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Des bénévoles en bibliothèque


Bouille
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Valeryella Ella

LE cdg 30 c'est plutot l’omelette mais quand tu le manges ça crisse sous la dent , pas agréable du tout , tu dis rien t'avales mais tu sais bien que t'as bouffé de la coquille !


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En fait, je souhaiterais que les bénévoles acceptent de déconnecter bénévolat à la bibliothèque et permanence. sachent qu'il y a plein de choses qu'elles peuvent faire en dehors des permanences et même qu'on peut être bénévoles sans faire de permanences.

 

Ce que je voudrais, c'est déléguer certaines tâches qui sont clairement dans leur compétences :

- toute la partie communication / dissémination de l'information => portage d'affiches et de tract dans le village.

- la partie mise en valeur des documents, table thématiques, coup de coeur, etc

- les réservations à la BDP

 

et pour les plus motivées et selon les goûts, il y a des tâches conjoncturelles ou qui impliquent plus de travail :

- planning,

- responsabilité des périodiques

- accueil de classe (au minimum accueil découverte d'une heure et plus si affinité)

- petite enfance

- portage

- désherbage

la liste est longue en fonction des goûts de chacune.

mais, par exemple je ne mets pas les animations ni les acquisitions jeunesse car je sais que ça ne les intéresse pas pour le moment. par contre, je mets une annonce dans le journal de la commune dans l'espoir de trouver quelqu'un qui souhaite s'y coller.

 

 

La liste de Michmaa est très intéressante car elle nous renvoie un peu aux fondamentaux du bénévolat en bibliothèques. Autrefois, le bénévole était recherché et demandé pour apporter precisément des choses que les agents avaient du mal à cerner : jouer de leur implantation historique sur un territoire pour apporter beaucoup de hors les murs (interventions lecture vivante dans les Ehpad, investissement dans les groupes de Lire et Faire lire, partenariats avec certains CCAS dans les portages à domicile, certains types d’accueil petite enfance type bébés lecteurs, heures du contes ). Bref, toutes sortes d'actions ponctuelles, événementielles.

 

Peu à peu la pénurie des personnels les a amenés a suppléer les personnels dans des tâches pérennes, le plus souvent des tâches d’exécution : rangement, equipement, reparations, communication par portage des affiches chez les commerçants.

Puis les bénévoles ont fini par remplacer totalement l'agent encadrant : tenir les permanences, acquérir, mettre en valeur, liens avec la BDP, aide aux accueils de classes, puis planification de leur temps de travail etc...

 

La formation des BDP a permis  certaines de s'investir plus largement. Mais toutes n'ont pas suivi ce mouvement. Et du coup un certain éclatement des équipes a eu lieu en fonction des goûts et des formations de chacune. Or ces choix restent très personnels et ne correspondent pas nécessairement aux besoins du service. L'encadrant en place a du revoir son propre rôle à la baisse et intervient le plus souvent en partenariat, ou en superviseur des décisions et des choix des bénévoles, de façon à "completer le tableau" et à pourvoir à ce qui n'est pas pourvu.

 

Quand deux ou trois bénévoles déclarent péremptoirement, fortes de leur connaissance du pays, que telle ou telle animation ne fonctionnera pas, l'encadrant n'a plus qu'a suivre. Du coup, entre cela et le fait de tout passer en partenariat (y compris acquisition, choix des périodiques, désherbage, valorisation, qui touchent le cœur de métier), que fait l'encadrant ? Et qui a encore une vision globale du service ? Un projet d'établissement ne peut pas être la simple juxtaposition de désirs individuels.

 

L'encadrant fait ce qui n'existe pas dans la liste, et cela me choque toujours car je sais le temps que ça prend et l'attention qu'il y faut prêter : il trie, répare, couvre, range, fait de la signalétique, fait la liaison avec les services techniques et l'autorité territoriale. Il conserve la gestion budgétaire, les bilans. Et surtout il remet le train sur les rails quand la manipulation du logiciel connait des ratés, il reste le référent administratif de la Bdp, planifie des déplacements en car des classes... Bref, il est devenu un "aidant", un facilitateur. Certains ne peuvent même plus faire de permanences, qui souvent restent le Graal des bénévoles. Et c'est lui qui connaîtra le moins bien les publics.

 

J'ai vu, dans certaines bibliothèques, fort bien tenues par ailleurs, des encadrants dont le rôle est très difficile définir, de leur aveu même. En fait l'essentiel semble être de vérifier que l'accumulation "des goûts de chacune", suffise bien à générer un fonctionnement global satisfaisant. Et si ces goûts vont tous vers la même chose et qu'il reste donc des fonctions désertées, de les assurer lui-même. Voilà ce que parfois est devenu l'agent. 

 

Le service dans ce type de structure est en général de qualité. Mais le rôle de l'agent ne peut y comporter le "quota" nécessaire de satisfaction personnelle. Par ailleurs, si pour des raisons internes ou de réseau, les missions de la structure changent fortement, sur le plan budgétaire ou informatique par exemple, ce type d'équipe peut s'écrouler assez vite. Car l'encadrant n'y a pas l'image suffisante pour entraîner le changement.

 

Et si l'encadrant change, pour des raisons de mobilité interne, l'équipe pourra réagir de façon très négative.

 

Finalement aucune des règles de la FPT ne s'applique réellement dans ces structures. D'autres règles et lois y ont cours. Elles sont fortement teintées de couleur locale et reposent sur la personnalité de chaque individu. On ne gère pas des bénévoles, on se contente de les accompagner là où elles veulent aller. On ne "reprend" pas à une bénévole une tâche qu'on lui a confiée : il faudra attendre qu'elle souhaite elle-même s'en défaire.C'est un autre monde.

 

C'est pour ça que dire "c'est déléguer certaines tâches qui sont clairement dans leur compétences " ne doit pas faire oublier que par voie de conséquence, ces tâches-là, l'encadrant devra accepter de s'en défaire, et parfois pour longtemps.

 

Nous, on a un problème dans certaines structures : les bénévoles ne souhaitent pas équiper ni réparer, ni faire les formations BDP qui correspondent. Pas de plaisir dans ces tâches. C'est donc l'encadrant qui le fait. Son statut d'adjoint ne s'y oppose pas. Est-il heureux de le faire ? Je ne répondrais pas à sa place.

 

Sachez que cela existe, simplement. Et que ces agents ne sont ni des imbéciles ni des maladroits, ils ont pris le train du bénévolat, et ils iront jusqu'au terminus....

Modifié par Ferris
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@Giss,


La bib est associative mais la mairie commence à s'impliquer. je suis à temps non complet et mon temps de travail n'est pas prêt d'augmenter...


 


@Ferris


Il est bizarre ton post, on dirait que tu dresses une évolution de la bib avec bénévoles comme si c'était universel. Bon la bib dans les petits pays est quand même majoritairement créés par des bénévoles et le professionnel vient après pour des raisons qui peuvent être diverses. Dans mon cas, c'est le départ de la personne qui s'occupait seule des animations et des partenariats + la baisse de la fréquentation et l'essoufflement des bénévoles qui a incité à mon recrutement.


Quant à ce que les professionnels construisent avec les bénévoles, cela dépend à la fois du professionnel et des bénévoles.


Certains pro sont fiers de proclamer qu'ils se sont débarrassés des bénévoles (sic !). Bon moi j'aimerais bien savoir ce qu'ils arrivent à faire tous seuls et comment ils font quand ils s'absentent. J'ai vu la présidente d'une grosse asso passer plus de 10h/ semaine à la bib et gérer des salariés, j'ai entendu parlé d'une salariée qui ne faisait aucune permanence (mais je n'ai pas eu de détails sur ce qu'on lui demandait de faire). 


Il est vrai qu'en arrivant, j'ai pris en charge tout ce que les bénévoles ne faisaient pas. Ça faisait un paquet de chose. On m'a effectivement reproché au début de ne pas aider pour l'équipement, ce a quoi j'ai répondu (en plus diplomatique) que j'avais d'autres choses à faire. Maintenant les bénévoles et la mairie disposent d'un projet d'établissement sur lequel elles ont été consultées. elles savent ou on va et pourquoi. Moi j'estime qu'à terme je suis responsable d'un service qui doit tourner du mieux possible et que, ne pouvant pas tout faire, je dois trouver dans la personnalité et la motivation de chaque bénévole quelque chose que je peux lui déléguer. D'ailleurs, pour certaines (pas toutes) cela rend justement leur temps de bénévolat plus intéressant : elles découvrent des choses qu'elles ignoraient, apprennent, élargissent leur champ de vision. Après, oui, il faut former et déléguer et accepter que ce ne sera pas fait exactement comme je veux. Mais j'ai eu le même problème en tant que responsable de section avec une équipe professionnelle. Bref, au risque de dire un gros mot, c'est une question de management.


 


Bon, cela dit, là où tu n'as pas tort, Ferris, C'est que la bénévole est toujours libre de revoir son engagement. L'une de celles que je croyais la plus motivée vient de m'apprendre qu'elle souhaitait cesser de gérer les relations avec la crèche parce que ça ne lui apportait pas suffisamment de plaisir et qu'elles souhaitaient rester cantonnée aux permanences parce que c'est le contact qui lui plaît le plus. Conséquence pour le service : partenariat avec la crèche divisé par 2 car je ne peux pas prendre sa partie.


En bref, par rapport à ma volonté / la nécessité de déleguer des tâches aux bénévoles, il y a quand même un gros problème qui se révèle là : leur volatilité.


 


En bref, ce que je ressens en ce moment : travailler avec des bénévoles, c'est un peu comme construire sur des sables mouvants et passer son temps à coller des patchs sur les parties qui s'effondrent (ou les laisser s'effondrer faute de moyens). D'où l'importance de savoir clairement où sont les priorités et de le dire aux bénévoles et à la mairie.

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Et pour replacer ici la question de la violence dans la relation bénévoles / salariés.


Il est vrai que, malgré le respect que j'ai pour le travail qu'elles ont effectué jusqu'ici, mon simple recrutement, remet en cause leur pouvoir sur la bibliothèque. Mon arrivée et le travail que j'effectue à la bib remettent en cause tout le travail qu'elles ont effectué jusque là et, plus intimement, leur compétences et leurs convictions.


De mon coté, je ressens tantôt de la confiance et du respect de leur par mais plus souvent de l'incompréhension, des résistances. En d'autres terme, oui, elles rechignent et cela m'arrivent de les ressentir comme de sacrés boulets. dans ces cas là cela m'arrive de craquer et de mettre les points sur les i. "oui il faut désherber la moitié du fonds car la moitié du fonds est pourri et n'a pas été jugé digne d'intérêt depuis au moins 10 ans, donc à la benne ! ouste !".


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Michmaa, tu as raison de souligner qu'il n'y a pas de modèle unique de création et de fonctionnement des structures bénévoles, et qu'elles peuvent évoluer ou non vers la professionnalisation. Je prends les exemples de mon département et le rôle dominant de la Bdp dans la création des structures et leur encadrement (ou non). Chez nous, pas d'associatif à ce niveau là par exemple, ce qui n'est pas le cas ailleurs. Pas ou très peu de professionnalisation faite dans le vivier des bénévoles, on utilise et a utilisé majoritairement des "emplois aidés" et des postes "intercos" de contractuels subventionnés en partie par le département, ainsi que des transfuges de la Bdp.


Les situations de départ sont donc très diverses, nous sommes d'accord. Par contre ce qui se passe quand un professionnel arrive, à la fois choc culturel et choc de pouvoirs,  la volatilité du bénévole, les tâches non faites parce que "n'apportant pas assez de plaisir" , le traditionnel problème du désherbage, souvent souligné dans les posts sur le sujet, etc...sont des phénomènes récurrents, on les retrouve partout à un moment ou un autre de l'évolution de ces structures.


Non encadré le bénévole n'évolue pas dans ses missions, ne serait-ce que par le fait que son temps de travail reste trop faible pour faire évoluer la structure, se former etc... Mais une fois encadré, il n'adhère pas, majoritairement, aux changements qui lui sont proposés ou imposés.


 


En fait il ne s'agit pas de remettre en cause leur motivation, mais de regarder ce qui est fait ou pas. Je suis frappé chez nous, quand les encadrants se retrouvent, de voir qu'ils ont du mal à se comparer, tant la diversité est grande dans ce que font leurs benevoles respectifs. Ah bon, tes bénévoles ne réparent pas ? Les miens si etc....


 


Si on établissait une liste de toutes les tâches nécessaires au bon fonctionnement d'une bib, on trouverait ici et là des tâches non prises en charge, partout, et pas les mêmes. Du coup l'encadrant doit boucher les trous. La seule activité qui semble faire l'unanimité chez quasiment tous les bénévoles, et tu le souligne aussi, c'est de tenir les permanences. Avec de grosses variations selon que la structure est informatisée ou non. Certains se contentent de manier la scanette mais sont incapables d'effectuer une réservation, d'autres une recherche sur catalogue, d'autres pedalent pour faire une inscription, d'autres c'est pour faire une prolongation etc...chacun a son propre niveau de compétences et cela genère, notamment chez nous, de fortes variations dans le service rendu, des erreurs parfois monumentales selon que c'est madame untel ou madame untel qui faisait le prêt ce jour là.


 


Et ça, c'est en train de devenir, chez nous, un des plus gros handicaps. Notamment, et c'est nouveau, depuis que le public s'en mêle et fait des comparaisons en cas d'erreurs : oui, c'est madame untel qui m'a dit qu'elle prolongeait mes livres etc...et elle ne l'a pas fait. Le problème c'est que, réseau et mutualisation obligent, les lettres de rappel que reçoivent les lecteurs, partent toutes le même jour de la "centrale", directement chez les gens, quasi automatiquement. Impossible d'arranger les choses localement, "comme avant".


Impossible de régler le problème par de la formation (on a essayé) et encore plus impossible et impensable de dire à une bénévole qu'elle n'est vraiment pas performante à ce poste et ferait mieux de faire une autre tâche. Là c'est le scandale illico. Et les recriminations contre "l'informatique", qui globalement est perçu comme un truc inutile qui leur gâche la vie.


 


Et la encore de grosses variations existent selon les régions. Chez nous le bénévole est quasi-sacralisé par les élus. Pas question de placer un discours de vérité sur eux. Ils sont par essence formidables. Un agent qui dirait leurs quatre verités à ses bénévoles prend un risque personnel important. Il est possible qu'ailleurs le bénévole soit considéré comme jetable. Chez nous c'est l'inverse. Et leur pouvoir auprès des élus est énorme, par la force des relations personnelles. Un groupe de bénévoles qui voudrait se débarrasser d'un professionnel n'aurait aucune difficulté à le faire. Le "management" d'un groupe de bénévole n'est donc ni facile ni très sain. Souvent l'encadrant utilise les tensions entre bénévoles pour tirer son épingle du jeu, se faire une alliée de madame untel pour mieux contrer une autre etc, se faire bien voir de la bénévole la plus charismatique auprès des autres, ou de celle qui est élue ou femme d'élu parce que, même en réseau, on ne sait jamais...etc. Très malsain tout ça.


 


Diversité des situations, versatilité, volatilité, jeux de pouvoirs, problèmes de compétences, problemes managériaux, tendance à l'immobilisme, non franchement, ce n'est pas une sinécure de travailler avec des bénévoles en général. Sauf peut-être dans un cadre associatif qui joue peut-être un effet "rassembleur" qui n'existe pas en regie. je ne sais pas.


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(post doublonné, issu de "violence en bibliotheque)


 


Violence institutionnelle : le bénévolat, qui remplace officiellement les agents dans leurs missions de base, notamment en zone rurale où il est valorisé comme un palliatif économique, constitue implicitement une dévalorisation de la spécificité de la profession, une négation du professionnalisme nécessaire à son exercice. C'est une violence.


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@Ferris


L'essentiel des violences dont tu fais part reste quand même très orienté vers les règlements stupides


 


Eh bien, c'est toujours ce que l'on ressent en tant qu'usager. :wink:


C'est aussi à ce niveau que s'exerce le maximum de violence usager-bibliothécaire.


 


Le chhuuuut ! incessant, et qui est reproché par les usagers, vient aussi du règlement. Surtout quand il est appliqué à tort et à travers par les bibliothécaires qui font plus de bruit que les usagers en faute.


 


Pour les bénévoles, oui, on peut le voir de la façon dont tu le décris.


Reste que pour ce que j'en connais dans ma région, sans bénévole tu n'aurais pas de bibliothèque du tout.


 


La véritable violence à ce niveau, c'est l'absence d'initiative des professionnels envers les villes qui ne possèdent pas de bibliothèque. Parce que, sans initiative de la population (soit des bénévoles) rien ne se met en route, les BDP ne peuvent pas intervenir, et donc les postes ne peuvent se créer.


Sauf détermination d'un maire qui prend le problème à bras le corps, tu n'as pas de création de bibliothèque.


 


Lorsque des bénévoles se manifestent, tout le reste se met en branle.


Et je peux te rejoindre dans le fait que les bénévoles remplacent les pros... faute peut-être de candidature professionnelle (dans mon cas, des candidatures pour prendre en main la bibliothèque nous avons eu deux ou trois demandes durant 15 années de bibliothèque. Aucune n'émanait de professionnels. Bien sûr, deux de ces candidats au poste ne sont jamais passés nous voir.)


 


Tu n'as pas non plus, durant les études de bibliothécaire (DUT ou autres), de modules/UV pour travailler avec des équipes bénévoles. Comme si les bibliothèques se créaient à partir de rien, sans initiative/fort désir de la population.


Comme si les bénévoles ne valaient que mépris et opprobre.


 


Le regard des professionnels est très dur vis-à-vis des bénévoles, surtout quand les pros n'étaient pas là au début. Ce moment où il faut tout faire, tout construire, ce moment où il faut investir sans être payé, et faire tourner la boutique avec des moyens de misère. Sans oublier de donner de ses propres livres, quand ce n'est pas de sa propre poche (au moins pour les frais de déplacements)... et ceci sans compter son temps.


Certes, ce n'est pas du boulot de professionnel. Mais c'est du boulot de fondation... lorsque les professionnels, ils sont absents dans ces moments critiques. (sauf les bdpistes, un peu)


 


Tu sais, si les professionnels, on les voyait un peu plus à l'oeuvre, un peu plus à soutenir les bénévoles, à leur tendre la main au lieu de les considérer comme une sous-classe, la profession serait beaucoup mieux reconnue partout.


Non, le seul désir des pros, c'est de virer les bénévoles, et de les virer d'urgence !


 


Où est la violence dans ce cas ?


 


Ayant été longtemps bénévole, je te parle de mon expérience. Et ce ressenti est fréquent parmi les équipes de bénévoles, l'arrivée d'un pro, c'est souvent être chassés. (en parlant plus crûment, c'est être virés comme des malpropres. Merci, vous avez bien défriché le champ, maintenant dehors.)


 


Et quant à parler de la considération des élus pour les pros, je ne te raconte même pas ce qu'elle est pour les bénévoles.


Jamais un merci, jamais une invitation à la galette des rois du personnel, au pot du personnel. Jamais rien. Malgré tout le travail gratuit offert.


Là, je peux te dire où sont les vrais passionnés, où sont ceux qui en veulent pour le "service bibliothèque".


 


Les pros, eux, sont payés.


 


Et tu oublies, qu'en zone rurale, bien des pros sortent des rangs des bénévoles.


Non sans mal, non sans sueurs froides lorsque leur contrat CAE arrive à échéance durant une élection.


 


Non sans plusieurs promesses d'embauche, dont ils ne voient pas la couleur année après année.


 


J'en connais plusieurs qui ont attendu trois, quatre, cinq ans de promesse, avant de voir, enfin, réalisé une embauche à 20h.


Quand ce n'est pas 15h (avec un travail effectif de 25h).


 


Quel professionnel diplômé accepterait ce genre de deal.


 


La violence institutionnelle, elle est aussi là.


 


Et je ne trouve pas que ces bénévoles, ex-bénévoles dévalorisent la profession.


(et je ne parle pas de mon cas, je dévalorise sans aucun doute la profession puisqu'un directeur de DUT a bloqué ma VAE, même une validation partielle, au motif que j'étais trop bavard sur Biblio.fr et Internet en général. :thumbsup:)


 


Non, ces femmes-là, ces bénévoles-là, elles la rehaussent la profession.


 


Comme toi aussi tu la rehausses en donnant plus que ton temps à aider, à répondre à tout le monde.


De manière bénévole, tiens. :D


   Bernard


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Bernard, tu ne me relanceras pas sur ce type de débat, maintes fois rabaché. Il ne s'agit pas des gens et de leurs qualités ou de leurs efforts ici ou là, souvent reconnus (ne jouons pas la victimation non plus, chez nous les élus sont prêts à leur dresser des statues), il s'agit de l'institution, donc effectivement du non-volontarisme des élus. Nous ne parlons pas des personnes et de leurs mérites. Nous parlons d'un fait institutionnel, comme ce qui s'est passé en Angleterre du reste.


 


Et d'instituer le bénévolat comme porte de secours institutionnelle a amené à le détourner de ses véritables missions, que l'on retrouve fort heureusement dans d'autres milieux : le bénévole apporte une plus-value réelle et indiscutable dans des actions ponctuelles (a travers des associations comme Lire et faire lire, des interventions dans les Ehpad, notamment la lecture a voix haute qui est très prisée actuellement, des actions vis à vis des bébés lecteurs, du portage à domicile, des animations, et un rôle non négligeable (mais oui disons-le car c'est important) de lobbying vis à vis des élus locaux etc...


 


En avoir fait des agents à pas cher, le lumpenproletariat des bibliothèques, c'est avoir aussi dévalué leur propre rôle et la richesse de ces actions annexes. Ainsi la dévaluation est totale : pour les professionnels comme pour les bénévoles. Quant à la violence, je suis persuadé que le bénévole qui comprend parfaitement qu'il n'est pas formé et ne sera jamais à la hauteur de quelqu'un qui a fait un DUT ou autre doit aussi ressentir comme une violence le fait qu'on lui fasse jouer un rôle qui n'est pas le sien à l'origine.


 


Un exemple récent qui montre comment on les "coince" finalement, en les ayant mis dans un costume qui n'était pas le leur : augmenter les heures d'ouverture. C'est en train de devenir le nouveau credo, y compris en zone rurale. Nos bénévoles disent : non. Certes, les agents, a plein temps, y pourvoiront (là où il y en a ), mais cela augmentera le fossé. Déja pour les TAP, c'était niet. Je ne parle même pas du numérique....Les bibliothèques bougent, les métiers changent, et les bénévoles/agents low cost doivent suivre, comme ça, ou être montrés du doigt comme une force d'inertie et d'immobilisme à terme ?


 


Non, ça ne marchera pas. Autant ils donnent et auraient pu donner encore ailleurs, autant sur ces tâches de professionnels, ils se sentiront majoritairement déclassés. Ou dévalorisés, sauf pour ceux qui rangent les livres....bien sûr et s'en contentent. Belle valorisation qu'on leur proposera là!


 


Ce discours existe déja, tu le sais : je ferais bien mais mes bénévoles rechignent... Ce discours augmentera. Déja avec les mises en réseau et l'obligation d'harmoniser les pratiques d'une commune à l'autre, les bénévoles sont perdus, restant accrochés aux pratiques "du temps où la bibliothèque était communale" et où le seul interlocuteur était le petit maire local, facile à toucher, presqu 'un ami d'enfance pour certaines. Aujourd'hui les décisions se prennent loin et on leur parle des pratiques d'autres bénévoles, dans d'autres villages inconnus, on les incite d'ailleurs à se rencontrer et à "échanger sur leurs pratiques" : majoritairement elles reculent, n'ont pas le temps, pas vraiment envie. Le fossé se creuse.


 


Le temps de la nostalgie viendra vite pour les bénévoles...Chez toi, c'est peut-être encore "zone protégée", chez nous et bientôt partout, les intercommunalités progressent, les réseaux avec, et la globalisation des pratiques aussi. Nos technocrates locaux sont un peu embêtés d'ailleurs: ils constatent, découvrent naïvement, que le bénévoles ne souhaitait œuvrer que dans le cadre de son village...Tardive découverte. Surtout quand on constate que la répartition territoriale des bénévoles est très variable, et qu'ils ne sont pas "mobiles", comme les salariés, qu'on peut déplacer comme des pions suivant les besoins locaux. Un nouveau casse-tête pour nos chers et économes élus du peuple...


 


C'est la structure de la lecture publique en France, et le principe de libre administration des collectivités locales, allié au fait que les bibliothèques ne sont pas un service public obligatoire, qui ont rendu possible cette dérive, qui est préjudiciable aux deux parties. Aux trois, car j'oubliais le public.


 


Ne jamais se tromper d'ennemi...


 


PS. Cela restera un des grands regrets de ces débats sur le bénévolat, déjà anciens sur le forum (et je crois présents au congrès d'après le programme), d'avoir toujours fini par dériver vers un faux débat, exemples vécus à l'appui, sur les gentils et les méchants, pour faire simple. Dénoncer le bénévolat comme système n'est pas une attaque contre les personnes. Malheureusement ici, on en reste trop souvent là...

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Bernard, tu ne me relanceras pas sur ce type de débat, maintes fois rabâché.

Je ne souhaite pas te relancer sur un débat que nous rabâchons, nous, il est vrai. Mais que SandraJ ne connaît pas encore.

Ta courte réponse sur le sujet laissait planer un doute.
Ce doute tu l'enlèves dans ta réponse plus longue.

La violence institutionnelle, on peut aussi la sentir dans le fait qu'une bibliothèque soit une option "facultative". Ce qui permet la fermeture de bibliothèques pour faire des économies. (comme en Angleterre)

On a la même violence avec les intermittents du spectacle. On regarde combien coûte la culture et non ce qu'elle rapporte comme retombées économiques.

Combien rapporte une bibliothèque en termes financiers, avec sa capacité à calmer les esprits, à pouvoir être un lieu de rendez-vous pour les jeunes, plutôt que les voir déconner/dériver dans les rues. On pourrait faire comme les médecins, monter une étude épidémiologique et regarder le taux de délinquance entre les villes qui ont une bibliothèque et celles qui n'en ont pas.

Et d'instituer le bénévolat comme porte de secours institutionnelle a amené à le détourner de ses véritables missions, que l'on retrouve fort heureusement dans d'autres milieux :

N'oublie pas une autre forme de bénévolat : celui d'élu.
Ok, tu as des élus qui sont payés (maire et adjoints). Mais ils sont bien plus nombreux à être bénévoles dans leurs fonctions.


En avoir fait des agents à pas cher,

Gratuit oui !   :tongue: 

le lumpenproletariat des bibliothèques, c'est avoir aussi dévalué leur propre rôle et la richesse de ces actions annexes. Ainsi la dévaluation est totale : pour les professionnels comme pour les bénévoles.

Il faut aussi dire que la population ne voit pas le différence.
Soyons crû-el.

Entre un professionnel et un bénévole, quelles différences ?
Tu as une personne qui te prête des livres, qui est plus ou moins amicale et qui fait plus ou moins respecter le règlement intérieur.

C'est tout ce que l'usager voit.

Le travail interne n'existe pas pour eux.
D'ailleurs, ils pensent que nous passons notre temps à lire, et que les livres arrivent tout seuls en rayons.  :wink: 

Si tu savais le nombre de personnes qui me disent : mais vous ne vous ennuyez pas ?
D'un air de dire : quel ennui de se tourner les pouces en banque d'accueil.
Ou en étant plus réaliste : qu'est-ce que vous foutez la majeure partie du temps . (= on vous paye à ne rien faire)

Là aussi, ce sont les petites violences du quotidien... si on le prend pour des violences.

Quant à la violence, je suis persuadé que le bénévole qui comprend parfaitement qu'il n'est pas formé et ne sera jamais à la hauteur de quelqu'un qui a fait un DUT ou autre doit aussi ressentir comme une violence le fait qu'on lui fasse jouer un rôle qui n'est pas le sien à l'origine.

Je ne pense pas qu'on puisse se poser la question ainsi.

Un bénévole ne se sent pas inférieur. Il ne joue pas non plus un rôle, il apporte ses compétences. Même si elles sont limitées, elles valent sans problème celles d'un catégorie C assujetti aux tâches de magasinages et d'accueil.

Là, c'est comme si tu me disais qu'un bénévole devrait se sentir mal de ne pas être jardinier, lorsqu'il arrose des plantes ou retourne un bout de terrain.

Par contre, je veux bien te suivre dans l'idée qu'un bénévole pourra se sentir mal si on l'oblige à dépasser ce qu'il peut apporter. Passer à l'informatique, par exemple, oui, ça peut arrêter des carrières de bénévoles.

Devenir conseiller en CV (pour répondre à Bouille), ça demande des compétences... que tout le monde n'a pas. Idem pour l'aide. Je peux aider dans ce que je connais, mais si on vient me demander comment "dépanner le moteur d'une voiture", je vais faire ce que d'autres font : voilà les livres sur les moteurs, j'espère que vous allez pouvoir vous débrouiller seul.

Un exemple récent qui montre comment on les "coince" finalement, en les ayant mis dans un costume qui n'était pas le leur : augmenter les heures d'ouverture.

Je ne sais pas si on les coince, où si on s'aperçoit enfin que les bénévoles ne sont pas la solution pérenne à un véritable service bibliothèque. Idem avec les intercommunalités.
On touche aux limites du bénévolat. Le bénévole apporte ses compétences locales, ce n'est pas un esclave corvéable à merci.

Si on veut mieux, il va falloir y mettre les moyens.
Et si tu as des gens coincés, ce sont les élus, pas les bénévoles.

Les bibliothèques bougent, les métiers changent, et les bénévoles/agents low cost doivent suivre, comme ça, ou être montrés du doigt comme une force d'inertie et d'immobilisme à terme ?

Certains suivront. Mais si le métier devient trop technique, par exemple, si tous les documents passent en numérique, quel besoin des bénévoles ?

Quel besoin de bénévoles en EPN ?
Sauf s'ils sont formés, aucun.
 

Nos technocrates locaux sont un peu embêtés d'ailleurs: ils constatent, découvrent naïvement, que le bénévoles ne souhaitait œuvrer que dans le cadre de son village...Tardive découverte.

Tu veux dire qu'ils sont plutôt aveugles, non ?   :angel: 

Est-ce que eux se déplacent d'un bout à l'autre de l'intercommunalité pour gérer les problèmes d'autres communes ? Est-ce qu'ils peuvent prendre des décisions pour les maires d'autres communes ?

Ne jamais se tromper d'ennemi...

Je ne me trompe pas d'ennemis.

Je dis simplement que les bénévoles préparent le terrain des professionnels. Ils ne prennent pas la place, ils défrichent, et pour certains d'entre eux deviennent professionnels.

Me dire "Violence institutionnelle : le bénévolat, qui remplace officiellement les agents dans leurs missions de base", c'est une vision déformée de la réalité.

Le bénévolat pallie une carence des élus et/ou une carence financière. Là aussi, en zone rurale, quand les moyens n'y sont pas, on fait comment ?

Et sans croissance de population, ils n'y seront jamais (sauf maire pro-actif bibliothèque, voire interco qui augmente de facto la population)
 
Dénoncer le bénévolat comme système n'est pas une attaque contre les personnes.

Quelque part, si. (au moins dans la version courte)

Car tu ne touches pas aux causes profondes qui impliquent le bénévolat : les ressources financières manquantes, ou l'absence de volonté politique. Politique ou absence de volonté de la population : pourquoi y a-t-il encore des villes de 10 000 habitants sans bibliothèque municipale ?
Est-ce qu'il y a seulement des candidatures bibliothécaires vers ces municipalités ?

Et allez, soyons violent.

Si tu veux qu'on pousse le débat bénévolat dans les orties, je pourrais te dire que je ne comprends pas pourquoi les BM ne sont pas toutes gérées par les BDP.
Que des professionnels répartis dans une grosse interco-départementale, ça résoudrait tous les problèmes de bénévolat et d'embauches/concours, et aussi toutes les ingérences des municipalités.

La solution du future elle est là.

Pourtant, pas sûr que beaucoup acceptent d'être déplacés d'un bout à l'autre du département, comme des pions, avec des horaires Yo-Yo. Ce qui est une réalité et une violence cachée des intercommunalités. (et je te remercie d'avoir attiré mon attention sur ce sujet :thumbsup: )
   Bernard

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Un petit coup d'oeil sur l'actu, pour se redonner le moral : http://www.enssib.fr...e bibliothèques


 


Un petit détail qui ne va pas dans ton raisonnement sur les bénévoles qui défrichent et créent etc.... Statutairement c'est totalement faux. C'est la mission des Bdp de rechercher la possibilité de créer des bibliothèques pour améliorer la desserte des territoires. les bibliothèques départementales ont pour mission de constituer et d'aider un réseau de bibliothèques publiques dans les communes de moins de 10 000 habitants. Des agents intercommunaux ont pour mission de démarcher les maires pour les pousser à créer des structures, leur présenter les aides possibles, les critères, voir si des locaux seraient disponibles et amenageables etc...


Le bibliothécaire "interco" chargé de cette mission met en effet comme priorité l'existence d'un collectif de bénévoles assez solide, mais aussi l'existence d'une demande publique, la proximité d'autres établissements, les locaux etc...


 


Dans mon réseau certains maires qui avaient tout : locaux, bénévoles, demande publique, se sont vus refuser l'aide de la Bdp qui considérait que la structure centrale était trop proche du village (l'argument des personnes non voiturées ou empêchées n'a pas fonctionné). Par ailleurs desservir une nouvelle bib (entierement benevole) représente des frais importants. Et les budgets departementaux sont en baisse. Enfin c'est la Bdp, organisatrice de la lecture publique sur un territoire donné, qui décidera au final si la création d'une structure à tel endroit est utile ou non. Ce que je conteste personnellement, la vision territoriale de la Bdp, vision départementale, n'étant pas forcément en phase avec les bassins de vie tels qu'ils sont.


 


Un maire peut très bien décider de passer outre mais devra se passer de l'aide de la Bdp : livres, formations (qui deviendront payantes plein pot), aides CNL à la création etc...Chez nous par exemple les bibliothèques associatives n'entrent pas dans le cadre de l'aide Bdp, uniquement celles en régie directe.


 


Ta proposition de la grosse bib  "la solution du futur", tu ne crois pas si bien dire....est malheureusement d'actualité. Sauf que ce n'est plus l'affaire des Bdp mais des nouvelles intercommunalités. Et certains réseaux sont en train de concentrer la lecture publique sur une grosse structure centre et abandonner petit à petit les autres, notamment les plus petites. Sur ce plan, les Bdp avaient au moins une mission claire au niveau national et l'ont grosso-mode respectée. Les intercommunalités n'auront que la mission qu'elles se donnent elles-mêmes...Et avec les restrictions budgétaires, y en a qui vont sauter...


 


N'oublions pas que si le bénévole est gratuit, les locaux demandent des frais de fonctionnement, et l'aide de la Bdp est tout de même conditionnée à l'existence d'un budget propre, même s'il est minime souvent limité aux abonnements chez nous par exemple pour les plus petites structures). Et ce n'est pas la Bdp qui paiera la femme de ménage ou les interventions des services techniques: c'est l'intercommunalité. Et pour les structures mixtes : bénévoles + agent intercommunal, le calcul est vite fait : si l'on manque d'agents dans les grosses ou moyennes structures, on ne va pas en recruter. On va les prendre dans les structures de village. Et les bénévoles se retrouveront seuls...


 


En Grande Bretagne les bénévoles se sont retrouvés seuls à gérer les bibliothèques (plus de 500, soit près de 6000 postes supprimés, de mémoire) et qu'est-ce qui s'est passé : au bout d'un moment, non encadrés, ils ont protesté en déclarant qu'ils ne savaient pas faire....


 


Comme quoi, même en temps de crise maximale, et on y va plein pot, le bénévolat n'est pas la solution non plus. Sans budget ni locaux, c'est pas le bénévole qui va écrire les livres ni passer à plein temps.


 


Chez nous un bénévole moyen passe entre 2 h et 4h par semaine en bibliothèque. Et ne souhaite pas faire davantage. Leur nombre leur permet de se "passer le relais", mais leur nombre est en diminution. L'informatique en avait déja chassé pas mal, les politiques minimalistes et globalisatrices des réseaux, et la disparition du "maire du village " comme point de référence, feront le reste. Rendez-vous dans deux ou trois ans...


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@michmaa


 




Giss,


tu as pris ce poste dont tu parlais à ton arrivée sur le forum, celui où la bibliothèque est gérée par une association dont la présidente avait déjà fait fuir quelques salariés ?


 


je vais répondre à ta question mais il faut savoir que mon projet en la matière est encore en cours de mûrissement (d'ailleurs je prends tous les conseils à ce sujet) et que je ne peux pas dire si cela va marcher.


La liste que tu fais est déjà pas mal et puis j'ai vu des équipes de bénévoles qui ont une activité aussi ambitieuse qu'une bib avec des salariés mais chez nous ce n'était pas du tout le cas.


 


Dans mon équipe, elles ne faisaient pas grand chose à mon arrivée :


1 faisait les acquisitions adultes


1 les docs jeunesse


avec chacune une personne chargée d'équiper. le tout pour un montant approchant de 0.3 € par habitant...


La présidente gérait l'incontournable : déclaration sofia, tenue de caisse, etc...


les autres faisaient des permanences et ...


point barre.


pas de réservations à la Bdp, pas d'animation, pas de partenariat (enfin si, on prêt aux écoles à la chaîne quelques après-midi dans l'année).


 


Donc quand je suis arrivée non seulement il y a des choses qu'on m'a refilé (acquisitions jeunesse) ou que j'ai souhaité récupérer parce que vraiment mal fait (le fameux catalogage, enfin, plutôt la saisie informatique et surtout la cotation). Il y a aussi tout ce qui n'existait pas et que j'ai pris intégralement en charge (le désherbage, les animations, les partenariats, la com...). je ne te ferai pas toute la liste qui est trop longue... et pas viable à la longue, justement.


 


En fait, je souhaiterais que les bénévoles acceptent de déconnecter bénévolat à la bibliothèque et permanence. sachent qu'il y a plein de choses qu'elles peuvent faire en dehors des permanences et même qu'on peut être bénévoles sans faire de permanences.


 


Ce que je voudrais, c'est déléguer certaines tâches qui sont clairement dans leur compétences :


- toute la partie communication / dissémination de l'information => portage d'affiches et de tract dans le village.


- la partie mise en valeur des documents, table thématiques, coup de coeur, etc


- les réservations à la BDP


 


et pour les plus motivées et selon les goûts, il y a des tâches conjoncturelles ou qui impliquent plus de travail :


- planning,


- responsabilité des périodiques


- accueil de classe (au minimum accueil découverte d'une heure et plus si affinité)


- petite enfance


- portage


- désherbage


 


la liste est longue en fonction des goûts de chacune.


mais, par exemple je ne mets pas les animations ni les acquisitions jeunesse car je sais que ça ne les intéresse pas pour le moment. par contre, je mets une annonce dans le journal de la commune dans l'espoir de trouver quelqu'un qui souhaite s'y coller.


 


L'idéal serait de prendre le temps de former un référent qui ne prend pas forcément toute la tâche en charge mais qui se fait aider des autres et qui ne fait appel à moi que si il a réellement un besoin.


 


j'espère que j'ai été à peu près claire car je veux leur présenter la chose très bientôt.




 


 


Alors (après avoir réfléchi chez moi) mes réponses à ces questions si ça peut t'aider 


 


- toute la partie communication / dissémination de l'information => portage d'affiches et de tracts dans le village.


 


Nous avons un service communication qui se charge de ce travail. Via panneaux d'affichages et panneaux d'affichage lumineux.


Mais s'il est besoin, nos bénévoles font déjà de la distribution dans les boîtes à lettres. Notamment pour Carnaval. Chacune à ses quelques rues à faire.


 


- la partie mise en valeur des documents, table thématiques, coup de coeur, etc.


 


Régulièrement fait par les bénévoles.


 


- les réservations à la BDP


 


Je ne comprends pas cette ligne.


J'effectue moi-même les réservations et demandes à la BDP, parce que je sais comment la BDP fonctionne, et je connais leurs possibilités.


Nous avons aussi un site BDP qui permet ce genre de recherches (ce qui est un peu hors de portée des bénévoles. Un peu, car obligées, elles pourraient le faire.)


 


 


et pour les plus motivées et selon les goûts, il y a des tâches conjoncturelles ou qui impliquent plus de travail :


 


- planning,


Le planning est automatiquement établi par les bénévoles pour leurs permanences "public".


Idem pour les permanences "école" dès le début de l'année scolaire.


 


- responsabilité des périodiques


Difficile de comprendre ce que tu cherches ici. Celui qui informatise les périodiques est obligatoirement en charge de la gestion des périodiques. C'est une question de saine gestion, rien que pour réclamer les périodiques non livrés.


 


- accueil de classe (au minimum accueil découverte d'une heure et plus si affinité)


- petite enfance


 


Mes bénévoles s'occupent déjà de l'accueil petite enfance et Halte-Garderie.


Comme vu précédemment, l'accueil école est pris en charge par les bénévoles avec planning.


En cas d'absence, le remplacement se fait de manière automatique. (Même si je suis là. On n'est jamais trop de deux pour aider les enfants/profs à trouver les livres qu'ils cherchent.)


 


- portage


Nous n'avons pas de portage, pour l'instant.


 


- désherbage


Cotant et constatant l'encombrement dans les rayons, j'établis régulièrement des listes à pilonner (environ 1 feuille par bénévole).


Au lieu de couvrir, c'est séance Pilon et retrait des rayons. (Nous le pratiquons avec les stagiaires, pour leur montrer cette nécessité.)


 


- Rangement


Quand nécessaire, nous organisons une séance rangement au lieu de couverture.


En général, le Pilon sert aussi de rangement.


 


Je reclasse aussi, au fur et à mesure des mouvements de la collection. (gros emprunt dans un rayonnage, retour BDP, pilon, etc.)


C'est mon job de voir comment évolue la collection, de voir "où" se forment les trous. De voir ce qui est pris et ce qui ne l'est pas. Là où il faut aérer, là où il faut mettre en valeur (en présentoirs).


Ranger, ça aide à cette prise de conscience. Toute personne qui cote devrait ranger sa zone d'acquisition. Ce devrait être une condition sine qua non.


 


- Pour la cotation


Idem pour la cotation, toute personne qui cote devrait ranger, afin de voir où les documents se rangent, avec qui ils se rangent. Les choix sont-ils heureux ou malheureux ? La zone est-elle plus ou moins empruntée ? (exemple mettre en doc ou en album, pour certains documents, le choix BNF est doc, mais le choix BM est album, sans équivoque. Idem avec certains documents de la BDP. Je sais "où" ils sortiront le mieux dans ma bibliothèque.)


 


Pour la cotation, elle ne devrait dépendre que d'une personne : celle qui télécharge les notices, celle qui sait où se range les documents. (Avec le téléchargement de notices, aucune difficulté pour récupérer toute la cotation ;-) )


 


- Pour la question de la couverture,


C'est comme pour les usagers : une habitude à prendre.


Soit pour nous demi-journée établie (mardi matin) et fixe à travers le temps. C'est la demi-journée intouchable, quelles que soient les raisons. C'est la demi-journée où nous couvrons et effectuons le travail interne, pilon, rangement. C'est la demi-journée où nous réalisons les plannings, où nous recevons les revendeurs, faisons les comptes, où il y a échanges entre les bénévoles, où nous allons en BDP (souvent à deux) pendant que le reste de l'équipe couvre, etc. C'est la zone rouge intouchable.


Cette zone rouge couvre le problème du bénévole = permanence. On peut venir le mardi matin sans être sur un créneau "permanence".


 


- Pour les réparations.


Celui qui pilonne est celui qui répare (ou celui qui donne à réparer). C'est le plus apte à savoir si on garde un livre ou si on le pilonne. (Perso, toute réparation qui dépasse 4 bouts de transparent ou plus de cinq minutes n'est pas rentable. Pas rentable par rapport à la durée de vie du document. Sauf exception, ouvrage épuisé par exemple, c'est pilon.)


 


- Pour le tri des dons.


Celui qui pilonne ou répare est le plus apte à trier les dons sur leur état physique.


 


- Pour les achats.


Plusieurs yeux valent mieux qu'un seul (non, je ne suis pas borgne, ni cyclope d'ailleurs).


Dans les "achats", je compte aussi la BDP.


 


- Pour les gâteaux & café.


Mes bénévoles sont d'excellentes cuisinières, et je les en remercie. (J'achète des gâteaux en boîte, mais ce n'est pas la même chose.)


Le mardi matin est aussi un moment convivial pour toute l'équipe.


Convivial = excellent moyen de renforcer la cohésion.


 


 


Eh oui, elles en font des choses mes bénévoles.


 


Cependant, il y a des points qui me semblent réservés au professionnel en charge de la structure. Ou aux bénévoles les plus impliqué(e)s.


 


Le tout, bien sûr, est d'avoir du temps pour effectuer ces tâches.


Ou de trouver une personne fiable dans le temps pour ces activités.


  Bernard


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Bernard,


 


Ce que tu montres, c'est que tu as une équipe de bénévole active et motivée comme j'en ai vu beaucoup lors de mes formations BdP.


Les miennes étaient isolées et pas formée (quelques unes il y a loooooongtemps).


Elles s'inquiétaient de la faible fréquentation de la bibliothèque mais n'avaient pas réellement les moyens de réagir. Essentiellement par ignorance (ah ! bon ? ne pas pilonner nuit à la qualité des collections et à l'image de la bib ?).


 


Bref,


 


quelques explications :


 


Résas Bdp :


Les lecteurs peuvent s'adresser à nous pour réserver à la Bdp les livres qu'ils souhaitent lire. On a un cahier dans lequel on note les demandes. Après il faut faire la résa sur le site et, après avoir réceptionné les résas, il faut retrouver qui a réservé quoi et prévenir la personne. Pour le moment, je dirais que cela prend quelques heures par mois. Une bénévole un peu à l'aise avec la recherche sur internet et sur catalogue pourrait tout à fait se charger de l'ensemble de la chaîne (passer faire le point une fois par semaine quand ça l'arrange et pas forcément pendant une permanence, repasser quelques jours après la navette pour appeler les gens là encore hors permanence).


 


Responsabilité des périodiques :


la saisie des périodiques est une choses qu'ont toujours fait toutes les bénévoles. l'une des rares fiches de procédures qui existaient à mon arrivée était celle-ci. Mais c'est l'anarchie quand même dans la manière de faire. (et effectivement, il n'y a pas de suivi pour vérifier qu'on a reçu tous les numéros ... ). je voudrais donc qu'une seule personne s'en charge (mais pas moi !).


En plus, il y a aussi un coté, responsable de fonds dans le sens où il y aurait une vrai enquête à faire pour voir quels sont les périodiques qui sortent ou pas et envisager l'achat de nouveaux titres.


 


Sinon, ton intervention montre un truc : l'importance de la matinée commune fermée au public pendant laquelle les bénévoles disponibles peuvent passer et où on peut se retrouver et faire des choses collectivement : couvrir, ranger, désherber, etc ... Cela peut aussi être un moment de formation, un moment pour faire passer certaines informations hors du cadre de la réunion.


Je pense que c'est ce dont nous manquons dans mon équipe. Si mon temps de travail augmentait de 3h c'est ce que je mettrais en place en priorité car je suis convaincue que c'est ce qui manque tant à l'équipe (pour l'esprit d'équipe et la convivialité) qu'à la bibliothèque (pour toutes ces choses comme le rangement systématique qui sont tellement plus vite faite quand on s'y met toutes une matinée par mois...).


 


Bon, il y a un autre soucis :


Chez mes supérieurs, il y a une crainte de perdre les bénévoles et donc, on me demande d'une part de ne pas imposer un cadre trop strict et d'autre part de ne pas trop leur en demander.


Choses qui sont évidemment contredites quand je dit que je n'arrive pas à tout faire (vous n'avez pas une bénévole qui peut ... ?).


 


;-)

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Et Bernard, je voulais demander :


Quelles sont les tâches que tu réserverais aux pros ?


 


Sinon en terme d'organisation d'équipe, c'est clair. Il faut un noyau dur de personnes motivées et formées et accepter aussi que certaines bénévoles ne feront que leurs 2h hebdomadaire de prêt et n'en voudrons pas plus.


En gros, actuellement, j'essaie de créer ce noyau dur ...


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Bonjour Michmaa


 


En gros, tout ce qui a trait à la gestion de la collection et à son acquisition/développement.


(Ce que ne peut pas faire un bénévole dans la durée, si elle s'en va au bout d'un ou deux ans par exemple)


 


Ce qui ne veut pas dire ne rien confier, mais il faut avoir un oeil dessus.


 


Sinon, pour ce que je fais, tu en as un aperçu ici :


  Bernard

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Les bénévoles étaient un des sujets du Congrès. Ce serait bien d'avoir ici quelques bribes de ce qui s'y est dit. Un article du 27 juin sur LH nous dit : (C'est moi qui souligne)


 


Pas de benevoles, pas de bibliothèques. (...) Une conséquence directe de la réduction de 30% des dépenses globales pour les bibliothèques entre 2009 et 2013 est que le personnel rémunéré à plein temps diminue (- 7% entre 2012 et 2013) tandis que le nombre de volontaires s'accroit (+ 44% ) Dans les seules bibliothèques de Londres 346 postes ont été supprimés....et d'autres coupes budgétaires sont prévues jusqu'en 2020, déplore Ian Anstice (directeur de bib présent au Congrès). En France les bénévoles aident les professionnels, ils ne les remplacent pas, constate-t-il (...) Inconvénients : perte sur le long terme des compétences professionnelles, atomisation de la gestion des bibliothèques, ce qui empêche la constitution d'un réseau ou la mise en place de politiques nationales, ou encore difficultés de management, étant donné qu'il faut en moyenne 10 bénévoles pour remplacer un bibliothécaire professionnel. (fin de citation)


 


Il connait mal la réalité française mais son estimation de 10 benevoles = 1 professionnel, ou plutôt l'inverse, vaut son pesant de quelque chose.... :cry:


 


A vos calculettes... A partir de 10 bénévoles dans votre Bib, vous êtes inutile. A 9 bénévoles vous valez 1 dizieme de bibliothécaire etc...


Modifié par Ferris
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bis repetita je ne vais pas refaire un coup de sang pour/contre les bénévoles.


 


Pour moi c'est l'image, la représentation du métier de bibliothécaire par le public, les élus, l'opinion qui fait qu'on accepte le bénévolat dans notre métier et pas dans d'autres. Une étude de la BPI sur la perception des bibliothèques par les jeunes l'a montré. des exemples à mourir de rire où des jeunes nous voyaient toute la journée derrière un ordinateur,  Un de mes DGS m'a annoncé il y a quelques années qu'il remplaçait une de mes collègues par 15 bénévoles et il l'a fait. La "lecture-loisir" ce n'est pas visible, on ne produit pas , ce cliché existe encore


C'est aussi un choix politique, on va par exemple accepter qu'il n'y ait plus de bénévoles pour gérer les écoles de musique mais les dames de la bibliothèque elles sont bien utiles.


Bref je retourne à ma formation Wii

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"ce qui empêche la constitution d'un réseau ou la mise en place de politiques nationales"


 


Doit-on rire sur la notion de "politiques nationales" ?  :D


 


S'il y avait vraiment des réseaux, vraiment des politiques nationales (avec les moyens de les appliquer), on verrait bien qu'il faut des professionnels. Il y aurait donc une meilleure gestion des ressources professionnelles, et de facto une reconnaissance du statut de bibliothécaire professionnelle.


 


Tu sais, Ferris, des bénévoles, on peut en mettre partout. Mais vraiment partout.


Sauf que, les faire rester, c'est une autre paire de manches. De manches, de mouffles et même de pantalons.


 


Je te défie de faire rester un bénévole dans un service comptabilité, une année durant. Ou des bénévoles jardiniers par temps très froid, à ramasser des montagnes de feuilles, ou par 30°C à creuser des massifs.


 


Ce serait pareil avec un bénévole bloqué dans la simple fonction "cotation des documents".


 


La différence avec d'autres métiers, c'est que l'éventail "bibliothécaire" est large. On ne s'y ennuie jamais, l'activité est diversifiée, tout le monde peut apporter un petit quelque chose. Au pire, le bénévole prend un livre et lit. (lecture = découverte du fonds, pour le conseil aux usagers).


Cet éventail permet de garder les bénévoles.


 


 


Il ne faut pas non plus oublier qui place des bénévoles en bibliothèque.


 


Ceux qui placent des bénévoles, ou qui acceptent les bénévoles en bibliothèque, ce sont les élus.


Et qu'est-ce qu'un élu, sinon un bénévole en puissance !


D'accord, il y a les honneurs pour le maire et les premiers adjoints, et encore pas sûr que les premiers adjoints soient vraiment honorés. Mais pour les autres, il n'y a rien... rien que des emmerdes, des temps de réunion en veux-tu en voilà + des conseils municipaux houleux. Le tout sur leur temps libre.


 


Des élus bénévoles ne peuvent pas voir en mal l'action d'autres bénévoles.


Et comme le service bibliothèque est un service facultatif/optionnel, quelle importance si ce sont des bénévoles qui s'en occupent.


 


Le seul moment où ça coince, c'est quand les gens (des villes) habitués à un service de qualité arrivent sur la commune.


C'est le moment où on demande plus aux bénévoles, plus d'horaires en particulier.


 


 


Dix bénévoles valent un professionnel ?


 


Dix bénévoles à deux heures par semaine, ça fait 20h00. On a un problème dans l'équation.


 


Si je regarde mon propre cas, on était 10 bénévoles pour une population de 4000 habitants.


D'après la théorie bibliothéconomique, 4000 habitants, c'est 2 bibliothécaires ETP.


 


Donc 5 bénévoles remplacent un professionnel ?


 


Là, j'ai envie de dire, on mélange les bananes et les citrons : A qualité égale ?


Rien qu'au niveau temps d'ouverture, tu as la réponse.


 


Si j'ai été embauché, c'est pour augmenter les temps d'ouverture. Pour augmenter et pérenniser ces temps d'ouverture.


 


D'où : faux calculs mon capitaine.


 


 


Et pour "les politiques nationales", j'en reste encore à me rouler de rire par terre. :laugh:


Le jour où tu vois une politique nationale des bibliothèques, avec une instance élue de bibliothécaires qui induisent "une politique bibliothèque", tu me fais signe.


  Bernard


Modifié par B. Majour
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Je me contentais de rapporter les propos d'un monsieur Anglais qui a assisté au Congrès. Je le trouve personnellement assez tiède vis à vis de la réalité anglaise telle qu'elle nous est régulièrement rapportée par ailleurs, d'une part, et je trouve ses concluions assez surprenantes aussi. C'est pour ça que j'aurais bien voulu avoir un retour du Congrès sur ce sujet.


 


A ma connaissance il n'y a pas de "politique nationale" à ce niveau en Grande-Bretagne (chez nous non plus, mais on sait bien le cacher avec des grands mots comme "2014 Année des bibliothèques" etc..), mais le monsieur veut dire que s'il y en avait une un jour, il serait désormais impossible de la mettre en place...faute de combattants. Chez nous on appelle ça une lapalissade.


 


Quant à 10 benevoles pour remplacer un professionnel, c'est une assertion non fondée sur des arguments clairs. J'aurais aussi souhaité qu'il nous explique sa base de calcul. D'un autre côté quand on dit chez nous qu'il faut un professionnel pour 2000 habitants, on ignore absolument qui a pondu ça, quand et sur quelles bases. Mais on répète, bêtement, sachant que la notion de "population desservie" ou de "bassin de vie", elle, est très fluctuante, et le sera de plus en plus avec les intercommunalités.


 


C'est comme le coup des "deux euros par habitants", c'est une connerie pondue par un administratif, au départ pour le CNL, et maintenant on trouve ça partout dans tous les argumentaires de bibliothécaires sur les budgets...


 


D'où viennent nos "normes", notre profession étant facultative, aléatoire et optionnelle ? Donc non normalisable. Chaque commune fait ce qu'elle veut. En Angleterre pareil.


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L'intervention de Ian Anstice sera bientôt disponible sur le site de l'ABF. Vous constaterez qu'il ne fait pas l'éloge d'une situation anglaise qu'il juge au contraire extrême et très dommageable au service public. Pour lui, en France, on a de la chance... vu de chez eux en tout cas !


 


Durant la session, il y a eu aussi le collègue de Saint Aubin du Pavail accompagné d'un membre de son équipe de bénévoles, je n'ai pas assisté à leur présentation, mais il semblerait qu'il y avait là beaucoup de choses positives. En tout cas le sujet méritait d'être débattu au congrès.


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  • 2 weeks later...

Bonjour,


Je vous lis depuis longtemps mais j'avais envie de vous faire partager mon expérience avec des bénévoles.


 


Que l'on soit pour ou contre, lorsqu'on est pro et qu'on arrive dans une petite bibliothèque, on doit composer avec ce qui existe. Je crois qu'aucun pro n’arrive avec l'objectif de se débarrasser de l'équipe bénévole en place.


 


Je suis cadre B à plein temps dans un village de 2900 habitants, responsable de la médiathèque, je suis entourée de 13 bénévoles. A eux 13, ils représentent un mi-temps ETP. J’ai 5000€ de budget d’acquisition annuel.


 


Les bénévoles ont créé la bibliothèque, puis avec une élue, ils ont participé au montage un dossier DRAC pour la construction d’une médiathèque (180 m²) et l’emploi d’une pro.


 


Ils sont constitués en association certains viennent 2h/mois, d’autres 30h/mois. Ces heures ne sont jamais stables. Aucun d’eux ne vient régulièrement sur 1 jour prédéfini dans la semaine. Aussi nous nous réunissons tous les mois et demi pour faire le planning des tâches et permanences. Quand il y a un « rush », j’appelle à l’aide et j’en obtiens toujours.


 


Ils aiment surtout faire les permanences, participer aux achats, m’accompagnent pour certaines animations scolaires (12 classes) ou de maisons de retraites (nous en avons 2). Ils sont chargés par la mairie (moyennant subvention) de gérer le volet « animation tout public » de la médiathèque. Cela ne se fait pas sans heurts car ils se substituent souvent au comité des fêtes. Ce qu’ils organisent n’a parfois que peu de lien avec la médiathèque et/ou son fonds. Je n’ai aucun droit de regard sur ce qu’ils mettent en place.


Mon astuce : me charger de la communication afin d’être au courant et d’anticiper sur l’acquisition de docs en lien avec ce qui est organisé (je vais à la pêche).


 


Ce sont des gens qui ont une vie d’expérience et j’utilise leurs compétences. Le seul bémol est que je navigue à vue et que je dois toujours m’adapter à leur disponibilité. Je suis le tampon. Pas de routine !


Garde des petits enfants, jardinage, saison de la pêche, randos, nuit qui tombe trop tôt… Cela ponctue la vie des bénévoles et influe sur le service. Bon ou mauvais ? C’est comme ça.


Quand ils sont là, je délègue, quand ils ne le sont pas je fais tout. J’ai mis longtemps à accepter de déléguer, que les choses soient moins « pro », moins carrées. Je m’adapte continuellement et je ne vois pas trop comment faire autrement. C’est très fatigant, souvent ingrat car c’est un travail invisible. Mais c’est le prix à payer pour ne pas être toute seule au fond de ma bib.


Quand j’en aurai marre, je muterai. Je me donne 5 ans max.


Pas de violence chez nous, on boit le café et on papote. Les lecteurs sont chouchoutés. Au bout d’1 an difficile, nous avons tous trouvé une place. La convivialité au sein de l’équipe est ressentie de façon positive par le public.


 


Le rôle social de la médiathèque se fait entre elle et les lecteurs mais aussi entre moi et les bénévoles. Leur bénévolat sort certaines personnes de leur isolement, les socialise, les occupe, leur demande parfois d’effectuer un travail exigent et prenant. Je trouve que tout ceci aussi important, dans un petit village, que la constitution d’un fonds ou la mise en œuvre d’une politique de lecture publique (entre autre).


Il faut regarder au-delà de notre mission de lecture publique et bien se rappeler qu’on travaille avec des humains, pas des pions interchangeables dont la valeur se mesurerait à l’aune de leur (in)efficacité (ce que nous reprochons aux institutions).


La plus grande violence est le manque de reconnaissance de la tutelle. « Tant qu’on entend pas parler de vous, c’est que tout va bien » m’a-t-on dit en réunion d’évaluation…


 


Les bénévoles peuvent à priori faire toutes les tâches. Seulement il y a des conditions : Pour les tâches les plus techniques, je leur demande de venir régulièrement et d’être assidues (catalogage, communication, site internet). En ce moment, je ‘ai personne qui réponde aux critères sur ces tâches précises car la régularité (venir au moins 1h par semaine hors permanence) ne convient à personne.


Pour tout le reste, j’ai fait des cahiers de procédures avec des captures d’écran et j’organise des mini-formations en équipe (par ex. : formation réservation sur le portail de la BDP, ou bulletinage…) de temps en temps. Ceux qui y participent peuvent ensuite prendre ces tâches en charge le temps qu’ils veulent.


 


Voila, c’est un mode de fonctionnement brouillon, fluctuant, qui repose beaucoup sur ma polyvalence et mes capacités d’adaptation. A chaque équipe son fonctionnement.


Modifié par Lyd
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  • 2 months later...
  • 5 months later...
Amandine Jacquet

Que l'on soit pour ou contre, lorsqu'on est pro et qu'on arrive dans une petite bibliothèque, on doit composer avec ce qui existe.

 

C'est vrai que gérer une équipe qui inclut des bénévoles est particulier. Cela nécessite d'avoir les idées claires sur ce que l'on peut leur demander mais aussi sur la façon de procéder...

A lire à ce sujet : Manager et animer une équipe de bénévoles en bibliothèque (inter)communale, Anaïs Leneutre, fiche pratique de l'enssib, 2014.

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Je n'ai volontairement pas lu les messages précédents pour ne pas me sentir influencée par les propos tenus et pour être la plus objective possible quant à ma situation...


 


Je suis arrivée dans la bib intercommunale il y a 5 ans. 1 salariée à temps partiel (32 heures) pour 4 bénévoles.


 


Difficulté au début de "professionnaliser" l'organisation de la structure tant en terme d'acquisition des documents (on n'achète que ce que l'on aime) que d'accueil (bavardages cancanniers)


 


L'une des bénévoles est partie pour une autre structure du réseau avec lettre salée envoyée au Président de la cocom...


 


Ca commençait fort :hyper: Il fallait bien mettre en place des outils pour travailler au mieux dans la structure. MAis trop de changement tue le changement


 


Le bénévolat est indispensable sur des territoires ayant peu de moyens. Ce qui est triste c'est de se rendre compte que notre métier est toujours considéré comme un emploi bouche trou où il n'est pas nécessaire de faire des formations pour faire "des prêts et des retours".


 


Cependant, il est nécessaire quand il existe des équipes déjà existantes de revoir chaque année les implications de chacun et chacune et peut-être évoquer en quelques lignes les implications, les perspectives de la structure sur l'année à venir.


 


Ce que je vous avoue, je ne fais pas...par manque de temps et de motivation (il faut réunir toutes les bénévoles et c'est compliqué au vu de leur emploi du temps) J'y travaille...


 


Voilà un  point de vue schizophrénique d'une salariée formée  qui balance entre le besoin de soutien et ce quel que soit le soutien et l'envie profonde de travailler avec des personnes ayant choisies ce métier (mais dont le recrutement n'est pas à l'ordre du jour voire des jours)


 


Maintenant, je vais lire vos posts :wink:


Modifié par Ludidelire63
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 d'accueil (bavardages cancanniers)

 

A l'heure où l'on se gargarise d'une notion d'accueil avec forte-plus-value professionnelle (remettre les public au centre, faire de la MEDIATION), c'est à dire où justement l'accueil ne se résume justement plus à des opérations de prêt-retour, qu'en est-il de la médiation offerte par les bavardages cancaniers ?

 

Les petites structures bénévoles, quand elles ont un agent,  peuvent-elles, oui ou non, proposer la même qualité d'accueil que les structures professionnelles ou est-ce qu'elles (et leurs publics) n'en valent pas la peine ?

 

Est-ce que la CONVIVIALITE offerte par la PROXIMITE des bénévoles et des publics ruraux, peut réellement remplacer celà ? Quand va t'on oser bousculer ce discours systématique de la convivialité rurale, comme réponse à TOUT ? Et pourquoi certains professionnels soutiennent ce discours des Elus, et donc le misérabilisme financier qui y est sous-jacent ?

 

Pourquoi des organismes comme l'ABF font perpétuellement le grand écart entre les indispensables, voire merveilleux bénévoles (si, s'ils sont bien encadrés et formés par des gentils agents compréhensifs et à l'écoute), et le discours "nouveaux métiers nouvelles compétences ?

 

Combien de catégories de bibliothèques, de publics et de qualité de service existe-t'il en France ?

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