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Plumepoète

Formation discothécaire

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Plumepoète

Bonjour à tous,

 

un ami ayant une profession indépendante dans le domaine artistique, souhaite se reconvertir en tant que discothécaire. Il n'a pas de formation de base en bibliothèque/médiathèque, mais une formation artistique (dessin) et une passion dévorante et très développée pour la musique.

Le DU techniques documentaires et médiation culturelle (Saint-Cloud) me semble intéressant. Pensez-vous que cela puisse convenir et s'allier à une activité professionnelle dans le même temps ? Il y a t'il d'autres options possibles ? Concours ou formations (tout en pouvant continuer une activité professionnelle)  ? Des discothécaires parmi vous ?   

D'avance merci.

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Epsy

Bonjour,

 

Je suis, entre autre, discothécaire, mais je précise tout de suite qu'il n'y a pas de formation spécifique pour les discothécaires : tout au plus, vous aurez une UE ou une spécialité Musique dans les formations universitaires du type que vous citez ou métiers du livre / documentation (IUT ou universités). Votre question m'a tout de suite fait penser aux RNMB 2019, dont le sujet était justement la formation, qu'elle soit continue ou initiale ; ce que j'en ai retenu, c'est que nous avions tous du mal à nous former, qu'il fallait toujours aller assez loin (géographiquement) pour trouver une formation, sans compter que le métier même de discothécaire reste fragile (ah, ce marronnier sur la place de la musique en médiathèque et l'avenir des supports !) et qu'il fallait sans cesse nous renouveler (très souvent, on allie des fonctions de discothécaires avec d'autres, le cinéma, l'informatique, notamment). Du coup, on devient discothécaire par goût... ou par force des choses, tout dépend des profils !

 

Il peut dès à présent s'abonner à la liste des discothécaires, ça lui donnera un bon aperçu des questions liées à ce milieu. La clé restera toujours la multiplication des expériences en milieu pro de toute manière. Et sinon, qu'il n'hésite pas à poster ici ou en MP !

 

Epsy.

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Pigranelle

Vu que les postes en bibliothèque sont déjà rares, j'imagine que les postes de discothécaire encore plus. Il faut qu'il sache qu'il ne va pas avoir de suite un poste de discothécaire s'il cherche à travailler en bibliothèque, qu'il doit être prêt à s'occuper d'autres secteurs. Il n'existe pas de formation initiale effectivement (trop spécialisé) mais il peut y avoir des cours la dessus en IUT, et il peut suivre des formations ponctuelles qui tournent autour du sujet, comme celle-ci.

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Ferris

L'ACIM te propose une liste non-exhaustive, qui est l’amorce d’un répertoire recensant les stages et formations dans le domaine de la musique en bibliothèque, de l’éveil sonore et musical, organisés par les organismes professionnels : Centres régionaux de formation aux carrières des bibliothèques, Délégations régionales du CNFPT, Bibliothèques départementales de prêt, Associations professionnelles, etc..pour 2019

http://www.acim.asso.fr/2018/12/liste-des-formations-musique-en-bibliotheque-2019/

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Plumepoète

Merci à tous pour ces précieuses et riches informations ! :) Moi même ayant une formation métiers du livre, je suis étonnée de voir combien mon cursus était focalisé sur le support livre en particulier, alors que la musique prend de l'ampleur dans les pratiques culturelles....

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Ferris

Voui, voui enfin ça c'est des câlineries entre discothecaires , bibliothécaires musicaux et autres musicothécaires réunis, un milieu de plus en plus fermé sur lui-même car en situation d'auto-défense depuis 20 ans. Ils sont sir leur ligne Maginot depuis des années.

 

La réalité est différente. Selon les données de l’Observatoire de la Lecture Publique : “. Si les taux de rotation des livres imprimés apparaissent comme stables [...], ils sont légèrement orientés à la baisse pour les autres documents. [...], ce taux est passé de 2,1 à 1,7 pour les documents sonores " (chiffres 2015)

Moi je n'appelle pas ça "legèrement orientés à la baisse", j'appelle ça "presque divisé par 2".

 

En gros, sans animations forcenées, clubs d'écoute, raccolage des ados, streaming et amenagements coûteux des espaces, et donc bibliothèques friquées, c'est terminé. On appelle ça "l'innovation" L’innovation, canot de sauvetage de la musique en bibliothèque ? C'est pas moi qui le dit, 'est l'ABF. D'ailleurs dans la littérature professionnelle j'ai remarqué qu'on n'appelait plus ça discotheque mais  action culturelle en bibliothèque autour de la musique .

 https://www.abf.asso.fr/fichiers/file/ABF/congres/2016/nicolas_blondeau.pdf.

 

Et quand on voit les photos sélectionnées pour illustrer les services innovants, le matériel, les espaces, les noms des bibliothèques (BPI en tête bien entendu) on voit bien que cela concerne en réalité bien peu de gens dans la profession. Chez nous, petit réseau, certaines structures n'achètent plus de CD et se contentent de l'offre BDP (dont l'offre diminue aussi d'ailleurs).

 

C'est triste à constater mais les discothécaires nous font le même coup qu'Orsenna : nous faire croire que c'est tout beau partout, question de volonté et d'imagination. Enfin, pas partout, seulement là où on lui a dit d'aller voir....

 

Ceci dit, je n'ironise pas, je constate. Il faut y croire, pour rester discothécaire dans une bibliothèque normale. C'est courageux, je reconnais.

 

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Epsy
Il y a 1 heure, Ferris a dit :

Voui, voui enfin ça c'est des câlineries entre discothecaires , bibliothécaires musicaux et autres musicothécaires réunis

 

Mouais, enfin, ce que j'ai retenu des RNBM c'était aussi un constat assez dur, un pessimisme assumé sur l'avenir de la profession et des secteurs musiques, un manque de considération encore plus affirmé que pour les bib "livres". Il n'y a qu'à voir le dernier sujet lancé sur la liste sous forme d'enquête sur la restructuration d'un secteur musique en lien avec la baisse des prêt, avec les réponses qui affluent où les baisses des prêts oscillent entre 30 et 60%, cumulées avec une baisse des budgets disques, et une réduction des espaces consacrés à la musique. J'avoue que, pour moi, ces deux journées ont été un peu déprimantes... 

 

Dans le même temps, j'ai un point de vue discordant, avec un secteur disques qui marche pas si mal, en tous les cas beaucoup, beaucoup, mieux que certains secteurs documentaires, que l'on maintient les yeux fermés. Ce qui, évidemment, m'agace fortement. De plus, certaines médiathèques fonctionnent encore avec un système archaïque, c'est-à-dire un abonnement "multimédia", c'est-à-dire premium, où "les riches ont accès aux DVD et CD, les autres ont accès au reste" (oui, je caricature. Mais c'est presque le weekend, je me lâche.). Et après on s'étonne de la baisse du prêt musique... Ca m'agace je vous dis ! 

 

Il y a 2 heures, Ferris a dit :

En gros, sans animations forcenées, clubs d'écoute, raccolage des ados, streaming et amenagements coûteux des espaces

 

Encore une fois, je me sens assez loin de tout ça. Les animations musiques sont ultra minoritaires et les premières à sauter, le "raccolage" des ados ne se fait pas sur la musique et encore moins sur les CD, les espaces musicaux sont conçus comme amovibles et potentiellement éjectables au besoin. 

 

Il y a 2 heures, Ferris a dit :

 L’innovation, canot de sauvetage de la musique en bibliothèque

 

Pour moi, le terme innovation n'est pas un gros mot. Il est même positif. Donc oui, le titre est provocateur, comme peut l'être un titre journalistique de type "les bibliothèques ont-elles encore un avenir ?". Pour moi, on évolue, on s'adapte. Avec des compétences autres que musicologique. Et parfois avec de petits moyens : et là je te rejoins Ferris, les photos illustrant le pdf sont les exemples que l'on retrouve dans Livres Hebdo, les grands paradigmes "à suivre". Toutefois, certaines choses sont adaptables en moyenne structure, si on a l'envie et et les compétences/appui numériques... et une équipe prête à suivre. 

 

Il y a 2 heures, Ferris a dit :

C'est triste à constater mais les discothécaires nous font le même coup qu'Orsenna : nous faire croire que c'est tout beau partout, question de volonté et d'imagination. Enfin, pas partout, seulement là où on lui a dit d'aller voir....

 

Non, pas les discothécaires. Les instances, la presse et les médias peut-être, qui ont toujours tendance à exagérer, dans un sens ou dans l'autre. Les discothécaires, eux, me paraissent toujours beaucoup plus pessimistes que je ne le suis moi-même. Ou réalistes, question de point de vue sûrement. Suffit de lire le dernier échange en cours http://listes.ircam.fr/wws/arc/discothecaires_fr/2019-06/msg00001.html

 

Epsy. 

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Ferris
Posted (edited)
il y a 27 minutes, Epsy a dit :

j'ai un point de vue discordant, avec un secteur disques qui marche pas si mal, en tous les cas beaucoup, beaucoup, mieux que certains secteurs documentaires, que l'on maintient les yeux fermés.

 

Tu ne peux pas confondre ton "point de vue" (un point de vue ou une opinion engage toute la profession) avec ta situation personnelle, qui ne concerne que toi. Il y a effectivement des secteurs musique qui s'en sortent assez bien, sans investissements faramineux. Mais ce n'est pas la loi du genre, c'est tout.

 

Mais tu ne peux surtout pas comparer le secteur documentaire et le secteur musique ! Les prêts documentaires et leur taux de rotation n'a rien à voir avec la fiction, les DVD, les CD, les Bd et j'en passe.

Il faut effectivement de la volonté pour maintenir un fonds philo ou religions ou beaux arts qui connait de très bas taux de sorties. Mais si on commence à balancer dans une bibliothèque une partie des "domaines du savoir" sous prétexte que ça ne sort pas, comme des romans, on n'a plus une bibliothèque. Le but d'un documentaire n'a jamais été de connaitre des taux de sorties équivalents à ceux des romans.

D'ailleurs les critères de désherbage en font foi : un roman non sorti pendant trois ans (pour certaines bibs c'est 2 ans, pour d'autres 5 ans) dégage au pilon. Par contre pour les documentaires ce n'est pas le taux de sorties qui est prioritaire mais la date d'édition. Ainsi en 500, 600, c'est 10 ans le maximum. Pour d'autres comme l'histoire cela peut aller jusqu'à 15 ans etc...

 

Pour les CD l'ENSSIB reste vague Les décisions d’élimination sont d’autant plus difficiles à prendre qu’elles se font le plus souvent sans concertation, faute d’instances de coordination. Rares sont en effet les initiatives de conservation partagée dans ce domaine ; rares également les bibliothèques qui ont mis en place une véritable politique de conservation des CD, à l’instar de la Médiathèque musicale de Paris ou de la BMVR de Nice. Dans ces conditions, il est à craindre que ces collections subissent le même sort que les microsillons. On sait que des fonds entiers de disques noirs ont été pilonnés ou vendus, alors que le vinyle est aujourd’hui un objet de collection. En sera-t-il de même pour les CD ? Nombre de références ont déjà disparu des collections des bibliothèques. (...)

https://www.enssib.fr/services-et-ressources/questions-reponses/desherber-les-documents-multimedias-en-bibliotheque

 

 

Edited by Ferris

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Epsy
Le 07/06/2019 à 19:46, Ferris a dit :

Mais tu ne peux surtout pas comparer le secteur documentaire et le secteur musique

 

Oui, j'avoue, c'était facile même si ce que je voulais souligner était la facilité avec laquelle on lâchait le secteur musique en médiathèque, par rapport à toutes les autres collections. Et en même temps, je peux comparer à quoi ? 

 

Le 07/06/2019 à 19:46, Ferris a dit :

domaines du savoir

 

Cette expression m'a toujours laissée un peu songeuse... Les livres de cuisine et de tricot, ça fait partie des domaines du savoir ? Et les livres sur le rap ? Et les livres sur le foot ? Le jour où ils connaissent les mêmes taux de prêt que la philo, on fait quoi ? 

 

Je sais bien que les pratiques de désherbage allient généralement état du doc / taux de prêt / valeur patrimoniale ou culture commune (un livre d'un auteur classique, même s'il sort peu, sera sans doute gardé, a fortiori s'il peut être dans les programmes scolaires ; idem pour les grands poètes et dramaturges). Toutefois, cette notion de culture commune n'est pas du tout intégrée pour la musique : en cas de besoin d'espaces ou de suppression de budget, c'est souvent ce secteur qui est sacrifié, en partie... ou intégralement. Sous couvert de dématérialisation et d'un pseudo accès universel à la musique via les radios et le web. 

 

Enfin, oui, j'ai mis en avant mon expérience positive d'un secteur musique qui fonctionne (sans être un succès dingue non plus). Mais je pensais l'avoir largement atténué avec le paragraphe précédent, où je mettais en avant les nombreuses expériences plutôt négatives de mes collègues. 

 

Epsy. 

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Ferris
il y a une heure, Epsy a dit :

Et en même temps, je peux comparer à quoi ? 

 

 

Chacun joue un peu comme il l'entend. Le flou de l'ENSSIB la-dessus est révélateur.

 

Personnellement j'ai regroupé avec la fiction dans un premier temps, considérant qu'il ne s'agissait que d'une question de support (apres tout mes romans lus et mes DVD théatre par exemple sont en espace fiction adulte et comptés en fiction). Puis après avoir constaté que mes taux de rotation fiction étaient bouffés par le déficit de sortie des CD, je les ai mis à part au niveau statistique. Puis on a revu tout le système et on a fait un espace musique comportant les livres, les revues et des DVD, donc pour le coup "tous supports" mais avec un mélange fiction/doc qui n'était pas très logique, mais la mauvaise frequentation du lieu a fait que ces supports ne sont quasiment plus sortis du tout. Puis, après constat,  on a redescendu les livres en secteur documentaire, on a supprimé quelques revues et on a laissé les DVD (concerts live etc...). En fait on a cherché toutes les façons possibles de rendre le lieu plus attractif (quelques animations, présentation d'un genre musical, notamment une soirée country dont je garde un bon souvenir ) mais le déficit d'image et de fréquentation de la discotheque était déja trop important pour pouvoir remonter la pente. Le changement d'espace était impossible (discotheque à l'étage). Bref on n'a jamais trouvé de solution correcte.

 

Aujourd'hui c'est un secteur compté "a part" et boudé par le public et dont le budget global a été assez diminué. La présentation statistique est également présentée à part. Je ne pense pas qu'il aurait été utile de les mettre (physiquement) en espaces fiction ou documentaire. L'idéal aurait été de le positionner au rez de chaussée, proches de l'entrée. Mais tout dépend de la situation de départ : un certain public (pre-ados, ados) a déserté ce lieu assez vite et nous n'avons jamais pu remonter la pente. Son taux de rotation actuel est de 0.5, pour environ 7000 CD. Il est physiquement et statistiquement à part. D'un autre côté ce chiffre est stable apparemment.

 

Mais j'ai des collègues qui ont été plus loin et on carrément cessé les acquisitions, se contentant de l'offre BDP par exemple. D'autres ont recupéré une partie de l'espace pour le numérique. Bref le constat général chez nous, en zone rurale, est mauvais. Même le Musibus de la BDP ne passe plus qu'une fois par an. La discothèque a ses propres méthodes de désherbage, ne pouvant se comparer aux autres secteurs, avec peu de pilon et beaucoup de mise en réserve. Les petites annexes gérées par des benevoles n'en veulent même pas.

 

Un livre "sur la musique" sort davantage qu'un CD de musique. Il faut en tirer les conclusions. Mais tous les textes sur le désherbage convergent : en secteur documentaire, le taux de sorties n'est pas le critère majeur, c'est l'obsolescence. Si tu arrêtes d'acheter de la philo parce que ça ne sort pas, tu le feras vite pour d'autres domaines (en gros tout ce que Poissenot appelait la "culture froide") et ta bibliothèque finira avec un secteur documentaire bourré de "culture chaude" type cuisine, loisirs créatifs, medecines douces, guides divers etc...Et là, pour moi, ce n'est plus une bibliothèque.Mais j'ai pu remarquer que, suite aux baisses budgétaires, c'est déja ce qui se passe dans pas mal d'endroits : on achète "utile." Et cette dérive utilitariste, à terme , c'est la mort des bibliothèques.

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