Jump to content
Awazez

Fond policier

Recommended Posts

Awazez

Bonjour,

Je suis en pleine préparation des oraux du Capes de documentation et j'ai eu une question qui m'a posé problème lors des colles. 

 

La question était : est-il intéressant de séparer les romans policier du fond fiction et de réaliser un fond spécifique pour une petite structure (CDI de collège). 

J'ai répondu que non et que la séparation entre policier et littérature générale était une forme de déclassement du policier. Les connaisseurs en

la matière avait tendance à ne pas le faire. Et ajouter plutôt des pictogrammes sur la tranche des livres. 

 

L' enseignante en charge de la colle ma regardé bizarrement au moment de ma réponse et m'a dit à la fin de l'entretien que cette opposition littérature blanche/noir était ancienne et que ce n'était plus le cas actuellement. La création d'un fond spécifique permettait notamment au documentaliste de ne pas passer la journée à indiquer ou se situait les policiers. 

 Qu'en pensez-vous ? 

 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Ferris
Posted (edited)

Vous avez raison et tort tous les deux. Tout dépend du contexte. Dans un CDI, donc peu de fonds et un public jeunesse qui connait mal le polar (et ne se precipite pas dessus), idem pour la SF/Fantasy, (et je parle des polars et SF destinés à la jeunesse), j'aurais tendance à utiliser au moins des pictogrammes. 

A mon avis c'est davantage un moyen de valoriser le fonds que de le déclasser.

 

Les mettre dans un espace à part dépend surtout de tes surfaces et de l'importance de ton fonds. Un fonds polar minuscule et en plus mis à part des autres livres, c'est effectivement assez clivant.

 

J'ai travaillé en CDI et je mélangeais le tout. Aujourd'hui en secteur jeunesse en BM, à part la cote "P" (comme pour les adultes), je regroupe aussi. La seule séparation spatiale (qui joue tous genres) concerne le niveau d'accès (+ ou - de 15 ans)

 

Ceci dit, historiquement, quand j'étais ado, j'a connu des bibliothèques où effectivement le polar, la SF et la BD étaient des trucs très mal vus. Donc là leur mise à part dans l'espace signifiait clairement une mise à l'écart des livres "mauvais genre" et un jugement de valeur.

Mais c'est terminé....depuis 30 ans :D 

 

Il y a eu toute une littérature sur cette histoire de genres. Aujourd'hui cela designe plutôt les romans sentimentaux type Harlequin . Il y a même un mémoire ENSSIB la-dessus

https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/64022-les-mauvais-genres-en-bibliotheques-publiques-quelle-place-pour-le-roman-sentimental-paralitteraire.pdf

Ceci dit il y a des romans sentimentaux en jeunesse, qui sont loin de faire l'unanimité chez les adultes..

Je te conseille 2 romans que j'ai mis en accessibilité - de 15 ans, et qui m'ont valu quelques problèmes :

Lefèvre. Ce qui compte dans le premier baiser. (Collection Les Romans bleus) chez Gulf Stream editeur

Kuperman. La premiere fois que je suis tombée amoureuse, chez Playbac.

 

Il y a aussi le "terroir" (même si maintenant on appelle ça "roman régional"), mais c'est un autre sujet.

 

Bref, à chaque époque ses pelés et ses galeux .

 

 

Edited by Ferris

Share this post


Link to post
Share on other sites
CharlesB

L'idée que le roman policier n'est que sous-littérature est effectivement plutôt dépassée aujourd'hui. Certains romans policiers valent par exemple autant par la description (sur tous les plans) de la ville dans laquelle se déroulent l'intrigue que par leur histoire (le Los Angeles de Connelly, la Barcelone de Gonzales-Ledesma ou de Montalban - Tiens, pourquoi est-ce que je parle de Barcelone au féminin et de Los Angeles au masculin ?). Il n'en demeure pas moins que c'est un genre et qu'il y a un public qui le cherche. La création d'un fonds spécifique permet donc aux aficionados (mais pas que) de savoir où chercher. Par contre, les frontières sont de plus en plus poreuses : roman policier, roman noir, roman... Et il est parfois difficile de savoir où commence le polar et où finit le roman pas policier... C'est plus simple à classer si tout est mélangé mais je ne suis pas sûr que cela soit du goût du public.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Ferris

J'aurais plutôt dit le Los Angeles de James Ellroy....

 

On ne s'est pas compris. Je te répondais dans le cadre d'un fonds jeunesse de CDI de collège ou de lycée. Ou alors on ne parle pas du même CDI. Là encore le mot d'ordre reste de s'adapter à son public. Les auteurs que tu cites n'ont pas leur place en fonds jeunesse.

 

Mais rassure-toi, pour ce qui est des adultes j'ai regroupé. La quantité l'imposait de toutes façons. Par contre le nombre de genres est effectivement devenu assez flou par moment. Hormis les genres classiques (polar noir, Thriller, Espionnage, polar historique etc...) on tombe dans des genres de type polar psychologique, polar régional et autres romans d'atmosphère, plus proches du roman d'aventures, parfois mâtiné de fantastique. C'est de notre ressort de les classer. Non pas forcement de leur attribuer un genre/sous-genre etc...mais de les regrouper avec les polars classiques, quitte à pouvoir en parler avec nos lecteurs. Sinon comment rapprocher Chattam de Mary Higgins Clark, sans parler de Musso etc.

 

L'époque où le polar se définissait par la Série noire, Agatha Christie ou Simenon est révolue. Il y a toutefois des règles que l'on peut ou pas vouloir respecter. Que doit-il y avoir au minimum dans un polar ? Tu trouves ça sur Wikipedia.

 

Un roman policier ou polar est une œuvre littéraire basée sur la résolution d’un crime. Il doit obligatoirement comprendre quelques composantes pour être considéré en tant que telles :

Un crime

Une ou plusieurs victimes

Un enquêteur (policier ou détective)

Des suspects

Un ou des coupables

 

Je trouve ça trop limitatif.

 

Par contre tu as une sélection et définition du roman policier jeunesse ( jeunes de 10 à 16 ans.)

sur  https://www.youscribe.com/page/ebook/roman-polar-enfant . Par contre on tombe vite dans le roman d'aventures. Au fond je crois que le roman d'aventures, genre devenu mineur aujourd'hui chez les adultes, est la petite porte dérobée par laquelle l'enfant va peut-être accéder au polar. C'est sans doute pour ça qu'il y mettent Arsène Lupin, Sherlock Holmes et Cie.

 

Vu du terrain, je dois malheureusement constater que ce choix ne correspond pas aux attentes des pré-ados. Harry Potter a tout bouffé.

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Pigranelle

Je trouve que ta réponse est pertinente: les CDI n'ont souvent pas des fonds énormes donc si tu commences à séparer SF/fantasy/polars...etc. ça risque de te faire des tous petits fonds ET tu vas passer ta journée à expliquer que tel roman est en fait classé à tel endroit (le dernier argument de ton enseignante je le vois complètement dans l'autre sens). Un système de pictogramme est un bon compromis.

Quand à l'opposition littérature de genre/littérature "blanche" elle s'estompe mais elle existe toujours si on regarde les prix littéraires non? (je mets un point d'interrogation car je n'ai pas particulièrement suivi les prix littéraires ces dernières années)

Share this post


Link to post
Share on other sites
CharlesB
Posted (edited)
Il y a 19 heures, Ferris a dit :

"On ne s'est pas compris. Je te répondais dans le cadre d'un fonds jeunesse de CDI de collège ou de lycée. Ou alors on ne parle pas du même CDI. Là encore le mot d'ordre reste de s'adapter à son public. Les auteurs que tu cites n'ont pas leur place en fonds jeunesse."

 

C'est moi qui ai généralisé dans mon message. Au temps pour moi...

 

 

Edited by CharlesB

Share this post


Link to post
Share on other sites
Ferris
Posted (edited)
Il y a 7 heures, Pigranelle a dit :

elle s'estompe mais elle existe toujours si on regarde les prix littéraires

 

Tu as raison, du moins pour les grands prix littéraires. Quelques prix mineurs sont toutefois accordés à des "sentimentaux new romance déguisés" en feel good books, mais c'est tout. C'est purement commercial. Les polars ont leurs propres prix, reconnus dans le monde du polar, et souvent bien choisis. En fait on a contourné le problème en segmentant. Jamais le prix du Quai des Orfevres n'aura le Goncourt...puisqu'il a déja un prix. Idem pour la SF. Tout ça c'est commercial.

 

Pour la littérature jeunesse c'est un peu gros, mais ils ont créé presqu'autant de prix jeunesse. Notamment le Goncourt des lycéens, créé depuis 1988.

La porosité avec le Goncourt adultes est plus que visible : Organisé par la Fnac et le Ministère de l’Education Nationale, le Prix Goncourt des lycéens est décerné par de jeunes lecteurs âgés de 15 à 18 ans. A l’aide de leurs professeurs et de l’Association Bruit de Lire, les lycéens lisent et étudient les ouvrages sélectionnés par l’Académie Goncourt. Si tu regarde la liste tu y découvre des livres qui pourraient tres bien figurer dans une sélection adulte, voir qui ont déja été primés dans des prix adultes.. On trouve même Orsenna. Et naturellement pas un polar dans le lot. https://www.ricochet-jeunes.org/prix-litteraires/goncourt-des-lyceens.

 

Dailleurs tu as remarqué qu'on ne dit plus ados ni jeunes adultes, on dit "young adults". C'est vendeur et ça ratisse plus large, puisqu'on va de 12 à 30 ans, si l'on en croit cet excellent article , qui montre qu'on a tapé dur sur un pseudo réalisme, la fantasy et surtout les adaptations cinematographiques. Mais on est dans un discours intellectuel mensonger et commercial. D'ailleurs une des questions de l'article dit bien les choses :Comment les préoccupations d’une collégienne pourraient-elles trouver un écho auprès d’un trentenaire  ?

https://www.actualitte.com/article/monde-edition/la-litterature-young-adult-une-quete-qui-transgresse-les-ages/62833

 

 

Moi a 15 ans je ne lirais pas Zeniter, Orsenna ou Delphine de Vigan, je lirais de fa Fantasy americaine...:drool:

Edited by Ferris

Share this post


Link to post
Share on other sites
Zénodotos

Bonjour,

 

Il y a un mémoire de l'ENSSIB sur le sujet des paralittératures, plus spécifiquement des policiers et littératures de l'imaginaire. https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/65008-paralitteratures-en-bibliotheque-a-l-heure-du-numerique-le-cas-des-litteratures-de-l-imaginaire-et-du-roman-policier-quels-roles-et-moyens-pour-la-lecture-publique-aujourd-hui

 

Je m'interroge moi aussi sur la séparation entre le roman policier, les littératures de l'imaginaire et les autres romans.

Actuellement, dans la bibliothèque où je suis en stage, les adolescents sont des "séjourneurs" mais pas des emprunteurs et je me demandais si mettre en avant le young adult pouvait faciliter le passage de l'enfance à l'âge adulte au moment de ce morceau de vie "pont" qu'est l'adolescence.

 

Faut-il créer un fonds policier dans une bibliothèque municipale? Pourquoi pas, s'il y a assez de romans pour cela. Ça empêche peut-être le lecteur amateur de policier de trouver autre chose par hasard, mais après tout, s'il n'en a pas envie? Si ça le fatigue de chercher les cotes jaunes? Nous ne sommes pas là pour lui mettre les bâtons dans les roues. 

Share this post


Link to post
Share on other sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
Reply to this topic...

×   Pasted as rich text.   Restore formatting

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.


×
×
  • Create New...