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Négocions, négociations...

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Bonjour à tous,


 


Notre nouvelle médiathèque va ouvrir dans quelques mois. Les horaires d'ouverture seront élargis, passant de 23 à 31 heures. Les roulements sur les samedis devraient être drastiquement amoindris, les obligations de service public en soirées de plus en plus nombreuses...


L'impact sur le personnel sera important, malgré les recrutements envisagés et malgré une équipe solide et motivée.


Bref, la révolte gronde...  :mad:


 


Avez-vous été confrontés à ce problème de restructuration ?


Quels avantages peut-on négocier auprès de la hiérarchie pour répondre aux besoins légitimes de souplesse dans la vie familiale des agents tout en proposant un service public de qualité ? 


Quelles marges de manœuvre peut-on espérer de la part de la ville ?


 


Bref, comment ménager la chèvre et le chou ?


 


Merci pour vos idées, votre soutien et/ou vos critiques !


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Ferris

Difficile de répondre. Avec 8 heures de plus en ouverture hebdo,vous avez une augmentation de 34% de vos heures d'ouverture, donc autant d'heures internes en moins. Le hic, c'est que tu me parles aussi de recrutements nouveaux, ce qui modifie la donne. D'un autre côté, pour argumenter, il ne faut pas se baser sur des animations en soirées et autres evènements considérés comme exceptionnels et pouvant apparaître en heures sup. Parce qu'on te répondra que,justement, c'est de l'exceptionnel. Idem pour la reduction des possibilités de rotation le samedi. On te répondra que le travail du samedi est une contrainte normale du métier etc...Au total, il faut éviter de polariser sur des questions de ce genre, car l'image générale de la "motivation" de l'équipe pourrait en souffrir.


 


Perso, j'essaierai d'argumenter sur la baisse du travail interne : D'une part la baisse mécanique par le fait de passer de 23 à 31h publiques (Sur 35h tu passes de 12h internes à 4h, ce qui n'est pas rien !) et d'autre part, une baisse supplémentaire induite elle par l'augmentation de ces charges internes (par exemple tu dis + d'animations, ça veut dire + de temps de préparation, etc...). A effectif constant, l'argumentation est claire. A effectif augmenté et charges augmentées, c'est difficile d'évaluer. De toutes façons c'est vrai aussi que l'argument du travail interne est peu actif chez les tutelles, moins en tous cas que la qualité de l'accueil public; Il s'agirait donc plutôt de démontrer que l'augmentation des charges internes + la baisse des temps internes, produiront une baisse de la qualité de l'accueil, par transfert de temps public agents sur du temps interne agents. Moins d'agents pour accueillir, c'est une baisse potentielle de la qualité d'accueil, par création d'une baisse de disponibilité.


 


Mais tant que tu ne pourras pas établir de ratios clairs, basés sur ton (futur) effectif réel, c'est difficile d'argumenter. De par mon expérience personnelle, je peux te dire que tu as beaucoup de chance d'avoir des recrutements supplémentaires dans le cadre d'une nouvelle structure. Beaucoup d'équipes restent au mème effectif.


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val59

Effectivement tout dépend du nombre d'agents... mais pour les horaires, c'est notre taff d'ouvrir quand les gens ne travaillent pas... donc soirs et week end... et ça l'équipe peut le comprendre : avec des roulements compensés par des demies journées libres et au choix ça devrait marcher... Nous sommes 8ETP et 9 agents et la bib est ouverte du lundi après midi au samedi inclus soit 6j/7 dont 4 jours jusque 19h (pour une petite ville c'est déjà pas mal) et je mets 3 agents minimum pour l'ouverture au public en roulement :chacun a choisi le jour de sa permanence (un soir parfois 2) et l'équipe est scindée en 2 une semaine du mardi au samedi et l'autre semaine du lundi au vendredi (ça fait une grosse semaine et une petite semaine soit 70h sur 15j); on peut aussi compenser les obligations familiales en accordant un mercredi sur 2 (si les effectifs sont suffisants pour faire 2 équipes ou s'il y a des agents sans enfants qui font tous les mercredis!!!)... Le tout c'est de bien connaître les habitudes de nos publics pour optimiser les ouvertures (ex : est-ce la peine d'ouvrir en semaine le matin ou en début d'après midi? oui si la population retraitées ou sans emploi est nombreuses... sinon... aussi on peut également prendre quelques taches internes au prêt en cas de faible affluence... L'appel aux vacataires étudiants le week end peut aussi être une solution, avec un minimum de "pro" pour les accompagner! La polyvalence des agents au prêt aussi... c'est valorisant pour eux de ne pas se cantonner à leur secteur même si au départ ça peut paraitre déstabilisant... En tout cas, avant de remettre un projet aux élus, je prône la participation de toute l'équipe au projet d'ouverture, leur implication est primordial, il faut juste savoir désamorcer les résistances au changement!


Bon courage!


Val59


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Smilodon fatalis

Tout ne dépend pas seulement du nombre d'agent: les points cruciaux sont l'évolution du ratio global présence au public / service intérieur, sachant qu'un rapport 50/50 constitue une situation normale en lecture publique (ce qui revient à dire que si vous avez plus de tâches intérieures que de service public, vous consacrez trop de temps au service intértieur), la polyvalence des agents et la répartition du ratio de service public agent par agent, ainsi que le mode de présence, par ex. horaires pour partie libre sur pointage ou plannings individuels fixes. Il faut aussi tenir compte d'un absentéisme chronique de l'ordre de 10 ou 15% et prévoir des règles de suppléance en service public pour y pallier, ce qui fait que la prévision de présence ne peut pas se réduire aux agents directement affectés sur planning à une mission de service public.


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Ferris

"Il faut aussi tenir compte d'un absentéisme chronique de l'ordre de 10 ou 15%"


 


Tu as des chiffres?, ça me parait beaucoup, surtout "chronique". D'un autre côté je déconseille fortement d'intégrer cet aspect dans un argumentaire !

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Isalabib

"Il faut aussi tenir compte d'un absentéisme chronique de l'ordre de 10 ou 15%"

 

Tu as des chiffres?, ça me parait beaucoup, surtout "chronique". D'un autre côté je déconseille fortement d'intégrer cet aspect dans un argumentaire !

L'absentéisme est un terme utilisé dans les rapports DRH des collectivités et s'applique aux arrêts maladie et autres accidents du travail et congés maternité.

Il faut donc trouver un terme plus "neutre" pour évoquer le fait qu'une équipe n'est pas présente au complet tous les jours ouvrés de l'année, ce qui est une réalité. On pourrait parler du taux moyen d'absence (congés, formations, temps partiels, arrêts maladie...), qui doit être de cet ordre effectivement (10%). Ou pour être encore plus manipulateur, le "taux moyen de présence (10% des agents étant en moyenne en congés, formation, etc)".

Bon, faudrait quand même vérifier ce 10 ou 15%.

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B. Majour

Bonjour

L'extension de ces horaires d'ouverture est basée sur quels principes ?
Sur quelles données ?

Avez-vous des statistiques de fréquentation ?

Statistiques qui vous permettraient de prouver à vos élus qu'ouvrir plus tard le soir sur certains jours, ce n'est pas pertinent. Même si vous pouvez pratiquer un test pendant quelques mois, pour voir. Et réajuster les ouvertures suivant les "désirs" (la venue) de la population.
Le tout est d'être clair avec la population sur les nouveaux horaires, il s'agit d'un test de mise au point pour affiner les créneaux horaires. (La population, ce sont aussi les élus :wink:  )

Ces statistiques, les avez-vous fournies à vos élus pour qu'ils puissent se faire une idée des meilleurs créneaux, pour les extensions d'ouverture.

La négociation, on peut la faire avant... mais on vous dira qu'il faut essayer.
On peut la faire ensuite, avec des chiffres sous la main, afin de réajuster charge de travail et ouverture.

Surtout avec une nouvelle structure qu'il faut prendre en main.


Maintenant, vous parlez d'embauches.
Il faut voir (et expliquer) qu'il y a du temps de travail interne pour chaque personnel.
Moitié-moitié en théorie. Nouvelle structure = plus de documents ? = plus de travail interne.

Suivant le nombre de personnes requises pour l'ouverture normale de la médiathèque, ça représente combien d'heures ?

Extension de +25 %  = +25 % de personnel ?

Si la structure nécessite plus de personnes pour ouvrir, ça augmente d'autant le nombre de personnes supplémentaires.

Si vous étiez 4 dans l'ancienne structure à assurer 23 heures.
+25 % de 4 = +1 personne. C'est-à-dire qu'il aurait fallu être 5 pour assurer les 31 heures dans l'ancienne structure.

Si dans la nouvelle, à cause de la taille, vous devez être 6 pour assurer les 23 heures. 6 * 25 % = +1,5 pour assurer les 31 heures.

Il vous faut donc +3,5 embauches. Et non pas +2, comme les élus pourraient le prévoir.

La "charge documentaire" pourra étayer ce constat avec le travail interne.
Quand on passe de 10 000 documents à 20 000, la charge de travail interne double !

Si le nombre de prêts double, le temps de rangement aussi.

Si vous prévoyez plus d'animations, il suffit de calculer le rapport entre l'avant et l'après, et de compter le nombre d'heures.


10 à 15 % d'absentéisme ?

Le mot absentéisme n'est pas bon. On devrait parler d'indisponibilité.

1820 heures à 10 % = 182 heures = 26 jours de travail à taux plein. (Les congés payés sont de cet ordre)

1820 heures à 15 % = 273 heures = (26+13:) 39 jours de travail à taux plein.

Soit 6 personnes dans une équipe. 6 * 1820 = 10 920 heures.
Soit une femme enceinte absente 6 mois : 1820 / 2 = 910 heures... ce qui représente 8,33 % de temps de travail de cet équipe de 6 personnes.

Avec 3 personnes dans l'équipe, on est alors à 16,66 %.

Le DIF : 60 heures = 3,30 %
Un jour d'absence = 0,385 %


Si vous êtes ouvert toute l'année, sans coupure, alors il faudra effectivement tenir compte des congés des uns et des autres.

Ce qui nous ramène au nombre minimum de personnes pour faire tourner la nouvelle structure, aux horaires étendus.

Avec des chiffres, ça devient facile de négocier. Plus facile. On ne parle pas dans le vide.
Quand on dit aux élus, ça va coûter tant (+3,5 embauches, c'est chiffrable), ça calme un peu les esprits et les désirs.

Si on vous donne deux embauches lorsqu'il en fallait 3,5, il n'est pas difficile de faire le calcul inverse :

3,5 personnes = 25 % de temps en plus sur les horaires,
2 personnes = 14,286 de temps en plus pour les horaires... vous les voulez où ?

Sans oublier d'affiner avec le temps de travail interne suivant l'augmentation de la collection !
Si vos deux nouveaux embauchés sont déjà à 100 % sur le travail interne, il n'y aura pas d'augmentation d'horaires.

Et c'est tout. :)

Les comptables et financiers ne s'y prennent pas autrement.
Quand il n'y a pas les sous, il n'y a pas les sous. Aux élus de se débrouiller avec le problème et de réduire leurs ambitions le temps de trouver de nouveaux financements.

A noter que vous pouvez déjà calculer le max de la fréquentation de la nouvelle structure. Soit 50 % de la population, rien que pour estimer les temps de rangements des documents si 50 % de la population vient.

C'est une valeur haute, bien sûr... mais êtes-vous capable de l'assumer ?
Combien de temps cela prend-il en volume annuel ?

On peut tout calculer et en tirer des conclusions.
Sans chiffre, on reste dans le flou.

Bien sûr, comme le dit Smilodon Fatalis, on comptera les 15 % d'indisponibilité dans le volume horaire. Les +5 %, c'est le temps des emmerdes et des impondérables.
Et ce temps-là, il vaut mieux le prévoir.

En particulier quand on ouvre une nouvelle structure.  :-)

 

Bon courage pour cette ouverture.

Bien cordialement
  B. Majour
 

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Biblio-T-Caire

Merci pour tous vos arguments dont j'ai bien pris note. Il me semblait bien qu'il fallait mettre l'accent sur la qualité du travail rendu (l'accueil, en tout premier lieu) et surtout les besoins en animations culturelles du public. Ce qui demande du temps, donc sur le temps passé au prêt...  


 


Pour être claire, je précise qu'actuellement nous n'avons qu'une bibliothèque de 250 m² (pour 35 000 habitants !), uniquement constituée de livres et périodiques, sans CD, DVD, internet, ressources numériques ("nu" quoi ???!), ni projet culturel...


 


D'où les recrutements (non pourvus à 4 mois de l'ouverture de la médiathèque) pour la constitution des fonds et faire tourner le nouvel établissement de 1900 m² (établissement sur 2 lieux différents, pour faire encore simple !).


 


Bon, je file à une réunion sur le numérique, ça va me changer les idées ! Je vous tiens au courant de nos évolutions et je suis toujours preneuse de vos idées. (Désolée pour B. Majour dont je n'ai pas exploité à fond les arguments, faute de temps : du prêt encore du prêt !!!) [Et à 22h00, je lis des romans pour ados !]


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Smilodon fatalis

J'ai oublié dans la response précédente sur les ratio d'introduire une notion importante: celle des rôles de service public.. Les ratio évoqués plus haut permettent de définir la capacité de PRODUCTION de temps de service public d'une équipe. Pour déterminer les horaires d'ouverture, il faut la mettre en rapport avec la CONSOMMATION de temps de service public par l'équipement. A savoir, que, pour une heure d'ouverture, il faut x personnes aux services de renseignement, d'inscription, de transaction, soit les différents rôles de service public et ce, éventuellement, sur deux (minimum, maximum) ou trois régimes (heures creuses, moyennes, de pointe) selon la taille, la disposition e tl'organisation de l'équipment.


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Biblio-T-Caire

C'est bon, j'ai trouvé le temps d'étudier (et de comprendre !) les explications de B. Majour. C'est bien, précis, carré et quasi sans appel.


Le problème, c'est qu'on part sur un pré-requis incontournable : on doit passer de 23 à 31 heures d'ouverture, avec 14 temps pleins, sur 2 sites géographiquement éloignés, point barre.


 


Mathématiquement, c'est faisable, en rognant sur les animations, en externalisant certaines tâches, en faisant un max de prêt pour garder une qualité d'accueil acceptable. Et je ne vous parle pas des ratios généralement admis : 30% pour les A, 50% pour les B, 70% pour les C. Tout le monde sur la ligne de feu !


 


A condition que l'équipe accepte des changements radicaux (travail tardif + tous les samedis) qui auront de l'impact sur la qualité du service rendu à la population et sur les besoins personnels de vie familiale (besoins légitimes, à mon avis, pour garder une certaine envie de venir travailler à la bibli plutôt que dans un service administratif de la ville).


 


Bon, on tourne les plannings dans tous les sens ; la directrice va essayer de négocier quelques heures d'étudiants pour soulager les tensions et pour donner un peu d'air frais à cette équipe au bord de la crise de nerfs !


 


Je vous tiendrai au courant...

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B. Majour

Oui, les chiffres sont toujours clairs et sans appel.


 


En plus, vous êtes en pleine période de transition, nouveaux collègues, nouveaux bâtiments, ça risque d'être chaud pendant quelques mois. Négocier une extension progressive des horaires, ça me paraît judicieux.


 


Les élus devraient être à même de comprendre qu'il y a une période de rodage pour tout nouvel établissement.


 


En tout cas, bon courage pour la suite.


  B. Majour

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Ferris

@Biblio-T-Caire


 


"Et je ne vous parle pas des ratios généralement admis : 30% pour les A, 50% pour les B, 70% pour les C."


 


Peux-tu préciser d'où viennent ces ratios d'accueil public, ça m'interesse beaucoup. Merci.


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B. Majour

Bonjour Ferris


 


Alors les chiffres que l'on trouve (ici et là)


 


2008


http://www.adbgv.asso.fr/association/je/2008_orleans/compterenducomplet.pdf


 


La journée d’étude de l’ADBGV (association des directeurs de bibliothèques


municipales et intercommunales des grandes villes de France), à Orléans, le 1/04/08,


comme si vous y étiez.


 


Intervention de Béatrice GORNOUVEL (BM Rennes) :"Un dimanche après-midi


aux Champs libres"


 


Une charte de fonctionnement sur les modalités d'organisation a été largement négociée avec les agents et les syndicats.


Cette charte aborde l'ensemble des points concernant l'organisation du temps de travail le samedi (1 sur 2) et en soirée, et répartition temps de travail interne/temps de service public (temps maxi de service public : 60% pour cat C, 50% pour cat B, 40% pour cat A)


 


 


 


http://www.lahary.fr/pro/2009/BIBLIOtheques46-escaliersavices.htm


2009


Dans la réalité, il semble bien que le public rencontre essentiellement des agents de catégorie C. On ne dispose pas de chiffres sur les bibliothèques territoriales, où la situation est sans doute de ce point de vue plus contrastée, mais la situation en BU est d'une clarté limpide : selon une étude menée en 2005, les agents de catégorie C consacrent 26,32 % de leur temps au " service public ", expression consacrée pour désigner le temps passé dans un espace où le public peut se trouver, et assurent 51,45 % de l'ensemble du temps de service public toutes catégories confondues.


 


 


 


En Novembre 2012, rapport de Dominique Arrot


L’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques : progrès et obstacles


 


P49


 


http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2012/35/3/horairesouverture_rapport_definitif_236353.pdf


Portant sur 15 bibliothèques.


"Des degrés d’implication sont à établir à l’intérieur des cadres des bibliothèques entre agents de catégories A, B et C. Si l’on prend l’exemple de la BMVR de Reims, la répartition s’effectue comme suit :


- catégorie C : 70 % du temps de travail, soit 23 à 24 heures de service public


- catégorie B : 50 % du temps de travail, soit 16 à 17 heures de service public. "


 


L’implication des équipes de direction, et plus largement des agents de catégorie A, dont l’exemplarité est indéniable, est variable d’un établissement à l’autre. Elle serait pourtant à recommander.


 


 


En page 68, un exemple d'enquête auprès du public pour deux propositions de créneaux d'ouverture. Afin de mieux asseoir son choix auprès des tutelles.


 


 


 


Voilà qui concernerait en plein le sujet et les problématique de notre collègue Biblio-T-Caire


 


2003


Mémoire de Florence BELOT, David LIZIARD, Brigitte MAURY


Le management des ressources humaines en bibliothèque municipale.


 


http://www.enssib.fr/bibliotheque/documents/dcb/M-2003-RECH-07-belot.pdf


 


2.3. Les contraintes liées aux horaires d’ouverture


L’amplitude des horaires d’ouverture des bibliothèques pose des problèmes spécifiques de gestion et d’arbitrage. En effet, les heures de service public font souvent l’objet de plaintes et de mécontentements de la part des personnels, qui invoquent le manque de temps pour le travail interne, la pénibilité du service public et les difficultés à concilier travail et vie personnelle (nocturnes, travail le samedi). La difficulté pour le manager est alors de concilier les impératifs du service public et les attentes du personnel. Les quatre bibliothèques y répondent de manières différentes mais elles ont toutes eu besoin de fixer des règles aux agents et de les formaliser.


 


 


Le nouveau bâtiment de la BM1 a été conçu pour une plus grande rationalisation du service public ; il suffit de 3 ou 4 agents pour faire fonctionner la bibliothèque et surveiller les différents espaces. Cela s’accompagne de l’externalisation de certaines tâches internes comme l’équipement et le catalogage. Aussi, la règle est ici la même pour tout le monde : 1/5ème de temps en travail interne, 4/5ème au public, quelque soit la charge de travail des agents. De l’avis du directeur, quand les agents râlent sur les horaires, ils expriment autre chose que le ras le bol du service public (les questions statutaires par exemple). La BM1 est ouverte 37h30 semaine dont un soir jusqu’à 22 heures.


 


1/5ème de temps en travail interne, 4/5ème au public =


20 % en interne, 80 % au public.


 


[Explication : P69


La fonction d’équipement, tâche matérielle et interne, est toujours attribuée à des agents de catégorie C : elle est à présent externalisée pour la BM1, la BM4 ne pouvant le faire « faute de bonne entreprise à proximité, mais c'est une vraie question » ]


 


 


La BM2 organise le service public sur la base d’une distinction par cadres d’emplois ; une charte horaire fixe un quota d’heures maximum de service public (10h pour les catégories A, 15h pour les B et 20h pour les C).


 


10 h / 35 h = 28,57% A


15 h / 35 h = 42,86% B


20 h / 35 h = 57,14% C


 


[Explication : P69


Certains postes en service public sont dédiés uniquement aux activités matérielles : la BM2 estime que des compétences étant nécessaires pour les postes de renseignement, alors « les membres de l’équipe les moins impliqués ne font que du prêt-retour-rangement » (BM2, Bib.).]


 


 


Le directeur de la BM4 n’est pas satisfait des horaires actuels, « on pourrait ouvrir plus, jusqu’à 50 heures semaine en mettant les agents 35h au public mais ce n’est pas dans les moeurs ». Ils font actuellement de 16 à 18 heures de service public.


 


35h00 = 100 %


16 à 18 h = 45,71 % à 51,43 %


 


 


p71


 


Pour l’ensemble des directions, le but est de répartir les tâches en fonction des profils personnels et non pas des grades. Faire correspondre de manière mécanique fonctions et statuts leur semblerait être une contrainte absurde. D’abord quand les compétences sont là. « Les C sont surdiplômés. Ils ont des capacités intellectuelles et on devrait leur dire de ne pas faire de catalogage et d’acquisitions » (BM2, Att.). « Il y a de moins en moins de différences entre les B et les C qui sont dans la salle de lecture. » (BM2, Dir.) .


 


Selon le directeur de la BM1, il arrive même qu’un A ait pu faire « moins » qu’un C. Alors que « les compétences s’imposent d’elles-mêmes. » (BM1, Dir.). C’est pourquoi il a été décidé dans cet établissement qu’ « un agent de catégorie C [puisse] avoir plus de responsabilités qu’un cadre B, en fonction de son diplôme initial et de ses compétences ».(BM1, Dir.)


Pourtant on note partout que « la tendance est de faire correspondre le statut et la fonction. » (BM3, Cons.) « On vise l’adéquation. » (BM2, Dir.)


 


 


Toutes ces valeurs correspondent bien aux ratios admis : 30% pour les A, 40-50% pour les B, 60-70% pour les C.


Globalement, bien sûr :wink:. Tu as plusieurs exemples où les choix sont différents et nuancés par d'autres impératifs, ou par d'autres possibilités type : couverture externalisée.


 


 


Bien cordialement


  B. Majour


Modifié par B. Majour

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Ferris

MERCI BERNARD ! :) Avec tout ça je ne sais pas où je vais, mais je sais que je peux y aller ! Y a pas. Tu es quand mème la meilleure boite à outils sur pattes qu'on connaisse dans la profession !


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Lauden

Bonjour,

 

Dans le cas d'une structure avec un seul salarié, quelle répartition entre le temps de travail internet et le service au public est idéale?  Et existe-t-elle ?

 

Merci

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Ferris

il n'y a pas de ratio idéal entre travail interne et heures publiques dans un cas comme le tien (bibliothèque de type B2). La typologie ADBDP mentionne au moins un agent qualifié plein temps (quelle que soit la filière) par tranche de 5000 habitants et un nombre d’heures d’ouverture d’au moins 8h par semaine, (c’est-à-dire nombre d’heures d’ouverture hebdomadaires supérieur ou égal à 8h). Ceci pour une surface SHON d’au minimum 50m² et au moins 0,04m² par habitant.

Tu retrouve ces ratios dans des conventions diverses : 

* un tiers temps pour les collectivités de moins de 2 000 habitants,

* un mi-temps (catégorie B ou C de la filière culturelle) pour les collectivités de 2 000 à 4 999 habitants,

* un plein temps (catégorie B de la filière culturelle) pour les collectivités de 5 000 habitants et plus 

 

Ceci hors présence de bénévoles, puisque tu ne les mentionnes pas.

 

Ceci dit tes choix sont très limités et tu devras attendre au moins un an pour faire tes évaluations de travail interne. Et notamment la place donnée aux animations et accueils. Pour l'instant c'est 8h d'ouverture publique (hors animations ). Ou 12h si tu peux mais tu ne descends pas au delà de 8. Vérifie la convention passée avec ta BDP. Ceci dit si tu es vraiment seul, c'est un cas assez rare, mais nous n'avons pas tous les éléments pour répondre (population réellement desservie, surface utile, bénévoles ou non, budget, ta fiche de poste, appartenance à un Réseau,etc...)

 

Dans ton cas, en cas d'arrêt maladie, la bibliothèque est fermée au public par exemple. A moins que tu ne fasses partie d'un réseau.

 

Voir les modalités de calcul de la typologie des bibliothèques établie par l'ADBDP.

 

Modifié par Ferris

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Lauden

Bonjour Ferris,

 

Merci pour ta réponse. J'ai évalué ma charge de travail mensuelle, je suis environ à 40 % public, 60 % interne.

 

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Ferris

Soit 14h d'ouverture publique, ce qui est peu même si tu dépasses les "8h hebdo" de la norme, qui ne sont qu'un plancher. Et 21h de travail interne ce qui est beaucoup. La solution est donc de déterminer quelle part de travail interne tu peux effectuer pendant les heures publiques, au bureau d'accueil. Nous faisons TOUS de l'interne sur les heures publiques, même si nous rechignons à l'avouer car il est vrai qu'il y a un risque majeur, c'est qu'au lieu de regarder en souriant le lecteur qui entre, il nous trouve penché sur un ordi ou une réparation et ait ainsi l'impression de déranger.

A part l'équipement, qui nécessite trop de surface, nous pouvons quasiment faire tout l'interne en heures publiques. Par contre il faut avoir un bureau avec un bon retour, c'est important, ainsi qu'un ou deux chariots en arrière plan.

Je le sais, je l'ai fait.

Un seul but : ouvrir davantage, en privilégiant les heures de sortie d'école (donc au moins 16h30 à 18h30, les samedis et les mercredis AM. C'est le minimum. Ainsi que le matin du jour de marché éventuellement.)

Après tu vois, tu soupèses, tu jettes, tu gardes, tu modifies....

En deux ans tu arriveras à installer un rythme de croisière correct. Et les lecteurs t'y aideront. Car ils parlent. Il suffit donc de parler avec eux. :)

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Lauden

Bonjour,

 

Dans le temps d'accueil aux publics, je compte aussi les accueils collectifs, etc.

Je suis à 13h30 par semaine d'ouverture et oui comme tu le dis, je travaille sur mes dossiers pendant le prêt/retour. Mais cela devient difficile depuis quelques mois, car les gens fréquentent longuement la bibliothèque, discutent, etc. et maintenant je ne peux quasiment plus faire mon "travail interne" en même temps. Mais pour moi c'est une bonne nouvelle ! Il faut que la charge de travail soit réajustée ou qu'il y ait une embauche ! Du coup, pour le moment, j'ai réduit mon action culturelle et je rattrape mon retard !

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Lauden

Mais comme tu dis, le besoin de place se fait sentir pour une telle organisation !

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Ferris

Attention au "réajustement de la charge de travail". Dans cette charge, tu as de l'incompressible et du compressible. Ce qui peut vouloir dire : soit des choses que l'on peut supprimer ou diminuer (les passages collectifs en font partie, les animations aussi) ou étaler dans le temps long, et de l'autre côté des choses qui doivent être faites de toutes façon et dans le temps court (la semaine par exemple étant un maximum et une bonne mesure de temps à utiliser). C'est uniquement à toi de faire ces choix et de pouvoir montrer que tu as fait un réel effort.

Attention donc, et après avoir fait ces distinctions, à ne pas tomber dans un pseudo chantage aux élus, disant qu'en gros, tu ne peux pas y arriver sans aide ou recrutement. Ils détestent, ne te croiront pas car ils ne connaissent rien au boulot, et tu passeras pour une emmerdeuse.

 

Tu as un sujet sur le temps de travail sur le forum http://www.agorabib.fr/topic/2028-bibliothèque-et-décideurs-le-temps-de-travail-et-son-usage/

On y parle entre autres du travail fait à la maison, qui n'est pas comptabilisé mais qui existe bel et bien.

 

Modifié par Ferris

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B. Majour
Il y a 18 heures, Ferris a dit :

Soit 14h d'ouverture publique, ce qui est peu même si tu dépasses les "8h hebdo" de la norme, qui ne sont qu'un plancher. Et 21h de travail interne ce qui est beaucoup.

 

Tout dépend des activités prévues.

Les animations sont très chronophages.

Si tu prends un vieux fonds, ou si tu développes une nouvelle offre, ça prend du temps.

 

Tu as également les "passages collectifs" (comme le dit Ferris), dont les classes.

Une fois que les créneaux sont verrouillés pour l'année, tu es obligée de les assurer... et là impossible de les décaler.

 

Si tu fais du portage à domicile, tu as non seulement le temps à passer avec la personne, mais aussi le temps de déplacement.

 

Et il est évident que si tu as ouvert récemment, avec des horaires plus étendus, il vaut mieux attendre la réaction du public avant de te lancer dans des ouvertures supplémentaires.

 

Car, tu as bien ça :

Il y a 3 heures, Lauden a dit :

Mais cela devient difficile depuis quelques mois, car les gens fréquentent longuement la bibliothèque, discutent, etc. et maintenant je ne peux quasiment plus faire mon "travail interne" en même temps.

 

Si le public s'empare de la bibliothèque, tu n'auras plus beaucoup de "temps interne" à glisser dans le "temps public".

 

C'est comme pour le passage des classes, si tu n'as que dix-quinze minutes de battements entre deux classes, ou si tu dois aller les chercher, alors ce "temps interne" est un créneau public. Parce que, sur un temps si court, il n'y a le temps de rien faire... avant que la prochaine tornade d'enfants passe.

 

Et n'oublie pas de regarder combien ça te prend de temps à ouvrir et fermer la structure. Parce que là, tu as une perte assez vive de "temps interne" si tu as beaucoup de volets ou de portes à fermer. J'en sais quelque chose : 5 minutes le matin, 5 minutes le soir. Sur 5 jours, tu perds 50 minutes. Et après tu te dis : mais où est passé mon temps ?

 

Enfin, ça c'est si tu pars à l'heure.  :ahappy:

 

 

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Ferris

...et n'oublie pas d'arroser les plantes, ça compte. :hyper:

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B. Majour
il y a une heure, Ferris a dit :

...et n'oublie pas d'arroser les plantes, ça compte. :hyper:

 

Mais ça je fais aussi, une fois par semaine, et même que je sors les poubelles sur le bord de la route. Si si !

 

Pour les plantes, c'est le jeudi.

 :D

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Ferris

Mais je ne plaisantais pas, l'Abbé, je l'ai fait aussi, comme de vérifier l’état des chiottes, en fonction du planning de la femme de ménage, quelquefois qu'un lecteur aurait fait à côté (si elle ne vient pas demain matin, je nettoie le soir, c'est pas compliqué), de même que je sortais les poubelles (Le mardi). D'ailleurs toutes ces petites choses ont été vécues et racontées par d'autres sur le forum. Toi-même l'a evoqué sur http://www.agorabib.fr/topic/3169-créneau-dentretienménage/ et d'autres ailleurs.

 

Donc ces bricoles ne sont pas légères, si on les accumule. Donc il importe de les comptabiliser de façon globale. Ce sont d'ailleurs des aspects que je confesse (merci l'Abbé) avoir oubliées dans mon fichier excel sur le temps de travail en bibliothèques. Et puis il y a les "temps morts". Ce sont des périodes qui se revèlent à l'usage être de faible fréquentation et qui permettent, quand on est seul, de pousser le chariot pour commencer le rangement par exemple, plutôt que d'attendre la fermeture. N'en parle surtout pas aux élus.

 

Parce que ça veut dire quoi au fond "la fermeture" ? Rien. C'est la fermeture au public, c'est tout. Et le début des dépassements horaires non comptabilisés. Crois-moi Lauden, tu vivras ça aussi. On ne sort JAMAIS en même temps que le public, après avoir torché les stats de la journée et le rangement. Oh que non ! Et pour les heures sup, tu peux te brosser, tu n'en auras pas. 35h point-barre. Et tu te démerdes. C'est ça aussi la Territoriale. Surtout seule.

 

Le révérendissime a fort heureusement une armée de bénévoles frisottées et chocolatées pour aider. Mais si tu peux t'en passer, c'est mieux, plus professionnel. Comme si tu avais monté ta boite. Toute seule en bib, tu montes ta start-up au fond. Et au bout , ma grande, il y a beaucoup de petites joies et de satisfactions qui te permettent de te coucher le soir avec un sentiment de plénitude. Après avoir regardé "La Grande librairie" sur la Cinq, évidemment...De mon temps c'était Pivot. Et y avait pas intérêt à le rater parce que le lendemain le public te demandait leurs bouquins.

 

J'avais fait un post en 2013 sur les petites structures et ses satisfactions. http://www.agorabib.fr/topic/192-question-de-management/  Quand je me relis, je me dis que j'avais du style à l'époque....:tongue:

 

 

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