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Des bénévoles en bibliothèque


Bouille
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La participation importante des bénévoles dans le bon fonctionnement des bibliothèques de France et de Navarre a été évoquée dans plusieurs fils de discussion.


Je propose ici d'en faire un « vrai » sujet, car si je ne me sens pas capable d'organiser un Flashmob pour le congrès de l'ABF (pardon Anne Verneuil), il est en revanche parfaitement dans mes cordes de lancer un nouveau fil.


 


Ferris citait ailleurs quelques articles sur la question, en voici un :


http://www.actualitte.com/bibliotheques/sans-encadrement-les-benevoles-quittent-les-bibliotheques-39606.htm


 


Pour ma part, je suis professionnelle et j'ai débuté ma carrière avec une équipe de 15 bénévoles environ. Nous montions une bibliothèque municipale à partir de deux bibliothèques associatives, informatisation comprise, et nous préparions l'ouverture d'une médiathèque dans la foulée. 4 années intenses, je vous laisse imaginer.


J'ai adoré travailler avec des bénévoles, cela fut pour moi une expérience professionnelle passionnante et surtout extrêmement formatrice. J'y ai appris le sens du service public, dans toutes les acceptions nobles et moins nobles du terme, et le management en direction des bénévoles (sur le tas et à l'intuition, mais c'est un autre sujet). J'ai appris à respecter leur travail en fonction de leurs capacités propres, et j'ai vécu des moments de grande émotion avec tous ces volontaires qui apportaient leur chaleur humaine et leur bonne humeur dans la bibliothèque.


Pour autant, aujourd'hui, je n'ai pas envie de recommencer. Parce que la présence de bénévoles me freinerait beaucoup trop. L'inconstance et l'incompétence intrinsèques à leur statut sont autant d'obstacles à surmonter pour offrir aux publics des services adaptés, et surtout rapidement adaptables aux nouveaux usages. On le dit partout : le métier de bibliothécaire est en perpétuelle mutation. Alors comment un bénévole peut-il s'adapter ? C'est impossible. C'est déjà difficile pour la plupart des agents de bibliothèque...


 


Adoncques, bénévoles, professionnels travaillant ou ayant travaillé avec des bénévoles, et professionnels qui ne l'ont jamais fait, que pensez-vous de cette question :


Les bénévoles en bibliothèque sont-ils une aide précieuse ou un mal nécessaire ?


 


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Bien sûr, la culture du bénévolat en bibliothèque s'explique historiquement et le travail réalisé par ces bénévoles est souvent remarquable.


 


Cela dit je me suis toujours interrogé sur la persistance du bénévolat en bibliothèque au détriment d'un recrutement de professionnel.


C'est sûr qu'en ces temps de crise, pour certaines petites communes, le recrutement de professionnel n'est pas d'actualité.


 


Mais enfin, existent-ils des bouchers ou des boulangers bénévoles, des caissières bénévoles,  des conducteurs de trains bénévoles, etc.....


 


On a au moins un point commun avec les pompiers !

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Et un pompier en tenue, n'est-ce pas... C'est beaucoup plus attrayant qu'un bibliothécaire, même bénévole.


Pardon, je m'égare. Fin de semaine. :sweat:


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"L'inconstance et l'incompétence intrinsèques à leur statut sont autant d'obstacles à surmonter pour offrir aux publics des services adaptés, et surtout rapidement adaptables aux nouveaux usages. On le dit partout : le métier de bibliothécaire est en perpétuelle mutation. Alors comment un bénévole peut-il s'adapter ? C'est impossible. C'est déjà difficile pour la plupart des agents de bibliothèque..."

 

Ouille, Bouille ! Je te trouve très très dure là ! Je te propose de s'arrêter un instant sur la notion de "statut" justement puisque tu parles "d'incompétences intrinsèques à leur statut".

 

Perso je me bats, vainement d'ailleurs jusqu'ici , pour que nos bénévoles adoptent la Charte du Bibliothécaire volontaire, pondue par le regretté CSB. D'une part, parce que justement il n'y a pas de statut du bénévole en France et que cela leur en donne quasiment un, d'autre part parce que c'est un document contractuel qui engage le Maire et la bénévole qui signe le document. C'est du donnant-donnant. Et on y parle de formation, donc de remboursement des temps de formation implicitement etc...C'est un document qui permet de négocier beaucoup de choses finalement.

 

La charte a permis d’énumérer un certain nombre de droits devant être accordés par les communes ou associations pour le compte desquels ils agissent : conditions de travail, sécurité, indemnisation des frais engagés, protection publique, formation.

Qui dit droit dit naturellement devoirs : engagement dans la durée, reconnaissance de l’autorité publique, formation.

 

Je le cite en lien et intégralement : http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-1973 (parce qu'il y a plein de gens qui ne cliquent jamais sur les liens)

 

Considérant que :

  • professionnalisme et volontariat ne s'opposent pas en matière de bibliothèques, mais s'appuient l'un sur l'autre ;
  • les volontaires sont indispensables au fonctionnement d'un service de lecture publique dans les petites communes et que ce volontariat implique l'acceptation de contraintes qui doivent avoir leur contrepartie ;
  • les professionnels sont indispensables dès que la population de la commune ou du groupement de communes responsable de la bibliothèque atteint 2000 habitants et qu'ils assurent l'assistance technique dont ont besoin les volontaires ;

le Conseil supérieur des bibliothèques a adopté la présente Charte du bibliothécaire volontaire auprès des bibliothèques départementales de prêt.

 

Article premier
Le bibliothécaire volontaire affirme son engagement personnel auprès de la collectivité, au sein d'un service public de lecture dont il reconnaît les contraintes et assume les responsabilités.

Article 2
Le bibliothécaire volontaire propose son temps et sa compétence au service de la collectivité, et reconnaît que l'autorité publique s'exerce sur son activité volontaire. L'autorité publique reconnaît le bibliothécaire volontaire comme concourant au service public.

Article 3
Le bibliothécaire volontaire collabore avec les bibliothécaires professionnels, dans un esprit de complémentarité au service des usagers actuels, potentiels et futurs de la bibliothèque. Il accepte d'être encadré par ces professionnels. Il a droit à recevoir les responsabilités correspondant à ses compétences.

Article 4
La formation professionnelle est un droit et un devoir du bibliothécaire volontaire. Des formations doivent être proposées sous les formes les plus appropriées au bibliothécaire volontaire, qui a soin de parfaire sa nécessaire formation initiale par une formation continue.

Article 5
Le bibliothécaire volontaire a le droit à des conditions de travail correctes, tant en matière de moyens que de sécurité.

Article 6
Le bibliothécaire volontaire offre son engagement sans contrepartie de rémunération.

Article 7
Toutefois, il a droit à entière indemnisation pour toutes les dépenses engagées dans le cadre de son activité volontaire, et notamment sa formation, ses frais de déplacement et, le cas échéant, ses frais d'assurance.

Article 8
Le bibliothécaire volontaire est responsable des biens qui lui sont confiés, et du service dont il a la charge. Il a droit à toute la protection publique contre les risques encourus au cours de son activité volontaire.

Article 9
Le bibliothécaire volontaire accepte de s'engager pour une durée et une régularité déterminées, en accord avec l'autorité publique. Il ne saurait être écarté sans motif grave ou nécessité de service et sans concertation préalable.

 

 

 Il y aurait de quoi lever quelques incompétences, inconstances et autres comportements inadaptés, non ? 

Mais enfin, existent-ils des bouchers ou des boulangers bénévoles, des caissières bénévoles, des conducteurs de trains bénévoles, etc.....

 

 

Oui, Marcel, probablement pas à Cabourg évidemment, mais, pour avoir pas mal oeuvré dans l'associatif, je peux te dire que quand tu tiens une billeterie de foot de village, ou la trésorerie d'une association en général, quand tu tiens dans une kermesse tel ou tel stand de bouffe, ou que tu participes, comme je l'ai fait, à la reconstruction d'un vieux four à pain et que tu y fais du pain (que tu manges après), ou que tu participes en Bretagne à "un repas de cochon" (ou on commence tôt le matin par tuer le bestiau qui hurle pour en  bouffer les tripes quelques heures après...), tu t'approches de tout cela. Je me suis mème laissé dire que certains petits trains touristiques à très courts trajet du sud de la France, étaient conduits par des associations de passionnés, avec la bénédiction de la SNCF. De mème quand tu vas benevolement sur les routes apporter ton aide dans le cadre du secours civil lors d'accidents graves, etc...

 

Je ne suis jamais devenu boucher ni caissière, mais j'aime bien le cochon et les jolies caissières, comme tous les vieux cochons... :flowers:  

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Roooo... Que de souvenirs rejaillissent à la lecture de cette Charte que j'ai connue par coeur... :heart:


 


Je l'avais récupérée grâce à ma BDP (merci les BDP !!) et j'avais passé un certain temps à convaincre le DGS et le Maire que son adoption officielle était une condition sine qua non au bon fonctionnement de leur bibliothèque communale. Les bénévoles, qui signaient cette charte contresignée par le Maire, étaient ainsi reconnus officiellement, ils étaient assurés pendant leur temps de travail et pour les formations qu'ils étaient amenés à suivre. Cela me tenait à coeur, et a bien fonctionné.


 


Alors quand je parle du statut des bénévoles, je parle de ce statut charté, reconnu, validé. Qui a le grand mérite d'exister pour faire reconnaître leur travail.


Il reste qu'un bénévole est inconstant et incompétent, tout simplement parce qu'il ne fait (presque) jamais 20h par semaine toute l'année, tel un agent à mi-temps, et qu'il ne peut avoir qu'un aperçu partiel du métier, alors qu'un professionnel dans une petite structure aura toujours une vision très large - oui, je pars de postulat que nous parlons d'une petite structure, puisqu'elle "embauche" des bénévoles.


 


Suis-je dure ? Oui, sans doute. Mais je ne crois être ni injuste, ni méchante. J'ai compté sur le travail que les bénévoles fournissait, j'ai reconnu leur investissement, leur bonne volonté, leurs progrès ; cela m'a fait chaud au coeur de les voir apprendre à manier la souris, le SIGB, et même à cataloguer, tant bien que mal, mais avec pugnacité. :wub:


Il n'empêche que je reste persuadée que travailler avec des professionnels formés et durables permet de rendre de bien plus grand services à la population, d'être plus réactifs et plus adaptables.


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Il existe aussi des professionnels inconstants et incompétents !

Ne généralisons pas les clichés !

 

Sans vouloir être pédant, mon cher Marcel, un cliché est évidemment généraliste puisque cette figure de style, s'appliquant à de plus de plus de choses, est devenue par suite  un stéréotype, un poncif, un lieu commun. L'emploi des deux termes dans la mème expression crée donc une certaine redondance, voire davantage . En effet,et  je suis confus de vous l'annoncer, mon cher Marcel: vous  faillites tomber dans le pléonasme. Condoléances.

 

Pour revenir à nos broutilles bouillesques, je dois dire que l'idée de travailler avec quelqu'un qui peut vous annoncer un matin" je ne viens pas aujourd'hui, j'ai rendez-vous pour une permanente chez ma coiffeuse" m'a toujours terrifié. L'idée qu'on puisse partager, voire se reposer sur une personne qui n'a aucune obligation d'être là est pour moi impensable. Par contre elle peut avoir des compétences , et le fait  qu'elle fasse 12 ou 20 heures (on peut faire beaucoup de choses en peu de temps) n'est pas une question, on peut être formé, motivé et bénévole; Et adaptable, bien sûr (sauf à un certain âge peut-être, quoi que...)

 

Dailleurs  Bouille ne nous dit-elle pas elle-mème: "J'y ai appris le sens du service public" ! Ce n'est pas rien comme affirmation ! C'est un aveu ! Si Bouille exerce aujourd'hui son métier avec conviction c'est par le fait d'avoir commencé avec des bénévoles !

 

Donc il ne resterait que cette "inconstance". Manque d'assiduité dirait-on dans la fonction publique ?. A moins que Bouille n'ait voulu utiliser ce mot pour signifier autre chose .

 

La question du fait qu'elles participent à la déprofessionnalisation de notre pauvre métier, déja considéré comme bien peu professionnel par beaucoup, est à la fois une évidence économique et culturelle, mais elles n'y sont pour rien, au fond. On leur reprocherait quoi, finalement, sinon de n'avoir precisement pas avoir voulu en faire leur métier ? Ce serait stupide.

 

Elles viennent nous piquer notre pain quotidien ? Sauf que sans elles, pas de pain, parce que pas d'embauches, donc pas d'équipes, et pas de boulot parce que pas de structures. La preuve est donnée par la chronologie des faits :  En zone rurale, les vraies, celles où tu t'embourbes avec ton 4x4 de chez Cabourg-Automobiles, Marcel, je peux te dire que l'on ne crée des Points-Lecture que si on a d'abord trouvé un noyau de bénévoles, avant mème de penser aux locaux, au budget, au dossier à monter avec la BDP etc...Le noyau sinon rien. Et si tout marche bien, on verra plus tard, à embaucher un C pour les "encadrer".

 

Et cette chronologie veut dire beaucoup de choses.

 

"Une aide précieuse ou un mal nécéssaire " : les deux, bien évidemment, et ce n'est pas une boutade. A chacun de définir une fois de plus le rapport benéfices-risques par rapport à sa propre situation je suppose. Si tu es seule, une bénévole apportera forcément une plue-value, mème si c'est pour passer le balai, ce n'est pas la question. (par contre ça risque de devenir la question de la bénévole assez vite...)

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D'accord AgoraFerris ! :)

Bon et bien je prends mon Aston Martin pour la garer avenue d'Iéna

parce que les zones rurales c'est la zone ;-)

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C'est joli, les "broutilles bouillesques" ! :)


 


Etonnamment, Ferris, je suis d'accord avec toi. Bien sûr qu'un bénévole "peut". Il peut, il fait, souvent ; mais il ne doit rien à personne, si ce n'est à lui-même.


Et, oui encore, notre métier existe parce que partout en France, il y a des bénévoles qui sont à l'origine de tout.


 


Les bénévoles, l'origine du monde selon les Bibliothécaires (rien à voir avec celle de Courbet, notez bien).


 


Tout cela est indéniable.


Tout comme je déplore le fait que nous dussions en passer par le volontariat pour faire tourner les bibliothèques de France et de Navarre. Parce que, comme Ferris le dit si bien, cela encourage une vision amateuriste de notre métier par le grand public, et plus particulièrement les élus. Je me suis battue comme une folle, à travailler sans compter mes heures, à me rendre malade, pour faire reconnaître mes compétences et mon expertise auprès de gens qui me considéraient comme une gamine écervelée. Je n'oublierai pas cette humiliation constante et quotidienne, bien heureusement contrebalancée par le contact avec le public. Il ne s'agit pas d'une revanche gratuite, mais bien l'expression d'un malaise profond et malheureusement récurrent dans notre métier.


 


J'aimerais que les bénévoles et ceux qui travaillent avec s'expriment sur ce fil. Tiens, au hasard... M. Majour !


Mon introduction était volontairement provocatrice - Ferris, sort de ce corps ! :tongue: - mais le sujet appelle réellement le débat avec toutes les personnes concernées.


 


Bon, le débat pourrait être houleux. Je compterai les points et verrai qui atteindra le premier le point de Godwin... :shifty:


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"Je me suis battue comme une folle, à travailler sans compter mes heures, à me rendre malade, pour faire reconnaître mes compétences et mon expertise auprès de gens qui me considéraient comme une gamine écervelée. Je n'oublierai pas cette humiliation constante et quotidienne"


 


J'ai un problème quand je lis ça. C'est du vécu, du ressenti. Je respecte. Tu as dû en baver. Mais ça me met mal à l'aise...


 


Par ailleurs je  n'ai jamais travaillé avec des bénévoles, mais j'en ai cotoyé dans d'autres structures et je sais le poids (économique et politique)  considérable qu'elles peuvent avoir au niveau d'un territoire, d'autant plus qu'elles sont soutenues à fond par les élus.


 


Elles peuvent devenir un facteur d'immobilisme très étonnant, comme le contraire. Dans mon réseau des bénévoles se sont battues depuis des années pour être informatisées alors que d'autres, dans des villages voisins et somme toute identiques, ont fait front pour ne pas l'être et ont menacé (et je pèse mes mots) de quitter leur structure si cela arrivait. C'est effrayant de penser que le niveau de la lecture publique de tout un territoire peut dépendre, et pour longtemps, de ces personnes. 


 


J'ai refusé un poste, une création, dans un département voisin il y a des années parce que le Maire voulait absolument conserver ses bénévoles de l'ancienne stucture dans la nouvelle. En fait je me demande toujours s'il n'avait pas peur d'elles...


 


Et pourtant, c'est étonnant mais dans ma vie non-professionnelle, je n'ai cessé de travailler avec des bénévoles, et j'en ai été un moi-mème. Aucun problème. Que du bonheur, comme on dit. Je me suis fait plaisir. Et on doit être nombreux dans ce cas là.


.


Je reste persuadé que la question générale du bénévolat (pourquoi on fait du bénévolat, du volontariat..) est très complexe et pas forcément toujours à l'honneur de ceux qui en font, ou du moins, relativisons, pas toujours en adéquation avec les arguments qui sont donnés: je rends service


 


L'altruisme ? Toute la question est là . Comme disait Jean Rostand, l'altruisme est souvent un alibi. Il faut donc creuser ça.


 


Retournons un peu les choses : ces bénévoles qui t'ont humiliée, ont-elles eu un comportement altruiste avec toi ? Est-ce que finalement ce n'est pas toi qui était perçue comme celle qui venait leur prendre leur job ? Si elles avaient eu envie ou besoin de tes compétences, t'auraient-elles accueillie comme cela ? Et  si oui, pourquoi ne veulent-elles pas acquerir de compétences ? Chez moi, pratiquement aucune ne veut signer cette Charte, parce qu'elles veulent "garder leur liberté" ? Qu'est-ce que ça veut réellement dire ? Que sont ces volontaires altruistes qui n'auraient jamais besoin de rien ni de personne ?


 


Ou est-ce que ce n'est pas toi qui t'es pointée comme la "madame je sais tout-je suis une pro-pas vous " et qui les as braquées ? Là, il n'y a que toi qui peut répondre...Après tout tu étais peut-être une horrible gamine écervelée, et tout et tout... :D


 


J'ai eu un copain dans les années 80 qui s'occupait de "faire le tri" dans une association en région parisienne, entre ceux qui voulaient partir en Afrique. Il leur expliquait que très peu partiraient car cela necessitait des compétences bien particulières, un caractère etc..et que la grande majorité resterait sur de la préparation logistique en France. Il ne s'agissait pas d'aller nourrir son égo en allant faire risette aux petits noirs nécessiteux. Et que certains attendraient des années avant de partir sur le terrain. Il m'expliquait que l'immense majorité des postulants se barraient dans les semaines qui suivaient...


 


Tout ça est plus compliqué qu'on ne le croit, c'est tout ce que je veux dire, et je pense que ce sujet a deux caractéristiques : d'une part il ne doit pas être traité uniquement de façon spécifique aux bibliothèques, et d'autre part, fatalement, il nous renverra à nous-mème, et parfois cruellement, à un moment ou à un autre.


 


Tu as raison de parler de Bernard, car sur ce sujet, de par son parcours, il a un pied chez le diable et l'autre chez le grand barbu. Plusieurs vies, comme les chats. Libre à lui de s'exprimer sur ce sujet évidemment, mais il ne s'agit pas d'en faire pour autant le porteur de la réponse ultime. Au contraire c'est peut-être lui qui aura le plus de difficultés à se positionner .


 


Bref, comme disent les gens qui ont tendance à faire long, si on veut vraiment aller au fond, on n'est pas sortis de l'auberge.


 


Je te laisse, parce que j'entend un bruit...Je crois que Marcel vient de crasher son Aston Martin contre ma fosse à purin ! Il a dû glisser sur une bouse de Caribou...c'est pas les mème qu'Avenue d'Iéna. :drool:


Modifié par Ferris
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Les bénévoles en bibliothèque sont-ils une aide précieuse ou un mal nécessaire ?


Bonjour Bouille

Voilà une bonne question.

Je te répondrai, c'est comme pour le reste. Tout dépend de l'engagement de la personne bénévole.
Dans les repas de fêtes pris en commun, tu as le pique-assiette et celui qui oeuvre au service.

 

Tu as aussi celui qui a des idées propres, comme de vouloir ranger les documents par taille ou par collection (autre classification possible) plutôt que par auteur ou cote Dewey.

Parce que sa vue, comme tu le dis, est parcellaire.
Il n'imagine pas que les usagers vont passer d'une bibliothèque à une autre.
Ne voit pas qu'il est possible d'échanger avec d'autres bibliothèques, BDP (cotation différente), etc.

Je note la réponse stéréotypée de Ferris sur la bénévole qui ne vient pas à cause d'un rendez-vous chez le coiffeur.
Non, Ferris, elle ne vient pas parce qu'elle a oublié, tout simplement, que c'était sa semaine. ;-)

C'est pourquoi on travaille en binôme avec des bénévoles.
C'est pourquoi, je suis toujours là en binôme avec les bénévoles "fragiles". Celles qui oublient, celles qui sont malades (oui, il y en a), celles qui recherchent du boulot et viennent se ressourcer à la bibliothèque (parce que l'ANPE ne soutient pas les gens, elle les enfonce).

Tu sais, on a vite fait le tour des engagements.
Dans les bénévoles, tu as ceux/celles qui veulent avancer, qui sont fiables, qui sont force de proposition (= prêts à mettre la main à la pâte, qui reste après les autres pour finir, etc.). Et ceux/celles qui viennent pour être ensemble, pour partager quelque chose, mais ça pourrait tout aussi bien être dans une autre association.

Et, chacun de ces instants, tu peux les connaître toi-même dans ta vie de bénévole.
Oui, même le retard ou l'oubli de la bibliothèque (quand absorbé dans un bon livre, j'ai failli être en retard à plus d'une occasion et je l'ai même été de cinq minutes avec les scolaires.) Mon binôme était là, prêt à les accueillir.

Le binôme, c'est du management.
Ça permet aussi d'intervenir sur tout incident ou d'aller chercher des documents pour les enfants pendant que l'autre reste à la banque de prêt.

Même au tout début de la bibliothèque, on a travaillé en binôme, pour être sûrs de pouvoir faire face. Avec l'habitude, les membres du CA (conseil d'administration) ont pu travailler seuls et/ou épauler les bénévoles moins engagés/débutants.

En cas d'empêchement, on se prévient. Comme on prévient son employeur en cas de maladie. Simple comme un coup de fil, sans certificat médical à fournir. :-)


A ce moment-là, nous étions plus qu'une aide précieuse, nous étions la seule aide, les seuls à travailler au service bibliothèque.
Sans nous, pas de service bibliothèque.

Et de poste C, il ne fallait pas l'envisager avant un moment.
(A ce sujet, je me demande d'ailleurs quand, avec quelle masse critique d'employés municipaux, on peut envisager la création d'un poste de bibliothécaire ? Un pour cinquante, un pour cent ?)


Qu'est-ce qu'un professionnel apporte en plus ?

Un meilleur travail ?
Je ne suis pas aussi catégorique sur le sujet.

Je dirai qu'il est engagé. Dans tous les sens du terme.
Ça modifie la donne à ce niveau, sans que la qualité du travail ne change.

Engagé, ça veut dire :
- stabilité de présence auprès de la population,
- référent métier auprès des autres professionnels (même non bib),
- augmentation des heures d'ouverture et fiabilité des horaires,
- inscription du travail dans le temps (investissement en heures, avec l'obligation/l'intérêt d'aboutir le travail : heures sup, travail chez soi, réflexion sur le métier, recherches d'information)
- vision de l'avenir et objectifs dégagés. On peut engager des actions à long terme et savoir qu'elles vont aboutir, parce qu'on est engagé.

Est-ce que le travail est meilleur, ou bien est-ce les conditions de travail qui le sont ?


En tant que bénévole, la bibliothèque n'était pas ma seule activité, embauché, elle l'est devenue. Mon implication est donc plus grande, et elle se justifie.

Même si (cf. fil sur le management http://www.agorabib.fr/index.php/topic/192-question-de-management/), l'engagement peut ne pas être ou ne plus être identique pour tous les professionnels. Comme celui des bénévoles.

Pour moi, il est évident que l'engagement est la clef d'un bon travail.

Les bénévoles qui se lancent dans la formation BDP sont plus engagés que les autres. Je le constate depuis des années.

Même si, oups !, dans mon cas, je me suis autoformé et je n'ai suivi la formation BDP que tard.
L'occasion de rencontrer des bénévoles engagés, dont une bonne moitié sont maintenant professionnels. Il n'y a pas de secret, un meilleur travail, c'est une question d'engagement.

Et c'est sûr des professionnels sont plus engagés.
Ils n'ont pas peur du changement, ça fait partie de leur métier. (= ils n'ont pas le choix, sauf à ne plus assurer leur métier)
Ce changement, ils doivent l'envisager et prendre les devants... quitte à renoncer à leurs automatismes et habitudes. Ce qui n'est pas toujours agréable. Mais c'est le métier.


Pour des bénévoles, renoncer au changement, c'est tout à fait possible.
Surtout quand elles sont seules/isolées, et il faut vaincre les peurs, savoir former les gens.

Former les gens à la pratique mais aussi à s'accorder plus de confiance en eux, ce qui ouvre bien des opportunités. Savoir utiliser un ordinateur, ça peut paraître inutile à des mamies bénévoles en bibliothèque, sauf si on débouche sur l'utilisation d'Internet à la maison, à la communication avec les petits-enfants. Il faut que ça s'inscrive dans un contexte plus large.

Idem pour les autres formations, elles n'ont pas un unique débouché métier. Ou ne devraient pas avoir cette seule orientation.
Mais ça oblige le formateur à réfléchir au-delà de la formation qu'il dispense, à interconnecter les possibilités.  (j'ai effectivement eu plusieurs vies ; en informatique la palette est large. Savoir créer des modes d'emploi, ça ouvre la porte de la formation.)

Interconnecter les possibilités, c'est aussi une tâche de bibliothécaire.


Un ou une bénévole qui ne voit qu'une petite partie de la bibliothèque (couverture, rangement, prêt des documents) n'a pas cette vision plus en hauteur.

Comme bien des catégories C, petites mains de la profession dans les structures plus importantes. Et ils n'ont pas accès à cette vision.


Un mal nécessaire ?

Comme ceci ? :
"La question du fait qu'elles participent à la déprofessionnalisation de notre pauvre métier, déjà considéré comme bien peu professionnel par beaucoup, est à la fois une évidence économique et culturelle, mais elles n'y sont pour rien, au fond."

Bien, comme je l'ai expliqué à mes élus, en détaillant par le menu toutes mes tâches, les gens n'ont aucune idée du travail d'un bibliothécaire.

Mais vraiment aucune.

Je ne compte pas le nombre de fois où on me dit, où on m'a dit : "Vous ne vous ennuyez pas ?"

Vous savez pourtant tous que nous, bibliothécaires, sommes à la bibliothèque pour lire. Et qu'on se tourne les pouces en attendant le client. :angel:

Allez, c'est bien l'image que donne les professionnels. Le nez dans un bouquin ou alors à regarder le client arriver pour lui dire bonjour.

Voilà ce que les gens retiennent de nous. On ne fout rien.
C'est la vie cool...

Des bénévoles peuvent le faire.

Maintenant, quand on donne un peu les chiffres.
Tant de minutes pour choisir les livres, tant de minutes pour amener un livre du magasin en rayon (1 heure), et je vous en passe. Les élus découvrent soudainement que le bibliothécaire n'a pas le temps de lire, qu'il bosse et qu'il fait des heures sup.

Vous voulez un simple exemple : demain, votre bibliothèque brûle de fond en comble. Combien de temps vous faut-il pour reconstituer le fonds, (même si on vous donne des murs neufs, et tout le budget nécessaire) ?

Avec mes bénévoles, 3 ans. Tout seul, 25 ans. (tout en assurant le même service)

Quand c'est arrivé à une collègue dans le village à deux pas de chez moi, les élus ont compris là aussi. Tout n'a pas brûlé, heureusement, mais quand même, l'effet d'annonce était là. Et elle n'avait pas de bénévole. Chaque document a une valeur en temps, et une valeur incompressible.

Plusieurs projets de mise en ligne d'archives, qui ont pris en compte l'apport des bénévoles, ont vu le temps de mise en ligne passer de 3-5 ans à... 8-10 mois.

Une gestion intelligente du temps bénévole permet ce genre de réalisation.

Et si ça s'arrêtait là, mais les bénévoles sont aussi un lien avec la population, elles peuvent dire ce qui se passe à la bibliothèque, ce qu'elles y font. Et elles ne sont pas là pour lire, mais pour bosser. Elles voient aussi la face cachée de la bibliothèque, les moments où le lieu est fermé, mais où tout le monde travail au rangement, au désherbage, au pilonnage, etc.

On n'est plus dans un mal nécessaire, mais dans un regard citoyen sur l'activité de la bibliothèque.

Les petites mains sont aussi les petites bouches, et tout autant les grands yeux sur ce que je ne peux pas voir, ni entendre.

Pourquoi croyez-vous que se montent des clubs de lecture ?
Bénévoles les lecteurs, ou payés ?

Pourquoi croyez-vous que la BNF ait son "Association des amis de la Bibliothèque nationale de France" (http://www.amisbnf.org/)

Et si même on regarde Agorabib, ou l'ABF, on s'aperçoit de la force des bénévoles.
De ce que nous pouvons réaliser en tant que bénévoles.


Moi, Agorabib me donne déjà la réponse à :
Les bénévoles en bibliothèque sont-ils une aide précieuse ou un mal nécessaire ?

Oui, Agorabib, l'ABF, c'est inclusif. C'est large.
Mais on touche au noeud du problème.
Pourquoi on est tous là à participer bénévolement ?

Sommes-nous un mal nécessaire à la profession ? ;-)
Ou une aide précieuse ?

Autant de réponses possibles que de bénévoles en bibliothèque physique.


Ferris renchérissait dans ton invitation Bouille : "Libre à lui de s'exprimer sur ce sujet évidemment, mais il ne s'agit pas d'en faire pour autant le porteur de la réponse ultime."

Je n'ai pas de réponse ultime, je suis en recherche de réflexions et d'idées, de pistes à explorer.
La réponse ou "Une" réponse dépend autant de son propre parcours, que des circonstances de la vie.

Je parle de mon expérience parce que je sais piocher partout, même dans celles des autres pour expérimenter les choses à mon niveau.

Une question ouvre la voie aux recherches et aux idées.

Des mots m'interpellent.

"gamine écervelée".
"Je n'oublierai pas cette humiliation constante et quotidienne"


Parce que, jeune, tu as voulu pousser la charrue plus vite que la musique ?
Parce que tu es venue troubler le jeu des "grands" sans jouer avec leurs billes ?

Je suis curieux.
Et si j'ai une réponse ultime à donner, c'est ma curiosité, mon envie de savoir(s), de découvrir des choses et de mettre en phase des possibilités.

C'est peut-être pour ça que je suis long dans mes réponses. Je cherche.

Bien cordialement
  Bernard Majour
 

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Je ne contesterai pas les propos de Bernard, puisqu'il a un vécu direct la-dessus, moi pas.


 


Mais je me rends compte qu'on a pas précisé qu'il y a deux situations "statutaires" différentes, à ne pas mélanger : d'une part les bénévoles qui oeuvrent seules (aidées de loin en loin par des agents de la BDP, surtout au moment de la création) dans un village, et d'autre part celles qui sont intégrées comme main d'oeuvre principale dans une bibliothèque tenue par (au moins) une salariée.


Cela donne des situations différentes, au départ comme à l'arrivée.


 


Dans le premier cas, pas de management, pas de binôme, pas de progression possible sauf si elle est auto-produite par le groupe  (qui est d'abord un groupe relationnel et affinitaire où l'engagement est de la forme 2 décrite par Bernard "ceux/celles qui viennent pour être ensemble, pour partager quelque chose, mais ça pourrait tout aussi bien être dans une autre association.). Dans ce cas, elles ne sont pas un "lien avec la population" elles sont la population. Et elles developpent leur vision propre de ce qu'est ou doit être une bibliothèque (point-lecture, bibliothèque-relais selon la terminologie ADBDP, peu importe en fait). Pour avoir discuté avec certaines je peux dire qu'elles propagent plutôt l'idée déja présente dans la population, bien décrite dans "Voilà ce que les gens retiennent de nous. On ne fout rien.C'est la vie cool...Des bénévoles peuvent le faire." et "A ce moment-là, nous étions plus qu'une aide précieuse, nous étions la seule aide, les seuls à travailler au service bibliothèque.Sans nous, pas de service bibliothèque." Elles n'équipent pas, ne cotent pas, ne réparent pas (livres fournis et en rotation), sont ouvertes entre 4 et 6 h par semaine et oeuvrent sur des chiffres variant entre 40 et 100 inscrits. Il est très difficile de communiquer professionnellement avec elles. J'ai remarqué une chose étonnante: elles ne communiquent pas entre elles d'un village à l'autre. Je vois ça comme un monde fermé, clos. Sans aucun problème pour nous, ce sont deux mondes qui se côtoient mais ne rendent pas le mème service. L'un est axé sur un objectif de convivialité de proximité, l'autre accueille un lectorat dans un cadre professionnel normalisé. D'ailleurs les "lecteurs" de ces villages viennent chez moi, les autres restent là-bas. Complémentarité finalement. Les problèmes peuvent survenir au coin d'une conversation quand certaines se comparent à nous, se "pensent" bibliothèque au sens plein du terme, et peuvent mème trouver un peu étonnant que nous puissions être payés pour faire non pas ce que nous faisons et qu'elles ignorent, mais ce qu'elles font, elles. Et dans ce cas elles ont raison, bien évidemment...


 


Le deuxième cas, hybride,  est celui décrit par Bernard et Bouille, avec une vision très différente pour chacun, mais où l'encadrement et le suivi paraissent  fondamentaux, le contexte professionnel, et les flux plus importants. L'engagement idéal serait donc en théorie de la forme 1 "ceux/celles qui veulent avancer, qui sont fiables, qui sont force de proposition (= prêts à mettre la main à la pâte, qui reste après les autres pour finir, etc.). Ca c'est le monde des bisounours, l'idéal reconstitué. Evidemment, en vrai,  je suppose qu'on trouve les deux types de bénévoles dans chaque situation. Et après c'est une question d'équilibre sans doute


 


Chez nous, au niveau départemental, on constate une baisse du nombre de bénévoles ces dernières années, dans les deux cas. La plaisanterie en off consiste à dire que, vu leur âge, c'est la sélection naturelle qui joue...etc. On constate aussi une baisse des demandes de formation en BDP, demande déja très très basse, et le refus de signature de la Charte, que j'ai déja signalé.


En fait on ignore pourquoi cette baisse et on ignore aussi pourquoi il ne semble pas y avoir de relève. Si quelqu'un pouvait avoir un retour sur ce dernier point ça m'interesserait.


 


Il y a quelques années dans un de ces villages une bénévole particulièrement active et dynamique, demandeuse d'une professionnalisation de "la lecture publique", au point qu'elle portait quasiment seule le poids de la structure au milieu de conviviales papoteuses, a demandé au maire d'être rémunérée sur un mi-temps. Devant le refus, elle est partie. On m'a dit que le maire avait surtout peur que, devenue salariée, elle ne casse "l'esprit". D'autres murmurent que ça lui aurait donné un statut de "cheffe", et d'autres enfin que c'était par pure radinerie et peur de ses exigences car la dame était du genre réclamations... Et que croyez-vous qu'il arrivât, braves gens ?


 


 Réponse 1 : Une bonne partie des autres bénévoles l'ont suivie et la bibliothèque a des problèmes depuis.


 Réponse 2 : La bibliothèque a fermé ses portes 6 mois après et a réouvert avec une professionnelle à 80%


 Réponse 3 : La bibliothèque n'a rien changé et se porte bien d'après ce qu'on sait


 


A la dernière "fête des voisins" de mon village, j'ai rangé les chaises à la fin du repas avec une dame qui maugréait tout bas que c'étaient toujours les mèmes qui rangeaient les chaises. Je lui ai demandé pourquoi elle continuait. Elle m'a dit qu'il fallait bien que quelqu'un le fasse et que, de toutes façons, elle n'aimait pas regarder les parties de boules...


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Merci Bouille d'avoir ouvert ce sujet, j'avoue que je me sens concernée : je suis en charge de la création d'une petite bibliothèque municipale, qui ouvrira en début d'année prochaine. Je serai la seule salariée (à plein temps, catégorie B), et des bénévoles viendront me prêter main-forte. 


Pour le moment, une petite dizaine de personnes se sont manifestées (dont deux bénévoles qui gèrent actuellement la bibliothèque du village, avec environ 45 lecteurs inscrits...). 


 


Nous prévoyons de leur faire signer la charte fournie par la BDP, et de suivre tous ensemble la formation initiale de 4 jours, à l'automne normalement. L'objectif étant qu'ils se sentent pleinement intégrés à la fois dans la future équipe que nous allons former, et dans la gestion de la future bibliothèque. 


 


Aussi, si d'autres personnes ont déjà travaillé (ou travaillent actuellement) dans des conditions similaires, je serai ravie de lire vos ressentis, vos retours d'expérience, vos bons et vos mauvais moments!


 


Merci d'avance!


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Bonjour,


 


Je suis bénévole dans une petite bibliothèque publique mais j'ai été longtemps, jusqu'aux ravages du chômage, documentaliste.


Je suis frappée par les remarques méprisantes de certains. Certes je maîtrise SIGB et souris de par mes anciennes fonctions mais les bénévoles sont tout à fait à même d'apprendre.Du moins est-ce le constat que je fais autour de moi. En outre pour ce qui est de leur assiduité, c'est bien la première fois que je lis qu'on vous a préféré un rendez-vous chez le coiffeur. Oui ça me désole moi aussi de lire une chose pareille mais les bénévoles n'ont pas le monopole de la désinvolture.


Peut-être certains ont tendance à croire que puisqu'il n'y a pas de contrat et pas de salaire, on peut tout se permettre?...


Quelque soit les associations, les bénévoles sont en général très impliqués.


 


Merci d'avoir pointé la question suivante :  existe-t-il d'autres secteur professionnels avec un si grand nombre de bénévoles?Donc quelle idée les instances publiques se font-elle des bibliothèques et de leur besoin.


 


 


Vous n'êtes pas le sel de la terre, Bouille et compagnie (toutes les personnes ayant répondu à ce sujet ne sont pas inclus dans ma formulation bien sûr), et vos compétences techniques, vos "savoir-faire" ne font pas de vous des êtres meilleurs.


 


Bonne journée à tous


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@Dharma

Bonjour

N'y vois pas de mépris... c'est juste de la peur.
Le cas cité par Ferris est extrême, et je n'ai jamais connu d'excuse aussi bidon.
Les gens oublient ou, à la rigueur, ne viennent pas sciemment.

Cas que j'ai connu, sur 60 bénévoles, 1 seule n'est pas venue par deux fois sur un temps scolaire. Parce qu'elle ne savait pas comment dire : je veux m'arrêter.

Il suffisait de dire : je ne peux plus venir, désolé. Mais c'était trop dur pour elle dans ce cas.
On lui a proposé de finir l'année, les deux dernières séances pour qu'elle ne reste pas sur une mauvaise impression. Et elle a terminé son année.

La charte, c'est bien.
Mais c'est tous les ans que les bénévoles devraient la signer. Il s'agit d'un engagement sur un an que l'on s'engage à respecter (dans la mesure du possible, et puis un professionnel peut tout aussi bien partir de la même façon. La seule différence : le préavis. Un bénévole peut tout aussi bien dire qu'il déménage ou qu'il reprend du travail et indiquer son préavis. Cf. Article 9 de la Charte, mais tu remarqueras que, à aucun moment, on ne dit le bénévole peut cesser son activité.)


La peur, tu la retrouves aussi chez les Bdpistes. Pas facile de se dire que, sur un coup de tête ou suite à un conflit interne, tout ce qui a été construit avec les bénévoles peut s'écrouler.
C'est un peu comme quand un usager disparaît dans la nature avec tes livres.

On est au même niveau de crainte.
Ça peut arriver.

Dans l'exemple de Ferris, on a la preuve que ça arrive.
J'en ai aussi eu la preuve.

Avec un professionnel en fonction, on se dit que les élus vont embaucher quelqu'un d'autre, pour continuer le service. La situation est plus fiable. D'un potentiel plus fiable.


Ce qui ennuie aussi les professionnels, c'est que les bénévoles peuvent refuser leurs services.
Vivre en autonomie. Refuser cette ingérence étrangère de ceux qui savent.

Là, c'est agaçant, pour un professionnel.

Ce n'est pas du mépris, c'est de l'agacement. :wink:

Oui, c'est vrai aussi, les bénévoles communiquent peu entre eux.
Mais, c'est tout à fait pareil avec les professionnels. Je le vis au quotidien, et si je n'avais pas suivi la formation BDP pour découvrir les collègues (maintenant pro) des communes voisines, des contacts, il n'y en aurait pas.

On a du bol, avec Agorabib (ou biblio.fr), on rencontre enfin des collègues.

Bien cordialement
  B. Majour
 

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"En fait on ignore pourquoi cette baisse et on ignore aussi pourquoi il ne semble pas y avoir de relève. Si quelqu'un pouvait avoir un retour sur ce dernier point ça m'intéresserait".

Je pense que c'est général.

Comme je l'ai précisé dans un autre fil, les bénévoles sont, en général, engagés dans plusieurs autres associations. Le maillage est fort. (surtout à la retraite... Ne prenez pas votre retraite, vous travaillerez plus qu'en activité, sans aucune excuse pour vous défiler ! :-) )

Mais il y a bien une baisse général du bénévolat d'après ce que j'entends.
(Encore que, on est toujours le même nombre après plusieurs années de fonctionnement.)


Peut-être pour les raisons suivantes :
Mais, les associations ont toujours besoin de plus de bénévoles et de bénévoles de plus en plus compétents.

https://www.associatheque.fr/fr/guides/benevolat/faq-associations.html

Pouvez-vous expliquer la baisse des bénévoles ?

Il n’y a pas baisse du nombre de bénévoles. C’est une idée reçue ! Selon les travaux du CNRS-Matisse (V. Tchernonog), il y aurait même augmentation régulière de 3 à 4 % par an…au même rythme que la croissance des associations. Donc, en moyenne, il y a toujours le même nombre de bénévoles dans chaque association (une douzaine).

Mais, les associations ont toujours besoin de plus de bénévoles et de bénévoles de plus en plus compétents. Il s’agit donc d’une "ressource", non pas rare, mais insuffisante et qui le restera toujours. Donc, il y a de fait concurrence entre les associations à l’égard de cette ressource… et les bénévoles choisissent l’association qui leur convient, dans laquelle ils se sentent bien, d’où la très grande importance que France Bénévolat accorde à une meilleure gestion de cette ressource (voir études sur www.francebenevolat.org et offre de formation pour les responsables associatifs).

Par ailleurs, il est indispensable de comprendre qu’on "s’engage autant aujourd’hui qu’il y a 50 ans" mais pas de la même façon. Les responsables associatifs qui ne veulent pas comprendre la profonde évolution sociologique du bénévolat et des bénévoles prennent le risque de ne pas en trouver et de ne pas savoir les fidéliser.

Enfin, s’il est abusif de parler de "crise du bénévolat", on peut légitiment parler de "crise du renouvellement des dirigeants associatifs". Ce n’est pas le même problème, mais il est souvent confondu dans les représentations des dirigeants associatifs. Sur ce sujet spécifique, voir étude de France Bénévolat de 2007 ou rencontrer le Centre France Bénévolat le plus proche pour un travail partenarial de fond.

Pour en savoir plus sur les bénévoles en France, consultez notre rubrique Etudes, onglet Bénévolat sur associathèque



Donc oui, le métier se spécialisant (informatique nécessaire et quasi obligatoire), le nombre de bénévoles non formés va diminuer.
Si on passe au document dématérialisé, les bénévoles vont aussi perdre de leur intérêt.
De petites mains, il n'y aura plus/moins besoin... mais de petites bouches et de grands yeux, si, et de manière démultipliée.


Pour tes questions Ferris, jouons au pronostic.

Réponse 1 : Une bonne partie des autres bénévoles l'ont suivie et la bibliothèque a des problèmes depuis.

Elle portait quasiment seule le poids de la structure. Donc cette hypothèse est peu probable.
Les bénévoles ne l'ont probablement pas suivi.
Le côté "cheffe" a aussi fait reculer un maire dans une collectivité voisine de la mienne.
Il est plus facile d'embaucher des gens extérieurs, pour éviter toute rivalité interne.

La question s'est aussi posée dans mon cas, mais il n'y a aucune raison de changer une équipe qui avance bien, sauf à casser l'équipe. Et c'est bien tombé, la présidente est devenue grand-mère, donc bien occupée à l'extérieur. Cependant son regard est toujours le bienvenu, et surtout nécessaire.

Réponse 2 : La bibliothèque a fermé ses portes 6 mois après et a rouvert avec une professionnelle à 80%

Probabilité 50 %
Peut-être même 60 à 70.

Dans ce cas, on notera toute la force du travail bénévole : la bibliothèque ne peut pas rester fermée. On se rend compte de son utilité et de son impact au niveau de la population.

Réponse 3 : La bibliothèque n'a rien changé et se porte bien d'après ce qu'on sait

Probabilité 50 %. Les cimetières sont remplis de gens indispensables.  :)

Même si le "bien" peut recouvrir plusieurs aspects.
Et le chute de l'engagement peut prendre du temps à se manifester.
Cependant, avec une "cheftaine", cette chute n'est pas évidente. Un changement de gestion peut ne rien changer au bout du compte


De la doc sur les bénévoles, avec statistiques à l'appui.
http://recherches-solidarites.org/media/uploads/lafrancebenevole2012.pdf
 

Bien cordialement

  B. Majour

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Perdu. C'était la réponse 3, malheureusement. (mais tu n'étais pas loin car la réponse 2 s'est produite ailleurs dans un autre contexte, plutôt volontariste de la part des élus); Car comme tu dis, le "bien" peut recouvrir des réalités différentes. Les compétences et la motivation de cette personne n'ont pas été regrettées. Elle dérangeait en fait. Et le fait de demander une rémunération comme juste reconnaissance de ses efforts était simplement impensable.(ça nous renverrait aux discussions sur le management qui, dans le public, ne peut valoriser correctement etc...). Le village a retrouvé sa quiétude (l'histoire avait fait du bruit dans les chaumières à l'époque), c'est le principal, je suppose...Je reconnais par ailleurs n'avoir aucune information sur la situation actuelle de cette structure.


 


"N'y vois pas de mépris... c'est juste de la peur."


 


Vrai, nous avons peur, (et pas seulement de l'absence pour cause de coiffeur bien sûr, arrête avec ça, ça devient lassant, merci.) mais c'est bien plus profond. Et à juste titre, car nous savons que le bénévolat (compétent ou non) est pour certains élus la réponse unique, évidente, la seule économiquement acceptable, et professionnellement suffisante. Et je ne suis pas sûr que la qualité de l'engagement des bénévoles règlera ce problème. Nous n'avons pas peur des contrats aidés de toutes sortes, parce que nous savons qu'ils sont le signe que l'élu reste dans une démarche de reconnaissance professionnelle du métier. Souvent ça se terminera par une titularisation, c'est du moins ce que j'ai observé chez nous. Salarié au début, professionnel ensuite. Il y a une cohérence. Se tourner vers le bénévolat, c'est perçu comme un basculement définitif de la mentalité de l'élu dans une non-reconnaissance de ce métier. Et il est naturel que ça nous effraie. Nous sommes une profession qui lutte depuis 40 ou 50 ans pour se faire reconnaître (comme d'autres filières, je pourrais parler de la filière animation par exemple), il faut le comprendre. Et que dire des discothécaires...les pauvres.


 


Alors quelque part le bénévolat comme réponse, c'est une gifle. 


 


Mais, et je l'ai déja dit, les bénévoles n'y sont absolument pour rien.


 


On ferait bien de reprendre un par un les articles de la Charte. En fait, ils sont très très exigeants en matière de compétences, formation et engagement. Ils ne construisent toutefois pas de logique : on a l'impression que les compétences sont là au départ, alors qu'en fait elles ne seront données que par l'engagement de formation professionnelle (droit et devoir) ET l'acceptation d'être encadrées.


 


Or, pour mon département cet engagement n'est pas tenu du tout. Normal, la Charte n'est majoritairement pas signée. Fait-elle peur ? J'ai déja posé la question et on ne m'a pas répondu : pourquoi refuser cette charte et ses obligations, et surtout celle-là : l'obligation de formation ? Que veut dire "garder sa liberté" (phrase réelle, entendue dans mes oreilles de Ferris) dans ce cas ? La liberté de ne pas se former ? Je ne comprends pas. Ou est l'engagement ?


  


"professionnalisme et volontariat ne s'opposent pas en matière de bibliothèques, mais s'appuient l'un sur l'autre " nous dit l'introduction du CSB. Oui, aux conditions énoncées en dessous. Sinon, c'est une formule creuse. Désolé.


 


Merci beaucoup pour le lien sur le site de France Bénévolat. Très interessant, et des chiffres récents, ce qui ne gâte rien.


 


Sur les aspects positifs du benévolat, vu par les bénévoles, donc en fait ce qui rejoint leur motivation, j'ai retenu ça :


 


Conserver une vie sociale(60%)


L'obligation de se secouer(20%)


Eviter de s'ennuyer (14%)


Cela m'évite de broyer du noir (7%)


 


"Les bénévoles impliqués dans des activités culturelles considèrent plus souvent la dimension collective comme un élément parmi d’autres que comme le déclencheur de leur activité. Ils ont en moyenne une moindre connaissance du projet associatif et mettent plus en avant le fait d’agir en se faisant plaisir."


 


@Dharma : vos "savoir-faire" ne font pas de vous des êtres meilleurs.


 


Certes, mais si l'on place tout dans l'humain, on n'est plus dans le sujet du tout. Nos savoir-faire ne font de nous que des professionnels meilleurs, en principe, mais ne nous rendent pas "bons" ou "mauvais" en tant qu'êtres humains. Par ailleurs je pourrais vous servir beaucoup de discours d'une incroyable prétention de la part de gens qui s'estiment supérieurs aux autres parce qu'ils "rendent service" gratuitement, alors que nous faisons du service public pour un salaire. L'altruiste vertueux par définition, par l'acte gratuit, vs le professionnel dont la qualité humaine serait suspecte à priori parce qu'il est rémunéré pour ça ! Nous faisons ce métier pour de l'argent, sans doute ? On est dans le religieux, là....La "bonté" serait native chez les bénévoles ?  Dailleurs, c'est écrit plus haut : Le bénévole se fait avant tout plaisir. Vous-êtes vous demandé, vous qui venez des mèmes horizons professionnels que nous, quelle difficulté il y a à conserver intact son plaisir de faire ce métier, alors qu'il est nié perpétuellement, dans sa spécificité, par la plupart de nos tutelles ?


 


Modifié par Ferris
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Tu sais, quelque part, j'ai bien l'impression qu'on se trompe de cible avec cette charte.

Ce ne sont pas les bénévoles qui devraient la signer, mais les élus !

On devrait la tourner vers les élus, et ce sont eux qui devraient s'engager.
Voilà qui montrerait la réalité du travail en bibliothèque.

Les contrats aidés, dis-tu, c'est aussi dévalorisant que le reste pour la profession.
Ça veut bien dire qu'il est possible de mettre tout le monde et n'importe qui, et en avant la musique.


Maintenant, si je regarde le tout de la position d'un élu.
Pourquoi payer pour un service qui est assuré gratuitement par des bénévoles ?

Quand c'est gratuit, l'humain saute dessus. Normal, on est dans de la gestion financière et, même si ça coûte plus cher à long terme, ce n'est pas grave, on privilégie toujours la solution la plus facile. (parce que le gratuit pur, ça n'existe pas)

Avec les bénévoles, une petite subvention et tout est dit.
C'est super économe. (et dans les petites communes, l'argent est souvent un facteur déterminant)

Ecole de musique, école de sports, autres animations... combien sont assurées par des bénévoles ?

Je ne regarde pas la seule bibliothèque.
S'il faut payer partout, ça revient vite très cher.


Je vais aussi poussez le bouchon un peu plus loin, pour te montrer que l'agacement peut être ressenti des deux côtés.

A quel moment le travail des bénévoles est-il valorisé par les professionnels ?

Si tu n'es pas en convention avec la BDP, tout ce que tu fais n'est pas comptabilisé, et tu n'existes pas comme "bibliothèque". Tu n'apparais pas dans les listes de bibliothèques.

Je vais même te dire : tu n'as pas le bon métrage carré, tu n'obtiens pas de subventions pour t'informatiser. Tu ne rentres pas dans les clous, tu n'as rien.
Et nous avons eu de la chance de tomber à la bonne époque pour mon poste, avec un financement d'aide à l'embauche pendant trois ans, afin de pérenniser le poste.
Sans cette aide (merci la BDP), pas sûr que j'aurais pu être embauché sur 20h00.

Le regard des professionnels, c'est celui-là :
A vous de convaincre vos élus pour obtenir une embauche, à vous de pousser pour obtenir un agrandissement qui rentre dans les clous... alors qu'on est déjà bien contents d'avoir pu quitter un garage de 12 mètres carrés, pour en obtenir 120. (il en faudrait maintenant 240, si ce n'est plus, palace hôtel ? avec 4000 habitants ?)

Idem pour la création de fonds spécifiques, il faut avancer les sommes d'abord, remplir des tonnes de paperasses pour avoir l'espoir d'être éventuellement remboursé.

En clair, on ne prête qu'aux riches.
A ceux qui investissent et qui en ont les moyens.

Quant à pleurnicher auprès des élus, tu as vu ce que ça donne dans ta réponse.


Allez, un dernier truc (pour faire plus court que d'habitude :wink:  ), regarde la nomenclature des noms de bibliothèques. Bibliothèque niveau 1, niveau 2, niveau 3, point lecture et dépôt.

Si on appelle ta bibliothèque "dépôt", ça te fait penser à quoi ?
Si on appelle ta bibliothèque "point", ça te fait penser à quoi ?

Moi, ça me fait penser à dépôt d'ordures et petit point merdique.
Bien sûr, c'est tenu par des bénévoles, obligé.

Elle est là, la reconnaissance des professionnels vis-à-vis des bénévoles.
Et combien de fois ai-je entendu, dans la bouche de professionnels, les bénévoles ne devraient pas exister. (Mal nécessaire, c'est aussi ça qui est sous-entendu sous les mots)

Ce sont des mots, mais des mots qui font mal.

Là, on est bien dans le mépris.
Dans l'anti-reconnaissance du travail accompli.
Dans une absence de main tendue.

Ce n'est pas de cette façon que nous allons créer des réseaux de bibliothécaires, sans distinction de genres.

Si on veut continuer à pousser le service bibliothèque partout, les professionnels n'y suffiront pas. Les bénévoles sont un "bien" nécessaire, surtout quand on est tout seul dans une structure. (maladie, congés, formation... le service bibliothèque continue !)

Inverser les propositions, ça aide souvent à y voir plus clair.

Bien cordialement
  B. Majour

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"Les contrats aidés, dis-tu, c'est aussi dévalorisant que le reste pour la profession."

Non, je dis le contraire, si tu lis bien. Car cela prouve que l'élu se lance dans une démarche économique viable, qui debouchera sur une titularisation, et on est dans du plein temps en plus.
 

Pour le reste tu as raison, bien sûr. Dans une discussion avec un élu je lui faisais remarquer que si nous n'avions (c'est le Statut) aucune obligation de résultats, cétait finalement très cohérent quelque part puisque, vu l'absence de loi sur les bibliothèques, les élus n'avaient eux aucune obligation de moyens.

 

Les montages de dossiers avec les normes des BDP font prendre effectivement conscience du côté technocratique de la lecture publique vu de certans endroits. Quand un maire se décarcasse pour réunir des conditions qui lui paraissent suffisantes et que le dossier est finalement refusé "parce qu'il faudrait que le public traverse la cour de l'école pour accéder", sans solution de rechange (alors que le mercredi et le samedi, pas d'école, mais on respecte les textes bêtement) je peux te dire qu'il ne diffusera pas une bonne image des professionnels de la profession. Il a tort dans un sens car les bédépistes ne sont pas de vrais professionnels, il leur manque le terrain, c'est à dire l'essentiel. Et pour avoir vu le comportement de certains (pas tous attention), dans les bibliobus, agacés, passant les retours à la chaine, préoccupés de leur planning de passages, n'aidant pas les bénévoles, un peu paumés, ne sachant trop quoi choisir, je peux dire que Les  BDP sont le premier foyer de mépris vis à vis des bénévoles. Ils donnent l'exemple.

 

On ne prête qu'aux riches, c'est vrai. Ca me rappelle une anecdote, qui n'a rien à voir. Un gars des services techniques m'apprend un jour que la commune a décidé de réunir un certain nombre de vieux bancs publics de la commune, pour les remplacer par un beau "mobilier urbain". Et que les gars sont en train de réparer les anciens pour les mettre dans les jardins de l'hopital et de l'Ehpad. Et il ajoute finement "on va pas faire du neuf pour les vieux, quand mème". Ben non, évidemment...

 

On n'arrivera pas au bout de ces débats en se balançant du mépris justifié ici et du mépris injustifié la-bas, ni en multipliant les anecdotes du reste , mais c'est tout ce qu'on a en rayon. Chacun ses morts.

 

dépôt d'ordures et petit point merdique. C'est vrai que ça m'a déja traversé l'esprit. Chez nous on choisit des mots plus jolis "bibliothèques de proximité". Pour toutes les structure bénévoles, la mème soupe pour tout le monde comme à l'armée du salut. C'est idiot car nous le sommes tous, de proximité.  Mais surtout, en choisissant un mot unique et uniformisant, on croit éviter le rappel des différences. Je me demande si ce n'est pas encore plus hypocrite. On appelle ça cacher la merde au chat. Mais il est pas con le chat....

 

Bonne nuit, Bernard.

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"Les contrats aidés, dis-tu, c'est aussi dévalorisant que le reste pour la profession."

Non, je dis le contraire, si tu lis bien. Car cela prouve que l'élu se lance dans une démarche économique viable, qui debouchera sur une titularisation, et on est dans du plein temps en plus.


Oui, je l'ai bien lu. Mais en même temps, tu as l'effet inverse.
Est-ce qu'on fait signer un document type charte à ces nouveaux embauchés ?

Ma BDP réclame cette formation avant toute signature de convention.


Pour le reste tu as raison, bien sûr. Dans une discussion avec un élu je lui faisais remarquer que si nous n'avions (c'est le Statut) aucune obligation de résultats, cétait finalement très cohérent quelque part puisque, vu l'absence de loi sur les bibliothèques, les élus n'avaient eux aucune obligation de moyens.

Tiens, tu touches sans doute là au coeur du problème.
Aucun obligation de moyens, ni de résultats, donc des bénévoles sont suffisants.


Pour la BDP, oui, le côté technocratique est un frein, qui leur est imposé d'ailleurs par leur tutelle.

Tu penses qu'ils ne sont pas professionnels.
Ayant de très bons contacts avec ceux de ma BDP, je sais qu'ils viennent à 90 % de bibliothèques de terrain, comme tu dis :wink:.

Que l'actuel directeur de la BDP a entrepris une énorme tournée de lobbying auprès des élus, dans le but de faire avancer la lecture publique. Qu'il y a, enfin, l'émergence d'un certain niveau de réseau. (environ 8 ans de travaux et enfin, oui enfin, l'ouverture du site, après deux essais avortés)

Ce sont des professionnels, qui se heurtent aux contingences du territoire, aux rivalités entre communes. Autant que les bénévoles qui voudraient bien voir les choses évoluer, eux aussi.
 
Comme tu le dis, il faut arrêter le mépris, d'un côté comme de l'autre, et voir comment on peut travailler ensemble.

Si c'est possible dans le monde informatique, (ceux qui savent dépannent ceux qui ne savent pas, peu importe le niveau), je ne vois pas pourquoi ce serait impossible dans le monde des bibliothécaires.

Bien cordialement
  B. Majour (moins tôt que toi :)  )
 

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Ouh  ! Je vois que le sujet a fait des petits pendant le week-end !


C'est chouette !


 


Bon, je n'ai pas encore eu le temps de lire toutes les réponses, mais je voulais préciser mon propos, mal exprimé, donc mal interprété : l'humiliation que j'ai ressentie venait des élus, certainement pas des bénévoles. Je m'entendais très bien avec eux, et j'appréciais énormément leur implication. Ils étaient adorables avec moi, donc aucun problème de ce côté là.


 


Maintenant, je vais prendre le temps de lire tout ce qui précède pour répondre plus longuement.


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Bonjour,


 


j'ai pris un poste dans une bibliothèque jusque là gérée par des bénévoles il y a quelques mois et je peux témoigner du fait que ce n'est pas évident...


je crois qu'on était dans le cas 1 décrit par Ferris (petite équipe très fermée sur elle-même, pas d'ouverture sur l'extérieure, pas de formation, etc ...la BDP et les professionnelles considérées comme des intrus). Quand je suis arrivée les bénévoles ne voyaient pas ce que je pouvais leur apporter, en fait elles étaient persuadées que j'allais m'ennuyer car leurs activités centrale était de faire la permanence et comme il y a peu de monde, elles-mêmes s'ennuient !


et moi de mon coté, j'ai été horrifiée par le niveau de l'offre (tant le fonds, que sa médiation, les horaires, etc...) et j'ai joué la morveuse (pour reprendre l'expression de Bouille). Ben oui, selon mes standards professionnel il y avait un peu près tout à (re)faire dont pilonner quasiment le tiers du fonds...


Autant dire que tout le monde s'est braqué :angry:


 


Aujourd'hui ça va mieux ... mais je ne saurais analyser comment nous avons fait pour sortir de ce mauvais pas.


d'une part, j'ai développé à leur niveau à peut près le même type de communication qu'envers la tutelle et le public : ce que je fais, pourquoi je le fais, comment je fais,  le temps que ça prend... en essayant de les tenir au maximum au courant des changements en cours collectivement et individuellement, et en prenant en compte leur avis.


d'autre par, j'ai accepté de revoir mon niveau d’exigence vis à vis du service que je voulais offrir et donc vis à vis d'elles. Oui, c'est un peu défaitiste mais accepter que certaines choses mettront trois fois plus de temps que ce que j'aurai voulu me permets aussi d'être plus cool, plus disponible pour elles et le public... bref, l'ambiance est meilleure.


de leur coté, certaines ont accepté d'aller en formation, de m'aider dans certaines de mes activités, etc...


résultat, je commence simplement maintenant à voir leurs qualités et tout ce qu'elles peuvent apporter à la bibliothèque.


 


néanmoins, il y a encore du chemin à parcourir car on est actuellement dans une situation où je suis pour ainsi dire mise à leur disposition en tant qu'expert et où rien ne peut se faire sans l'accord de l'association. A terme il y aura une bibliothèque municipale dont j'aurai la responsabilité et dans ce cadre, j'aimerais que la charte soit signée et que certaines approximations n'aient plus lieu d'être.


Mais ce tournant là, je ne vois pas encore comment le négocier, et je pense que je vais y perdre quelques plumes bénévolesque...


Tous les conseils à ce niveau là sont les bienvenus.


 


Bref, les bénévoles sont un peu mes meilleures amies et mes meilleures ennemies... tout comme les élus non ? :wink:


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Oui, je l'ai bien lu. Mais en même temps, tu as l'effet inverse.
Est-ce qu'on fait signer un document type charte à ces nouveaux embauchés ?

 
Non. Ils ont l'obligation de suivre le cycle de base BDP (seul endroit d'ailleurs où il vont faire connaissance avec quelques bénévoles, c'est interessant de le remarquer), ensuite on entre dans le circuit classique fonction publique.
 
Ce sont des professionnels, qui se heurtent aux contingences du territoire, aux rivalités entre communes. Autant que les bénévoles qui voudraient bien voir les choses évoluer, eux aussi. (...) je sais qu'ils viennent à 90 % de bibliothèques de terrain, comme tu dis
 
Mais pourquoi n'y sont-ils pas restés, bon sang ? C'est ça que je ne comprends pas chez eux. C'est quand mème dans les bibs que ça se passe, non ? Pourquoi ont-ils un jour souhaité s'enfermer dans des bureaux, avec des horaires administratifs, ne plus avoir ce qu'est un lecteur, acheter des livres à tours de bras pour un public inconnu, anonyme, et en plus avoir statutairement un rôle d'aide, de conseil et de formation ? C'est du délire, non ? Perso je considère que j'ai choisi un métier qui exclut à priori de se retrouver enfermé dans un bureau à oeuvre pour des gens que je ne connais ni ne vois. Sans compter "le risque technocratique" que comporte ce type de situation.

 

En tous les cas, chez nous on a pu remarquer que ceux qui quittaient la BDP, c'était le plus souvent pour rejoindre une "vraie" bib. Un besoin de retour aux sources sans doute. Chacun son expérience...Je m'excuse d'avoir des incompréhensions, mais elles demeurent. Qu'elles génèrent du mépris est une autre affaire. Tout dépend de la façon dont ces personnes se positionnent dans leur rôle. Leur fonction d'organisation du territoire leur est peut-être monté à la tête, mais chez nous je les trouve très condescendantes vis à vis du "terrain", professionnels ou bénévoles. Et je le dis.

 

Nous sommes tous des "acteurs" de la lecture publique, mais à des niveaux d'intervention différents.Tenir un discours unificateur sur les BU, les BM, les BDP...jusqu'aux dépôts, parce que nous oeuvrons tous pour la mème cause relève de la profession de foi, mais c'est tout.

On est tous des victimes de tout le monde, en forme pyramidale, des Elus aux bénévoles, et la chaîne du mépris suit logiquement ce parcours. C'est la victimisation qui nous unifierait éventuellement, pas nos pratiques.

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Bonjour,

Ben oui, selon mes standards professionnel il y avait un peu près tout à (re)faire dont pilonner quasiment le tiers du fonds...
Autant dire que tout le monde s'est braqué:


Le fonds, la prunelle de leurs yeux.

Et pourtant, un fonds bien aéré permet une meilleure sortie.
Cas vécu. A cause (ou par chance) de l'informatisation, on a éliminé 20-30 % du fonds.
C'était une très bonne chose. Depuis, on renouvelle 10 % du fonds par an. (Norme Unesco, il me semble.)

Aujourd'hui ça va mieux ... mais je ne saurais analyser comment nous avons fait pour sortir de ce mauvais pas.

Tu y as mis du tien.
Elles savent qui est l'expert.
Ça ne se fait pas en un jour.

D'autre par, j'ai accepté de revoir mon niveau d’exigence vis à vis du service que je voulais offrir et donc vis à vis d'elles. Oui, c'est un peu défaitiste mais accepter que certaines choses mettront trois fois plus de temps que ce que j'aurai voulu me permets aussi d'être plus cool, plus disponible pour elles et le public... bref, l'ambiance est meilleure.

Ce n'est pas défaitiste, c'est réaliste.

Et quand tu montreras les chiffres en fin d'année 2013 ou 2014, il y a aura un avant et un après.

de leur coté, certaines ont accepté d'aller en formation, de m'aider dans certaines de mes activités, etc...

Super positif, non ?

Néanmoins, il y a encore du chemin à parcourir car on est actuellement dans une situation où je suis pour ainsi dire mise à leur disposition en tant qu'expert et où rien ne peut se faire sans l'accord de l'association.

Je n'ai pas ce problème. J'ai toujours fait partie du CA.
J'en suis le secrétaire. Et il me paraît tout à fait normal que le professionnel fasse partie du CA, afin de savoir ce qui se passe dans l'association. Pour ne pas se réveiller à poil du jour au lendemain.

A terme il y aura une bibliothèque municipale dont j'aurai la responsabilité et dans ce cadre, j'aimerais que la charte soit signée et que certaines approximations n'aient plus lieu d'être.

Qu'est-ce que tu appelles par approximations ?

Quant à la signature, commence déjà par demander à ta mairie au sujet de l'article 7.

Article 7
Toutefois, il a droit à entière indemnisation pour toutes les dépenses engagées dans le cadre de son activité volontaire, et notamment sa formation, ses frais de déplacement et, le cas échéant, ses frais d'assurance.


Ça s'appelle frais de remboursement pour le repas + frais de déplacement.
Tu ne peux pas leur faire signer la charte, si ta mairie n'accepte pas la contrepartie financière, dont tu verras la réalité dès les premières formations.

Cette article 7 est une obligation des élus (à moins que tu ne finances de ta poche   :cry:  )

Là, cet article 7, je pense que c'est la première chose à négocier et à obtenir des élus. (Délibération du Conseil municipal ?)

Il te suffit d'indiquer dans le courrier aux élus que tu souhaites faire signer la charte aux bénévoles, pour les couvrir (article 2, 5, 7, 8 et 9). En particulier le 7, à vérifier auprès de la comptabilité.

Du côté des bénévoles, une fois que tu as obtenu cette garantie, et la reconnaissance de leur statut, ça devrait être beaucoup plus facile à faire passer. Ne pourront être remboursées que les signataires de la Charte.

Tu peux même leur présenter la Charte comme une opportunité pour être remboursées, pour être protégées et reconnues. Ce qui est le cas, cette charte est faite pour.
La formation est un plus, pour celles qui le désirent, et elle peut rentrer dans le cadre de projets. Ce n'est pas non plus une obligation absolue : rappel, elle ne l'est pas pour les professionnels ! A moins que tu ne prouves que tu te formes toi aussi, tu auras du mal pousser tes bénévoles à la formation.

La durée à l'article 9 devra être spécifiée.

L'Article 10 ajouté.

Article 10.
Le bibliothécaire volontaire s'engage, lorsqu'il veut cesser son activité de bénévole, à donner un préavis d'une quinzaine jours, sauf circonstances exceptionnelles.


Et l'Article 8 complété
Le bibliothécaire volontaire est responsable des biens qui lui sont confiés, et du service dont il a la charge. Il a droit à toute la protection publique et juridique contre les risques encourus au cours de son activité volontaire.


Si nous n'avons jamais signé cette charte chez nous, c'est bien parce que l'article 7 n'était pas respecté, (problème de budget en mairie ; eh oui, c'est un budget spécial que les frais de remboursement, et c'est au conseil municipal de le voter ce budget)

Donc, si tu veux faire signer, tu obtiens les fonds nécessaires avant  ;-)
Sinon ta Charte ne vaudra rien.

Ça veut dire tu prévois combien ça va coûter, globalement, pour l'année qui vient.
Et pour les années futures, afin d'être sûr d'avoir les fonds pour ton équipe.

Mais ce tournant là, je ne vois pas encore comment le négocier, et je pense que je vais y perdre quelques plumes bénévolesque...
Tous les conseils à ce niveau là sont les bienvenus.

Si tu obtiens les garanties du côté des élus, je ne vois pas pourquoi tu aurais de la perte.

Au besoin, dans l'article 4, tu élimines les mot "et un devoir"
La formation professionnelle est un droit "et un devoir" du bibliothécaire volontaire.

Si tu as déjà du monde prêt à se former, ce n'est pas la peine de brusquer les autres.
Par la suite : à chacun suivant ses compétences (article 3)

La Charte, c'est un modèle, discutes-en avec tes bénévoles. Vous pouvez très bien la réécrire, la simplifier, et/ou la compléter.

C'est une façon de tester le terrain.
Comme pour l'article 7 avec les élus, et la comptabilité. (première question à poser : est-ce que le remboursement des bénévoles est possible, envisagé ?)

Bien cordialement
  B. Majour
 

Modifié par B. Majour
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