, Sony et Microsoft vont sortir leur nouvelles consoles. Sony a déjà précisé qu'il n'interdisait pas le jeu d'occasion, pour Microsoft on ne sait pas encore. Mais je doute que ces fabricants (qui sont aussi éditeurs de jeux) aient laissé tomber l'idée : ils veulent la peau du marché de l'occasion.


Ajoutons aussi la dématérialisation des jeux qui n'aide pas.


 


Il faut aussi ajouter que le marché de la console perd du terrain face aux supports mobiles - notamment les tablettes, le gros succès de 2012. Voyez le bide de la PS Vita par exemple.


 


Bref, je crains que le prêt de jeux vidéo en bibliothèque ne puisse durer que quelques années...


 


 


BiblioEdualk


 


PS : dans les arguments en faveur du prêt : à 70€ maximum le jeu, les joueurs privilègient les "valeurs sûres" au détriment de jeux peut-être moins visibles, ou moins originaux. Les prêter permet aux joueurs ne pouvoir "tester" des jeux vers lesquels ils ne seraient peut-être jamais allé.


J'ai toujours en mémoire ce gamer qui nous a emprunté tout le rayon Xbox jeu après jeu, y compris "le jeu qui ressemble au rugby" (du foot américain). Je ne pense pas qu'il aurait acheté ces jeux.


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Jonathan Garry

1-Les majors n'ont rien dit lors de l'émergence des discothèques parce qu'ils avaient des mannes financières conséquentes à côté. Lorsque leur industrie s'est effritée, ils se sont rendus compte que les acquisitions de CD représentaient (à budget constant et supérieur sur ces dernières décennies) une part équivalente à près de 10% de leur chiffre d'affaire. Vous croyez sincèrement qu'ils n'étaient pas au courant ou qu'ils n'ont pas été mis au courant ? L'accord n'était pas juridique, n'a jamais été entériné, mais il s'agit bien d'un contrat tacite.


 


2-Ca n'a donc rien à voir avec les Jeux Vidéo qui traversent au moment de l'émergence de cette offre en bibliothèque une crise particulièrement difficile. Et ce qui s'est passé avec les DVD ultérieurement en est bien la preuve : ça ne se reproduira pas.


 


Faudrait pas tout mélanger quand même ...


Modifié par Jonathan Garry
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Les jeux vidéo traversent une crise particulièrement difficile ? Ah. Je ne savais pas. Le syndicat national du Jeu vidéo livre un communiqué plutôt flatteur quant à ce secteur. L'industrie cinématographique était déjà bien en place quand les DVD sont arrivés sur le marché. Je veux dire par là qu'elle était organisée, qu'elle savait qui devait être rémunéré, et surtout, qu'elle savait ce qu'elle proposait : une oeuvre culturelle avec tout l'appareil judiciaire qui l'entoure. Le cinéma est un art. Et ça fait cent ans que c'est acté.


Le jeu vidéo, on ne sait pas encore ce que c'est. Est-ce de l'art ? Est-ce une oeuvre collective? Une oeuvre de collaboration ? Qui possède les droits dessus ? C'est encore un ovni sur le plan juridique, ce qui implique justement le vide juridique qui nous intéresse.


 


Pour revenir sur l'impact de la dématérialisation du support et la volonté de faire disparaitre le jeu d'occasion en liant le jeu à la console, c'est effectivement quelque chose qu'il faut prendre en compte dans la réflexion future, mais il ne faut pas que cela obscurcisse nos jugements : il reste néanmoins un bel avenir des consoles dans un premiers temps, si j'en juge ces prévisions de l'IDAT avec les next gen qui vont arriver.


Ensuite, je reste très positive : ne plus pouvoir prêter ses jeux (jeux liés à la console), ne plus pouvoir y accéder sans avoir une connexion internet (technologie du Cloud/ technique de Diablo III), et autres joyeusetés qui nous seront proposées, cela va à l'encontre des droits culturels fondamentaux des individus. A ce titre, si les gens étaient pour le moment assez indulgents envers les diverses taxes et procédés limitant les libertés, il y aura, et il y a déjà, des levées de boucliers (je pense là à la Quadrature du Net, par exemple), et nos chers éditeurs devront revoir leurs copies à terme. Le problème ne se pose pas que pour les jeux vidéo, mais pour la musique, les films, les livres numériques... Le problème de la transmission des biens virtuels achetés, par exemple, sera, je pense, le fer de lance de cette évolution démocratique que les grands secteurs industriels ne pourront pas feindre d'ignorer encore longtemps.


 


Voilà pourquoi je pense que nous n'avons pas à être alarmistes sur la fin présumée des jeux sur consoles et de leur prêt (on verra pour les jeux PC). Il y a une grosse évolution dans le monde du jeu vidéo, oui, notamment avec l'achat de mini jeu sur portables et tablettes, mais il n'en reste pas moins que "le segment des consoles de salon ne représentera "que" 41.1% du marché mondial à l'horizon 2016". Diantre. Ca reste un gros chiffre avec de belles perspectives devant lui. Il y a différents usages qui se développe, à l'instar des livres numériques, or la fin du livre papier n'est pas prête d'arriver. Il faudra donc s'adapter et offrir, en fonction des pratiques, ce que les usagers attendent de nous, à mon sens, sans se polluer d'idées noires.


 


En revanche, le questionnement reste complet sur le prêt de jeux vidéo numériques. Comment faire ? Il doit y avoir une solution. Quelqu'un a-t-il déjà réfléchis au sujet ? Allons nous devoir, réellement, négocier avec les éditeurs pour avoir des comptes "collectivités" ?


Il me semblait aussi qu'il y avait eu un groupe de professionnels pour réfléchir aux jeux vidéo en médiathèque, mais je ne me souviens absolument pas du nom du groupe... Il avait été cité dans ce forum, à un endroit... (évidemment, je ne sais plus. :P )

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  • Membre
Licornealarose

Je rejoins également les propos tenus ici, à savoir:


1 - pas de risque juridique énorme pour le prêt, le tout est de mettre quand même ses élus au courant. La jurisprudence Nintendo de 2004 s'applique à la location (un vidéoclub a été comdamné pour avoir proposé à la location des jeux vidéo) et pourrait par extension et interprétation s'étendre aux bibliothèques. Il n'y a à ce jour pas eu de procès envers une bibliothèque. J'ai juste eu connaissance d'une demande de la part d'un éditeur de retirer les jeux du prêt.


2 - surtout, ne pas faire le jeu des fournisseurs et centrales d'achat qui proposent des jeux vidéo avec "droits négociés". C'est tout d'abord complètement faux (j'ai demandé à l'un d'entre eux de me fournir un justificatif de ces "droits négociés" et j'attends encore) en raison du vide juridique et cela engendre une hausse du prix non négligeable à l'achat (comme pour les DVD). Effectivement, à ce niveau, si vraiment vous voulez (ou vos élus) avoir l'esprit tranquille, il vaut mieux dans ce cas négocier avec les éditeurs qui (en tout cas pour la consultation sur place) donnent leur accord à titre gratuit car il s'agit d'un vecteur de promotion pour des titres parfois confidentiels et puis ces jeux, nous les achetons. De plus, les achats avec les fournisseurs locaux présentent l'intérêt de faire vivre le commerce de proximité et de faciliter l'organisation d'animations (prêt de matériel, de nouveautés, etc.).


3 - je terminerai sur le fait que le prêt n'est pas une fin en soit, surtout en ce qui concerne le jeu vidéo. Avec ce support, il y a des possibilités énormes pour l'animation, la création, l'échange, la convivialité, etc. Il serait dommage de s'en priver en ne réduisant l'offre qu'au prêt.


Bref tout ça pour vous dire: Game on!


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Jonathan Garry

Les jeux vidéo traversent une crise particulièrement difficile ? Ah. Je ne savais pas. Le syndicat national du Jeu vidéo livre un communiqué plutôt flatteur quant à ce secteur. L'industrie cinématographique était déjà bien en place quand les DVD sont arrivés sur le marché. Je veux dire par là qu'elle était organisée, qu'elle savait qui devait être rémunéré, et surtout, qu'elle savait ce qu'elle proposait : une oeuvre culturelle avec tout l'appareil judiciaire qui l'entoure. Le cinéma est un art. Et ça fait cent ans que c'est acté.

Le jeu vidéo, on ne sait pas encore ce que c'est. Est-ce de l'art ? Est-ce une oeuvre collective? Une oeuvre de collaboration ? Qui possède les droits dessus ? C'est encore un ovni sur le plan juridique, ce qui implique justement le vide juridique qui nous intéresse.

 

Pour revenir sur l'impact de la dématérialisation du support et la volonté de faire disparaitre le jeu d'occasion en liant le jeu à la console, c'est effectivement quelque chose qu'il faut prendre en compte dans la réflexion future, mais il ne faut pas que cela obscurcisse nos jugements : il reste néanmoins un bel avenir des consoles dans un premiers temps, si j'en juge ces prévisions de l'IDAT avec les next gen qui vont arriver.

Ensuite, je reste très positive : ne plus pouvoir prêter ses jeux (jeux liés à la console), ne plus pouvoir y accéder sans avoir une connexion internet (technologie du Cloud/ technique de Diablo III), et autres joyeusetés qui nous seront proposées, cela va à l'encontre des droits culturels fondamentaux des individus. A ce titre, si les gens étaient pour le moment assez indulgents envers les diverses taxes et procédés limitant les libertés, il y aura, et il y a déjà, des levées de boucliers (je pense là à la Quadrature du Net, par exemple), et nos chers éditeurs devront revoir leurs copies à terme. Le problème ne se pose pas que pour les jeux vidéo, mais pour la musique, les films, les livres numériques... Le problème de la transmission des biens virtuels achetés, par exemple, sera, je pense, le fer de lance de cette évolution démocratique que les grands secteurs industriels ne pourront pas feindre d'ignorer encore longtemps.

 

Voilà pourquoi je pense que nous n'avons pas à être alarmistes sur la fin présumée des jeux sur consoles et de leur prêt (on verra pour les jeux PC). Il y a une grosse évolution dans le monde du jeu vidéo, oui, notamment avec l'achat de mini jeu sur portables et tablettes, mais il n'en reste pas moins que "le segment des consoles de salon ne représentera "que" 41.1% du marché mondial à l'horizon 2016". Diantre. Ca reste un gros chiffre avec de belles perspectives devant lui. Il y a différents usages qui se développe, à l'instar des livres numériques, or la fin du livre papier n'est pas prête d'arriver. Il faudra donc s'adapter et offrir, en fonction des pratiques, ce que les usagers attendent de nous, à mon sens, sans se polluer d'idées noires.

 

En revanche, le questionnement reste complet sur le prêt de jeux vidéo numériques. Comment faire ? Il doit y avoir une solution. Quelqu'un a-t-il déjà réfléchis au sujet ? Allons nous devoir, réellement, négocier avec les éditeurs pour avoir des comptes "collectivités" ?

Il me semblait aussi qu'il y avait eu un groupe de professionnels pour réfléchir aux jeux vidéo en médiathèque, mais je ne me souviens absolument pas du nom du groupe... Il avait été cité dans ce forum, à un endroit... (évidemment, je ne sais plus. :P )

 

Mh ... Dans le lien posté, il y a tout de même :

 

La décroissance continue du marché physique traditionnel en France et dans le monde avant la reprise espérée pour 2014.

On assiste depuis environ 3 ans à une baisse constante de 15 à 20% des ventes physiques de jeux vidéo.

 

 

Mon propos n'était pas tellement sur la nécessité ou non de prêter des jeux vidéo en bibliothèque, j'y suis évidemment favorable. Mais la comparaison avec le CD, hors contexte économique (ou chronologique) n'était pas la plus judicieuse ... à mon avis  :wink:

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Le groupe Facebook : Jeux vidéo en bibliothèque
https://www.facebook.com/groups/193734394076014/#!/groups/307223672648685/

 

Sur l'avenir du jeu d'occasion :
 

"Les codes d'activation destinés à pénaliser les produits d'occasion ne font plus partie des plans d'Electronic Arts."
http://www.jvn.com/actualites/ea-la-fin-des-online-pass-a1067434

Je pense en effet que l'on est pas prêt de "fixer" une réglementation...que notre rôle est également d'orienter la dite réglementation dans le sens de nos missions, à l'instar des lobbies d'en face.

Dématérialisation, internet, nouveaux usages, révolution numérique ....les historiens parlent de 70 ans pour établir le droit "nouveau" lors d'un changement de civilisation.

En tant que bibliothècaire ET fonctionnaire (cqfd: toujours un train de retard...) l'expérimentation est partie intégrante de ma profession... nos publics ne nous attendrons pas. 
On parle de jeux non ?  

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Les éditeurs n'aiment pas les joueurs, comme nous n'aimons pas nos lecteurs :wink:. Sinon comment expliquer qu'après le désastreux lancement de Diablo III à cause de la connexion permanente imposée (les serveurs n'ont pas tenu le choc), on nous refait le coup avec SimCity - sans parler de la trahison complète du gameplay de cette série mythique ?
J'ai parfois l'impression que ces professionnels ne connaissent pas leur boulot... comme quand ils répondent aux développeurs de Remember Me que "les héroïnes de jeux vidéo ne font pas vendre"... :blink:.

Samus, Chell et Lara apprécieront.

 

Bref, je doute fortement que la volonté d'imposer l'usage unique puisse disparaître sous la pression des consommateurs - en tout cas au niveau des gros éditeurs.

 

Concernant les droits, il faudra bien un jour mettre la question sur la table. Discuter avec le syndicat français des éditeurs (le SELL) me semble être une base. D'ailleurs :

La location de jeux vidéo est-elle autorisée ?

Cette question est récurrente chez les visiteurs de notre site Internet, qu’ils soient gérants de vidéoclub soucieux d’élargir leur offre ou joueurs enthousiastes désirant faire partager leur passion au plus grand nombre. Cependant, la mise en location d’un jeu vidéo n’est pas autorisée par les éditeurs de logiciels qui sont seuls habilités à décider de l’usage de leurs œuvres.

Les membres du SELL tiennent à rappeler que le prix de vente des logiciels de loisirs permet de rémunérer les coûts de production et ne comprend pas les droits d’exploitation locative. A ce titre, la mise en location d’un jeu vidéo sans accord préalable de son éditeur constitue une atteinte à ses droits.

Bien évidemment, le Code de la Propriété intellectuelle donne aux auteurs et à leurs ayants droit la possibilité de contrôler la destination des œuvres, c’est-à-dire l’utilisation qui en est faite (art L.131-3 et L.122-6.3 qui rappellent en outre que ceci est applicable non seulement aux logiciels créés en France mais aussi aux logiciels importés). La location d’un jeu vidéo sans l’accord de l’éditeur est assimilable dès lors au délit pénal de contrefaçon.

 

http://www.sell.fr/article/la-location-de-jeux-video-est-elle-autorisee

 

Peut-être que la mention de la question dans le rapport Lescure (3 lignes... mais elles y sont) attirera l'attention sur le sujet et permettra de trouver un accord ?

 

Un dernier point. A cause de l'inconnue au niveau du droit, la grande majorité des bibliothèques qui se lancent dans le jeu vidéo se limitent au jeu sur place et à l'animation.

Or cela limite fatalement l'offre de jeux. Comment jouer à un jeu de rôle sur place, par exemple, alors que la durée de vie de ce genre de jeux se compte en dizaines d'heures ? Et que ce genre offre les univers, les personnages et les intrigues les plus abouties, les plus passionnantes, capables de rivaliser avec un roman ou une série télé.

 

Conclusion : il faut prêter. En plus, ça marche du tonnerre et ça fait de jolies statistiques :drool:  (même si parfois, les emprunteurs font, comment dire... un peu peur - mais après tout, des gens bizarres, on en voit tous les jours dans nos bibliothèques, ce n'est pas comme si on n'avait pas l'habitude)

 

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  • 2 weeks later...

 

Pour compléter sur les groupes de professionnels travaillant sur le jeu vidéo en bib, on a un groupe chez les Hybrides (à l'origine du groupe fb cité ci-dessus), l'association MO5 a mis en place un groupe Médiathèques et CAREL souhaite lancer un groupe sur le jeu vidéo.

 

 

A propos des jeux "boîte" liés au compte du joueur à l'activation, même s'il reste des zones d'ombre, c'est maintenant officiel pour la future Xbox One. Donc, sauf accord avec Microsoft pour une gestion spécifique des droits pour les jeux vidéo achetés par des médiathèques, le prêt sera pour nous impossible sur cette console.

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A propos des jeux "boîte" liés au compte du joueur à l'activation, même s'il reste des zones d'ombre, c'est maintenant officiel pour la future Xbox One. Donc, sauf accord avec Microsoft pour une gestion spécifique des droits pour les jeux vidéo achetés par des médiathèques, le prêt sera pour nous impossible sur cette console.

 

Je suis d'accord, même si c'est encore très confus. Microsoft a présenté sa future Xbox One le 21 mai dernier, mais en ne parlant quasiment pas des jeux ("Avant, la Xbox était une console. Mais ça c'était avant" :) ). Puis il y a eu des déclarations de plusieurs représentants de Microsoft disant tout et son contraire. La seule info qu'on peut en tirer, c'est que Microsoft ne semble pas encore savoir ce qu'il veut faire !

Ca ressemble beaucoup à des coups de sonde pour voir comment les joueurs vont réagir.

 

Concrétement, on devrait avoir des infos officielles pour le salon de l'E3, les 11-13 juin. Mais ce qui a été dit pour le moment par le fabricant, même si personne ne semble encore avoir une idée claire du fourbi, c'est qu'il y aura des contraintes encadrant le multi-usage : connexion obligatoire (ça c'est sûr) et enregistrement en ligne du nouvel utilisateur du jeu. Payant ou pas, on verra.

 

Plus les semaines passent, plus je me dis qu'il est maintenant trop tard pour se lancer dans une collection de jeux vidéo en prêt en bibliothèque... Pas de rétrocompatibilité entre nouvelles et anciennes consoles, contraintes plus ou moins fortes sur le multi-usage, dématérialisation...

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Plus les semaines passent, plus je me dis qu'il est maintenant trop tard pour se lancer dans une collection de jeux vidéo en prêt en bibliothèque... Pas de rétrocompatibilité entre nouvelles et anciennes consoles, contraintes plus ou moins fortes sur le multi-usage, dématérialisation...

 

Je ne serais pas aussi catégorique que toi. Je pense que c'est à mettre en parallèle avec les usages des gens : vont-ils craquer directement sur les nouvelles consoles ? En ont-ils seulement les moyens ? Le parc des anciennes consoles va-t-il se renouveler suffisamment vite pour que les collections en projet soient déjà obsolètes ? C'est sur ce point que j'argumente en faveur des lancements de collections, même sur la Wii, la PS3 et la Xbox 360. Par exemple, les jeux sur PS2 viennent seulement d'être arrêtés, donc je gage qu'il restera encore une production pour les anciennes consoles sans problème, et un fort public.

 

Bon, oui... Il ne faut pas attendre trop longtemps non plus. Et il faudra être réactif quant à l'évolution des jeux vidéo.

 

Mais pour autant, la Xbox One a l'air tellement... Comment dire... Mh... Contraignante (connexion obligatoire pour jouer), contrevenant à beaucoup de libertés individuelles (projet de limiter le nombre de personnes dans la pièce via le kinect), contraignante... (ah? je l'ai déjà dit ? Autant pour moi), que je ne pense pas qu'elle fera l'unanimité, ni même qu'elle deviendra le modèle du futur monde vidéo ludique. Du moins, en l'état actuel des diverses annonces.

 

Quant au dématérialisé, je n'arrive pas à trouver de solutions... Ca reste un point trouble pour le prêt à domicile. Ou alors, il faut vraiment démarcher les éditeurs un par un et négocier une licence spéciale ? Mais même là, je vois pas, non...

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En fait, Sony a annoncé des jeux sur PS3 jusque 2015 ou 2016. Pour Microsoft je ne sais pas mais comme pour eux la rétrocompatibilité c'est ringard, j'sais pas s'ils vont en proposer beaucoup ^^. Pour Nintendo, là, au moins c'est possible (avec les galettes puisque les jeux demat' sont "exclusif" à la console et pas sur un compte en ligne comme pour Sony et Microsoft). Ca nécessite d'avoir un parc de console avec du neuf et du un peu plus vieux, un peu comme lorsqu'on décide de garder en rayon BD des Michel Vaillant et cie à coté des Sisters, quoi (ou un Roald Dahl à coté de S. Meyer).


 


Autrement c'est un peu comme pour la wii-U ou n'importes quels types supports (et voir même de certains documents) : quand bien même on veut / on doit être réactif quant à l'actualité, à la nouveauté, je ne pense pas qu'on se doit d'avoir obligatoirement le dernier "joujou high tech" au moment de sa sortie. Par exemple dans ma bib, on s'est posé la question de proposer des Blu-ray à la place des DVD (ça incluait donc de racheter des films qu'on avait déjà, de changer nos lecteurs dvd pour des lecteurs br etc etc) ... pareil au moment de la sortie des films 3D. Finalement on ne l'a pas fait et je ne pense pas que la majorité des usagers nous en tiennent rigueur. On a eu quelques demandes/remarques + ou - farfelues (pour rester poli ^^) mais dans l'ensemble, nos « vieux » DVD ne choque personne. C'est un peu la base de notre métier, je trouve, de faire des choix sur l’intérêt à un moment T du truc, et de l’acheter ou pas. Autant avant il avait vraiment du "changement" important entre les différentes générations de consoles, autant là pour ce passage de la 7ieme à la 8ieme génération ça ne saute pas aux yeux


 


Chez nous, j'étais pas chaud qu'on prenne la Wii-U au moment de sa sortie car le line-up de jeux n’était pas hyper fournis et pas "hyper funky" parce qu'en gros à part montrer aux gens « hey regarder la mablette » on aurait pas fait grand chose (J'suis pas en train de dire que les collègues qui l'ont acheté dès la sortie ont "mal fait leur job" hein :) ). Actuellement y'a quelques bons jeux en boites et pas mal de petites pépites en dématérialisés, donc là, ça commence à devenir intéressant. Et puis, 15 jours / 3 semaines après qu'on ai décidé de l'acheter, PAF ! y'a Ubisoft et Activision qui annoncent que pour le moment ils vont arrêter de produire des jeux sur la Wii-U :).


 


Autrement pour l'histoire de prêt et de consultation sur place, sur le principe je suis 100 % d'accords avec le prêt de jeux à la maison (je parle en ne prenant pas en compte les problèmes que l'on pourrait avoir avec les futurs consoles nex-gen),  mais (y’a toujours un mais  :D) j’ai peur de l’entretient, de la pérennité de notre fonds. Alors oui je sais dans le meilleur des mondes, un document ça se remplace, ça se rembourse quand un usager n’est pas soigneux, mais bien souvent là où on peut avoir 200 000 € (chiffres au pif) pour acheter des bouquins en tout genre, on va se retrouver avec quelques milliers d'euros pour les JV (et déjà là c'est quand on est dans une bib plutôt bien lotie je le sais bien).


 


Quand on voit  d'un coté l'état dans lequel rentrent les DVD et les CD  (qui sont vérifiés normalement au retour de prêt  mais quand l’usager est casse-pied et/ou champion de boxe thai  (et/ou maitre Jedi) ba je peux comprendre qu'on ai pas forcément envie de se prendre la tête avec), le temps que peut prendre ledit remboursement et le « peu » de budget qu’on peut avoir, moi ça me rebute un peu :)


 


J'avais encore plein de truc en tête mais j'ai oublié (l’inconvénient de faire une réponse en plusieurs fois ^^) alors je reposterais surement plus tard :D


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Alors oui je sais dans le meilleur des mondes, un document ça se remplace, ça se rembourse quand un usager n’est pas soigneux, mais bien souvent là où on peut avoir 200 000 € (chiffres au pif) pour acheter des bouquins en tout genre, on va se retrouver avec quelques milliers d'euros pour les JV (et déjà là c'est quand on est dans une bib plutôt bien lotie je le sais bien).

 

C'est ça, le nerf de la guerre. Réussir à montrer aux conservateurs qui ne sont pas conquis, et ensuite, aux élus, qu'il faut débloquer du budget supplémentaire pour développer et entretenir un fonds essentiel dans le loisir des Français. Ce qui peut paraître perdu d'avance vu les restrictions budgétaires à tous les niveaux, mais franchement, de l'argent, il y en a. On paye tous (ou presque) des impôts locaux qui doivent servir à garantir  et améliorer les services à la communauté. C'est donc juste un choix politique et une ligne budgétaire à bouger. Alors, oui, il faut utiliser des arguments bétons (aides de l'Etat pour les projets de bibliothèques numériques, chiffres concernant les pratiques des jeux vidéo en France, politique documentaire tournée vers les attentes du public, etc.), mais il ne faut pas avoir peur de défendre les intérêts culturels des citoyens quand ils ne sont pas assez pris en compte. A mon sens, du moins.

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  • 2 weeks later...

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