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Babarette

Ethique et collections

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Ferris

@Babarette

 

De toutes façons, contrairement à ce que pourraient faire accroire notre profusion d'outils et d'expériences, l'acquisition (et son petit train de wagons comme le désherbage, le taux de rotation, l'estimation des fonds existants, les apports extérieurs type réseau ou bdp etc...) n'est pas une science exacte et ne le sera jamais. Et ce n'est pas magique non plus.

 

Et les frustrations sont au bout du chemin si l'on investit trop de soi-même dans une acquisition et que "cela ne marche pas". Et ça m'arrive encore en fin de carrière de "tenter" un coup pas évident vu la sociologie de mes publics et autres critères "sérieux" et de pester ensuite contre ce public qui ne s'ouvre pas. Mais il faut toujours tenter le coup de temps en temps.

Sinon d'une part on a tendance à mettre une étiquette sur son public et de se créer un répertoire de publics "cibles" et d'y adapter les acquisitions au petit poil. Rien de nouveau sous le soleil, fin des découvertes, et donc fin d'une de nos missions aussi, et finalement non respect de notre déontologie.

 

J'ai des collègues en milieu rural qui ne fonctionnent plus que comme ça : l'acquisition qui marchera à coup sur. Pas de perte, stats de sorties en tête de logique. C'est devenu le seuil critère en fait. Un budget efficace. Des résultats probants et présentables aux élus. Et pour les découvertes on voit avec sa Bdp, ça ne coûte rien et c'est plus sur. Mais ce sont des fonds éphémères par définition, qui profiteront à peu avant de revenir à leur base. Leur fonds propre est devenu au fil des ans, et baisse des budgets aidant, totalement monolithique : terroir, sentimentaux, cuisine, jardinage et j'en passe. Du béton armé. Et une image de bons gestionnaires à la clé.

 

Parfois il y a un frémissement. J'ai acquis le dernier Onfray en local dans cette optique là. Une grosse bête, indigeste au possible. Logiquement, si je me référais aux ratios du rayons philo, je n'aurais pas du acquérir cet ouvrage. Une "experimentation" comme dit le Nanard des laboratoires ,juste au dessus. Il a raison.

J'imagine le premier épicier de quartier qui dans les années cinquante ou moins, a mis en devanture son premier cageot de fruits exotiques inconnus des foules hexagonales. Une révolution. Mais un couillu.

 

Surprise : 2 sorties en un mois.

Des gens qui n'étaient pas répertoriés dans les "cibles".

Des Martiens, car il y en aura toujours.

Et c'est aussi pour eux que je bosse. J'attends le troisième....

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Babarette
Il y a 14 heures, B. Majour a dit :

Ce qui est gênant c'est ta façon de faire prévaloir ton avis personnel, tes goûts, ton éthique etc... et en même temps de chercher des critères et des "bornages", des limites.

Oui, Babarette, elle cherche comment elle va acquérir, sur quelles bases. Quelle éthique, ou bonnes pratiques, elle va pouvoir utiliser.

 

Ce qu'elle ne sait pas encore, c'est qu'elle va hériter d'une collection, établie par d'autres bibliothécaires. C'est assez exceptionnel de partir de rien et de devoir tout construire. Ce qui va orienter une partie des choix : on veut la suite !

Elle aura aussi un public qui s'engouffrera dans certaines acquisitions nouvelles ou en boudera d'autres malgré tout le soin apporté à la sélection.

Et elle connaîtra la difficulté de devoir choisir entre deux bons titres (journaux ou autres), après en avoir éliminé 8 autres, parce que le budget n'est pas extensible. Ou que, au bout d'un temps, acquérir un document, ça veut dire en sortir un autre des rayonnages, parce que la place est comptée.

 

Et le critère objectif, que le public impose, c'est le nombre d'emprunts.

Si Charlie est moins lu que l'Express ou Marianne, et qu'il faut sacrifier une des acquisitions pour X raisons, c'est Charlie qui passe à la trappe.

 

Parce que c'est le public qui impose son choix au final.

Et suivant la loi de Pareto (ou Trueswell), 20 % des documents produiront 80 % des prêts. Ce qui veut dire que 60 à 80 % d'un fonds est là pour décorer les rayonnages.

 

C'est une réalité métier sur l'acquisition (qui rend humble et) que l'on découvre assez vite en regardant les statistiques, en particulier quand il s'agit de pilonner des oeuvres choisies pourtant avec soin.

Le public n'a pas accroché ? Ben non.

On doit mettre à la poubelle tout le travail de sélection que j'ai accompli ? Ben oui.

C'est vexant, hein ? Oh que oui.

 

Là, ça aide beaucoup à comprendre la notion de pluralisme pour ce qu'elle est. C'est un pluralisme à destination de son public et de ses centres d'intérêts.

=> Il faut apprendre à surfer avec son public. Parce qu'on travaille pour lui, avant toute autre chose.

 

On travaille dans un service public pour le public.

 

Ce qui est assez top d'ailleurs. Tenter de deviner ce qui fait, va faire plaisir aux autres, c'est promesse de bien des découvertes personnelles.

Et de biens des erreurs... oups ! expérimentations.

 

On ne peut pas inventer le public. Le public, il faut le regarder, l'observer... partout où il chasse la culture. Dans les bibliothèques, dans les librairies, devant les kiosques de journaux.

La vraie sélection, elle commence là. Dans l'observation. Qu'est-ce qui attire mon public ? Pourquoi ?

 

Tout ça, ça vient avec l'expérience et la pratique.

 

D'ailleurs, Babarette, si tu veux vraiment te confronter aux problèmes d'acquisition, lance-toi donc dans l'acquisition de 600-1000 ouvrages (virtuels) en piochant chez les libraires en-ligne (amazon, fnac, furet du nord, mollat et autres), sans oublier quelques abonnements à des journaux.

 

Là, tu verras vite que 600-1000 documents, c'est énorme à acquérir. Et bien plus que tu ne pourras lire en une année.

Même tes propres goûts n'y suffiront pas.

Et pourtant, tu devras le faire chaque année.

 

Amuse-toi bien sur cet exercice. Il va t'enseigner d'autres limites et bornages.

 

Après, tu passeras à la version 2 de l'exercice. Devoir éliminer un tiers de ta sélection, faute de budget. Tout en préservant tous les grands secteurs de la bibliothèque. Idem pour les journaux. Charlie survivra-t-il ? C'est toi qui nous le diras. :wink:

  Bernard

 

 

Oh ben quand même, je sais que je vais aller dans une bibliothèque qui existera déjà, je n'ai pas l'intention de désherber tout le fonds en débarquant (ou alors, je serai tombée dans une bibliothèque où rien n'a été fait depuis des années). 

Je vais tenter l'acquisition. Après, j'imagine que je ne serai pas la seule à décider de ça quand je serai en poste. Ceci dit, difficile de faire une acquisition sans savoir quel fonds on a déjà, et quel est son taux de rotation (acheter plusieurs exemplaires d'un bouquin qui sort tout le temps).

 

il y a 58 minutes, Ferris a dit :

@Babarette

 

De toutes façons, contrairement à ce que pourraient faire accroire notre profusion d'outils et d'expériences, l'acquisition (et son petit train de wagons comme le désherbage, le taux de rotation, l'estimation des fonds existants, les apports extérieurs type réseau ou bdp etc...) n'est pas une science exacte et ne le sera jamais. Et ce n'est pas magique non plus.

 

Et les frustrations sont au bout du chemin si l'on investit trop de soi-même dans une acquisition et que "cela ne marche pas". Et ça m'arrive encore en fin de carrière de "tenter" un coup pas évident vu la sociologie de mes publics et autres critères "sérieux" et de pester ensuite contre ce public qui ne s'ouvre pas. Mais il faut toujours tenter le coup de temps en temps.

Sinon d'une part on a tendance à mettre une étiquette sur son public et de se créer un répertoire de publics "cibles" et d'y adapter les acquisitions au petit poil. Rien de nouveau sous le soleil, fin des découvertes, et donc fin d'une de nos missions aussi, et finalement non respect de notre déontologie.

 

J'ai des collègues en milieu rural qui ne fonctionnent plus que comme ça : l'acquisition qui marchera à coup sur. Pas de perte, stats de sorties en tête de logique. C'est devenu le seuil critère en fait. Un budget efficace. Des résultats probants et présentables aux élus. Et pour les découvertes on voit avec sa Bdp, ça ne coûte rien et c'est plus sur. Mais ce sont des fonds éphémères par définition, qui profiteront à peu avant de revenir à leur base. Leur fonds propre est devenu au fil des ans, et baisse des budgets aidant, totalement monolithique : terroir, sentimentaux, cuisine, jardinage et j'en passe. Du béton armé. Et une image de bons gestionnaires à la clé.

 

Parfois il y a un frémissement. J'ai acquis le dernier Onfray en local dans cette optique là. Une grosse bête, indigeste au possible. Logiquement, si je me référais aux ratios du rayons philo, je n'aurais pas du acquérir cet ouvrage. Une "experimentation" comme dit le Nanard des laboratoires ,juste au dessus. Il a raison.

J'imagine le premier épicier de quartier qui dans les années cinquante ou moins, a mis en devanture son premier cageot de fruits exotiques inconnus des foules hexagonales. Une révolution. Mais un couillu.

 

Surprise : 2 sorties en un mois.

Des gens qui n'étaient pas répertoriés dans les "cibles".

Des Martiens, car il y en aura toujours.

Et c'est aussi pour eux que je bosse. J'attends le troisième....

 

C'est une technique, mais c'est peut-être un peu dommage, ça veut dire qu'on ne surprend pas les lecteurs, qu'ils n'ont que ce qu'ils demandent. On ne bosse pas que pour le lecteur moyen qui n'ouvre que les nouveautés et les bouquins de développement personnel, mais aussi pour des lecteurs avertis, ou même pour ceux qui n'ont absolument aucune conscience de ce qui est publié en ce moment. 

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B. Majour
Le 06/07/2017 à 13:26, Babarette a dit :

C'est une technique, mais c'est peut-être un peu dommage, ça veut dire qu'on ne surprend pas les lecteurs, qu'ils n'ont que ce qu'ils demandent. On ne bosse pas que pour le lecteur moyen qui n'ouvre que les nouveautés et les bouquins de développement personnel, mais aussi pour des lecteurs avertis, ou même pour ceux qui n'ont absolument aucune conscience de ce qui est publié en ce moment. 

 

Tu oublies la loi de Pareto : 20 % du fonds va satisfaire 80 % des demandes des lecteurs (sur les best-sellers, suite de séries, etc.), ce qui te laisse 60-80 % d'acquisitions pour surprendre le lecteur. En ayant bien conscience que tu auras des ratés, pas mal, ce qui ne remet pas en cause tes choix. Seulement le public, il faut aussi l'habituer, et ça peut prendre dans les 4 ans pour créer une habitude sur certaines collections.

 

"Après, j'imagine que je ne serai pas la seule à décider de ça quand je serai en poste."

Eh bien, 1 000 documents, c'est pour un fonds de 9 000-10 000 documents (10 % de renouvellement de fonds), je te laisse imaginer ce qu'il en est dans les plus grosses structures, ou les acquéreurs sont partagés en secteurs.

 

Est-ce que tu seras toute seule ?

Si tu vas travailler en petite ou moyenne structure, oui, tu le seras. Sauf mutualisation des acquisitions, et encore si tu es cadre B, ça risque bien d'être ton boulot, à donf.

 

Alors entraîne-toi à acquérir. Tape dans les nouveautés, qui n'ont pas plus de deux trois ans, ça simulera un fonds déjà existant.

Tu verras que la principale difficulté, c'est de devoir se décider sur catalogue, sans le livre en main...  sur des livres qui ont souvent des histoires un tantinet similaire.

Lequel on privilégie, pourquoi ?

 

Quand il y a beaucoup de choix et qu'il faut choisir... pour d'autres, ce n'est pas toujours facile.

Mais on y arrive. :wink:

  Bernard

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Babarette
Le 07/07/2017 à 17:44, B. Majour a dit :

 

Tu oublies la loi de Pareto : 20 % du fonds va satisfaire 80 % des demandes des lecteurs (sur les best-sellers, suite de séries, etc.), ce qui te laisse 60-80 % d'acquisitions pour surprendre le lecteur. En ayant bien conscience que tu auras des ratés, pas mal, ce qui ne remet pas en cause tes choix. Seulement le public, il faut aussi l'habituer, et ça peut prendre dans les 4 ans pour créer une habitude sur certaines collections.

 

"Après, j'imagine que je ne serai pas la seule à décider de ça quand je serai en poste."

Eh bien, 1 000 documents, c'est pour un fonds de 9 000-10 000 documents (10 % de renouvellement de fonds), je te laisse imaginer ce qu'il en est dans les plus grosses structures, ou les acquéreurs sont partagés en secteurs.

 

Est-ce que tu seras toute seule ?

Si tu vas travailler en petite ou moyenne structure, oui, tu le seras. Sauf mutualisation des acquisitions, et encore si tu es cadre B, ça risque bien d'être ton boulot, à donf.

 

Alors entraîne-toi à acquérir. Tape dans les nouveautés, qui n'ont pas plus de deux trois ans, ça simulera un fonds déjà existant.

Tu verras que la principale difficulté, c'est de devoir se décider sur catalogue, sans le livre en main...  sur des livres qui ont souvent des histoires un tantinet similaire.

Lequel on privilégie, pourquoi ?

 

Quand il y a beaucoup de choix et qu'il faut choisir... pour d'autres, ce n'est pas toujours facile.

Mais on y arrive. :wink:

  Bernard

 

Ce qui ne sera pas pour me déplaire :)

Je crois que Livreshebdo sera un de mes meilleurs amis. 

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Ferris

Tu as raison : Livres-hebdo ,+ Electre + Les sites critiques sur Internet pour affiner ton choix, c'est le meilleur triptyque possible. Car il est exhaustif. Tu as tout, la possibilité d'affiner tes recherches, de faire des paniers etc...Certes il faut les moyens financiers. Mais si on n'a pas "l'appareil critique" comme on dit, suffisant (outils d'ailleurs à mentionner dans sa Charte des collections), difficile de se prétendre professionnel. Il y a des investissements qui valent quelques sacrifices.

 

Aller faire la majorité des achats chez le libraire en marché, en dehors d'un éventuel office, c'est se soumettre aux choix du libraire, parfois très restrictifs. Suivre les achats de quelques collègues en bibliothèques c'est totalement aléatoire et grégaire, et ça ne tient pas compte des spécificités de ton fonds et de tes publics. 

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Babarette

Oui, j'ai un peu de mal avec le concept des offices. Ça a l'avantage de donner moins de travail, mais c'est tout de même se soumettre à une pré-sélection, ce qui est dommage. Ceci dit, si je me retrouve toute seule et qu'en plus de devoir acheter des livres et m'occuper de tout le circuit qui va avec, je dois gérer un bâtiment, comme les journées ne font que 24 heures et que c'est quand même bien de dormir de temps en temps, il est possible que, les premiers temps, j'y aie recours. Et, bien entendu, si j'arrive dans une équipe où c'est l'usage et que mon chef exige que j'y aille, j'irai. 

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Louve

Livres-Hebdo, c'est bien mais ce n'est pas suffisant!

Des critiques ou des recommandations de livres, CD, DVD, sont présentes dans nombre de revues: Télérama, les Inrocks, Libé, Closer (si!si!si!), Voici (et oui!), Femmes Actu, Causette, Alernatives économiques, Le Monde, Psycho, etc. Donc ne pas hésiter à voir ce qu'ils conseillent ou déconseillent, ça nous permet de sentir les tendances, d'affiner nos propositions par rapport à notre public.

 

Concernant les offices: la bibliothèque est cliente, logiquement elle donne des critères au libraire pour qu'il prépare ses offices. Chez nous c'est ainsi que cela se passe, et nous sommes vigilants sur le contenu des offices pour que justement ils nous  permettent d'avoir le choix. D'ailleurs, nous sélectionnons dans les offices, nous ne prenons pas tout, clause indiquée clairement dans l'appel d'offres.

 

En plus des offices: régulièrement, achats directs en librairie, présentation de documents par nos fournisseurs (CVS, ADAV, ABRAKADABRA, BDNET).

 

Les collections sont chaque année analysées, le plan de développement revu, affiné. Les règles sont claires; on essaie d'avoir un spectre le plus large possible pour quel a collection ne ressemble pas à une personne. Pour tendre le plus possible vers cet objectif: des gestionnaires de domaines d'acquisition, soutenu par des acquéreurs de domaine. Et bien entendu un responsable de la pol doc qui gère le tout.

Ah, et aussi : un document acquis c'est un document désherbé.

 

Gros boulot, mais nos collections sont de bonne tenue, les publics s'y retrouvent.

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Babarette
Il y a 14 heures, Louve a dit :

Livres-Hebdo, c'est bien mais ce n'est pas suffisant!

Des critiques ou des recommandations de livres, CD, DVD, sont présentes dans nombre de revues: Télérama, les Inrocks, Libé, Closer (si!si!si!), Voici (et oui!), Femmes Actu, Causette, Alernatives économiques, Le Monde, Psycho, etc. Donc ne pas hésiter à voir ce qu'ils conseillent ou déconseillent, ça nous permet de sentir les tendances, d'affiner nos propositions par rapport à notre public.

 

Concernant les offices: la bibliothèque est cliente, logiquement elle donne des critères au libraire pour qu'il prépare ses offices. Chez nous c'est ainsi que cela se passe, et nous sommes vigilants sur le contenu des offices pour que justement ils nous  permettent d'avoir le choix. D'ailleurs, nous sélectionnons dans les offices, nous ne prenons pas tout, clause indiquée clairement dans l'appel d'offres.

 

En plus des offices: régulièrement, achats directs en librairie, présentation de documents par nos fournisseurs (CVS, ADAV, ABRAKADABRA, BDNET).

 

Les collections sont chaque année analysées, le plan de développement revu, affiné. Les règles sont claires; on essaie d'avoir un spectre le plus large possible pour quel a collection ne ressemble pas à une personne. Pour tendre le plus possible vers cet objectif: des gestionnaires de domaines d'acquisition, soutenu par des acquéreurs de domaine. Et bien entendu un responsable de la pol doc qui gère le tout.

Ah, et aussi : un document acquis c'est un document désherbé.

 

Gros boulot, mais nos collections sont de bonne tenue, les publics s'y retrouvent.

 

Et justement, il y a des chances que les livres qui sortent le plus soient plutôt ceux recommandés par Closer que par Causette. 

 

Oui, je sais qu'on ne prend pas tous les livres proposés dans les offices. Mais je ne savais pas qu'ils étaient préparés en amont avec les bibliothécaires. 

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Ferris

Pas tout à fait d'accord : 

 

» Quand les crédits d’acquisitions le permettent, dans le cadre du cahier des charges, la bibliothèque peut demander à son fournisseur à
bénéficier d’un office. Dans ce système, le libraire envoie régulièrement à la bibliothèque une sélection de nouveautés, ce qui permet aux bibliothécaires d’en prendre connaissance avant de faire leur choix. La bibliothèque choisit ce qu’elle garde (bien entendu il lui faut alors en faire l’achat) et ce qu’elle renvoie au fournisseur (retour d’office). Les offices portent sur une partie de la production, plus rarement sur la totalité de la production . …..  » (le métier de bibliothécaire édition 2011)

 

Ce que Louve a sans doute voulu dire c'est que, dans le cadre du marché, on fixe des critères, donc un cadre à cet office (uniquement des romans par exemple, plutôt axés littérature populaire etc...en fait des livres du type "incontournables", à "sortie garantie", qu'on ne perdra pas de temps à sélectionner et commander, c'est un peu le but de l'office.

 

Ceci dit le libraire fixera aussi ses conditions, par exemple en n'acceptant qu'un certain taux de retours. Car au delà de 10 ou 20% de refus par exemple, il peut s'estimer perdant ou pas intéressé vu le faible budget et le boulot que ça lui donne.

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Louve
Il y a 2 heures, Babarette a dit :

 

Et justement, il y a des chances que les livres qui sortent le plus soient plutôt ceux recommandés par Closer que par Causette. 

 

 

Pas toujours, tout dépend des publics de la bibliothèque, de l'ambiance du moment, des envies des usagers...

Certains titres sont recommandés à la fois par Closer et d'autres... Quand à Causette, leur avis compte mais nous ne partons pas du principe qu'ils/elles ont forcément raison dans leurs propositions!

Bref, on en revient toujours au même depuis le début: la collection est là pour les usagers, il est absolument nécessaire qu'ils puissent s'y retrouver. Nos missions sont bien d'inclure est de proposer, pas d'exclure. Les choix de documents participent à l'exclusion ou l'inclusion, donc soyons attentifs et vigilants...

 

@ Ferris:

en fait dans le dernier appel d'offres, j'ai précisé quelles étaient nos attentes par rapport aux offices: petites maisons d'éditions, niveau des documents (pas de documents de niveau universitaire) et justement une attente en terme  de qualité et de découverte. Nous avions été clairs dans nos demandes et dans le mémoire technique leur avions demandé de nous fournir un exemple d'office.  

 

L'office sans aucun retour correspond aux meilleures ventes: toutes les semaines (sans aucune sélection ni censure), nous recevons les titres entrant dans le classement des 200 meilleures ventes chez Edistat, hors livres scolaires, codes, livres de coloriage, livres accompagnés d'objets, rééditions.

Ils arrivent le mercredi, sont présenté dans un rayon dédié le samedi à 10h.

Le spectre des 200 meilleures ventes est en fait très large: y sont présents des documents édités chez Harlequin, Actes Sud, Viviane Hamy, Toussaint Louverture, Equateur...

Chacun se côtoient, les publics aussi! Les résultats sont très positifs!

 

 

 

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Ferris

Bien sur c'est l'idéal, l'office sans retour et tous les entrants au top. Comme tu dis ça élargit le panel et c'est bon pour tout le monde.Mais tu es dans une une bib richissime par rapport à nous....:wink:

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Louve
Il y a 5 heures, Ferris a dit :

Mais tu es dans une une bib richissime par rapport à nous....:wink:

 

Pour le budget d'acquisition, oui je n'ai pas à me plaindre!

Par contre j'ai d'autres soucis au niveau investissements, rénovation, développement... Alors je priorise, je hiérarchise, j'invente, je bidouille!

Je fais tout pour que la bibliothèque devienne IN-CON-TOUR-NABLE! :wink: Les collections y participent mais pas qu'elles!

 

Edited by Louve

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Ferris

T'as raison ma Louve inventive et bidouilleuse, faut mettre le paquet ! Or, qu'est-ce qui marche de nos jours ? Le cul. C'est pas nouveau d'ailleurs. D'où l'interêt de l'expression "mettre le paquet...sur la table":sick:

 

Les bibliothécaires brésiliens ont démontré que les sportifs et les pompiers n'ont pas le monopole des calendriers sexy. Et ils en ont fait un ! Bon évidemment c'était pour financer une bibliothèque LGBT, mais tout de même : http://www.livreshebdo.fr/article/des-bibliothecaires-bresiliens-posent-nus-pour-financer-une-bibliotheque-lgbt

 

Et en France aussi, donc ça pourrait faire jurisprudence...https://www.actualitte.com/article/monde-edition/lecons-de-bibliotheques-12-mois-de-nus-pour-defendre-le-metier-de-bibliothecaire/67747

 

Bon évidemment pour Bernard et ses retraitées quasi liquides le public risque d'être beaucoup plus ciblé, vu que les gérontophiles ne courent pas les rues :tongue:

 

Tu disais quoi déja ? Ah oui, que tu faisais tout etc...

 

Super, j'attends ton calendrier :D

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Louve
Il y a 1 heure, Ferris a dit :

Or, qu'est-ce qui marche de nos jours ? Le cul.

 

Ah!! Mais bien sûr! C'est bien pour cela que cette année nous avons lancé une grande opération  Le baiser dans la littérature de l'Antiquité à nos jours!

 

Avec:

  • une bibliographie sélective, 6 chapitres: les initiateurs: romans et nouvelles / Les initiateurs: poésies et contes / L'amour et plus si affinités / Dangereuses liaisons: new romance /Dangereuses liaisons: érotisme made in France / Pour aller au fonds des choses
  • des conférences: Belinda Cannone, Octavie Delavaux, Daniel Schick
  • une séance de contes libertins et coquins
  • un atelier d'écriture mené par Amandine Dhée
  • un quizz musical et de films: deviner le titre de films avec des baisers cultissimes!!!!!!

Et oui, cher Ferris, nous l'avons fait mais point de calendriers, pour le moment... :wink:

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Babarette
Il y a 4 heures, Ferris a dit :

T'as raison ma Louve inventive et bidouilleuse, faut mettre le paquet ! Or, qu'est-ce qui marche de nos jours ? Le cul. C'est pas nouveau d'ailleurs. D'où l'interêt de l'expression "mettre le paquet...sur la table":sick:

 

Les bibliothécaires brésiliens ont démontré que les sportifs et les pompiers n'ont pas le monopole des calendriers sexy. Et ils en ont fait un ! Bon évidemment c'était pour financer une bibliothèque LGBT, mais tout de même : http://www.livreshebdo.fr/article/des-bibliothecaires-bresiliens-posent-nus-pour-financer-une-bibliotheque-lgbt

 

Et en France aussi, donc ça pourrait faire jurisprudence...https://www.actualitte.com/article/monde-edition/lecons-de-bibliotheques-12-mois-de-nus-pour-defendre-le-metier-de-bibliothecaire/67747

 

Bon évidemment pour Bernard et ses retraitées quasi liquides le public risque d'être beaucoup plus ciblé, vu que les gérontophiles ne courent pas les rues :tongue:

 

Tu disais quoi déja ? Ah oui, que tu faisais tout etc...

 

Super, j'attends ton calendrier :D

Ouaaaaaaais ! Tous à pwal ! 

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Ferris

 

il y a 13 minutes, Babarette a dit :

Ouaaaaaaais ! Tous à pwal ! 

 

Babarette, ce forum est un forum professionnel sérieux qui véhicule une image de notre profession. De plus le sujet initial concerne l'éthique. Je trouve donc particulièrement hors de propos d'y beugler des insanités qu'on a plutôt l'habitude d'entendre dans des endroits de débauche entre gens imbibés d’alcool et de substances illicites, et destinées à exacerber des désirs de voyeurisme malsain qu'on n'entendrait même pas sur des plages naturistes.

 

Madame Louve et moi-même échangeons des propos argumentés, qui concernent la défense de la profession et l’amélioration de son image de marque par tous les moyens légaux possibles, ce qui n'a bien évidemment rien à voir avec les horreurs que vous proférez  et que l'on n' est pas prêts d'entendre dans une bibliothèque, Dieu nous en préserve !

 

Je me permets d'ajouter que c'est particulièrement étonnant de la part d'une personne qui se posait il y a peu des questions inquiètes sur les limites et les bornes à ne pas dépasser dans une politique documentaire.

 

Ferris

 

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Babarette

Je suis navrée, je ne voulais pas blesser qui que ce soit ni ternir l'image de la profession. 

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Ferris

Hihi ! C'était pour déconner. Et tu as marché ! J'ai encore gagné un euro. Avoue que le texte est bien soigné, quand même. Merci Baba !:drool:

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Babarette

Je me suis posé la question, mais j'ai préféré prendre des gants, on ne sait jamais, je ne veux pas me brouiller avec de potentiels employeurs ^^

 

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B. Majour

@Babarette

Toi, tu n'as pas lu le dernier Post de Ferris parlant d'un tête à queue. Qui aurait pu déborder sur une queue... à cheval, cheval de bois dur, et chevilles enflées (rapport au tour de France, bien sûr)

 

Ethique et tac. :tongue:

  Bernard

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Babarette

Ne n'ai pas eu l'honneur de voir ça ^^

 

On ne s'ennuie pas avec les bibliothécaires!

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Babarette

Ça me rassure de ne pas être la seule à avoir un esprit tordu :P Et il y a pire que moi!

 

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Anne Verneuil

(vous avez de la chance que je ne sois plus présidente ABF, je vous aurais censuré tous ces messages à coups de chignons et lunettes... et puis quoi encore ? pourquoi pas de la littérature érotique en bibliothèque ?!!)

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B. Majour

Madame Verneuil (ex-présidente, mais modératrice quand même  :wink:)

 

Nous vous prions de trouver, ici présentes, nos plus plates excuses pour les débordements joyeux de nos collègues présents et à venir.

 

Cependant, il ne faudrait pas oublier que le "nu" est vendeur !

Et que Babarette est tout simplement sur la vague.

 

Regardons juste ici

http://www.livreshebdo.fr/article/des-bibliothecaires-bresiliens-posent-nus-pour-financer-une-bibliotheque-lgbt

Certes, ce sont des brésiliens, et il fait chaud dans ce pays de Samba.

 

Par contre, que dire de Leçons de bibliothèques 2017 (projet d'advocacy) :

https://www-livreshebdo-fr.sargasses.biblio.msh-paris.fr/article/les-bibliothecaires-se-mettent-nu

où nos propres collègues conservateurs se mettent à Pwal !

https://fr-fr.facebook.com/Leconsdebibliotheques2017/ (pour voir ce qu'il en est au niveau résultat financier)

 

Et ce ne sont pas les seuls à... donner de leur personne.

https://americanlibrariesmagazine.org/wisconsin-librarians-raise-funds-with-nearly-nude-calendar/

https://www.theguardian.com/books/2011/sep/29/librarians-men-of-the-stacks-calendar

 

L'idée étant prise, il faudrait nous pencher sur une autre possibilité

http://abcnews.go.com/Business/story?id=8225957

 

Et là, c'est porte ouverte à d'autres idées : bibliothécaires en jogging, dressing de bibliothécaires, bibliothèques de bibliothécaires, bijoux de bibliothécaires, bib et animaux de compagnie...

 

Sourires de bibliothécaires ?

 

Comme tout cela est peau-éthique.

Mais sans aucune censure !  :D

  Bernard

 

 

Edited by B. Majour
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